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deur. Les échantillons qui arrivent à la côte sont tou-
jours morts et dépourvus de piquants.
Genre Brissopsis (KLEIN). — Brissopsis.
Dans ce genre le test est mince, renflé, ovoïde, Les ambulacres antérieurs marqués par un sillon peu pro
fond. k Brissopsis lyrifera (Ag. et Desor.). — Brissopsis porte- Dre. | as
‘Cette espèce (fig. 55) a le test ovoïde, à sommet à
GENRE BRISSOPSIS 91
- presque central; la face ventrale est couverte de gros - tubercules qui atteignent près de la bouche leurs plus fortes dimensions ; la face dorsale est couverte de tubercules plus petits; les piquants, courts sur la face dorsale, sont plus longs sur la face ventrale.
RÈSRSS NN AN
Fig. 55. — Brissopsis lyrifera.
« Le Brissopsis porte-lyre s'enfonce complètement dans le sable. Cet animal pénètre jusqu'à 15 ou 20 centimètres de profondeur dans les sols sablonneux et tapisse, à l'aide d'une sécrétion muqueuse, sa demeure constituée par une cavité dont l'entrée et le conduit de sortie offrent le calibre d’un tuyau de plume. En suivant le premier de ces conduits on arrive sur le milieu du dos ; ce conduit sert à l'introduction de l’eau et des aliments. L'animal est susceptible d'étendre, à travers ce conduit et même à plusieurs centimètres au-dessus, | une touffe de pattes-ventouses allongéeset vermiformes.
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Ces pattes-ventouses, douées d’une sensibilité tactile très grande, amènent dans le conduit des grains de sable et d'autres objets, notamment des substances or- ; ganiques, qui sont saisis par les cils et par les épines courtes et dirigés vers l’orifice buccal. Ainsi s'emplit «
Fig. 56. — Brissus unicolor.
l'intestin, qui repousse ensuite dans le second conduit | les matériaux qui l’ont traversé. IL semblerait que l’animal puisse rejeter violemment à travers l'ouverture du canal l’eau qu'il introduit sans cesse dans son tube di- … sestif. Ainsi seulement s'explique la force du courant L qui existe dans le conduit postérieur et ramène à le surface le sable déjà utilisé. » (Brehm..) | | Cette espèce, qui ne vit pas sur nos côtes de l'Océan, estassez rare sur celles de la Méditerranée où elle habite dans les grandes profondeurs. Elle a été capturée pas les chaluts des bateaux de pêche au large des embouchures du Rhône par100 à 120 mètres de profondeur; elle a été également trouvée au large du Port-de-Bouc dans les fonds de vase et de sable vaseux. : A
MRee HOLOTHURIES 93
; Genre Brissus (KLEIN). — Brissus.
Ce genre diffère du précédent par la forme du test qui est ovoïde plus ou moins allongé, à sommet excentrique rejeté en avant.
Brissus unicolor (Klein). — Brissus unicolore.
Dans cette espèce (fig. 56) le test est elliptique, largement renflé en arrière ; l'extrémité postérieure est tronquée verticalement ; les piquants sont courts sur la face dorsale, un peu plus longs sur la face ventrale.
Le Brissus unicolor ne vit que sur nos côtes de la Méditerranée où il est rare : il a été pris quelquefois à Marseille autour du château d'If et dans le bassin National à une profondeur de 10 à 20 mètres.
Quatrième classe. — HOLOTHURIES
Si les Astéries et les Oursins ont été l’objet de nombreuses recherches, il n’en est pas de même pour les Holothuries, dont l'étude a été longtemps négligée.
