Voir chapitre xix
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concitoyens étonnés avec les beautés qu'il découvrait dans ses auteurs favoris. Personne mieux que lui ne savait interpréter les inscriptions, dont le sens elait demeure jusqu'alors impénétrable.
Plus il étudiait l'antiquité el plus il la voulait connaîtra; chaque vestige du passé qu'il retrouvait augmentait son admiration pour les Romains d'autrefois. Comparant leurs vertus, le bonheur dont ils jouissaient, la crainte qu'ils inspiraient à tout l'univers, à l'état où Rome était réduite de son temps, il lui arrivait de s'écrier a\ec désespoir : * Où sont ces vertueux Romains* que sont devenues leurs lois si sages, pourquoi ne suis-je pas né quand Rome était florissante? » Le souvenir de ce passé glorieux faisait croître en lui ses regrets et la haine qu'en sa qualité de plébéien il nourrissait contre les nobles, seuls responsables à ses yeux des maux dont il était le témoin.
Deux circonstances contribuèrent sans doute à exalter ces sentiments. D'abord le meurtre d'un de ses frères, qui périt de la main d'un noble, dont il ne put, malgré tous ses efforts, obtenir le châtiment. Puis le couronnement de Pétrarque. Le poète, qui depuis longtemps déjà caressait en secret l'idée de recevoir au Capitolc la consécration de sa gloire naissante, avait vu ses vœux exaucés au delà même de ses espérances, car le 23 août 1540 il reçut dans sa retraite de Vaucluse, à peu d'heures d'intervalle, deux lettres, Tune des sénateurs romains lui demandant de venir se faire couronner à Rome, l'autre de son ami Robert de Rardi, qui lui adressait une semblable invitation au nom de l'Université de Paris. Comme on le pense, le chantre des Scipions choisit Rome pour lieu de son triomphe