GENRE ISIS
Genre Pterogorgia (Ezr.). — Ptérogorgie.
Ce genre est caractérisé par ses calices non saillants
ét disposés en séries linéaires des deux côtés d’un silion médian de l'écorce. Le Polypier constitue des tiges étroites, allongées et rameuses.
Plerogorgia rhizomorpha (Lam.) — Ptérogorgie rhizomorphe.
Cette Gorgone, qui atteint une {rès grande taille, est d’une coloration brun rougeûtre.
Elle vit sur toutes nos côtes du Sud-Ouestet n’est pas rare depuis l’embouchure de la Gironde et l'entrée du bassin d'Arcachon jusqu'à Biarritz par 30 à 50 brasses.
On trouve sur nos côtes de la Méditerranée une espèce assez voisine de la précédente, la Leptogorqia viminalis (Pall.), remarquable par son Polypier très rigide, par ses rameaux longs et grêles ; sa coloration est jaune : elle vit dans le golfe de Marseille à une profondeur de 40 à 60 mètres.
Genre Isis (Lau.). — Isis.
Ce genre est intermédiaire entre les Gorgones et les Coralliens ; le polypier est arborescent, mais son axe est formé d’articulations alternativement calcaires et cornées, étranglées et revêtues d’un encroûtement libre et caduc.
Isis elongata (Esper.).— Isis allongée.
Cette espèce (fig. 78) ne vit que dans la Méditerranée, à de grandes profondeurs ; on la trouve dans le golfe de
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Fig. 78. — Isis elongata. °h “a
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GENRE CORALLIUM 1439
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Marseille où la drague et Les filets des pêcheurs en ramènent souvent des fragments, mais rarement des cormus entiers,
Genre Corallium (Lav.). — Corail,
Dans ce genre le Polypier est composé d’un axe pierreux inarticulé, formé d'une masse fondamentale cristalline et de spicules calcaires soudés ; les Polypes sont logés dans de petites cellules caicaires creusées dans l'écorce tendre du Polypier, ilssécrètent du carbonate de chaux mélangé à une matière colorante rouge qui constitue la tige ; celle-ci s’accroit par l'addition de nouvelles couches et s'allonge par le développement de nouveaux Polypes issus par bourgeonnement à l’extrémité de l'agrégation. M.Lacaze-Duthiers anommé Zoanthodème (population d’animaux-fleurs) l’ensemble de tout ce qui compose le rameau le plus complet : parties molles, dures et animaux.
« On peut considérer une branche de Corail vivant comme une agrégation d'animaux unis entre eux par un tissu commun, dérivant d'un premier type par voie de bourgeonnement, et jouissant d’une vie propre, quoique participant à une vie commune.» (Lacaze-Duthiers.)
Le Corail est composé de deux parties : l’une centrale, solide (l'axe), qui est à la fois le produitet le support des Polypes : c’est cette partie qui est utilisée par la bijouterie, l’autre qui est externe, molle, charnue, véritable écorce vivante dans laquelle sont logés les Polypes. Ceux-c1 s'épanouissent sur lesrameaux comme des fleurs étoilées et donnent à la branche du Corail l'apparence des arbres fruitiers lorsqu’au printemps ils se couvrent
de fleurs avant l'apparition des premières feuilles. Ces Polypes, en effet, sont entièrement blancs; aussi le nom que Michelet (1) a emprunté aux Orientaux pour dèsigner Le Corail : Æleur de sang, serait-il juste s’il désignait seulement la tige, mais en l’appliquant aux animaux, il est inexact, les Polypes tranchant, au contraire, par leur tissu blanc transparent sur le calice rouge dont ils sont sortis.
La nature du Corail a été longtemps méconnue et est restée un mystère Jusqu'au siècle dernier. Nous ne ferons pas ici l'historique du Corail que l’on trouve dans tous les ouvrages élémentaires d'histoire naturelle; mais nous rappellerons seulement que le Corail fut admis, dans l’antiquité, comme un arbrisseau marin qui, retiré de la mer, se durcissait à l'air. Tournefort, en 1700, le considérait comme une plante qu'il fit représenter dans son grand ouvrage et placa dans le chapitre ayant pour titre : Des herbes marines ou fluviales desquelles les fleurs et les fruits sont inconnus du vulgaire. C’est un naturaliste français, Peysonnel, qui, en 1723, constata le premier la véritable nature du Corail et prouva que les prétendues fleurs dont se couvrait la tige étaient en réalité des animaux. Cette opinion souleva de nombreuses critiques parmi ses contemporains : Bernard de Jussieu et Réaumur ne reconnurent que plus tard la validité des raisons invoquées par Peysonnel. Aujourd'hui, grâce aux remarquables travaux de M. Lacaze-Duthiers, professeur à la Faculté des Sciences de Paris (2), la nature du Corail est incontestablement établie.
