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ÉCHINODERMES 27 meuvent toujours sur la même face; cette dernière se différencie et forme une sole ventraie adaptée à la Iocomotion. La bouche devient alors dorsale pour permettre à l’animal de prendre au passage les petits êtres qui
Fig. 19. — KRhopadolina.
nagent au-dessus de lui. Chez d'autres espèces qui vivent dans la vase, le corps se recourbe en V de mapière que la bouche et l'anus sortent seuls de la vase
{Voir fig. des Siphothuria, Ypsylothuria); chez les Rho-
padolina (fig. 19),les deuxtubes dela boucheet de l’anusse soudent et l'animal prend la forme d’une bouteille. Respiration. — Les Echinodermes ne possèdent pas d’organe particulier pour la respiration ; l'eau pénètre à travers les pores du test des Oursins ou à travers la plaque madréporique des Astéries dans la cavité où des
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cils vibratiles la maintiennent en mouvement; les organes internes sont, de cette façon, continuellement baignés par l'eau. Les appendices ambulacraires de certains Oursins sont aussi considérés comme organes respiratoires.
« Chez les Holothuries la portion terminale du tube digestif s'élargit et sert de vestibule à un système de tubes membraneux qui se ramifie dans la cavité viscérale comme un arbre touffu, et qui reçoit dans son intérieur l'eau du dehors par lintermédiaire de l'anus. L'animal peut, à volonté, remplir ce réservoir branchu ou le vider, et c’est par ces mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration qu'il renouvelle la provision d'oxygène nécessaire à l'entretien de sa respiration. » (Milne-Ewards.)
Développement. — Métamorphoses. — Le développement des animaux Radiaires présente les phénomènes les plus curieux pour l'observateur. « Très rarement les Echinodermes se développent d’une facon directe, c’est-àdire qu'ils présentent des métamorphoses de plus en plus
compliquées et passent par des états larvaires dont la
forme bilatérale est caractéristique. » (Claus.)
Sion ouvre un Oursin, on remarque au centre de la.
cavité cinq traînées d’une substance rouge qui sont
les ovaires de l’Oursin. Au printemps ces ovaires grossissent et se remplissent d'œufs qui seront fécondés après leur sortie du corps de l’animal. Lorsque l’em-
bryon éclôt, il commence par nager librement au de-:
hors par un mouvement oscillatoire; son corps est recouvert de cils vibratiles et a d’abord une forme sphérique qui sera remplacée successivement par d’autres
“Le dE | HER | ÉCHINODERMES 29 Pa formes bizarres et arrivera finalement de la symétrie bilatérale à l’état parfait : la symétrie rayonnante. Dans une de ces métamorphoses la larve affecte une forme singulière, qui ressemble grossièrement à un éteignoir dont les bords se prolongeraient en quatre pointes obtuses ; c’est sous cette apparence qu'elle fut considérée
Fig. 20. — Larve Pluteus de Strongylocentrotus lividus.
autrefois comme un animal distinct auquel Müller avait donné le nom de Pluteus paradozus. La dénomination de ; Pluteus à été conservée aujourd’hui pour désigner cette formelarvaire{fig.20). Plustardlalarveallonge sesquatre bras, se garnit de quatre touffes de cils vibratiles et se | fortifie au moyen de longues baguettes calcaires disposées à la façon dutrépied d'un appareilde photographie, C’est la forme en chevalet, qui précède immédiatement la métamorphose définitive.
«Ace moment il n'y à encore aucun indice de pi- quants. La larve nage ayant son sommet tourné en bas et les pieds du chevalet en haut. Entre la paroidu corps
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30 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE Re S
et l'estomac se trouve une cavité remplie de liquide : c'est là que l’Oursin définitif se développe comme un bourgeon qui s'étend peu à peu dans la cavité, entourant l'estomac et envahissant le reste du corps de la larve. Celle-ci se fond pour ainsi dire autour du jeune Oursin, et finalement il n’en reste que quelques débris qui disparaissent également, laissant la forme adulte comme produit définitif après l'avoir nourri littéralement de sa substance. Pourvu d’une boucheetd’organes digestifs, l'Oursin se suffit dès lors à lui-même. » ‘Capus) (1).
