INFUSOIRES
des montagnes. « L’eau n’est pas le seul domaine des animalcules microscopiques; on en rencontre aussi dans la terre des amas dont la puissance dépasse toutes les sunputations du calcul ; certaines espèces, dont l’infinie petitesse n’égale peut-être pas la 1500° partie d’un millimètre, constituent sous le sol de quelques endroits humides de véritables couches vivantes, qui ont parfois plusieurs mètres d'épaisseur. » (Brehm.)
Mais si les Protozoaires se rencontrent partout en quantité innombrable, leur petitesse les rend difficiles à recueillir. Nous indiquons les procédés pour la recherche de ces animaux au chapitre spécialement consacré à chaque classe de cet embranchement.
Nous avons adopté dans ce volume la classification la plus généralement admise pour les Protozoaires :
Première classe. — INFUSOIRES.
Deuxième classe. — RHIZOPODES.
Troisième classe. — GRÉGARINESet SCHIZOMYCÈTES.
Première classe. — INFUSOIRES.
Les Infusoires sont les Protozoaires les plus élevés en organisation, et si quelques-uns sont infiniment petits, beaucoup peuvent être facilement observés à l’œil nu en plaçant le verre qui les contient au-devant dela lumière. On a donné à ces animaux le nom d’Znfusoires parce qu'ils se développent principalement dans les infusions
artificielles ou naturelles de matières organiques, dans
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les liquides chargés de substances en décomposition et dans les eaux impures qu'ils envahissent jusqu’à leur communiquer leur propre coloration : brune, verte ou rouge. |
C'est à Leeuwenhæcq que l’on doit la découverte en 1685 de ces animalcules dans une goutte d’eau de pluie qu’il avait recueillie. La recherche des Infusoires devint à la mode à cette époque et on essaya d'infusions dans les substances les plus diverses. Mais c’est aux naturalistes Müller, Ehrenberg, Dujardin et Siebold qu'on doit une connaissance plus approfondie de ces animaux.
L'organisation des Infusoires est plus complète que celle des autres Protozoares : leur corps est composé d'une couche corticale élastique ou contractile, et du protoplasma qui se trouve à l’intérieur.
« On peut aisément, sous le microscope, observer les Infusoires au moment où ils prennent leur nourriture ; on n’aquà les maintenir sous le verre servant de couvercle, de facon à ce qu’ils ne sortent pas du champ visuel, tout en leur ménageant un espace suffisant pour le jeu de leurs cils; on voit alors ces organes provoquer des tourbillons qui amènent vers la bouche des particules alimentaires fragmentées, telles que des Algues unicellulaires, et notamment des matières colorantes comme du carmin ou de l’'indigo. Les oscillations des cils de la fente buccale donnent naissance, ainsi que l'indiquent les mouvements vifs des corpuscules entrainés, à un courant direct ou à un tourbillon, en rapport avec la conformation de l’entonnoir buccal qui aboutit à la bouche; on voit s’'agglomérer, le long de
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| = INFUSOIRES 303 ces courants et dans ces tourbillons, un bol alimentaire assez considérable qui setrouve poussé ensuite plus loin dans l’intérieur du corps par une sorte d’æsophage. » (O.Schmidt.)
Les Infusoires sont d’une grande voracité; non seulement ils avalent tout ce qui passe à proximité de leurs bouches : organismes microscopiques, plantes inférieures (Naviculacées et Oscillatoires), maïs il dévorent également d’autres Infusoires.
Ces Protozoaires semultiplient facilement par scission ou par bourgeonnement. « La multiplication par scissiparité divise le corps de l’Infusoire soit longitudinalement, comme chez les Vorticelles, soit transversalement comme chez les Sfentors et beaucoup d’autres, soit dans les deux directions à la fois, généralementles fragments ainsi détachés deviennent libres et se développent en individus nouveaux ; quelquefois ils restent attachés les uns aux autres ou sur un pédoncule commun, et le parent forme ainsi avec sa progéniture des colonies élégantes. Ces colonies ressemblent souvent à de minuscules plantes étalant à leur sommet des grappes de fleurs. » (Capus.)
