‹ Coelents, inodermes, protozoairesChapitre 21 sur 78 · PA. À ET · texte numérisé non relu

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GENRE OPHIOTRIX 65 « Sa distribution géographique est très étendue : on l'a signalée dans la Méditerranée, sur toutes les côtes

de l'Ouest et du Nord de l’Europe, sur la côte Ouest de l'Afrique jusqu’au cap de Bonne-Espérance, enfin sur les rivages Atlantiques de l'Amérique du Nord. » (Fischer.)

Elle vit sur tout notre littoral de l'Océan : à Noirmoutiers (Vendée), à Cordouan, sur le plateau sousmarin de Rochebonne, à Arcachon (dans les coquilles d'Huîtres et sur les Zostères) et sur toutes les côtes de la Méditerranée.

L'Asterias filiformis (Müll.) est peut-être une variété de cette espèce.

Amphiura Neapolitana (Sars) — Ophiocnida brachiata (Mont.). — Amphiure napolitaine.

Cette belle espèce, remarquable par la longueur de

ses bras, est assez rare sur nos côtes : on la trouve à l'embouchure du bassin d'Arcachon, dans les bancs de sable qui ne découvrent qu'aux plus basses marées. « Elle s'enfonce à une assez grande profondeur üans le sable, et ses longs bras s’y meuvent sans se briser, malgré leur extrême fragilité. » (Fischer.) Elle vit également dans la Méditerranée.

FAMILLE DES OPHIOTRICHIDÉS.

Fentes buccales nues, dépourvues de papilles. — Plaques radiales très grandes.

Genre Ophiotrix (MüLL. ET TR.). — Ophiotrix.

Les écailles du disque sont ou granuleuses, ou recou= vertes de poils mobiles ou de piquants très grêles. Les bras sont garnis de piquants.

66 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE Ophiotrix fragilis. (Müll.) — Ophiothrix fragile. | Cette espèce à le disque brunâtre ou verdâtre légè-

rement tacheté. Ses bras, qui sont de même couleur avec des bandes transversales orangées, sont huit fois environ aussi longs que le diamètre du disque: hérissés de piquants aplatis, disposés par six ou sept pour chacune des plaques latérales. Cette Astérie, ainsi que son nom l'indique, est une des espèces Les plus fragiles et qu'il est difficile de conserver en bon état.

« Ces animaux, craintifs et farouches, se dérobent en grimpant ou en glissant avec une habileté extrême dans les fentes des rochers, parmi les branches de Corail, les Vers tubulaires, les racines, bref sur les sols

les plus impraticables. Ils n’emploient pour cela leurs

pattes-ventouses que d’une manière passagère ; en revanche ils s’assujettissent à l’aide de leurs bras quis’enlacent comme autant de queues prenantes autour des objets indifféremment minces ou épais. Lorsqu'on saisit par un de ses bras un de ces fuyards sur le point de s’'éclipser dans quelque cachette étroite et tortueuse, ce bras vous reste entre les doigts, tandis que l’Ophiure se met parfaitement à l'abri sans se soucier de cette mutilation qui paraît lui causer en réalité peu de douleur. » (O0. Schmit.)

Cette espèce est très commune sur tout notre littoral de l'Océan; elle est tellement abondante dans les chenaux du bassin d'Arcachon qu'on peut en recueillir une centaine à chaque coup de drague.

Sa coloration est très variable, ainsi que sa forme, et

plusieurs de ses variétés ont reçu des noms spécifiques :

Ophiura echinata, pentagona, etc.

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ÉCHINOÏDES 67

Elle est aussi commune sur nos côtes de la Méditerranée, où on trouve également deux espèces voisines : l'Ophiotrix alopecurus (Norm.) d’une coloration rouseâtre et l’Ophiopsila aranea (Forbes), dont les bras sont longs, grêles et pourvus de plaques dorsales quadrangulaires.

Troisième classe. — ÉCHINOÏDES (Oursins).

En décrivant l’organisation des Oursins, nous avons dit que ces animaux étaient caractérisés par leur enveloppe calcaire composée de plaques polygonales non mobiles, divisées ordinairement en plusieurs rangées disposées par paires. Pour se rendre compte de l'accroissement de cette enveloppe solide il suffit de comparer des individus de différents âges : on peut ainsi s'assurer que les jeunes individus n’ont qu'un petit nombre de plaques dans chaque rangée principale. « Ces plaques, dit Agassiz, s’accroissent au moyen d’une sécrétion calcaire qui s'opère lentement sur leur périphérie, jusqu'à ce que celles qui entourent la bouche aient acquis leur taille définitive et soient entièrement adhérentes entre elles. Pendantce temps les plaquessupérieures continuent àgrandir et à augmenter en nombre, en sorte que le test de l’animal s’accroit de bas en haut, et de déprimé qu'il était devient de plus en plus globuleux. »

