‹ Codex PeresianusChapitre 2 sur 18 · partie supérieure un autre grand signe · texte numérisé non relu

partie supérieure un autre grand signe

qui figure invariablement au même endroit dans toute la partie recto du manuscrit.

TE Aus ME

Malgré l'accident arrivé à la page 12, plusieurs si-

gnes y étaient alors parfaitement reconnaissables. De

leur nombre se trouvait encore les signes ES

toujours tracés, à la même place.

Il y avait en outre, au milieu du manuscrit, un fragment d’ancien papier espagnol sans doute, sur lequel on avait écrit à la plume quelques signes. katouniques. J'ai copié ce fragment de texte; mais jéprouve des doutes sur l'exactitude de ma copie, faite un peu à la hâte, et cela d'autant plus que je ne possédais pas alors les connaissances nécessaires pour donner à mon travail les, garanties désirables d'exactitude. J'ignore ce qu'a pu devenir ce petit papier ; mais il n’est pas impossible qu’on le retrouve un jour dans les liasses de documents espagnolsmexicains qui étaient réunis dans le même carton. À titre d'indication, J'ajouterai qu'aucun de ces.

INTRODUCTION. z9

documents n'était relié et que la plupart m'ont paru en assez mauvais ctat. Ils étaient tous dépourvus de couverture pour les garantir:

Enfin, il m'est venu récemment à la pensée que le fragment dont j'ai parlé ailleurs (1) et sur lequel se trouvait le nom de Perez, pouvait bien être le reste d’un feuillet déchiré du Codex Péresianus. Ma mémoire ne me rappelle rien d'assez précis à cet égard, pour que je puisse m'expritier d’une façon absolument affirmative. (Cette donnée concorde toutefois avec certains faits que j'aurai l’occasion d'établir tout à l'heure au sujet de l'ordre et de la pagination du manuscrit; et il n’y aurait rien d'étonnant que le possesseur d’un trésor de ce genre aït eu l’idée d’apposer sa signature sur un dés feuillets extérieurs de l'ouvrage.

On me pardonnera d'entrer dans des détails aussi minutieux : ces détails ne m'ont pas paru inutiles pour Corroborer mon système au sujet de l'étendue que devait avoir primitivement le Codex Peresianus et pour établir où et comment nous ne lé possédons plus que d’une manière incomplète. |

Ainsi qu'il est facile de le constater, en jetant les yeux sur le recto, ce manuscrit, paginé comme je lai fait de 1 à 12, présente deux compartiments. Celui qui se trouve dans la partie supérieure des

(1) Essai sur le déchiffrement de l'écriture hiératique, p. 26.

pages, lequel ne mesure guëre qu'un tiers de l’étendue totale, nous offre invariablement une suite de personnages ou d’animaux assis sur le signe

Tu N 4 Che auquel M. Bollaert a attribué la valeur

de ahau et le sens de « roi, règne, époque» (1), évidemment à cause de sa ressemblance avec le signe

cyclique qui se dit ahau. Quelques-uns des personnages en question ont le haut du corps ét la tête effacés. Ceux qui sont à peu près intacts ressemblent beaucoup à des figures analogues qu'on rencontre dans le Codex Troano et dans le Codex Cortesianus. L'un d'eux représente « un défunt »,

dont l’image se reconnaît aux cils inclinés M

qui occupent la place des yeux (PL. 5). Ailleurs, l'individu assis tient dans la main, comme un:

objet d’offrande, le signe de jour és kan, parti-

cularité que nous retrouvons dans d’autres textes katouniques. Ce qui me porte à voir, en cette circonstance, un objet d’offrande dans le signe #an, ‘c'est d’abord l'attitude du personnage qui le tient entre ses mains, ensuite le fait que ce même signe #an figure, trois fois répété, sur un vase

(1) Notamment dans le Codex Troano, pp. 29, 28, 7; 34*, 32", 22*, 14*, 13*, 12*; — et dansle Codex Cortesianus, pp. 6, 7; 10, 11, 16, 19, 20, 28, 35, 36, 37, 38.

dans des scènes où il est bien difficile de ne pas reconnaître les cérémonies d’un sacrifice (1).

Si j'ai cru devoir noter cette particularité, c’est parce qu’elle montre que si le Codex Peresianus n'appartient pas à la civilisation maya proprement dite, il ne saurait être rattaché qu’à une civilisation très étroitement liée à celle du principal état précolombien de la péninsule yucatèque (2).

| wr-r uw E signe qui indique probablement l’idée de « chef » ou de « roi », se trouve le ##’x7 ou «lapin» (3), dont le rôle est considérable non seulement dans la mythologie de la région isthmique, mais aussi dans celle du Mexique où il figure parmi les lettres fondamentales du cycle ; etenfin le #oz ou « aigle » dont l’image se rencontre également dans l’écriture katounique (4). C’est probablement ce même oiseau qui apparaît au haut d’une scène d’offrande, où se trouve le vase surmonté des trois signes #an, bien que j'aie été tenté d’y voir l’image de l'oiseau sacré du dieu Cuculkan.

Parmi les animaux assis sur le signe HOME)

(1) Codex Troano, pp. 23-22; — Voy. aussi Codex Cortesianus, p. 34.

(2) On verra plus loin que tous les arguments qu’on a fait valoir contre l’origine maya du Codex Peresianus ne sont pas concluents, mais il en est quelques-uns dont il me semble désirable de tenir compte.

(3) PLANCHES 4 et 5.

À PLANCHE 3, — Vocabulaire de l'écriture hiératique yucatèque, n° 203.

À côté de ces personnages ou de ces animaux assis, et d’un bout à l’autre de la partie du Codex Peresianus dont je m'occupe en ce moment, figure le signe cyclique ie] ahau répété plusieurs fois dans la direction verticale et accompagné de notations numériques. Il me semble possible de reconnaître sur les pages en question une série qui peut être reconstituée de la manière suivante :

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