Les Holothuries sont des Échinodermes cylindriques, vermiiormes, à téguments coriaces renfermant des particules calcaires, dépourvus de plaque madréporique externe et munis d'une couronne de tentacules buccaux (Claus). Ces animaux se rapprochent des Vers par leur forme allongée et cylindrique et par leur symétrie très nettement bilatérale ; ils offrent, principalement avec les Siponcles, une ressemblance extérieure si frappante que, pendant longtemps, on les avait rangés dans le même groupe. Ils diffèrent des autres Échinodermes par l'absence d’un test calcaire solide et restent mous et
coriaces, Car l’incrustation des sels calcaires se borne
ENT 2 RS RE OP MIRE 94 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE au dépôt de particules de forme déterminée (Spicules). de. disséminées dans leur épaisseur. Ces spicules, qui ressemblent à des ancres, à des roues, à des hameçons, sont placés superficiellement, tandis que d’autres qui ont la forme de baguettes ramifiées, de disques criblés, ou qui constituent des plaques plus grandes de tissu spongieux, sont situés plus profondément dans la peau, qui est coriace, opaque ou transparente, granuleuse ou raboteuse. Le corps, dont la longueur varie de quelques … centimètres à un mètre, a la forme d’un cylindre ou d’une À fiole, ce qui a fait donner à cesanimauxle nom vulgaire | de Cornichons de mer. « Les nombreuses espèces du littoral de toutes les mers, dit M. le professeur Perrier, È peuvent ètre comparées à une sorte de melon allongé présentant cinq côtes séparées les unes des autres par des rangées de pieds tubulaires. Les deux orifices du tube digestif sont aux deux extrémités du melon et la | bouche est entourée d’une couronne régulière de tentacules. Dans les grands fonds la symétrie rayonnée s’efface d'ordinaire; elle est en quelque sorte masquée par R une symétrie nouvelle, manifestement bilatérale. » 4 Nous avons mentionné au commencement de ce volume (Développement des Échinodermes) la faculté remar- | < quable que possèdent ces animaux de pouvoir rejeteret restaurer leurs organes et de se reproduire par scissiparité : si on cherche à saisir une Holothurie, elle se contracte avec force, lance en un jet rapide l’eau qu’elle renfermait et vomit même quelquefois ses propres vis- … cères. « Quiconque en a fait l'expérience, dit O.Schmit, et s’est vu souiller par le contenu visqueux et tenace d’une grosse Holothurie, les manie dès lors avec précaution. »
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sa Es ne | | | HOLOTHURIES 95 Les Holothuries sont en partie des animaux nocturnes wivant le plus souvent près des côtes, quelquefois à des profondeurs considérables. « Leurs mouvements sont assez bornés. Elles exécutent une sorte de reptation au moyen des ondulations plus ou moins fortes de leur corps, ou bien à l’aide des contractions plus ou moins nombreuses de leurs pieds, qui sont tantôt situés vers le milieu du ventre, dans un endroit qui forme comme un disque sur lequel rampe l'animal à la manière des Limaces, tantôt disposés en séries nombreuses tout le long du corps. » (Moquin-Tandon.)