Beaucoup d’'Infusoires ont la propriété de s’enkyster : ils s'entourent d’une enveloppe protectrice qui leur permet d’être emportés dans la poussière au moment du desséchement des cours d’eau ou d’attendre dans la vase desséchée une résurrection jusqu’à l’époque du retour des pluies.
Recherche des Infusoires. — Les Infusoiresserencontrent partout : dans l’eau de mer et surtout dans l’eau douce. Pour les espèces qui vivent dans les étangs ou à la sur-
face de la mer on peut employer pour leur capture un petit filet en soie.
« La majeure parue des Infusoires vivent dans les eaux stagnantes ; il faudra donc, pour les obtenir, recueillir dans des vases de verre l’eau et lesherbes aquatiques des localités les plus diverses et à toutes Les saïsons de l’année. La couche de débris et de petites algues qui recouvre les tiges et les feuilles submergées, les pierres, les branches mortes tombées au fond des marais sont riches en organismes microscopiques. On doit racler ces objets et réunir les résidus obtenus dans des tubes. Les infusions artificielles procurent également un grand nombre de ces animaux. On a varié de mille manières la nature de ces infusions ; pour donner un résultat convenable elles doivent être préservées de la fermentation putride et pour cela il faut éviter que la proportion de la substance mise en infusion ne soit trop considérable, surtout en été quand la température activerait la putréfaction. On devra aussi faciliter l'accès de l’air et de la lumière sur cette infusion, mais éviter la chaleur des rayons solaires. » (Dujardin.)
« Une infusion végétale qu’on a l’occasion d'observer c’est l’eau des vases où sont placées des fleurs coupées, quand la putréfaction n’est pas encorecommencée ; l'eau des bassins et des tonneaux d'arrosage du jardin devient souvent une véritable infusion s’il est tombé une certaine quantité de feuilles et de fleurs. Parmi les infusions que tout le monde peut faire on a beaucoup préconisé autrefois celle de poivre; elle est en effet fort riche en organismes, mais toute autre graine broyée de même, le chènevis par exemple, peut donner des résul-
FAMILLE DES ASPIDISCIDÉS 305
tats semblables, celle de foin est aussi très avantageuse, toujours à la condition de ne pas présenter un commencement de putréfaction. » (Robia.)
Pour étudier les organes de ces animalcules on peut colorer avec du carmin ou de l'indigo le liquide dans lequel on les a placés ; on dépose une goutte de cette liqueur colorée sur une lame de verre et on place à côté une goutte d’eau pure; avec la pointe d’une aiguille on met les deux gouttes en communication ; les Infusoires passent de la goutte colorée à la goutte incolore et présentent alors à l’observateur leurs principaux organes remplis de carmin ou d'indigo.
Classification des Tnfusoires. — On divise généralement les Infusoires en 6 ordres :
Typotriches.
Hétérotriches.
Holotriches.
Péritriches.
Suceurs.
Flagellés où Flagellates.
1° Ordre. — HYPOTRICHES.
Les Hypotriches sont des Infusoires bilatéraux avec une face dorsale convexe et une face ventrale plane qui porte des cils très fins, des soies, des crochets, des pieds en griffes. La bouche est située, de même que l'anus, sur la face ventrale, loin de l'extrémité antérieure.
FAMILLE DES ASPIDISCIDÉS.
Ces Infusoires ont le corps cuirassé en forme de bouclier épaissi sur le bord droit de la face ventrale; le
long du bord gauche existe une zone de cirrhes buc- Caux.
L'espèce la plus connue est l'Aspidisce tourelle (Aspidisca turrila, Müll., fig. 144); elle possède une carapace presque carrée, un bec crochu, une bouche ciliée et a le bord postérieur garni
les.
