Coeur magnanime [microforme]
conformément à l'acte du Parlement du Canada, en l'année mil neuf cent huit, par Alphonse Leclaire, au ministère de l'Agriculture, Ottawa.
J'« pluisir à présenter uu publie cunaudien Le gracieux écrivain, qui signe Rose de Provence. Rose de Provence! ces deux mots p° sont-ils pas, à eux culs, une recommandation ? rappellent-ils pus à lu fois la reine des Jeurs et PAYS des Lncomparcbles conteurs, qui se nomment Mistral et Roue. nille ? De la Provence nous peut-il venir autre chose que des effluves de grûce et de jeunesse ? N'est-ce pus en Provence qu'a chanté Maguli ? N'est-ce pus là que la poésie naît sous les mds ensoleillés de lu camnpagne aussi bien, sinon mieux que sous Le toit des riches habitations citadines ? Lu Provence n'est-elle pas un de ces pays enchantés dont Les Jfauvettes et Les rossignols, con ne les poètes, ont fait une de leurs demeures pré, -ées? C'esi du moins ce que mous aimons à nous figurer nous qui n'avons pus eu l'heur de naître sur les bords de la Durance et du Rhône, nous que lu Providence 1 placés à cette extré. mité de l'Amérique du Nord où la blancheur éblouissante des neiges est sans doute moins suggestive de poésie que la bluncheur printunière des amandiers. Si, comme moi, amis lecteurs, vous avez été dupes de votre imagination, en vous Jiguran: ces belles choses, je crains que vous ne soyez pus désillusionnés en ouvrant le livre de Rose de Provence : cur vous y trouver: s précisément ce charme et ce nuturel que les Conteurs Provençuux semblent avoir reçu en héritage : vous y trouverez cette fluidité mélodieuse de
style, qui prouve que l'auteur est évidemment une favorite des Muses.
Mais je m'égare en m'attardant à faire ressortir des avantages plutôt d'origine étrangère. Ce ne sont Pas ceux auxquels l'auteur tient Le plus.
Le Canada est sa Patrie d'adoption. Son Livre est bien nôtre : il est né sur Les bords du Saint-Laurent : il est d'inspiration toute canadienne. Bien plus, en l'écrivant notre Jeune et délicate romancière a voulu faire un acte de réparation ; elle à voulu faire oublier cet écrivain qui, en retour de notre hospitalité, nous paya jadis d'esquisses satiriques et qui, sous prétexte d'écrire un roman vécu, mit au jour un simple pamphlet où les qualités littéraires étaient loin de racheter la malveillance des intentions.
Rose de Provence, elle, nous a Compris, elle nous a suriout aimés. L'héroïne et les héros si sympathiques de “ Cœur Magnanime” ne sont Pas tirés de quelque lointaine contrée, ni de quelque légende du Moyen Age. L'auteur n’a Pas Cru se tromper en choisissant ses types de magnanimité Parmi vous, chères lectrices canadiennes, en faisant son admirable héroïne une de vos sœurs; elle s'est rendu Compte que le sang qui coule dans les veines de notre race, est celui des enfants de cette vieille France auxquels les actes d'héroîsme étaient devenus Presque habituels sur Les rives Laurentiennes. C'est Par ce parfum de terroir que l'ouvrage est attachant.
CC sera maintenant à vous, lectrices amies, de Justifier Rose de Provence ; de lui Prouver que, en vous 1déalisant sous Les formes agréables de la fiction, elle n'a pas trop présumé de votre générosité, qu'elle a bien décrit les sentiments réels de vos cœurs.
Puisse le contact avec les héros, fruits de son imagination, vous porter au dévouement à toutes Les nobles causes! Puisse-t-il vous fuire progresser dans le bien, sinon toujours dans la magnanimité ! Je ne crois pas étre téméraire en disant que vous répondrez ainsi au but dernier que s'est proposé Rose de Provence, el que vous ne pourriez mieux la récompenser de ses efforts, qui visent moins à la gloire littéraire qu'au progrès moral des âmes.