‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 17 sur 126 · JEUNESSE DE COU DI RIENZO · texte numérisé non relu

JEUNESSE DE COU DI RIENZO

et, après avoir fait déclarer par le roi Robert de Naples qu'il était digne de recevoir la couronne poétique, il se rendit à Rome, où il arriva le 6 avril 1341. Le surlendemain, qui était le dimanche de Pâques, le comte Anguillara, sénateur en exercice (son collègue Stefano Colonna se trouvait à Avignon), fit annoncer dès l'aube la cérémonie qui se préparait.

Alors que dans les cités voisines : Bologne, Prato 1 , Padoue\ l'usage de couronner les poètes s'était conservé, le Gapitole n'avait pas vu depuis bien des siècles se dérouler une pareille solennité; on y déploya toute la pompe que Pétrarque pouvait souhaiter, et les Romains, arides d'un spectacle nouveau pour eux, accoururent en foule. Douze jeunes gens vêtus d'écarlatc, appartenant aux plus illustres familles, ouvraient le cortège, ils récitaient des vers dont Pétrarque était l'auteur à la louange du peuple romain; puis venaient six nobles citoyens, couverts de manteaux verts et portant chacun une couronne formée de fleurs différentes 5 ; le poète s'avançait à leur suite. Le comte Anguillara l'avait précédé au Gapitole; la tête ceinte d'une couronne de laurier, il prit place sur un trône dans la grand'salle du palais et y manda Pétrarque par un héraut. Celui-ci se présenta devant lui et s'écria : « Vive le peuple romain, vive le sénateur, que Dieu leur laisse leur liberté! » Puis il mit un genou en terre; le sénateur lui posa sa couronne sur la tête, en disant : « Cette couronne récompense la vertu », et il lui conféra le diplôme de poète

i. A Prato, on couronna Convcnnole, dont Pétrarque fut le disciple, 1 A Padoue, Alb. Mussato.

3. Les couronnes que reçut Ricnzo, le 15 août, étaient aussi formées de plantes différentes. Voir chapitre xu.

M COLA. Dl RIENZO.

et d'historien, ainsi que le titre de citoyen romain. Pétrarque déclama quelques vers sur Rome et l'on se rendit à Saint-Pierre pour y célébrer une messe solennelle. Le peuple criait de toutes paris : « Vivent le Capitolc et le poêle! » Plus d'un citoyen dut regretter ce jour-là que cette cérémonie, qui rappelait les plus beaux temps de Rome, n'eût pas de lendemain.

Rwmzo y assista probablement, cl cette évocation d'un passé qu'il chérissait ne put qu'exercer une grande influence sur sa conduite à venir. Quant à Pélrarque, il partit de Rome peu de jours après cl faillit périr victime d'une bande de brigands, aux porlcs mêmes de la ville. Voici comment, longtemps après, il parlait de son couronnement i « Ces lauriers ne m'ont rendu ni plus savant, ni pins éloquent; île n'ont servi qu'à déchaîner l'envie contre moi el à me priver du repos dont je jouissais' >>.

Quelques années auparavant un bourgeois, nommé Franccsco, qui possédait quelque fortune, avait accordé à Cola di Rienzo la main de sa fille, donl la beauté était, dit-on, remarquable. De celle union naquirent un iils qui reçut le nom de Laurenzo (Rienzo y ajouta plus lard celui de Roelius 1 ) el deux filles. Bien que la dot de sa femme ne dût pas s'élever à plus de cent florins 1 , Rienzo, qui avait dès lors de quoi vivre, put s'adonner tout entier à ses études et au soin de sa popularité.

Les émeutes se succédaient à Rome, sans que le peupin, qui prenait toujours les armes quand l'occasion s'en

1. Il ilîl iiusM |ioir chapitre ïi) : « le désir an peu trop précoce d'être comtmiré », etc.

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