LA SANTÉ DU PARLEMENT
au très honorable SrR WILFRID LAURIER
Premier Ministre du Canada,
l'ers lus par l'auteur au banquet des E. Æ, AJ.
Bon comme le baiser de la femme qu'on aime.
Comme lui très grisant de parfums sans pareils, Que le nectar des dieux s'échappe en flots vermeils.
Qu'il exalte nos cœurs dans un élan suprême !
Invités, professeurs, amis, vous tous, gaîment, Au pur contact du vin, rougissez-vous la lèvre, Et doublez votre ardeur qui ne doit être mièvre :
Je bois à la santé de notre Parlement !
CŒURS ET HOMME DE CŒUR
Grands canadiens des jours passés, je vous salue !
Avant d'ouvrir la tombe à vos es refroidis,
De peser lourdement sur vos membres raidis,
De clore vos regards d’une main vermoulue,
D'éteindre l'étincelle en vos âmes de preux, Avant que de sourire, en vous voy
ant sans vie,
ses pieds décharnés, sous son œil plein d'envie,
Avant de vous tenir dans ses bras vigoureux,
La mort vous a permis de tresser des couronnes,
Ornements des tombeaux où vous dormez en paix,
A l'ombre de la CrOiX, SOUS quelque bois épais,
Le sommeil des héros, en les nuits monotones !
Vous avez combattu pour défendre nos lois,
Notre religion, notre langue, nos terres,
Et vous avez écrit, en puissants caractiies, LA
Votre nom à côté des grandeurs d'autrefois !
Re D Co
Pères anciens, salut ! Nous buvons à vos gloires ! Le sang qui vous brûlait était ui Sang très pur. À votre souvenir, cœurs beaux comme l'azur !
Buvons au temps passé ! Buvons à ses victoires !
Les ans coulent bien vite, et ce jour aux hiers Succède avec vertige—ainsi les hommes passent... Demain, compterons-nous parmi ceux qui s'effacent ?
Hâtons-nous d'acclamer ceux dont nous sommes fiers !
Notre époque a vu naître, au sein de la Patrie, Des âmes dont le sang s’émieut avec ardeur :
Ces demi-dieux du peuple ont compris la grandeur
De cette nation et quels doigts l'ont pétrie,
Aussi, se tiennent-ils debout aux premiers rangs. C'est l'heure du combat : ils sont à la bataille,
Frappant à chaque j ‘t, et d’estou : de taille, Us sont les vrais hére :s sont les conquérants !
mme
Re ee td ne.
J admire le soldat qui prouve sa vaillance.
Qu'importent le: boulets : il meurt au son du cor, Abrité d2; -eplis du drapeau tricolore
Le drapeau de l’honneur— vierge de défaillance !
L'arène politique acclame aussi les siens :
Le cœur et la raison suivent la même route, Et le conflit de race est en pleine déroute.
Soyons unis, \ oilà les mots des chefs anciens !
Les hommes d'aujourd'hui répètent ces paroles,
Et dépensent leur vie au service des leurs,
Le bon sang ne ment pas et jamais les douleurs
N'ont affaibli la voix de nos chères idoles.
Tout prospère au pays, et d’un temps de succès
Le soleil a paru. Sur l'horizon iminense,
Avec un stylet d'or, la main de l’ Espérance
A tracé deux grands mots : ‘Luinières et Progrès ! ’’
ANTONIO PELLETIER
C’est à votre santé que je lève mon verre,
Mon verre pétillant d'un nectar purpurin.
C’est à votre santé que boit le carabin,
Politiciens du jour, têtes du Ministère !
étudiants joyeux, buvons, buvons gaîment,
La liqueur qui réchauffe et fait vivre plus vite,
Le bon vin qui fait rire. Amis, je vous invite
A boire à la santé de notre Parlement !
Janvier 1905,
SZ. P. Quesn /, 4. Brisset, Æ. David, À. Sa-
bourin, J. PB. Pince ont Proposé les autres santés.
Lee banquet, plusieurs Professeurs —entre autres Sr [Villiam Hingston, Les Drs Demers, Foucher, Lesage, V’alin, Boulet, LeCavalier ont eu la condescndance de donner leur approbation au réel mouvement likéraire qui se fait Parmi les EE. M. depuis un certain nombre d'années.
Je vois avec plaisir gu'is ont compris que la littéralure ne prend pas les heures utiles de l'étudiant, mais celles que nous Perdrions, un peu partout, de mille manières fournies Par les trop fréquentes circonstances.
LA
Je ne crains pas d' ajonter que la culture des kttres est une sauvegarde, durant la vie universitaire, comme l'amitié ou l'amour d'une honnête fille.