On sait que les Chinois mangent plusieurs espèces d’Holothuries, qu'ils confondent sous le nom général de Trépang et qui font l’objet d’un commerce considérable. Nous ne mentionnerons pas ici les récits de ce genre de pêche, dont on trouve les détails dans tous les ouvrages d'histoire naturelle, Dumont d’Urville, dans son Voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, a relaté cette pêche à laquelle il eut occasion d'assister : «Jetrouvai, dit-il, à cet ani-
mal préparé un goût se rapprochant beaucoup de celui du Homard; mes hommes le trouvèrent fort bon. Pour moi j'éprouvai une répugnance invincible même à le goûter. » |
Avant d’être livré à la consommation sur les marchés de Chine, le Trépang subit de nombreuses préparations, qui diffèrent suivant les localités. « Dans les îles Palau, les plus occidentales des Carolines, dit O. Schmidt, la
plupart des espèces du genre Æolothuria sont entassées
dans des jattes en fer dont le diamètre atteint jusqu'à 3 pieds et dans lesquelles ces animaux sont agglomérés en masses légèrement proéminentes. On recouvre les
Holothuries de feuilles très larges du Caladium esculentum et on les soumet à une véritable coction; puis on les fait cuire à l’étuvée en y ajoutant constamment de très petites quantités d’eau douce. Elles se recroquevillent alors, et une Holothurie qui mesurait un pied de long au moment où on l’a capturée se raccourcit au point de mesurer seulement quelques pouces de long. Après la première cuisson on les sèche au soleil sur des cadres en bois exposés à l'air libre ; ensuite on les soumet deux ou trois fois alternativement à l'étuvée et au séchage. C’est alors que les marchands les vendent au poids. Lorsqu’elles sont enfin suffisamment desséchées et débarrassées du sel marin, on les étale en couches minces, dans des canots, sur des claires construites spécialement, et on leur fait subir pendant des mois l'influence de la fumée et de la chaleur. C’est seulement très peu de temps avant de se mettre en route qu’on les emballe dans des sacs et qu’on les porte à bord. Lorsqu'on veut les manger, on commence par dépouiller la superficie des impuretés qui y adhèrent; on gratte la couche supérieure qui renferme des matières calcaires et on ramollit l'animal en le plongeant dans l’eau douce pendantl'espace de vingt-quatre à quarante-huit heures.
Les Holothuries se gonflent alors et prennent une
teinte gris sale. Après qu'on les à lavées plusieurs fois et qu’on a rejeté avec soin les viscères et toutes les molécules de sable qui les souillaient, on découpe leur peau gonflée en petits morceaux qu’on avale dans des soupes fortement épicées ou avec divers autres mets. »
En France on ne consomme pas, mêmesur les côtes de
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GENRE HOLOTHURIA | 97
Provence, ce singulier mets que les Chinois apprécient à l’égal des nids d’'Hirondelles.
On divise les Holothuries en deux ordres :
Les Holothuries ambulantes (pourvues de tubes ambulacraires) ;
Les Holothuries apodes (dépourvues d'ambulacres).
À°7 Ordre. — HOLOTHURIES AMBULANTES.
Cet ordre comprend deux familles :
Les Aspidochirotes ; Les Dendrochirotes.
qui ont l’une et l’autre des représentants dans la faune française.
FAMILLE DES ASPIDOCHIROTES.
Dans cette famille les tentacules possèdent des am poules faisant librement saillie dans la cavité viscérale;
l’anneau calcaire se compose de 5 grandes pièces radiales et de 5 pièces intermédiaires plus petites.
Genre Stichopus (BraxDT). — Stichope.
Ce genre est caractérisé par un corps prismatique à quatre faces, 18 à 20 tentacules, destubesambulacraires sur des tubercules, disposés sur trois rangées longitudinales à la face ventrale aplatie (Claus).
Stichopus regals (Selenka). — Stichope royal.
Cette belle espèce a la peau épaisse et d’une belle coloration orange. Elle a été capturée par les pêcheurs d'Arcachon, mais n’est pas rare dans le golfe de Marseille.
Genre Holothuria (Lix.) — Holothurie.
Dans ce genre les tubes ambulacraires sont disséminés sur la face ventrale aplatie ; les tentacules varient de 20 à 30.
Holothuria tubulosa (Gmel.). — Holothurie tubuleuse.
Cette espèce (fig.57) a le corps cylindrique, arrondi vers les extrémités ; les pieds tentaculaires sont
Fig. 57. — Holothuria tubulosa.
épars et plus nombreux sur la face ventrale; les tentacules, au nombre de 20, sont courts, rameux à leur extrémité et disposés en double série alternante.
Sa coloration est brune ou noirâtre.
« L'Holothurie tubuleuse se tient aussi bien à de grandes profondeurs qu'au voisinage des rives dans les endroits peu profonds. Elle peut être mise à découvert par la marée, pendant des heures, sans en souffrir; elle a soin seulement, comme font toutes les Holothuries lorsqu'elles subissent le moindre trouble, de rétracter ses tentacules. Son tégument coriace, brunâtre, rougeàtre ou noirätre la protège contre le desséchement, et l’on voit alors ces animaux reposer sur le sable ou entre les pierres sans donner signe de vie » (0. Schmidt.)