Fig. 144. — Aspidisca de soie É turrita. Elle habite les eaux douces d'Europe.
FAMILLE DES OXYTRICHINIDÉS.
La face ventrale estgarnie de chaque côté d’une rangée continue de cirrhes marginaux et de cirrhes en forme de stylets et de crochets.
Stylonichia mytilus (Ehr.). — Stylonichie moule.
Cette espèce (fig. 145), une des plus grandes connues, atteint 14 à28 millimètres ; ellea lecorps ovale-oblong, déprimé, élargi et arrondi anx deux extrémités. Elle est pourvue d’appendices très longs et de cils recourbés en cerochets. Au moyen de ces cils elle Mas LE Boon grimpe avec agilité parmi les
mytilus. plantes microscopiques en engloutissant sans cesse des Algues
minuscules et de petits [Infusoires. On trouve cette espèce dans l’eau des marais conservée depuis long-
FAMILLE DES BURSARIDÉS 307
temps, surtout celle où se trouvent des Conferves.
9 Ordre. — HÉTÉROTRICHES.
Le corps de ces Infusoires est couvert de cils très fins sur toute sa périphérie; de la bouche ventrale part une rangée de cils longs, rigides et diversement disposés.
FAMILLE DES BURSARIDÉS.
Les cils buceaux forment une ligne droiteou oblique et se continuent dans l'intérieur de l'æœsophage généralement très développé.
Bursaria truncatella (0. Müll.). — Bursaria truncatelle.
Cette espèce a le pourtour de la bouche (yéristome) large etenforme pis. 146. — Plagiotoma de poche à l'extrémité antérieure, cordiformis. l'æsophage est très développé.
Les Bursaria sont d’une grande voracité : « Elles avalent des Algues et des Conferves plus longues que le corps de l'Infusoire qui nage alors avec ce butin, comme s’il portait une poutre enfoncée à moitié de son corps. » (0. Schmidt.)
Plagiotoma cordiformis (Ehr.). — Plagivtome en forme de cœur.
La forme de cette espèce (fig. 146) estovale, échancrée du côté en forme de rein ; la bouche est presque spirale et munie d'une rangée de cils. Ehrenberg avait découvert cet Infusoire dans les intestins dela Grenouille.
Les Balantidium, qui appartiennent à cette famille,
kabitent dans le gros intestin de l'Homme et du Porc et dans le tube digestif de la Rainette verte.
FAMILLE DES STENTORIDÉS.
Les Stentoridés ont le corps allongé et élargi en
Fig. 147. — Stentor Rœseli.
avant en forme d’entonnoir; le bord tout entier du péristome est recouvert d'une zone de cils disposés suivant une spirale dirigée vers la droite. Ces Infusoires peuvent se fixer par l’extrémité postérieure du corps. j
FAMILLE DES SPIROSTOMIDÉS 309
Stentor Raseli (Ehr.). — Stentor de Ræsel.
C’est à Ræsel que l’on doit la découverte de ce curieux
Infusoire (fig. 147) qu'il a décrit sous le nom de Pseudopolype en forme de chalumeau. Dujardin l’a observé à Paris, dans les bassins du jardin des Plantes. Cette espèce, qui est d'assez grande taille, se rencontre le plus souvent à la face inférieure des Lentilles d’eau, où l’animal sefixe par son extrémité postérieure qui est pointue.
Sa forme, très caractéristique, est celle d’un entonnoir ou d’une sorte de trompette ; l’animal absorbe les aliments par la partie évasée. Le Stentor nage assez rarement et se tient le plus souvent fixé aux plantes ; lorsqu'il näge, il modifie sa conformation et paraît tantôt court et épais, tantôt allongé, tantôt large et raccourci. Sa coloration verte
g. 148. — Spirostomum ambiguum.
est due à la présence d’Algues parasites.
