LES ETUDIANTS A BOTREL
Vers récités par V auteur à V Université Laval.
Barde simple et puissant qui traverses le monde Aux applaudissements des peuples transportés ; Toi, le breton fameux, dont les criants inspirés Ont des grandeurs de ciel et des murmures d'onde ;
Poète dont la voix nous parle des aïeux, Du grand Jacques-Cartier, le marin de Bretagne, Des flots salins, des prés, des bois, de la campagne, De l'amour, des vertus qui conduisent aux cieux ;
Sur ce sol canadien où la foi de tes pères Demeure sans faiblir, sois donc le bienvenu ! Arrivant d'outre-mer, tu n'es pas inconnu, Puisque nous sommes tous tes amis et tes frères !
Depuis longtemps déjà, tes " Chansons de chez nous " Avaient trouvé souvent des âmes pour les lire, Parce qu'au Canada nous chérissons ta lyre Qui nous touche le cœur en un rythme très doux !
Les beaux sentiments purs ont ici leurs émules ! Comme au pays breton, nous sommes des chrétiens, Fiers de nous prosterner aux pieds du Dieu des tiens, Celui que dans tes vers sans crainte tu postules !
Poète, souviens-toi, quand tu seras là-bas. Sur les bords de la mer dont le flot salé gronde, Sous l'immense ciel bleu de ta ville féconde, Souviens-toi du pays qui ne t'oublîra pas !
Laisse parfois tes vers dire notre mémoire,
Parce qu'à chaque instant nous t'aimerons toujours !
Sache bien que trop vite envolés sont les jours
Qui nous tiennent ensemble applaudissant ta gloire !
Botrel, charmant poète, écoute un peu ma voix, Celle du Canada, celle de la jeunesse, Qui voudraient te chanter — plus doux qu'une caresse- Des mots à te remettre en l'âme 1' "Autrefois ! '
En effet, si la France a perdu quelque chose
En cédant à l'Anglais les Canadiens ardents
Ce n' est pas leur cœur fier , non plus que nos cœurs grands ,
Car nous l'aimons encor la France grandiose !
Quand tu seras très loin, quand tu seras chez toi, Près de ta " Douce " aimée, au foyer, près de l'âtre, Au milieu de ton peuple ami, qui t'idolâtre, Tout près du vieux clocher dont tu défends la foi ;
ANTONIO PELLETIER
Quand tu seras très loin, sous le ciel de Bretagne, Dis-moi, dis-moi, Breton, te rappelleras-tu Que naguère, chez nous, nous avons combattu ? Oui ! tu te souviendras, comme " Elle" — ta compagne
Permets, tendre Botrel, à l'humble Etudiant De te dire combien l'épouse et son poète vSont chéris de nous tous. Jamais trop se répète Le chant des amitiés qu'on murmure en aimant !
Avril 1903.
TRISSYLLABE.
Laisse entendre, Beau pinson, "Ta chanson Douce et tendre ;
Va reprendre, Au buisson, Ta maison De filandre ;
ANTONIO PELLETIER
Où soupire Le zéphire Attendri
Mai 1898.
Qui caresse La maîtresse De ton tri !