partie du territoire romain, afin de protéger le commerce
Les impôts sur le sel, sur les feux, ainsi que les péages et les amendes, seront consacrés, s'il le faut, à maintenir le bon état;
Le conseil des buonuomini donnera aux orphelins et aux veuves des secours pris sur les revenus publics ;
On puisera à la même source pour venir en aide aux monastères ;
On construira des greniers dans chaque quartier, et ils devront* être toujours pleins pour subvenir aux besoins du peuple, en cas de disette;
Les ports, les ponts, les citadelles, les villes fortifiées, seront livrés par les barons au chef du peuple ;
Les nobles veilleront à la sécurité des chemins, ne donneront plus asile aux voleurs ni aux malfaiteurs, et devront approvisionner la ville; en cas de désobéissance, ils payeront une amende de mille marcs d'argent.
La foule vola avec joie toutes ces propositions, qui avaient surtout pour but, comme on voit, d'assurer le rétablissement de la paix, la sécurité des habitants et le retour au peuple de biens dont les barons l'avaient frustré; c'étaient, si nous pouvons nous exprimer ainsi, des mesures de police plutôt qu'un système de gouvernement; fiienzo se réservait de ne faire connaître que plus tard et graduellement ses idées à ce sujet. Les Romains, au surplus, ne s'en inquiétaient guère ; ils voyaient en lui leur défenseur contre les barons, leur sauveur; le pouvoir était entre ses mains, peu leur importait le reste. Ils accordèrent sur-le-champ à Rienzo des droits dictatoriaux : droit de porter et d'abroger des lois, droit de vie et de mort sur tous les citoyens, droit
de conclure des traités et des alliances, de limiter à son gré le territoire romain.
Ainsi s'accomplit cette révolution, qui commença par une procession et ne coûta pas une goutte de sang. Rien ne fut changé en apparence à l'état de choses existant : les sénateurs conservèrent leur titre, le conseil des buonuomini continua à connaître des affaires municipales, les magistrats qui ne s'étaient pas trop compromis au service des nobles gardèrent leurs charges; Cola di Rienzo se contenta momentanément du titre de « rector », mais, grâce à la toute-puissance que donne la popularité et à l'ascendant qu'exercent toujours les âmes élevées, il devint le maître absolu dans Rome et chacun s'inclina devant sa volonté.
Le nouveau chef du peuple romain ne perdit pas de temps pour entreprendre son œuvre : il s'installa au Capitole, y rendit de nombreux décrets, attribua les places vacantes à des hommes de son choix, ordonna que les malfaiteurs, qui attendaient leur sort dans les prisons, subissent leur peine sans plus tarder; ceux qui n'avaient pas encore été jugés, passèrent devant un tribunal qu'il présidait souvent lui-même; il se montrait impitoyable envers les coupables; les exécutions furent nombreuses.
La nouvelle que l' émeute était triomphante à Rome remplit de stupeur les barons assemblés à Corneto. Le plus intrépide d'entre eux, le vieux Stefano Colonna, revint aussitôt à Rome à bride abattue, pensant que sa présence suffirait pour calmer l'agitation. Arrivé sur la place San Marcello 1 , il s'arrêta et témoigna son mécon-
\ . Elle s'ouvre^actueUement sur le Corso.
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lentement avec l'ai-ragenee qui lui élail li il se retira clans son palais, .lien*,, lii ,„■ le lendemain malin, le chef de la famille rail l'ordre du quitter la ville sans délai, elia des mains de l'envoyé do tlienro le i oonlen.il «I ordre et le décllira en in sccrianl Si - l:u s avise de m irnl a l'f'tai jeter |,ar les fenêtres ,1„ Ca|,ilole. Anssiiùt que Bien» ■pprii eette nom
lit sonner la eloelie d'alarme; loul le ne prâl a se livrer aux dernières violences eo mis du don étal. Le palais de Stefano fu vieillard n'eut d'autre parti à prendre q toute Mte à rhoval, suivi d'un seul serv, |»il-d s arrêter un moment dons la Ijasih Laurent hors des murs, pour v manger u ' ,i "" ; '''• l; ' a s " dirigea fera Palestrim valent son llls et son neveu.
