RIMES ESTIVALES
à M. Albert Lozcau
Bien plus que ceux d'une coquette, Ainsi que ceux des encensoirs, Dans la sérénité des soirs, Tes parfums me grisent, fleurette.
Ta voix, zéphire harmonieux, Me fait souvent songer à celle De ma mère, au chant d'une belle, Ou d'un ange venu des cieux.
ANTONIO PELLETIER
Beau lac tranquille que j'admire, Je sais bien un miroir plus pur Que celui de ton flot d'azur :
" L'œil d'une femme où l'on se mire !
Quand tu gazouilles, ruisselet, Dans la forêt ensoleillée Je m'arrête sous la feuillée Comme si quelqu'un m'appelait.
Et toi, brin d'herbe de la plaine, Quand je t'aperçois reverdi, Mon cœur fait un bond plus hardi Vers ' ' Elle ' ' dont mon âme est pleine.
Je suis dans l'air ton vol léger, Charmante hirondelle, et je songe Que peut-être vers moi — quel songe !- Un cœur tendre veut voltiger . . .
CCBURS ET HOMME DE CCEUR.
Mai 1901
Quand mon œil perce tes nuages, Voûte du ciel que j'aime tant, Je suis le mousse sanglotant Qui reconnaît ses chers rivages.