(1) Michelet, /a Mer.
(2; Lacaze-Duthiers, Histoire naturelle du Corail, 1864.
ne GENRE CORALLIUM 141
Corallium rubrum (Lin.). — Corail rouge.
Le Corail rouge (fig. 79) présente de très nombreuses variétés de forme et de couleur, qui dépendent des conditions dans lesquelles ilse développe. Dansle commerce on distingue cinq variétés de Corail auxquelles on donne des noms assez bizarres : 1° L'écume de sang, 2° la fleur de
Fig. 19. — Corail.
sang, 3 le premier sang, 4° le second sang, 5° le troisième sang. Le Corail rose est le plus estimé, surtout lorsqu'il est nuancé d’une couleur carminée que les Italiens désignent sous le nom de peau d'ange.
Le Corail rouge vit dans la Méditerranée, principalement sur les côtes d'Algérie, de Tunisie, de Corse et de Sardaigne; il est peu commun sur les côtes de France, où on ne le rencontre guère que dans les parages de Cassis (Bouches-du-Rhône) et au large de Marseille, autour de l’ilot de Tiboulen; il est généralement court et trapu; sa base large couvre le rocher de grands empâtements d'où s'élèvent de loin en loin de petits rameaux peu allongés, qui donnent à un même polypier l'apparence d’une petite touffe. On le trouve généralement sur les rochers exposés au midi,
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plus rarement sur ceux du levant ou de l’ouest, jamais sur les plans inclinés vers le nord ; il habite à une profondeur variable: on ne le rencontre pas au-dessus de trois mètres, rarement au-dessous de 300 mètres. |
En 1862 on pêcha, dit-on, beaucoup de Corail non loin de Marseille en vue du cap et du village de la Couronne (Lacaze-Duthiers). Mais, généralement, il est si peu abondant sur nos côtes que le Corail livré à l’industrie, à Marseille et à Paris, ne provient pas de notre littoral.
9e Ordre. — ZOANTHAIRES.
Les Zoanthaires, que l’on désigne aussi sous le nom d’'Hexacoralliaires, sont des colonies de Polypes pourvus de tentacules qui forment autour de la bouche des cycles alternant entre eux. Le corps peut être mou et dépourvu. de toute espèce de formation squelettique ou posséder un axe corné et calcaire. Dans la plupart des cas, cependant (Madréporaires), 11 existe un Polypier pierreux à structure cristalline et à stries rayonnantes ; c’est dans cette classe que se rencontrent les espèces qui, associées aux Coraux, construisent les récifs dont il aété question précédemment. Cet ordre se subdivise en deux-sousordres :
Les Achmiaires, Les Madréporaires.
A Sous-ordre. — ACTINIAIRES.
Ces animaux, qui ont recu aussi le nom de Polypes charnus., sont des Polypes à corps mou, charnu, ne présentant jamais de formations dures, atteignant parfois
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FAMILLE DES ACTINIDÉS 143 une taille considérable et doués de la faculté de se mouvoir,
FAMILLE DES ACTINIDÉS.
Ces Coralliaires ont reçu le nom d’Actinies pour indiquer leur conformation radiée ou étoilée ; on lesconnait généralement sous la dénomination d’'Anémones de mer.
Lorsqu’en parcourant les côtes on regarde attentivement dans les flaques d’eau peu profondes, onestfrappé par le spectacle de ces singuliers animaux qui forment sur les rochers de véritables parterres, leurs tentacules ressemblant à une fleur épanouie et ornée souvent de brillantes couleurs ; mais, si l'observateur veutexaminer ces fleurs vivantes sur ces mêmes rochers laissés à découvert par la marée descendante, 1l ne trouve àla place qu'elles occupaient que de petites masses mamelonnées douces et glissantes, offrant au toucher une apparence assez résistante : ce sont ces mêmes Actinies qui ont contracté leurs tentacules et perdu ainsi cette ressemblance avec des fleurs qui faisait toute leur beauté. Quand la mer remontera, on pourra les voir se gonfler, s'ouvrir et rayonner de nouveau. Lorsque la mer est violemment agitée où quand un corps étranger vient à effleurer les Anémones de mer, elles replient leurs tentacules et ne présentent plus à la vue qu'une masse arrondie.
