‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 20 sur 126 · îié h lUDMBt, diocèse de Limoges, en · texte numérisé non relu

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AMBASSADE DE COLA DI RtENZO A AVIGNON. 57

l'austérité et de la piété, mais on l'accusait de s'êlre montré trop ménager des deniers du Saint-Siège.

Avec le nouveau pape, la cour d'Avignon prit un autre aspect. Élevé en gentilhomme, quoiqu'il eût pris l'habit de Saint-Benoît dès l'âge de -dix ans, Pierre Roger s'était fait remarquer par son éloquence, son érudition et son habileté, d'abord à Paris lorsque, professeur en Sorbonne, il expliquait les décrétales de Jean XXII, puis dans les divers sièges épiscopaux qu'il occupa successivement : à Arras (1528-1529), à Sens (1529-1550), puis à Rennes (1350-1338). On assurait qu'il n'oubliait jamais rien de ce qu'il avait appris et qu'il devait cette faculté merveilleuse à une blessure reçue à la tète dans sa jeunesse. Devenu de droit pair de France, il sut gagner la faveur du roi Philippe VI, qui lui confia les sceaux du royaume, bien que, étant à Rouen, il eût poussé le peuple à la révolte et obtenu aux Étals Généraux que la province de Normandie ne payât que les impôts auxquels elle aurait consenti. Le 15 décembre, Benoît XII l'avait créé cardinal du titre de SS. Nereo ed Àchilleo.

Clément VI aimait les chevaux, les fêtes ; sans cesse entouré d'une cour brillante, il surpassait les rois en magnificence et en générosité ; il se mon Irait même prodigue, surtout envers ses parents, et épuisa rapidement les trésors qu'avait accumulés la parcimonie de son prédécesseur. Les plus hautes dignités ecclésiastiques furent parfois accordées à des jeunes gens, presque à des enfants (on vit des cardinaux de dix-huit ans) qui déshonorèrent par leurs débauches la dignité dont ils étaient revêtus. Ces abus contribuèrent à augmenter la corruption qui existait à Avignon. On lui reprochait aussi de ne pas interdire assez sévèrement aux femmes

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l'accès de son palais, et même de se laisser influencer, plus qu'il ne convenait, par la vicomtesse de Turenne, Cécile, femme de Jacques d'Aragon, comte d'Urgel.

Quoi qu'il en soit de ces accusations, il est certain que Clément VI s'occupa activement d'apaiser les guerres qui désolaient l'Europe, lors de son avènement et parvin t souvent à négocier des trêves, quelquefois même des traités de paix entre les belligérants. Sa piété et sa clémence étaient partout vantées et l'on disait de lui, en le comparant à Benoît XII, qu'il avait humanisé sa vertu trop rigide, sans en dégénérer.

Les Romains, dès qu'ils apprirent qu'un nouveau pape venait d'être élu, lui envoyèrent une ambassade composée de dix-huit membres, dont six représentaient la noblesse, six la gentilezza et six le peuple. Stefano Colonna en était le chef; Francesco di Vico, Giacobo Savello, Lello di Pietro di Tossetti 1 , syndic de la ville et ostiaire* du pape, en faisaient partie, ainsi que Pétrarque, qui, sur les instances du cardinal Colonna, s'était vu obligé de quitter sa retraite de Parme et d'affronter les Alpes, encore couvertes de neige, pour rejoindre l'ambassade à Avignon. Outre les félicitations d'usage, que les ambassadeurs romains étaient chargés de présenter à Clément VI, ils devaient lui demander trois choses : de revenir à Rome; d'accepter à vie, en tant que Pierre Roger et non en sa qualité de pape, de même que ses prédécesseurs, les fonctions de sénateur, syndic, capi-

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