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GENRE HOLOTHURIA 99
Cette espèce vit sur toutes nos côtes de l'Océan, où elie est assez rare : la Rochelle, baie du sud (Gironde), Biarritz et Guéhary (Basses-Pyrénées). Elle est commune dans la Méditerranée. Nous avons fréquemment trouvé sur le littoral de Cette des individus encore vivants, quoique jetés par une tempête depuis plusieurs jours sur la plage où ils étaient restés exposés à un soleil ardent : « A Marseille c’est l'espèce la plusabondante dans les prairies de Zostères entre vingt et quarante mètres, Tous les individus ont la région ventrale plus claire que la région dorsale. » (Jourdan.)
Holothuria Polii (Delle Chiaje). — Holothurie de Poli.
Cette espèce est plus grande que la précédente; sa peau plus résistante est hérissée de gros tubercules coniques. Elle ne vit que sur les côtes de la Méditerranée, dans le golfe de Marseille, où elle se rencontre principalement parmi les cailloux à la côte, dans la plupart des petites calanques du golfe ; on la trouve plus rarement dans les prairies de Zostères.
Holothuria impatiens (Gmel.) — Holothurie impatiente.
Cette espèce ne se rencontre que sur nos côtes de la Méditerranée, dans le golfe de Marseille. Elle est facile à reconnaître à sa forme et à ses tubercules coniques.
- & On la prend à la fois à la côte, dans les calanques de
Morgilet et de Pemègue et près du château d'If dans les prairies de Zostères. Elle est beaucoup moins fréquente que les espèces précédentes et est presque toujours d’un beau noir ; ce n’est qu'exceptionnellement qu’elle a une
teinte plus claire. » (Jourdan.)
FAMILLE DES DENDROCHIROTES.
Ces Holothuries ont destentacules ramifiés, arborescents ; l'œsophage est muni de muscles rétracteurs.
Genre Phyllophorus (GRUBE). — Phyllophore.
Dans ce genre les animaux ont des tentacules au nombre de 12 à 16 et en dedans un cycle de 5ou 6 tentacules plus petits.
Phyllophorus urna (Grube) — Phyllophore urne.
Cette espèce, qui a tous les caractères du genre, ne vit que dans la Méditerranée : on la trouve à Marseille dans les fonds vaseux, surtout dans l’avant-port nord des bassins de la Joliette.
Genre Cucumaria (BLAINV.). — Cucumaire.
Le corps de ces Holothuries est cylindrique, muni de 10 tentacules.
Cucumaria Planci (Brandt) — Cucumaria doliolum (Grube).
Cucumaire baril.
Cette espèce (fig. 8), la plus commune du genre, est facile à reconnaitre à la forme de son corps cylindrique, à seslongs tentaculesramifiés, à sa peau épaisse, dure etfarcie de corpuscules calcaires profondément incrustés.
« Cette Holothurie se distingue de ses congénères par la faculté qu’elle possède de grimper : elle escalade des saiïllies de roche pointues, des groupes d’Huîtres et surtout des Coraux arboriformes ou réticulés. Elle se sert, dans ce but, naturellement de ses pattes-ventouses
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GENRE CUCUMARIA 101
qui sont particulièrement minces ou allongées. Mais, lorsqu'elle a atteint la place qui lui convient, elle ploie et infléchit son corps de telle sorte qu'il demeure fixé,
Fig. 58. — Cucumaria Planci.
même indépendamment des efforts des ventouses. L'attitude qu’elle adopte de préférence esttelle queson corps est fixé par sa partie postérieure, la partie antérieure restant libre de s’étirer à son gré avec la couronne ten, taculaire. Tandis que la plupart des autres Holothuries en captivité du moins, gardent pendant des semaines leurs tentacules rétractés et souvent périssent sans les étendre, l'espèce en question se met à les déployer dés le premier moment d'effroi passé et se pare ainsi d’un ornement des plus élégants. Cette parure offre en gé-
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néral la même coloration que le corps et présente toutes les nuances du brun. » (0. Schmidt.)
