‹ Coelents, inodermes, protozoairesChapitre 58 sur 78 · HA) (NE · texte numérisé non relu

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ie. 143 - naux intermédiaires étroits en forme de [2 À = one I prismes à trois faces. — Côtes de Provence.

Sycandra raphanus (Hæckel). — Sycon raphanus (0. S.) — Sycandre rave. |

Éponge solitaire ou en colonies, à oscules nus entourés d’une couronne; tubes radiaires, la plupart à six faces, soudés dans toute leur longueur jusqu’à la base du cône; canaux intermédiaires étroits, à trois faces. — Côtes de Provence.

Sycandra quadrangulata (0. S.). = Sycortis quadrangulata (Hæckel). — Sycandre quadrangulaire.

Éponge formant des colonies composées d'individus à oscule nu, proboscidiforme, quelquefois entouré d’une couronne. — Côtes du Nord-Ouest.

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PROTOZOATRES

On réunit sousle nom général de Protozoaires où Wicrozoaires les organismes les plus petits situés à la limite du règne animal et qui sont dépourvus d'organes complexesformés de tissus et de cellules.

« Le terme de ?rotozoaires, dit O. Schmidt, a une portée à la fois considérable et nulle : considérable en ce sens qu'il semble nous promettre un aperçu sur les mouvements du monde vivant, c'est-à-dire surles séries inférieures qui, depuis l’état amorphe, se perfectionnent jusqu'aux formes les plus élevées ; nulle en ce sens qu'il laisse notre esprit dans une obscurité complète à l'égard du contenu propre de cette grande division. Les expressions de Vers, de Mollusques, de Vertébres, se rattachent pour nous à la représentation d'animaux que nous avons journellement sous les yeux et àdes conceptions qui sont à la portée de tout le monde; lemot Protozoaire ne représente rien à la pensée sans le secours d’un guide déterminé ; alors même qu’on avu quelquesuns de ces êtres, on ne peut tirer aucune conclusion sur la conformation et sur la constitution des autres.

«Toutefois ces animalcules ont un point desimilitude constant dans les propriétés de la substance qui constitue leur corps : on retrouve chez tous une matière informe, contractile, sans éléments nerveux, sans cellules ni fibres. Cette matière, que Dujardin anommée sarcode,

est la forme la plus simple de la vie animale. Le sarcode offre une telle similitude avec Le protoplasma, contenu contractile de la cellule des végétaux, qu'on le désigne généralement sous Ce nom.

« Dans le cas le plus simple le corps tout entier est formé par une petite masse de sarcode dont la contractibilité n est entourée par aucune membrane extérieure résistante, aucun test, aucune coquille, qui, tantôt pousse des prolongements, puislesrentre bientôt, tantôt, quand les parties qui la composent ont une plus grande consistance, émet sur toute la périphérie et en grand nombre des filamentset des rayons très grêles. » (Claus.)

Pour étudier ces infiniment petits il faut l’aide du microscope, ce sixième sens del’homme, comme l'appelle Michelet. En plaçant un fragment de protoplasma sous un grossissement de 7 à 800 diamètres on peut constater que cette substance visqueuse se fond et se modifie constamment, et que le mouvement s’y manifeste principalement par la progression de fines granulations qui s’y trouvent contenues. Le protoplasma est répandu dansle mondeanimal, tantôtenfermé dansdes celluleset tantôt à l’état libre; mais tandis que chez les animaux supérieurs il subit des transformations qui aboutissent au contenu des fibres musculaires ou nerveuses, chez les Protozoaires il persiste à l'état amorphe et par sa simplicité primitive imprime à l'organisme tout entier le sceau d’un stade originel.

Par les lignes précédentes on comprend combien est difficile la classification définitive des Protozoaires ; aussi les naturalistes sont-ils partagés sur les limites qu'il convient d’assigner à cet embranchement, qui s’ar-

rête aux confins du règne végétal. Tandis que certains Infusoires se rapprochentdes Vers (Turbellariés), d'autres Protozoaires se confondent avec les Champignons; c’est ainsi que les Myromicètes ont été classés par quelques z00logues parmi les Protozoaires tandis que les Botanistes les revendiquent et les classent parmi les plantes cryptogames.

Mais si les deux règnes, animal et végétal, se confondent dans les formes les plus simples, on trouve chez certains Protozoaires (Znfusoires, Rhizopodes) des formes possédant un caractère d’animalité suffisant pour lever toute incertitude. Ces animaux, plus ou moins translucides, présentent dans certaines espèces Les formes les plus variées : les uns sont globuleux, ovoïdes, renflés comme une ampoule, aplatis commeun disque ou amincis comme une feuille ; d’autresont l'apparence d’un dé, d'une clochette, d'une tourelle, d’une fleur, d’une graine; un grand nombre sont revêtus d’une carapace calcaire ou siliceuse.

Les Protozoaires se rencontrent partout : dans la mer, les eaux douces, les eaux croupissantes, laterre humide, les détritus végétaux, les fluides des divers animaux, les organismes en décomposition, les poussières de l'air, dans le sang et les organes de l'Homme et des animaux. « Là où la rigueur du climat tue les plus robustes végétaux, là où quelques rares animaux peuvent à peine subsister, la frêle organisation des Microzoaires ne souffre aucune atteinte ; plus de cinquante espèces d'animalcules à carapace siliceuse ont été trouvées par James Ross sur les glaces qui flottent en blocs arrondis dans les mers polaires, au 78 degré delatitude. Quelques

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uns de ceux que cet illustre navigateur avait recueillis dans les parages de la terre Victoria, malgré la distance et les orages, n’en sont pas moins arrivés pleins de vie à Berlin. » (Pouchet.)

Le Gange en transporte, dans l’espace d’une année, une masse égale à six ou huit fois le volume de la plus grande pyramide d'Egypte. Parmi ces animalcules on a comptésoixante etonzeespèces différentes (Ehrenberg) ; à des profondeurs de la mer qui dépassent les hauteurs des plus puissantes montagnes chaque couche d’eau est animée par des phalanges innombrables d’imperceptibles habitants (Humboldt).

Par leur accumulation les Protozoaires contribuent en grande partie à la formation des sables, des vases et des dépôts, soit au fond des mers, soit sur les rivages, soit dans le lit des lacs et des fleuves. L'eau et la vase recueilliesentre lesiles Philippineset lesiles Mariannes, à une profondeur de 6.600 mètres, en ont donné cent seize espèces. « Ces corpuscules vivants, qui pullulent dans les plus transparentesrégions del’Océan, abondent également dans les eaux limoneuses de nos fleuves et de nos étangs, et, sans nous en apercevoir, nous en engloutissons chaque jour des myriades avec nos boissons. Si, l'œil armé du microscope, nous serutions tout ce que contient parfois une seule goutte, il yaurait de quoi effrayer bien des gens. » (Brehm.)

On saitque certains Protozoaires (les Voctiluques) contribuent à la phosphorescence de la mer; d’autres colorent les eaux en rouge; une espèce, la Disceræa nivalis, produit le singulier phénomène de la neige rouge que l’on observe quelquefois sur les sommets Les plus élevés

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