‹ Codex & ThérapeutiqueChapitre 9 sur 14 · ER RE · texte numérisé non relu

ER RE

Genêt à balais.

De cet arbrisseau indigène qui croit sur les terrains sablonneux el arides, on relire le sulfate de spartéine aujourd'hui fort usité.

C'est Slenhouse qui a découvert dans celte plante, en 1881, deux substances la scoparine et la spartéine ; la première, crislallisée, est une malière colorante présentée par Stenhouse comme diurélique, la seconde, d'aspect oléagineux, forme des sels avec les acides, le sulfate est surtout employé. Parmi ceux qui l’ont éludié il faut citer Laborde, Leeris, G. Sée, Garaud. C’est avant tout un régulateur du cœur, le meilleur des régulateurs, agissant plus vite que le muguet et la digitale, l’action est aussi plus durable, elle se produit au bout d’une ou quelques heures et persiste de 3 à # jours après la suppression du médicament. G. Sée a encore noté le relevement du cœur et du pouls et, conlrairement à ce qui se passe avec la digitale, l'accélération des battements du cœur.

Voigt dans le service de Nothnagel à obtenu des résultats identiques.

L'intolérance se manifesie par de la diarrhée, il n’y a pas de diurèse. À dose élevée on observe des vertiges, des vomissements, des fourmillements dans les membres.

Le sulfate de spartéine convient surtout: 4° dans les cas d’épuisement du cœur par surmenage, soit que la fibre cardiaque soit altérée, soit parce qu'ilne peut surmonter les obstacles à la cireulation, 2 quand le pouls est faible, irrégulier, arythmique, 30 quand la circulation se ralentit. Huchard associe le sulfate de spartéine à l'iodure de sodium dans l’artério-selérose, celte association fortifie le cœur et lutte contre la dégénérescence des vaisseaux. À ce sujet je dois noter que j'ai omis de dire que la spartéine ne paraissait pas posséder l’action vaso-consiriclive de la digitaline et surtout de la strophantine.

Le sulfate de spartéine se donne à la dose moyenne de 0.05 à 0.1 en solution, pilules ou sirop. On peut aussi l’administrer en injections hypodermiques.

on

Gynocardia odorata.

On emploie le corps gras retiré des semences de cet arbre de l'Asie méridionale, il est dit huile de Chaulmoogra. Cette substance, extraite par expression, fond vers + 35° a + 40°, elle est brune, d’une saveur et d’une odeur désagréables, elle se dissout dans l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, la benzine.

Depuis longtemps l'huile de chaulmoogra est usitée dans l'Inde contre les maladies de la peau, la scrofule et la syphilis. A l'Ile de France, à la Réunion, dans les pays où se rencontre la lèpre, les médecins s’en servent pour la combattre, qu'ils aient affaire aux formes tuberculeuse ou anesthésique. Elle réussit contre les eczémas anciens : cinq semaines après l'application biquotidienne de ce corps gras, le D° Marsh a guéri un eczéma pustuleux datant de cinq ans. Le D'Egar a guéri également 6 cas de sciatique avec des liniments à l'huile de chaulmoogra, Hilles cite des guérisons de lèpre véritable ; le D° Vidal s’en est bien trouvé contre le lupus tuberculeux, Hardy contre le psoriasis.

Poupinel de Valence formule de son côté, en 1883, des conclusions en faveur de l'huile de Gynocarde prise à l'intérieur par des lépreux. Il faut donner des doses croissantes, commencer par II gouttes et atteindre progressivent C X gouties par jour (Leloir).

Enfin le D' Murrel propose de substituer celte substance à l'huile de foie de morue quand les phtisiques deviennent inlolérants vis-à-vis de celle-ci.

Roux, dans une thèse de Paris 1890, dit que l'acide gynocardique, retiré de l'huile de chaulmoogra, en est le principe actif et qu'il peul la remplacer. La dose du début est de 0.05, on monte progressivement à 3 gr., son usage prolongé ne causerait aucun inconvénient.

Je ne reviens pas sur le mode d'emploi de l'huile chaulmoogra à l’intérieur; pour l'usage externe on peut recourir à des badigeonnages fails avec de l'huile pure ou à des liniments composés d'huile et d'alcool ; d'huile el de chloroforme, ainsi:

Huile dé chaulmoogra se CS AÏCOOLVs AR MR SRE SERRES

Vidal se sert de la pommade suivante :

> + À dr al

HAMCGSEGRAUlLMOSTAUR . .L. à © RACE NRA 5 RO eee. & Ré ne le de à à Î

Grindelia robusta.