Cette espèce est assez rare sur nos côtes de l'Océan : Noirmoutiers, la Rochelle ; elle est très commune sur celles de la Méditerranée, dans tous les fonds vaseux, de 40 à 60 mètres.
Fig. 59. — Cucumaria pentactes.
On trouve également sur notre littoral de la Méditerranée :
Cucumaria pentactes (Forbes). — Cucumaire pentacte (fig. 59), qui vit avec l'espèce précédente et s’en distingue facilement par sa coloration plus sombre; elle atteint jusqu’à deux décimètres de longueur ; on la rencontre fixée aux pierres etaux rochers dans les endroits les moins exposés à la lumière.
Cucumaria Tergestina (Sars). — Cucumaire de Trieste, espèce d’une grande taille et d'une coloration brun marron.
Cucumaria cucumis (San.). — Cucumaire concombre. (fig. 60). |
La région dorsale est brune, la face ventrale a une
FAMILLE DES SYNAPTIDÉS 103
teinte beaucoup plus claire, quelquefois entièrement blanche. Elle vit à Marseille, sous les pierres, à l'entrée du port de la Joliette.
Cucumaria Marioni(Marenzeller). — Cucumaire de Marion.
Fig. 60.— Cucumaria cucumis.
Espèce remarquable par sa petite taille et sa coloration blanche. On la prend dans le golfe de Marseille, mais toujours en petit nombre, sur les rhizomes des Posidonies, au nord de l'ilot de Tiboulen, à 35 mètres de profondeur. (Jourdan.)
2e Ordre. — HOLOTHURIES APODES.
Cet ordre a été divisé en deux sous-ordres :
Les Pneumophores.
Les Apneumones.
Ces derniers seulement sont représentés dans notre faune par la famille des Synaptidés.
FAMILLE DES SYNAPTIDÉS.
Les animaux réunis dans cette famille portent des tentacules digités ou pinnés, sans vaisseaux radiaires.
Le corps est allongé, vermiforme, à peau mince, garnie de bandelettes opaques, pourvues de productions dermiques calcaires en forme de roue ou d’ancre.
Comme plusieurs autres Holothuries, les Synaptidés
ont la singulière propriété de se diviser spontanément
en diverses portions :
« La mutilation propre aux Synaptes, dit Bauer, consiste dans l’étranglement et la séparation d’une portion plus ou moins grande du tronc qui s'isole de la partie antérieure munie de la bouche et des tentacules sous l’action d’une contraction musculaire violente. Les fragments du tronc détaché continuent à se nourrir quelque temps ; mais il n’est pas probable qu'ils restent susceptibles d'une vitalité persistante : car, d’une part, ils ne pourraient s’alimenter sans la bouche, et, d’autre part, rien neplaide en faveur de la reproduction d'une tête sur ces fragments. Un fragment du tronc, sans extrémité céphalique, ne peut se morceler davantage. En revanche chaque bout céphalique peut répéter la fragmentation et se raccourcir par suite du détachement de tronçons de plus en plus petits, au point qu'il ne reste
plus rien du tronc en arrière de l’anneau calcaire qui
entoure la partie tout à fait antérieure de l'æœsophage. » Genre Synapta (Escx.). — Synapte.
Dans ce génre les animaux ont la tête surmontée de 10 à 25 tentacules digités : la peau renferme des corpuscules calcaires en forme d’ancres.