FAMILLE DES SPIROSTOMIDÉS.
Le corps de ces Infusoires est généralement aplati, rarement cylindrique, avec un péristome ventral situé à gauche. Les cils placés sur le bord extérieur du péristome décrivent une spirale dirigée vers la droite.
Spirostomum ambiquum (Ehr.). — Spirostome ambigu.
Cette espèce (fig. 148) a le corps transparent, très allongé, blanchâtre, un peu renflé au milieu. Elle atteint une ligne à une ligne et demie de longueur, ce qui la fait prendre au premier abord pour un Ver.Son corps est sillonné de stries disposées en spirale et, lorsque l'animal se contracte, son corps se raccourcit et se contourne en spirale ; il semble alors que cet Infusoire progresse en forme de vis.
Le Spirostome est commun dans les étangs; on le trouve partout dans les environs de Paris.
3° Ordre. — HOLOTRICHES.
Le corps des Holotriches est couvert sur toute sa périphérie de cils très fins, toujours plus courts que le corps et paraissant disposés suivant des lignes longitudinales. Les zones de cils manquent autour de la bouche.
FAMILLE DES OPALINIDÉS.
Cette famille comprend des Infusoires parasites dépourvus de bouche et d’anus et pourvus de nombreux noyaux vésiculaires à la périphérie.
Opalina ranarum (Park. et Jon.). — Opaline des grenouilles.
Cette espèce se rencontre dans le tube digestif des grenouilles. Vers la fin de l'hiver les Opalines se transforment, par suite de divisions obliques et transversales répétées, en très petits individus qui s’enkystent. Les Kystes sont avalés au printemps avec les particules de
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FAMILLE DES TRACHÉLIDÉS 311
vase par les tétards de grenouilles dans l’intérieur de l'intestin desquels les jeunes Opalines acquièrent plusieurs noyaux, puis s’échappent de leurs kystes et achèvent leur développement. (Zeller.) L'Opalina lineata
Fig. 149. — Opalina lineata.
M. Sch.) — (fig. 149) est un parasite commun chez
les Naïs.
FAMILLE DES TRACHÉLIDÉS.
Ces Infusoires ont le corps prolongé en forme de cou, la bouche ventrale dépourvue de cils longs.
Trachehus ovum (Thr.). — Trachélie œuf.
« Lorsque l’on prend l’eau d'une mare ou d’un fossé herbeux dans lequel les détritus de la végétation se mélent aux conferves et aux algues filamenteuses et que l’on examine cette eau par transparence, à travers les parois d’un bocal ou d’un verre, l’on aperçoit souvent de petites masses blanches arrondies, semblables à des outres minuscules semi-transparentes, qui flottent de-c1 et de-là. Avec un peu d'attention et de patience on ne tarde pas à remarquer que ces petites outres sont animées d'un mouvement propre, qu'elles se déplacent
d’elles-mêmes lentement, lourdement etqu’elles tendent.
à se rapprocher des bords de leur prison de verre. Ces petites outres sont des Trachelius ovum (fig. 150), l’un
Fig. 150. — Trachelius. — 1, vu par la face ventrale et nageant librement ; 2, vu de centre ; 3, légèrement comprimé ; 4, région de la fossette buccale, vue en face pour montrer la disposition des | stries ; 5, portion grossie de la surface du corps; 6, Trachelius Ÿ en train de s’enkyster. (Dans toutes ces figures, D, bouche ñn, noyau; f, fossette ventrale.)
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FAMILLE DES ENCHÉLIDÉS 313
des plus ramarquables types des Infusoires ciliés. Pour
les étudier il suffit de les recueillir au moyen d'une pi- pette effilée et de les transporter sur une lame de verre dans une gouttelette d’eau. » (Fabre-Domergue.)