Chez lesOursins les pédicellaires remplissent des fonctions extrêmement curieuses : on sait que, chez cesanimaux, l'anus a son orifice en haut, sur lesommet du corps. Les pédicellaires s'emparent des déjections et les transportent de proche en proche au delà de la convexité dela coque jusqu’à ce qu’ellessoient entraînées par l’eau. «Rien

n'est plus merveilleux et plus intéressant, dit Agassiz, aue d'observer l’ordre et l’habileté qui président à cette fonction. On peut voir la rapidité avec laquelle les particules rejetées traversent les rangées où les pédicellaires sont le plus serrés, comme si elles étaient repoussées par autant de balayeurs. Ces organes sont répartis sur le corps entier, mais ils ne chassent les exgréments que suivant certaines voies déterminées. »

Les Oursins se nourrissent de petits animaux marins, de Mollusques et de Crustacés ; ils vivent généralement dans le voisinage des côtes, parfois à d'assez grandes profondeurs et quelques espèces s’enfouissent dans le sable, ne se ménageant qu'un petit trou rond pour l'introduction de l’eau. On trouve souvent sur les plages ce trou en forme d’entonnoir, et les pêcheurs prétendent prévoir les orages d’après la profondeur plus ou moins grande où s’enterrent les Oursins.

D'autres espèces, et principalement l’Oursin livide {Toxopneustes lividus), se creusent des retraites dans les roches les plus dures, telles que le grès et le granit des eôtes de Bretagne. M. Cailliaud, conservateur du Musée de Nantes, fut lepremier en France à signaler ces perforations dans une communication à l’Institut en date du 3 juillet 1854. MM. Robert et Lory ont confirmé ces observations, mais n’admettent chez l’Oursin perforant. quele jeu des piquants,et non des dents agissant en forme de pics. Toutefois l'opinion de M. Cailliaud paraît la plus rationnelle et voici comment ce savant néturaliste: explique le curieux travail de ces animaux :

« L'Oursin, marchant avec ses piquants, prend son point d'appui sur la roche avec ses nombreux tentacules

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pédicellés, accolés par leur extrémité à la pierre. L’appareil buccal, formé de vingt pièces osseuses, dont cing dents d’émail en forme de pics, représente un bélier

qui doit frapper la pierre (dans le calcaire). Chaque

coup fait cinq piqüres : a-t-il agi cent fois, il a produit cinq cents piqûres. Mais, dans le granit, la roche est désagrégée par les cinq dents de l’Echinus, lesquelles, en ce cas, d’abord réunies forment ensemble un fort pic. S'il agit sur les grains fins reliant, cimentant dans le granit les gros fragments de quartz et de feldspath, il les fait tomber; souvent même l’Zchinus les arrache grain à grain avec les cinq dents de son appareil buccal, lequel en ce cas fontionne comme des tenailles. Il résulte de nos observations faites sur la durée de ce travail que ces Echinides creuseraient dans le calcaire un centimètre au plus chaque année. Dansle granit ils acquièrent environ le double de profondeur ; car, comme on le voi ici, l'Oursin n’use pas cette roche, il la désagrège, 11 en

arrache les grains; aussi c’est bien dans le granit que

l’on remarque les trous les plus profonds, jusqu’à douze centimètres. »

Il est certain que l’action continue de la vague doit

singulièrement favoriser ce travail et aider l'Oursin

dans sa désagrégation des roches. En parcourant les côtes à marée basse, il est facile d'examiner dans les rochers qui ne découvrent que quelques instants ces perforations formant des réunions de cavités de toutes dimensions et occupées par des Oursins de tout âge. On a remarqué que ces trous étaient généralement inhabités pendant les mois les plus chauds de l'été, ces animaux descendant probablement dans de

plus grandes profondeurs pour éviter la chaleur et regagnant ensuite leurs gites pour y passer l'hiver. Le Muséum de Nantes possède un échantillon remarquable de roche perforée : ce spécimen, recueilli par M. Cailliaud sur les côtes de Douarnenez, a un mètre de longueur sur cinquante centimètres de largeur et est entièrement recouvert par 148 Oursins de tout âge, profondément enfoncés dans leurs trous.

Les espèces qui ne se creusent pas de cavités dans les rochers se réfugient sous les pierres, sous les Algues ou dans le sable. |

Les Oursins sont depuis longtemps considéréscomme animaux comestibles, principaiement certaines espèces (Echinus melo, E. granularis, Toxopneustes lividus) ; ils eonstituaient un plat recherché sur la table des Grecs et des Romains. Lorsqu'on ouvre la coque d’un Oursin pendant l’époque de la reproduction, il est facile de reconnaître le sexe de l'animal : les femelles ont cinq: ovaires formant à l’intérieur du test une bande granuleuse de couleur rouge orangé. Ce sont ces organes qui constituent la partie comestible. Bien que la reproduction paraisse durer toute l’année, c’est surtout de septembre en avril que les Oursins sont pleins, c’est-à dire comestibles ; quelques pêcheurs attribuentaussiaux phases de la lune une influence sur l’état decesanimaux et prétendent connaître exactement les époques où ils sont bons pour la consommation.

On mange les Oursins crus ou cuits dans l’eau bouil- Jante ; les habitants denotre littoral méditerranéen, qui consomment sans répugnance tous les animaux qu'ils recueillent sur les côtes (Mollusques, Ascidies, ete.),con-

né Le

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