« Leurs mouvements, dit Semper, sont extrêmement lents ; ils gisent entortillés parmi les pierres ou dans le sabie des récifs; ces êtres progressent grâce aux con-
AE n,
NE LISE *. at La NA CT se a. » t GENRE SYNAPTA | 105
tractions qui se propagent le long de leur corps, d'avant en arrière, comme des ondes, ainsi qu'à l’aide de leurs tentacules buccaux. Leurs ancres, en tous Cas, ne leur servent point d'organes locomoteurs. Lorsqu'ils les ont une fois implantées quelque part, ils ne peuvent se
Fig. 61. — Synapta digitata.
remettre en liberté qu’en perdant ces organes. Ces ancres sont d’ailleurs mobiles et prennent appui sur la voussure de la plaque calcaire, mais elles sont dénuées de toute fibre musculaire pouvant commander leurs mouvements au gré de l’animal. Les Synaptes ne se fixent. en outre, que lorsqu'on les trouble brusquement ; lorsqu'elles progressent, elles se poussent le long des pierresetlelong desplantes,sans y demeurer accrochées.»
Synapta digitata (Mont.). — Synapte digitée (fig. 61).
Cette belle espèce atteint jusqu’à 30 centimètres de longueur : le corps est rosé, chargé de taches d'un brun fauve et depointsblanchätres ; lestentaculessontblancs, très courts, au nombre de 12; chaque tentacule se ter- 4 mine par quatre digitations cylindriques. Le système
Sol or LT A à , M Ses gl PEA PT PAU EPS PR ER ON PET A UE PDANS
106 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE musculaire est extrèmement énergique : l'animal se mutile spontanément; il adhère à peine aux doigts (Fischer).
Cette Synapte est commune sur nos côtes de l'Océan :
Fig. 62. — Synapta Duvernæana.
Boulogne, Ile-Dieu (Vendée), bassin d'Arcachon, à Eyrac (dans le sable à 30 centimètres de profondeur), Banc- Blanc à l'embouchure du bassin d'Arcachon. Elle est plus rare sur le littoral de la Méditerranée.
Synapta inhsærens (Müll.). — Synapte adhérente.
Cette espèce est plus petite que la précédente et très adhérente : « Nous avons trouvé, dit le docteur Fischer, une de ces Synaptes qui adhérait si fortement à un petit poisson que celui-ci n'avait pu s’en dégager. »
GENRE SYNAPTA 107
Le corps est allongé, transparent, tour à tour renflé et étranglé dans sa longueur; les tentacules sont pinnatifides à cinq divisions, sans verrues à leur base.
Cette Synapte, qui n’a pas été signalée dans la Méditerranée, vit sur toutes nos côtes de l'Océan et dans le bassin d'Arcachon, sur les bancs de sable, près de l'embouchure.
La Synapte de Duvernoy (Synapta Duvernæana) (fig. 62) qui semble n'être qu’une variété de l’espèce précédente, a été découverte aux îles Chausey, sur les côtes du.département de la Manche, par M. de Quatrefages :
« Figurez-vous un cylindre de cristal, d'un rosetendre un peu lilas, ayant quelquefois jusqu’à cinquante centimètres de longueur, parcouru dans toute son étendue par cinq petites bandelettes de soie blanche opaque, et surmonté d’une fleur vivante à douze pétales étroits et pinnatifides, d’un blanc mat, garnis de petites ventouses qui se recourbent gracieusement en arrière. Au milieu de ces tissus, dont la finesse semble défier les produits les plus raffinés de notre industrie, placez un intestin de la gaze la plus ténue, gorgé d’un bout à l’autre de corpuscules de granit dont l'œil distingue parfaitement les pointes vives et les arêtes tranchantes. Les parois du corps ont à peine un demi-millimètre d'épaisseur, et cependant on peut y compter sept couches plus ou moins distinctes, une peau, des muscles, desmembranes. L'animal est protégé par une espèce de mosaïque com- posée de petits boucliers calcaires, hérissés de doubles __hamecons dont les pointes sont dentelées comme des flèches de Caraïbe. » (Quatrefages.)
ATOS ‘ : Lun ANNEE