Le corps de cet Infusoire présente à peu prèsla forme d’une poire un peu plus déprimée d’un côté que de l’autre. Au sommet antérieur du corps on remarque un tentacule, la queue de la poire, et à sa base la bouche formée par une petite ouverture entourée d'un bourrelet saillant.
Cette espèce se rencontre dans les mares et les fossés de presque toute la France.
FAMILLE DES ENCHÉLIDÉS.
Les Enchélidés ont le corps de consistance très variable ; la bouche est terminale ; l’œsophage paraît dentelé.
Coleps uncinatus (Duj.). — Coleps hérissé.
Dans cette espèce (fig. 151) le corps est ovoïde, grisâtre, terminé à sa partie antérieure par une couronne de 140 à 12 dentelures correspondant à autant de Fig. 151. rangées symétriques de nodules anguleux Ses 4? NA et saillants. *
Ce Coleps n’est pas rare en France : il est commun dans l'eau de la Seine, où il nage lentement parmi les Myriophyllum.
4 Ordre. — PÉRITRICHES.
Cet ordrecomprend desInfusoires à corps cylindrique,
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nu ouexCeptionnellement recouvert d’unrevêtement ciliaire complet ; la bouche est entourée d’une zone de cirrhes en spirale très longs et soyeux.
FAMILLE DES TINTINNIDÉS.
Ces Infusoires ont reçu le nom de Tintinnidès parceque leur corps est en forme de cloche ; il est entouré d’une enveloppe gélatineuse avec laquelle il nage au moyen des mouvements ciliaires de sa moitié antérieure, qui fait saillie au dehors. Le péristome est creux et présente au fond une saillie dont le bord antérieur porte des cils longs et rigides qui s'étendent jusque dans l’œsophage.
Tintinnus lagenula (Müll.) — Tintinnus petite gourde.
Cette espèce, qui offre tous les caractères indiqués cidessus, est commune dans nos eaux douces.
FAMILLE DES TRICHODINIDÉS.
Les Trichodinidés n’ont pas d’organe ondulatoire ; ils sont caractérisés par une couronne postérieure de cils, par une spirale de cils placés horizontalement autour de la boucheet pardes appareilsde fixation à l'extrémité postérieure du corps.
Trichodina pediculus (Ehr.). — Trichodine pou.
Cette espèce (fig. 152) vit en parasite sur l’Hydre d’eau douce que l’on rencontre dans tous les fossés remplis de plantes aquatiques. Son corpsa la forme d’un palet dont l'une des faces est conformée pour l'adhésion et l'autre pour la nutrition. « La Trichodine veut-elle se tenir à la surface de l’'Hydre :elle applique contre
Fig. 152. — 1, Trichodine de l’hydre, vue latéralement du côté de la bouche. — 2, La méme, vue par sa face inférieure montrant de Ch Af 3 dehors en dedans sa corne ciliaire, sa membrane, sa cupule striées ‘ . et sa roue dentée. — 3. Urceolaria parasite des planaires d'eau
douce. — 4. Liemophora parasite de lOphiura squammata. — 5. Disque d'adhésion de la même vue inférieurement,. + SA
Fig. 153. — A, Didinium capturant une Paramæcie p, on voit en 11 la trompe. — Bet C, montrant l’ingestion de la proie. — D, indi-. vidu tué au moment où il vient d’avaler une proie et montrant
montrant une paramæcie, — Défécation.
FAMILLE DES VORTICELLIDÉS 317
celle-ci sa membrane et sa collerette ciliaire, puis creusant par une contraction volontaire la face inférieure de son disque, elle se transforme en véritable ventouse comparable à ces bougeoirs adhésifsbien connus que l’on colle contre une glace ou à un sucoir de Poulpe. » (Fabre-Domergue.)
Les Urceoluria et les Liemophora (Gg. 152) sont d’autres types de Trichodines.
Trichodinopsis paradoza |Clap. et Lach.'. — Trichodinopsis paradoxale.
