PELLETIER
les soleils au-dessus de nos têtes—cette loi qui fait gazouiller le ruisselet sur un roc, qui fait tressaillir le brin d'herbe aux chansons d'une brise qui le tou:he en passant. L'amour c'est, dans une humble chaumière, Militona, de son corps défendant Andrès contre les jalouses fureurs du terrible Juancho. L'amour, c'est Paul, nerveux de désespoir, s'élançant dans les flots tourmentés, luttant contre les vagues montagneuses, au bord de l'ile de France, Pour sauver Virginie abandonnée par l'équipage du Saint-Gérant en détresse : Virginie, l'amante fidèle au souvenir, à son cœur, à la vertu. L'amour est quelque chose de plus mystérieux et incompréhensible, de plus profond que la voûte azurée dont l'inconnu trouble les intelligences, assoiffe les cœurs dans des désirs inassouvibles d'élans pleins d'espérance. L'amour c'est l'aile de l'âme qui nous élève au-dessus des vicissitudes de la vie.
L'amour, ai-je dit, c'est Dieu.
Infini, Unique, Adéquat en perfection, et, en Soi, tre essentiellement Un, Dieu ne produit qu’un acte, qui concentre dans Son présent l'ave-
uir et le passé. Il n'est immuable, dirait-on, que
CŒURS ET HOMME DE CŒUR
pour donner toute la force de Son intelligence à
ce seul acte qui Le résume, qui est Lui, et sans
lequel Il ne serait pas Dieu : cet acte unique,
c'est l'amour, essence de l'ftre en tant qu'fitre,
l'amour fascinant par sa beauté ceux qui s’effor-
cent de ne le pas entrevoir dans l'œuvre du
Créateur.
L'amour, enfin, c’est Dieu, puisque Dieu est
la cause et l'effet en même temps, dans ce seul