Col exemple apprit au chef du pennh s« loree et remplit de terreur les autre obéirent sans résistance lorsqu'ils rentra so retirer dans leurs châteaux; Rion/o f,il | de loules les leurs et de Ions les ponts sil, ll ; 1 "'"'- '''■ "■ ville. Alors il assembla de citoyens ,.„ parlement pour leur faire n qoi .«™« 'le faire, ol il les pria de le no =1 Mieraleur du peuple, conjoinlomonl ir ;'" W- y: ''"■' J" Irilmn, que d'ane louis rendaient cher aux Romains avait
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llaiire, ri d indiquer elairemenl la volonlo se dévouer aux intérêts du peuple. Los II
lionnèrent tout ce qu'il voulut et l'acclamèrent tribun ; il proposa ensuite de fixer à trois mois la durée de ses fonctions, mais cette offre ne fut point acceptée et Ton se borna à nommer un conseil devant lequel le tribun aurait à rendre compte de ses actes en sortant de charge, comme c'était la coutume. Une colombe blanche, qui, dit-on, vint planer sur sa tête pendant l'assemblée, parut à tous un témoignage irrécusable de la divinité de sa mission. Les Italiens aimaient à voir dans ceux qu'ils acceptaient pour chefs des envoyés de Dieu; un siècle et demi plus tard, Savonarole exploita "habilement, beaucoup plus longtemps que Rienzo, ce sentiment dont il y a eu d'ailleurs bien des exemples autre part qu'en Italie.
Rienzo avait donc obtenu, grâce à son habileté et ù sa fermeté, tout ce qu'il souhaitait et, de plus, en s'adjoignant pour collègue Raimond, il lui faisait partager la responsabilité de l'acte qu'il venait d'accomplir et se mettait, aux yeux de tous, sous la protection de l'Église. Son triomphe était complet; ses ennemis contribuèrent à le rendre plus éclatant; ils cherchèrent à s'unir pour étouffer à son début cette révolution qui les menaçait tous, mais leurs haines et leurs divisions prirent le dessus; ils ne parvinrent pas à s'entendre; ce que voyant, le tribun les cita à comparaître personnellement devant lui. Stefanello Colonna, soit pour le défier, soit pour se rendre compte par lui-môme de I état de Rome, osa le premier se présenter devant lui ; ce qu'il vit dut lui faire perdre tout espoir d'opérer sur-le-champ une contre-révolution : l'activité la plus grande régnait au Capitole; une foule de gens, venant de la ville et des alentours, s'y pressaient pour y récla-
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mer justice ou pour y apporter le montant des impôts; les tribunaux tranchaient loyalement les procès ; et des envoyés partaient continuellement pour tous les points de l'Italie, porteurs de missives du tribun. Le baron, étonné d'un spectacle auquel il était loin de s'attendre, ne fit aucune difficulté, lorsque Cola di Rienzo s'avança vers lui, revêtu d'une brillante armure, pour jurer sur le corps du Christ et sur les Évangiles de ne rien entreprendre contre le peuple romain, de veiller à sa subsistance et à la sécurité des routes, de ne point donner asile aux malfaiteurs, mais de venir toujours en aide aux veuves et aux orphelins, de ne plus détourner à son profit les revenus de la ville, et enfin de comparaître avec ou sans armes chaque fois qu'il en recevrait Tordre.
Rainaldo Orsino fut ensuite admis à prêter le même serment, puis Giovanni Colonna, Giordano, Stefano; tous les barons promirent obéissance l'un après l'autre et s'engagèrent à mettre au service du bon état leurs personnes, leurs châteaux et leurs vassaux. Franccsco Savello, bien qu'il fût le seigneur de Rienzo \ ne fut pas exempt de cette obligation.
Au bout de quelques jours, les juges, puis les notaires, les marchands et enfin la plupart des citoyens imitèrent l'exemple des barons.
Bientôt les querelles cessèrent par suite des sages mesures prises par le tribun, la tranquillité régna dans l'intérieur de la ville, et les barons n'osèrent plus maltraiter les citoyens comme naguère. La popularité de Rienzo allait croissant.
4 . Rienzo était né dagK^^fe de Rojûû qui appartenait aux Satelli.