‹ Cœurs et homme de cœurChapitre 25 sur 53 · ALLEGORIE · texte numérisé non relu

ALLEGORIE

Je t'ai cueillie, ô fleur, un' matin de printemps, A l'heure où le berger chante sur la colline. Devant ce souvenir doucement je m'incline, Et j'entends dans mon cœur des refrains éclatants.

En toi ce que j'aimais, en toi ce qui domine, Résistera sans cesse aux fureurs des autans, Puisque ce qui te fait fleurette vit longtemps C'est un peu, je le crois, de l'haleine divine.

Tout, ici-bas, du temps devra suivre le cours Ce qu'on appelait bruit se nommera silence, L'espace n'aura plus ce qui fait la distance,

Plus d'adieux, plus d'espoir, plus de joyeux retours ; Mais, seul, vivra l'amour, dans un présent immense. " Fleur, reconnaîtras-tu le mien — tendre toujours ? "

Février 1902.

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