INTRODUCTION
La coexistence d’un kyste de l’ovaire suppuré et d’un pyosalpinx étant une chose rare, il ne faut pas s’étonner du petit nombre de publications à ce sujet. Toutefois, dans l’étiologie de la suppuration des kystes ovariens, les auteurs signalent comme cause probable l'infection possible par une trompe malade du voisinage.
Cette coïncidence pathologique, bien que rare, est cependant signalée dans les ouvrages du siècle dernier qui vit apparaître l’étude méthodique des kystes de l'ovaire et un grand progrès dans leur traitement.
En 1878, Rœberlé étudie longuement, dans son « Traité des maladies des ovaires », l’étiologie et les symptômes de la suppuration des kystes, et insiste sur l’urgence de l’intervention.
Olstrausen, en 1886, dans « Kraukleiten der Ovarien », étudie la pathogénie et attribue la suppuration aux adhérences avec les organes voisins, surtout après la torsion du pédicule.
Péan, en 1890, dans ses « Leçons cliniques », discute la pathogénie et les symptômes de la suppuration des kystes de l’ovaire. La même année, le Professeur Porri, dès la pre-
mière édition de son ouvrage, signale dans un court paragraphe les causes probables de l'infection des kystes ovariens et croit : « à l’infection possible par adhérences avec les trompes dans les cas de pyosalpinx ».
En 1891, Delbet, se basant sur 55 observations de kystes ovariques suppurés publiés jusqu’à cette époque, traite méthodiquement (suppurations pelviennes chez la femme) les causes de la contamination. Il admet la propagation de l'infection d’une trompe infectée à un kyste de l’ovaire, et il cite à l’appui le cas de Goodell où le kyste de l’ovaire avait dû sa suppuration à un pyosalpinx voisin.
Chogon (thèse de Lyon, 1893) étudie les adhérences entre les kystes de l'ovaire et l’appendice d’une part et entre les kystes et les annexes d’autre part.
En 1897, Henricius de Helgsinfors (Finlande), au sujet d'un cas de kyste de l’ovaire suppuré, conclut en fixant aux agents pathogènes quatre voies d'introduction : sanguine, péritonéale, lymphatique et tubaire.
Theophilidis (thèse de Montpellier, 1902), traitant la suppuration des kystes dermoïdes de l’ovaire, croit à l’infection possible du kyste par un pyosalpinx. L’année suirante, Sergueeff, de Montpellier, ‘étudie le mécanisme de l'infection dans le cas de contamination salpingienne.
Ainsi donc, cette possibilité d'infection d’un kyste ovarien par un pyosalpinx fut admise par les uns et rejetée par les autres. Pour les raisons que nous développerons plus loin, nous pensons que le kyste trouve dans un foyer d'infection du voisinage les conditions les plus favorables à la suppuration, mais que celle-ci, malgré tout, ne se produit pas toujours.
Nous apportons à l’appui de notre thèse 8 observations dont les trois premières inédites et dues à la bienveillance de M. le Professeur Guyot. Ces observations, dont M. le Professeur Guyot a bien voulu nous confier la présentation, nous paraissent à tous points de vue très intéressantes :
les constatations opératoires, les examens bactériologiques
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et cytologiques pratiqués après l’opération en font des documents très complets. Après quelques considérations pathogéniques, anatomiques et cliniques, nous discuterons les arguments qui peuvent servir de base pour savoir s’il faut, dans le cas de coexistence de kyste de l’ovaire suppuré et de pyosalpinx, considérer ces deux phénomènes morbides comme indépendants l’un de l’autre, chacun évoluant pour son propre compte, ou envisager la contamination possible du kyste par le pyosalpinx.
Nous terminerons par quelques conclusions pratiques en ce qui concerne les indications opératoires.
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