Cet Infusoire a les faces du corps recouvertes de cils courts, fins, pressés les uns contre les autres ; il vit dans le tube digestif et le poumon d’un Mollusque terrestre très commun en France : le Cyclostoma eleyans.
Didinium nasutum (Stein.). — Didinium à long nez.
La forme de cette espèce (fig. 153) est celle d’un petit tonnelet cylindrique terminé postérieurement par une calotte sphérique et antérieurement par un plan au centre duquel s’élève un petitcône percé d’une ouverture,
la bouche.
Ce Didinium n’est pas très répandu et on ne le rencontre qu'accidentellement dans lesmacérations d’Algues et de feuilles mortes au milieu desquelles vivent des myriades d'Infusoires dont il se nourrit.
FAMILLE DES VORTICELLIDÉS.
Les Vorticellidés ont le corps contractile, la spirale buccale dirigée vers la gauche, entourant un disque ci- lié en forme de couvercle.
Vorticella citrina (Duj.). — Vorticelle citrine.
Le corps de cette Vorticelle (fig. 154) est de forme variable, conique ou campanuliforme, à bord élargi, saillant, diversement contourné et qui, à la partie inférieure, se continue en un long pédoncule, grèle, très
transparent, au moyen duquel KW \ on Ju l’animal se fixe sur les Algues AN) 4 #7) ou toute autre plante aquatique.
ur « Lorsqu'on examine la Vortins” celle pendant un instant, on voit, dans sa région élargie, une sorte de mouvement très actif ; ce mouvement se communique à l’eau ambiante et l’on voit deux tourbillons de matières étrangères qui viennent apporter de la nourriture à la Vorticelle.
Mais vienne une particule plus grosse, où encore l’animal est-il effrayé, aussitôt, avec la rapidité de l'éclair, le pédoncule se contracte en formant un ressort
Fig. 154. — Vorticella à boudin et rapproche de l’AI-
rase gue le corps de la Vorticelle.
Mais attendons un instant, les faits inverses vontse passer : le ressort va se dérouler lentement, l’animal va s'épanouir et de nouveau va se mettre à manger. » (Coupin, l’Aquarium d'eau douce.) |
Les Vorticelles sont communes dans nos eaux douces, où elles constituent fréquemment des colonies.
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FAMILLE DES ACINÉTRIDÉS 319
5° Ordre. — SUÇEURS.
LesSuceurs ou Znfusoires tentaculifères sontcaractérisés par un corps dépourvu de cils à l'état adulte et par des sucoirs en forme de tentacules presque toujours rétractiles. Ces Protozoaires vivent en parasites sur divers animaux ou sur d'autres Infusoires. « La vie, adit Humboldt, est répandue dans la nature avec une telle abondance que de très petits Infusoires s’établissent en parasites sur d’autres Infusoires un peu plus grands etservent à leur tour de demeure et de pâture à d'autres animalcules encore plus petits. »
FAMILLE DES ACINÉTRIDÉS.
Ces Infusoires sont pourvus de cils dans leur jeune âge, mais ils les perdent lorsqu'ilssont fixés. Leur forme est celle d’une petite boule ou d’un petit fuseau muni de suçoirs.
Sphærophrya Paramaæciorum (Clap. et Lach.). — Sphérophrye des Paramæcies.
Cette espèce (fig. 155) est ainsi nommée parce qu’elle vit en parasite dans des Infusoires flagellés du genre Parameaæcium. Elle est munie de sucoirs courts, terminés en boutons au moyen desquels elle absorbe le contenu de l’Infusoire dans lequel elle a pénétré. Toujours à l’affût d'une Paramæcie, elle l'attaque, se laisse emporter par elle et s'enfonce dans sa chair. « Commodément installé dans cette confortable et nutritive habitation, le parasite perd ses cils, absorbe le contenu deson hôte,
s'accroît, se goberge, puis, devenu suffisamment replet,