Celle plante herbacée, originaire de Californie, se trouve dans le commerce à l'élat sec.

Depuis longtemps elle sert en Amérique contre l'asthme, la coqueluche, la bronchite avee dyspnée, si l'élément spasmodique est très marqué. Ayrer, Gibbons insistent surtout sur ses propriéles antiasthmaliques ; pour Dobroklousky ce serait plus un agent modificateur du système nerveux cardiaque que du système nerveux respiratoire ; d’une action comparable à la digitale, elle régularise le cœur et en relentit les battements. Le grindelia serait par suite particulièrement indiqué dans les dyspnées de causes cardiaques.

Bilhaut recommande dans le coqueluche la teinture au 1/5, il en donne de XXX à XL gouttes.

Constantin Paul et Huchard ont obtenu de bons effets de l’emploi de cette drogue dans la bronchite avec emphysème et expectoration copieuse.

En lotions, ou sous forme de cataplasmes, on s’en sert dans les éruptions dues au contact du suc de Rhus toxicodendron, contre le prurit, les douleurs de la vaginite celle des brûlures (Launder Brunton).

Le principe actif s’éliminerait par les reins en produisant sur l'appareil urinaire une action encore peu étudiée. Quoiqu'il en soit, Huchard se sert de la teinture de grindelia dans la néphrite et l’associe aux teintures de muguet et de scille.

MODES D'EMPLOI ET poses. — J'ai déjà signalé la leinture, elle se prépare au 1/5, on en donne de XXX à XL gouttes.

L'extrait fluide se prend dans de l’eau sucrée ou du lait, on remue pour empêcher la résine — considérée comme principe actif — d’ahérer aux parois du vase, la dose est de 2 à 4er. chaque 3 ou à heures.

Hamamelis virginiana.

Arbre de Etats-Unis dont on emploie les feuilles, celles-ci con-

tiennent de l’hamaméline, produit résineux mélangé à un alcajoïde, du tanin, de l'acide gallique, etc.

Cette drogue est un puissant vaso-constricteur, administrée par la bouche elle supprimerait non seulement les hémoptysies, les métrorrhagies, la diarrhée, les écoulements de toute espece, mais encore les hémorrhoïdes, les varices et rendrait à l'ivrogne un nez qui ne trahirait pas ses funestes habitudes (Soulier). Tout en reconnaissant avec cetauteur qu'il y à dans ces faits pas mal d’exagération, il n'en subsiste pas moins que lhamamélis et un des remèdes les plus populaires de l'Amérique, surtout aux Etats-Unis.

Cette plante n'aurait pas d'action physiologique spéciale sur le système vasculaire, la constriction des capillaires serait due au tanin que renferment la teinture et l'extrait aqueux, car, ainsi que l'a faitrémarquer Guy dans une thèse de Paris 1884, elle ne se produit pas quand on emploie un certain extrait fluide qui ne contient pas de malières lanniques. Quoiqu'il en soil, les médecins américains donnent l'hamamélis surtout dans les affeclions des veines (varices, hémorrhoïdes fluentes) et dans les hémorrhagies, cette substance jouerait même à l'égard des hémorrhoïdes le rôle d'un véritable spécifique, Dujardin-Beaumetz l’a lui-même constaté.

Avec les feuilles d’hamamélis on prépare une teinture au 1/5 dont on donne jusqu'à XXX gouttes par jour à l'intérieur. Coupée d’eau celte teinture peut servir en lotions pour l'usage externe. On peut se servir de la décoction, de l'exlrait sec ou de l'extrait fluide, mais ces deux dernières préparations m'ont paru mal définies, les formules variant d'un auteur à l’autre.

Quand on utilise l’'hamamélis à l'extérieur, au lieu des lotions mentionnées ci-dessus, on peut formuler une pommade avec la teinture incorporée à de l’axonge.

Hydrastis canadensis.

Celle plante de l'Amérique du Nord a été présentée par Schalz (de Rostock) au Congrès de Fribourg en Brisgau (1883) comme un suceédané du seigle ergolé au point de vue des hémorrhagies ulérines. Avant Schalz, Gordon (de Hannibal) employail déjà l'hydrastine dans le même but ; les recherches de Fellner, de Mendes, de Wilcox sont venues confirmer les observations apportées au Congrès de Fribourg.

CEE

Le rhizome esi la seule partie usilée en médecine, les noms de racine orange ou racine d'or sont done impropres puisqu'il S'agit de rhizome el non de racine. Il renfermerait deux alcaloïdes : la berbérine et l'hydrastine ; quant à l'hydrastinine, qui jouirait de propriétés plus énergiques que lhydrastine, ce serait un produit d'oxydation de celte dernière.

