‹ Codex & ThérapeutiqueChapitre 4 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Le nouveau Codex medicamentarius, Pharmacopée francaise édition de 1884, 'sera et demeurera obligatoire pour les pharmaciens à partir du 15 mars 1884 ». Tel est l’article premier du décret rendu par M. Jules Grévy, le 13 février de la même année. Pres de dix ans se sont déjà écoulés, dix ans durant lesquels la thérapeutique a fait de précieuses acquisilions et, à cette heure, où une commission, nommée par le Gouvernement, s'occupe de la rédaction d’un supplément à ce Codex, le travail que je présente me semble offrir quelque intérêt. Je ne veux et je ne dois entrer en matière, sans avoir préalablement remercié M. le Professeur Laboulbène du grand honneur qu’il m’a fait en acceptant de présider cet examen de thèse. La compétence du juge pourrait m'inspirer quelque crainte, si je ne savais que chez lui l'étendue du savoir n’exclue en rien la bienveillance. J'inscris aussi à cette place des sentiments de profonde gratitude pour le sympathique et vénéré doyen de cette Faculté et pour tous les maitres qui, par leurs savantes lecons ou leurs précieux . conseils, m'ont permis de mener à bien mes études médicales.

Après avoir ainsi exprimé en toute sincérité mes remerciements je reviens à mon sujet, etje me permets tout d'abord de présenter quelques observations à l'égard de la décision prise par le Gouvernement de publier un simple supplément au Codex de 1884. Ne valait-il pas mieux refaire une nouvelle édition, un Codex 1896 ou 1897 ? — Je m'expliquerai tout à l'heure sur ces

dates.

Erbe

En consultant le rapport au Président de la République daté du 5 février 4880, et signé par les deux ministres de l’Instruction publique et du Commerce, je m'attendais un peu, je l'avoue, à cette dernière mesure. Dans ce rapport il est dit à propos du Codex, je cite in extenso le passage : . . . . . « une publication de celte nature est essentiellement progressive; l'étude incessante des propriétés thérapeutiques des diverses substances simples ou composées, les recherches des naturalistes et les travaux des chimistes fournissent tous les jours de nouveaux agents ou permettent de perfectionner les préparations déjà connues : de là la nécessité de reviser cet ouvrage à des époques déterminées.

La première édition du Codex medicamentarius, publié en exécution de la loi de Germinal, remonte à 1818 ; la seconde ne parut qu’en 1837, et la dernière date de 1867.

Les intervalles trop considérables qui ont séparé ces publicaions ont eu des résultats fâcheux......... » ces intervalles, en eUet, sont de 19 ans entre la première édition et la seconde, de 30 entre la seconde et la troisième, et j'ajoute de 17 ans entre la troisième et la quatrième. Pour ne m'en tenir qu'à ce dernier intervalle, ce laps de temps de 17 années a été jugé implicitement trop considérable par le rapport même auquel je fais allu- SION.

D'autre part, dans la préface du Codex 1884, je lis ce qui suit : at « Pour traduire fidèlement les progres des sciences d’observalion auxquelles il emprunte ses éléments, le Codex medicamentarius doit donc nécessairement, et après un certain nombre d'années, être soumis à révision, subir des remaniements. des suppressions, des additions >

I faudrait cependant s'entendre, et c’est là que la décision prise de ne publier qu'un supplément m'embarrasse. Que veulon dire par un cerlain nombre d'années ? On trouve l'intervalle de 17 ans trop grand, et aujourd’hui, à la manière dont vont les choses, ce n'est pas 17 ans qui sépareront l’édilion 84 de la pro-

Chaine, mais bien 20 où même % ans. En effet, il a fallu 4 années pour reviser l’édilion 1867; le rapport au Président de la République date du 5 février 1880, el les membres de la commission de rédaction ont été nommés par arrèlés des 17 février 1880 et 11 février 1881. Ces chiffres nous permellent de conclure qu'à l'heure actuelle, si la commission nommée en vue d’un supplément l'avait été au sujet d'une nouvelle édition, on n’aurail pas eu le Codex avant 1897. Treize ans auraient séparé l’é-

Pr

ne diion 84 de l'édition 97, cela peut s'appeler, il me semble, un certain nombre d'années et de celle facon les passages que j'ai extraits soit du rapport au Président de la République, soit de la préface, auraient été justifiés.

Il y à plus ; je comprends mal un supplément faisant subir au Codexles remaniements et les suppressions dont parle celte préface, et certes, de l'édition 84 il y a beaucoup à redire. Pour les étudiants de ma génération, pour moi en parlieulier qui ai vu l'aurore de ce livre officiel, je me rappelle avec quel étonnement nous y avons relevé des faules et des incorreclions. Un second tirage de celte même édition n’a pas suffi pour l'en débarrasser, et le Codex 84 restera comme un monument de ce que peut être un ouvrage fait de droite et de gauche, de bribes el de morceaux. Bien d’autres, plus aulorisés que moi, se sont occupés de la eritique du Codex ; aussi je n’insiste pas, tout en prenant la liberté de regretter ici qu'on ne l'ait pas revisé entièrement.

Mais trêve à ces doléances et occupons-nous du supplément, puisqu'il ne s’agit pas d'autre chose. Le Codex actuel est partagé en quaire parties : la premiere traite de substances tirées des animaux ou des végétaux et qui sont employées en nature ; la deuxième constitue la pharmacie chimique ; le troisième, la pharmacie galénique : la quatrième, la pharmacie vétérinaire. De la première seule je m'occuperai et encore laisserai-je de côté ce qui intéresse la matière médicale animale. Je vais proposer l'inscription au supplément des substances végétales qui m'ont paru les plus intéressantes parmi toutes celles dont on a parlé dans ces dernières années. Ces substances sont employées directement ou servent à l'obtention de préparations galéniques ou d’alcaloïdes.

Je ne pense pas être allé trop loin dans le choix que j'ai fait, je n’ai pris, comme on va le voir, que les plantes qui ont été l’objet de travaux approfondis, sinon multiples, et cependant je prévois de nombreuses critiques. Pourquoi, dira-t-on, introduire au Codex les semences de Jequirity, le suc d'Euphorbia, heterodoxa, drogues si peu usitées ? À quoi j'objecterai, et la réponse me semble péremptoire : vous y laissez bien les feuilles de sénecon ou les semences de pivoine qui ne servent jamais, même pour les reconnaissances de simples, et elles constituent des épreuves éliminatoires dans la plupart des concours auxquels prennent part les étudiants de pharmacie.

A côté de ces critiques restrictives, j'en attends d’autres. Ceux qui préconisent telle ou telle drogue végétale ou le prin-

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