Le corps des Actinies se compose : 1° d'une base, qui est en général une surface plane au moyen de laquelle l’animal adhère aux corps solides sous-marins ; 2° d’un corps que l’on nomme colonne, qui est le plus souvent
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raccourci, en forme de bourse, quelquefois cylindrique et allongé comme une tige ; 3° d’un disque qui n’est qu'un aplatissement terminal de la colonne et est bordé de tentacules au centre desquels est située la bouche. Les tentacules sont des cônes creux de formes variables, disposés circulairement sur un ou plusieurs rangs horizontaux etconcentriques, que l’on nomme cycles. La bouche est presque toujours très large : elle présente une lèvre circulaire généralement épaisse, tantôt déprimée, tauntôt élevée en une sorte de saillie. La colonne, le disque et les tentacules n'ayant pas toujours la même couleur, il en résulte une grande variété de parure chez les Ancmones de mer : certaines espèces sont remarquables par la richesse de leur coloris qui varie depuis l’écarlate, le rose, le rouge foncé et le brun jusqu'au vert olivätre. Un des caractères spécifiques consiste dans le
cercle de belles verrucosités bleues qui se trouve au-
dessous de la couronne tentaculaire.
Les Actiniesne semultiplient pas par bourgeonnement, et leur reproduction est limitée à l’évolution des œufs qui donnent naissance à des larves ciliées, semblables à des Infusoires ; ces larves sont retenues dans les tentacules, d’où elles passent généralement dans la cavité stomacale et sont ensuite rejetées par la bouche, en même temps que le résidu de l'alimentation. « Les Ané-
mones-päquerettes du Jardin Zoologique de Paris ontvomi
plusieurs fois de jolis petits embryons, lesquels se sont éparpillés et fixés dans divers endroits de l'aquarium et ont produit des miniatures d’Anémones exactement semblables à leur mère.» (Moq.-Tandon). Quelques espèces peuvent aussi se multiplier par scissiparité : « Si
on ampute les tentacules, ces organes repoussent avec rapidité, et l’on peut répéter l'expérience, pour ainsi dire, à l'infini. Si l'on divise un de ces Zoophytes dans le sens vertical, de manière à partager sa bourse en deux parties égales, en peu de jours les bords se soudent dans chaque demi-bête, et l'on obtient deux Anémones complètes, mais un peu plus étroites que dans l’état habituel. » (Moq.-Tandon.)
Les Actinies se fixent sur les rochers, les pierres, les galets, les vielles coquilles ou les pilotis ; mais elles recherchent de préférence les lieux où un courant d'eau
leur amène leur nourriture carnassière; l'entrée des
ports et les môles qui sont exposés à des courants puissants sont les lieux de prédilection des Actinies : làelles épanouissent leurs tentacules et saisissent au passage tous les détritus animaux dont elles fontleurnourriture. Au moyen des nématocystes que recèlent leurstentacules elles capturent et dévorent de petits Crustacés et de petits Poissons. M. Hollarä a vu de jeunes Maquereaux se coucher sur le flanc et mourir au simple contact d’une Actinie. Quand on touche cestentacules,ilsoccasionnent une cuisson assez vive; pendant plus d’une heure la main demeure rouge, enflammée et douloureuse ; c'est ce principé urticant qui a fait donner aux Actinies le nom d’'Orties de mer.
Nous avons dit que ces animaux étaient d’une voracité extraordinaire : c’est surtout dans un aquarium qu'on peut les voir absorber d'énormes morceaux de viande, mais de préférence des Moules et des Huïtres.
« J'ai surveillé souvent avec intérêt leuralimentation dans les aquariums ; ce sont naturellement les espèces
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munies des bras de préhension les plus grands qui conviennent le mieux à cette étude: on voit, en effet, les tentacules faire l'office de véritables bras de préhension. L’Actinie demeure immobile comme une fleur, car elle n’est excitée par aucun attouchement ni par aucune vibration produite dans son voisinage immédiat ; mais à peine le gardien a-t-1l posé sur cette forêt de tentacules un morceau de viande, un petit Poisson, un petit Crustacé, que ces bras enveloppent la proie tout d’un coup et l’enfoncent avec eux dans le vestibule qui conduit à la cavité stomacale. Les Polypes ne se contentent pas d'exprimer en quelque sorte le suc de cette viande, ils la digèrent compiètement. » (Lacaze-Duthiers.)
La voracité des Actinies est si grande qu’elles engloutissent souvent des Crabes ou des Mollusques assez volumineux pour nêétre introduits que très difficilement dans leur estomac; elles rejettent ensuite par la bouche les parties dures qu'elles n'ont pu digérer. « Pendant leur digestion les Actinies semblent dormir, ellesentrent en torpeur. Elles tiennent alors leurs tentacules appliqués les uns contre les autres, formant un dôme pointu au-dessus de leur bouche. Ainsi resserrées, elles figurent assez bien un bouton de plante radiée, par exemple celui d'une Marguerite ou d'un Souci. » (Mog.-Tandon.)
Les Actinies sont susceptibles de mouvements : en étendant lentement un des bords de leur base et retirant le bord opposé, elles glissent en rampant au moyen de contractions successives ; c'est ainsi qu’à l'approche du froid elles quittent le rocher sur lequel elles étaient fixées et descendent dans des eaux plus profondes.
Ces animaux vivent très facilement dans nos aqua-