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Poète dont la voix nous parle des aïeux,
Du grand Jacques-Cartier, le marin de Bretagne,
Des flots salins, des prés, des bois, de la campagne,
De l'amour, des vertus qui conduisent aux cieux :
ANTONIO PELLETIER Sur ce sol canadien où la foi de tes pères Demeure sans faiblir, sois donc le bienvenu ! Arrivant d'outre-mer, tu n’es pas inconnu,
Puisque nous sommes tous tes amis et tes frères !
Depuis longtemps déjà, tes ‘‘ Chansons de chez nous”
Avaient trouvé souvent des âmes pour les lire,
Parce qu'au Canada nous chérissons ta lyre
Qui nous touche le cœur en un rythme très doux !
Les beaux sentiments purs ont ici leurs émules ! Comme au pays breton, nous sommes des chrétiens, Fiers de nous prosterner aux pieds du Dieu des tiens,
Celui que dans tes vers sans crainte tu postules !
Poète, souviens-toi, quand tu seras là-bas.
Sur les bords de la mer dont le flot salé gronde,
Sous l'immense ciel bleu de ta ville féconde,
Souviens-toi du pays qui ne t’oubltra pas !
CŒURS ET HOMME DE CŒUR
Laisse parfois tes vers dire notre mémoire, Parce qu'à chaque instant nous t'aimerons toujours ! Sache bien que trop vite envolés sont les jours
Qui nous tiennent ensemble applaudissant ta gloire !
Botrel, charmant poète, écoute un peu ma voix, Celle ‘'u Canada, celle de la jeunesse, Qui voudraient te chanter—plus doux qu'une caresse—
Des mots à te remettre en l'âme l’‘‘Autrefois ! '’
ên effet, si la France a perdu quelque chose En cédant à l’ Anglais les Canadiens ardents Ce n’est pas leur cœur fier non plus que nos cœurs grands,
Car nous l’aimons encor la France grandiose !
Quand tu seras très loin, quand tu seras chez toi,
Près de ta ‘‘ Douce ‘’ aimée, au foyer, près de l'âtre,
Au milieu de ton peuple ami, qui t’idolâtre,
Tout près du vieux clocher dont tu défends la foi ;
ANTONIO PELLETIER
Quand tu seras très loin, sous le ciel de Bretagne, Dis-moi, dis-moi, Breton, te rappelleras-tu Que naguère, chez nous, nous avons combattu ?
Oui l'tu te souviendras, comme ‘* Élle’—-ta COMpAyne
nn À
Permets, tendre Botrel, à l'humbie Étudiant
De te dire combien l'épouse et son poète
Sont chéris de nous tous. Jamais trop se répète
læe chant des amitiés qu'on murmure en amant !
Avril 1905.
TRISSY LLABE.
Laisse entendre, Beau pinson, Ta chanson
Donce et tendre :
Va reprendre, Au buisson, Ta itaison
De filandre ;
ANTONIO PELLETIER
Où soupire Le zéphire
Attendri
Qui caresse La maîtresse
De ton tri !
Mai 1898.