‹ Cœurs et homme de cœur [microforme]Chapitre 32 sur 62 · HEURES BRÈVES · texte numérisé non relu

HEURES BRÈVES

Vous souvient-il de cette promenade que nous

fimes ensemble, un matin d'été ?

C'était en juin, si j'ai bonne mémoire.

Vos frêles doigts tremblaient en ma main

nervetise,

Et votre cœur ?.…

Le mien -le fou !—bondissait à me briser le

flanc.

Je me rappelle que vous étiez charmante.

Nous allions, sous un soleil radieux, lorsque

nous vimes, au tournant de la route, une mai-

sonnette, au milieu d'un bosquet,

‘C'est le nid de ma cousine. m'avez-vous dit à

demi-voix, la bonne Lucienne qui, longtemps, a

voulu cacher sa beauté, en entrant au cloître.

Les

Le cousin est le meilleur homme qui vive

vu le bonheur chez ces humbles honnêtes gens.

CŒURS ET HOMME DH CŒUR

Au retour, vous me regardiez souvent : votre œil avait l'air de chercher dans le mien. Vous abandonniez avec confiance votre inain dans ma “ain,

J= pensais :

‘‘Ilest doux de s'aimer et de se comprendre comme « :s braves paysans.’

Tout à coup, j’entendis votre voix d'enfant gâtée :

‘N'est-ce pas que le bonheur des autres fait voulcir être heureux ? ”’

Alors, pardonnez-moi, ma mie ! Je crois avoir très délicatement effleuré d’une lèvre craintive

le bout de l’ongle rose de votre petit doigt.

Juin 1908.

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