La propriété physiologique la plus évidente de l’hydrastis canadensis est d'être comme l'hamamelis un vaso-constricteur. D'après Cabanès (thèse de Paris, 1889), celle plante augmente rait la sécrétion intestinale et l'écoulement de la bile. Pour Fellner, l’hydrastis en injections déterminerail des contractions utérines, Schalz nie cette aelion sur les fibres musculaires de l'utérus de la femme.

Passons aux indications :

La principale se pose pour les métrorrhagies par endométrite ou myome, les ménorrhagies, les hémorrhagies de la ménopause, dans les élals congestifs et inflammatoires du corps et du col de l'utérus, dans les rétroversions qui déterminent si souvent un prolongement de la menstruation (Huchard). Cet auteur a noté également les bons effets de ce médicament sur les hémoplysies des tuberculeux.

En raison de l’action favorable des applications locales d’extrait d'hydrastis sur les phénomènes congestifs des muqueuses, le D' Palmer a essayé des inhalations de solutions du même extrait dans les bronchites catarrhales et dans la phtisie à toutes ses périodes. Dès le premier mois, les sueurs noctures disparurent, la toux et l’expectoration dimimuërent, l’appêtit revint, les digestions se firent plus faciles, il y eut, en un mot, amélio ration notable. La solution qu'emploie le D' Palmer est ainsi faite :

Hchrart Minded yPashss.. ol tee spores À Solution de chlorure de sodium saturée. NEC

Mopes D'EMPLOI ET DOsEs. — La poudre de rhizome d'hydrastis se donne aux doses de 2 à 8 grammes, la teinture à celles de XX à XXX gouttes. On peut encore se servir de la décoction, de l’extrait fluide ; je rappelle que les extraits fluides (Fluid. extract des Américains) réprésentent poids pour poids la plante, ces sortes d'extraits figureront peut-être au supplément du Codex.

Voici comment Hayem manie l’hydrastis : « au moment de l’hémorrhagie — il s’agit surtout des flux sanguins liés à l’existence d’une lésion utérine ou d’un fibrome — on prescrit, à de courts intervalles, XX à XXX gouttes de teinture ou d'extrait

hIye

fluide ; puis on diminue les doses et on espace les prises lorsque l'écoulement du sang tend à s'arrêter. Le médicament doit être continué pendant l'intervalle des métrorrhagies ou des mémorrhagies, à la dose de XX gouttes de teinture ou d'extrait fluide, 3 à 4 fois par jour ».

Kola

La graine du Stercula acuminala, arbre de l'Afrique centrale, est dite noix de kola. Elle a été étudiée aux points de vue bolanique, chimique et thérapeutique par Heckel et Schlagdenhauffen qui y ont trouvé du tanin (1.6 0/0), de la caféine (2.4), de la théobromine (0.02), des matières proétiques, amylacées, sucrées, de la matière colorante, de la cellulose, des sels, de l'eau (11.9). Dujardin-Beaumetiz et Monnet se sont occupés aussi de la kola, ce dernier a fait sa thèse sur ce sujet (Paris, 1884). C’est Nalton qui a vulgarisé en France l'emploi de ce produit.

La kola est un puissant stimulant du système nerveux, c'es! un tonique cardiaque, régularisant le pouls, augmentant la tension artérielle et la force des battements du cœur, cependant elle est peu diurétique. Elle aide à supporter la fatigue et la privation de nourriture ; elle serait aussi antidiarrhéique et aphrodisiaque.

Comme le café el le thé, la semence de Kkola est un aliment d'épargne, les nègres de l'Afrique tropicale s’en servent comme masticatoire, de même que les indiens du Pérou emploient les feuilles de coca. Mais la kola agit-elle, dans ces circonstances, uniquement par la caféine qu'elle renferme? Heckel (de Marseille) dit que le rouge de kola, analogue au rouge cinchonique, n’est pas étranger à ces actions antidéperditrice, excitante et tonique. Ce rouge est une substance complexe qui contient, jusqu'à nouvelles données, du lanin et des alcaloïdes. Les preuves qu'il existe dans la kola une substance active autre que la caféine sont:

1° Que la poudre de kola épuisée par le chloroforme el privée par là de caféine, est encore un excitant musculaire actif ; 2 que celle poudre à une plus grande efficacité sur la fatigue que

la caféine pure ; & que le café et la kola bien que renfermant des doses à peu près identiques de caféine n'ont pas la même action.

Au total, en dépit de ces restrictions, les indications de la kola

Page 1