HEURES BRÈVES
Vous souvient-il de cette promenade que nous
fimes ensemble, un matin d'été ?
C'était en juin, si j'ai bonne mémoire.
Vos frêles doigts tremblaient en ma main
nervetise,
Et votre cœur ?.…
Le mien -le fou !—bondissait à me briser le
flanc.
Je me rappelle que vous étiez charmante.
Nous allions, sous un soleil radieux, lorsque
nous vimes, au tournant de la route, une mai-
sonnette, au milieu d'un bosquet,
‘C'est le nid de ma cousine. m'avez-vous dit à
demi-voix, la bonne Lucienne qui, longtemps, a
voulu cacher sa beauté, en entrant au cloître.
Les
Le cousin est le meilleur homme qui vive
vu le bonheur chez ces humbles honnêtes gens.
CŒURS ET HOMME DH CŒUR
Au retour, vous me regardiez souvent : votre œil avait l'air de chercher dans le mien. Vous abandonniez avec confiance votre inain dans ma “ain,
J= pensais :
‘‘Ilest doux de s'aimer et de se comprendre comme « :s braves paysans.’
Tout à coup, j’entendis votre voix d'enfant gâtée :
‘N'est-ce pas que le bonheur des autres fait voulcir être heureux ? ”’
Alors, pardonnez-moi, ma mie ! Je crois avoir très délicatement effleuré d’une lèvre craintive
le bout de l’ongle rose de votre petit doigt.
Juin 1908.