‹ Cœurs et homme de cœurChapitre 38 sur 53 · INCONNUE · texte numérisé non relu

INCONNUE

Le murmure lointain d'un beau jour qui s'endort

( Japtive doucement ma lente rêverie :

On dirait un soupir — le dernier de la vie —

On dirait un baiser qui frôle sans effort.

Le vent ne gémit pas sous la feuille immobile, Les pommiers reverdis échappent quelques fleurs

Qui tombent près de moi, comme feraient des pleurs Répandus en secret dans une nuit tranquille.

CCEURS ET HOMME DE CCEUR.

Un nuage léger glisse à peine en l'éther ; Il traîne lentement sa paresse endormie, Tandis que le soleil commence une agonie — Celle que tous les soirs il endure dans l'air.

Un ruisseau paresseux laisse couler son onde : Un ruisseau qui se tait dans le calme du soir. Tout près de ma retraite, une enfant vient s'asseoir ; Son regard est bleu ciel, sa chevelure blonde. . .

Nonchalamment, elle ouvre un livre aux feuillets d'or, Son oeil humide court loin de la page ouverte Où dorment une fleur et deux brins d'herbe verte, Sans doute souvenirs d'amour peut-être mort. . .

Tu pleures, jeune fille, oh ! pourquoi, dis, ces larmes? Es-tu pauvre ? Malade ? As-tu des amoureux ? Si ton cœur sait aimer c'est le cœur d'un heureux ! Aime et sache pousser loin de toi les alarmes.

Je voudrais bien des cœurs dans mon sein ! Et pourquoi ? Je t'en donnerais un pour soulager ta peine ! Et je n'ai que le mien. . . Pauvre misère humaine ! Mais sache cependant qu'il a battu pour toi !

Juillet 1901.

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