Chez les Astéries le développement présente un autre phénomène non moins curieux : les œufs et les jeunes larves ne quittent pas la mère dès la ponte; ils demeurent enfermés dans une sorte de chambre incubatrice formée par la mère en rapprochant étroitement ses rayons à la face ventrale autour de la bouche. Ce rapprochement, en fermant complètement la bouche, a pour conséquence d'empêcher l'animal de prendre toute nourriture pendant les onze jours d’incubation. On ne connaît pas d'autre exemple d’un pareil dévouewent maternel! Les larves subissent ensuite des métamorphoses analogues à celles des Oursins, et les larves ciliées de certaines Astéries ont été prises autrefois, comme le Pluteus, pour desespèces distinctes et désignées sous les noms de PBipinnaria et de Bracholaria.
Chez les Holothurides on retrouve les mêmes phénomènes, et les larves, qui ont des expansions en forme d'oreilles, ont été nommées Awricularia. Ces larves sont
(1) Capus. — L'OŒEuf chez les plantes et les animaux.
NES ÉCHINODERMES 91 caractérisées en outre par la présence de plusieurs petites roues calcaires fort élégantes. Leur dernière forme, avant l’état parfait, est une sorte de chrysalide qui ressemble à un tonneau cerclé de cinq bandes ciliées.
Indépendamment des moyens de reproduction que nous venons d'indiquer, les Astéries et les Holothuries possédent à un haut degré la faculté de reproduire les
À Fig. 21. — Larve d'Holothurie.
parties de leur corps qui leur ont été enlevées. Si une
Astériea perdu accidentellement un de ses rayons,
| cette partie peut se reconstituer assez rapidement. Un seul rayon, pourvu qu'il soit détaché assez près de la base, est même capable de reconstituer tout un animal! Chez les Brisingides, le disque privé de bras reconstitue des bras nouveaux et chacun des bras primitivement détaché du disque reforme un disque autour du-
quel naissent de nouveaux bras.
__. Ces phénomènesde revivification sont encore plus ex-
traordinaires chez les Holothurides, qui ont la faculté de détacher leur tube digestif et de l’expulser au dehors ; ce tube digestif se restaure et développe un nouvel individu complet !
Enfin les Holothuries, indépendamment du mode de
régénération que nous venons de décrire, possèdent encore la faculté de se reproduire, comme beaucoup d’animaux inférieurs, par scissiparilé (1) : certaines Holothuries, les Synaptes principalement, peuvent, quand on les tourmente, morceler leur corps en plusieurs parties par des contractions musculaires énergiques ; chacune de ces parties reproduira ensuite un nouvel animal. Souvent cette division'se produit graduellement : « Lorsque l’on conserve pendant quelque temps des Synaptes vivantes dans un vase d’eau de mer, on les voit se morceler d’elles-mêmes. Il se forme un étranglement dans une partie du corps et la séparation s'opère brusquement. On dirait que l’animal, sentant qu'il ne peut se nourrir tout entier, supprime successivement les parties dont l'entretien coûterait trop à l’ensemble, à
peu près comme on chasse les bouches inutiles d'une
ville assiégée. Au bout de quelques jours il ne reste souvent qu'un petit ballon sphérique couronné de tentacules. » (Quatrefages.)
Distribution des Echinodermes. — On trouve des Echinodermes dans les formations les plus anciennes duglobe: les premiers, qui apparaissent dès l'époque silurienne, sont les Crinoïdes (fig. 1); ce sont les types véritable-
ment caractéristiques de l’époque paléozoïque. Quelques #Sellérides se montrent aussi à la même époque, …
mais en moins grand nombre. Quant aux ZÆZchinides, déjà très communs dansles terrains jurassiques, on les
(4) On donne le nom de scissiparité à la faculté qu'ont un certain nombre d'animaux inférieurs de se multiplier par division. Leur corps se partageant en plusieurs fragments, chacun de ceuxci reproduit un nouvel individu semblable au premier.
retrouve dans tous les étages des terräins tertiaires et leurs formes sont très variées, mais ont toujours une tendance à se rapprocher insensiblement des formes actuellement vivantes.
Tous les Echinodermes sont des animauxmarins, surtoutabondants dans les mers des contrées chaudes, tandis que les espèces et les individus vont en diminuant denombre à mesure qu'on s’avance vers les pôles. On en connaît aujourd’hui un grand nombre d’espèces vivantes, et depuis quelques années les explorations scientifiques françaises, anglaises et américaines ont, par des dragages à toutes les profondeurs, considérablement augmenté la liste des espèces connues. Le littoral français possède un certain nombre d'Echinodermes dont nous indiquerons les mœurs en décrivant chaque classe.