Ccccano, voyez chapitre xvm
RÉTABUSStJŒTT ÏC Li JTSUQL Ti
ques années auparavant, une galèi* qui partait à U reine Jeanne les revenus de la Provence et qui. pour éviter une tempête, s'était réfugiée dans l'estuaire du Tibre, où elle s était échouée sur un banc de sable \ Devenu vieux, épuisé par ses débauches et atteint d'hydropisie, il était Tenu à Rome et se faisait soigner dans son palais situé près du Tibre, croyant que son rang lui assurait l'impunité. C'est là que, malgré son état, malgré les prières et les menaces de sa femme, le tribun le Gt saisir par ses gardes. On le conduisit au Capitale. Le peuple fut convoqué à son de cloche, et les citoyens, croyant le bon état menacé, accoururent en armes ; le baron pillard fut alors amené sur l'escalier du Capitale, près de la statue du lion ; on lui arracha son long manteau, insigne de son titre, on lui lia les mains derrière le dos, et on lui donna lecture de sa sentence de mort. Le principal chef d'accusation relevé contre lui était l'acte de piraterie dont nous avons parlé. C'est à peine si on lui accorda le temps de se confesser ; il fut entraîné sur la place du Capitale et pendu, comme le dernier des malfaiteurs, presque sous les fenêtres de son palais. Son cadavre resta attaché à la potence deux jours et une nuit.
Un membre de la famille des Ànnibaldeschi, qui mit contrevenu aux ordonnances du tribun, fut également exécuté par son ordre. Petruccio Frangipani, Luca Savello, Stefano Colonna, Giordano Orsino, furent emprisonnés au Capitale, pour avoir désobéi ît Rienzo. Hetro di Agabito Colonna, malgré son titre de sénateur, *ut le même sort. Un brigand redouté avait cherché
1. S«r cette galère se trouvait Montréal, dont nous aurons h reparler d"ue fois dans la suite.
un asile dans le palais de Stefano Colonna ; le tribun n'hésita pas à l'y faire arrêter. Dans les cas d'importance, il rendait lui-même la justice, vêtu d'un long manteau de pourpre. Bien des coupables, qui ne devaient l'impunité qu'à la clémence intéressée des nobles, furent jugés et condamnés, et ces exemples répétés inspirèrent une salutaire terreur aux nombreux malfaiteurs qui infestaient Rome et ses environs : il leur semblait que les soldats du tribun allaient les traquer jusque dans leurs retraites les mieux cachées; ils fuyaient en hâte, abandonnant leurs champs, leurs vignes, leurs femmes, leurs enfants et ne se croyaient jamais assez loin de Rome. Les chemins ne tardèrent pas à devenir aussi sûrs le jour que la nuit, les forêts mêmes ne recelaient plus de bandits; les marchands purent vaquer en toute sécurité à leur négoce et les pèlerins visiter sans crainte les saints lieux ; pour la première fois depuis longtemps, les laboureurs osèrent s'aventurer hors des murs de la ville et cultiver leurs champs. Les rouliers laissaient le soir leurs voitures toutes chargées au milieu des routes, certains de les trouver intactes le lendemain. Le tribun veillait à ce que cette conliance fût justifiée : ainsi, il arriva qu'on déroba le manteau d'un moine noir venu en ambassadeur de la ville de Castello ; il s'en fut trouver Rienzo et lui dit : « J'ai laissé, durant mon repas, ma cape en dehors de mon auberge, je pensais que, par crainte de votre colère, personne n'oserait y toucher, et voilà pourtant qu'on me l'a prise. Je suis un moine, mon caractère est sacré, et je vis au jour le jour comme un oiseau. » À quoi le tribun répondit : « Ta cape n'est pas perdue »; et aussitôt il envoya chercher de riches
étoffes et lui en fit couper et coudre séance tenante une autre, semblable à celle qu'il avait perdue. Le moine revint chez lui tout joyeux et répétant à qui voulait l'entendre : « On ne m'a rien dérobé; j'ai retrouvé ma cape. » On prit la description exacte des lieux où le larcin avait été commis, et l'aubergiste aurait eu certainement, dit le biographe, plus de mille florins d'amende à payer, si Rienzo était resté au pouvoir.
Une autre fois, dans les environs de Capranica, village qui se trouvait sur les terres 1 du comte Bcrtoldo 1 , des voleurs enlevèrent une voiture chargée d'huile et attelée d'un mulet ; le comte fut obligé d'envoyer en dédommagement trente florins au conducteur de la charrette et de payer une amende de quatre cents florins.
Une fois même la sévérité du tribun alla jusqu'à la cruauté : un de ses courriers, s'étant arrêté dans une hôtellerie pour y passer la nuit, fut assassiné et volé par un autre courrier. Rienzo condamna le coupable à être enterré vivant dans la même fosse que le cadavre de sa victime. Empressons-nous d'ajouter que Ton ne rapporte aucun autre fait de ce genre h la charge de Rienzo, et que des actes de barbarie semblables étaient la monnaie courante de la justice à cette époque *.
Le tribun prit également une série de mesures destinées à ramener la concorde parmi les citoyens : il rappela tous les Romains bannis depuis l'amnistie de 1540; il rendit les biens confisqués ; un jour, il assembla les citoyens et, dans un langage élevé, entraînant,
\ . Non loin de Palestrine.
2. Saint Louis, qui ne passe pas pour un monarque sanguinaire, faisait jxrcer la langue aux criminels avec un fer rouge.
tx vu .: i •«. •• fL'-s :. s^as. es -: : leurs querelles
*%s.- !•* *i^> i . :^ / .1 -■':•- r -^zt*r; 5*^ exhortations
v.vi ,w»i •.>>- -• ï :»^ :* •-!> se rveonci lièrent et
Vt*r* v : v— • : ;* •: ^ :r.v»*x f^rt-z: î z>i terminés sar
Vu-v jvî* i *«.Ar- il "'i *-£ :r.zs<»r ooreélé jugés, V :* .\i t „»r • •? » ? n'iTt- ?r::::-.!f \.uî:..»n leur fût *Vi* iw\ *.x „v - ex -h* * ^■• , : ^crs..:"* de >e partager ix t,i^.N ^ i x n»x>^ .j «.•!. m .rcr:-2 et qui étaient ii v,u w ; : i.»-«n t.: .v.s ra; rv.es. l„i*zi> établit aussi 4 i iv x^-v *- . • *.i m. ;>• :»• a :■- -* ;-^tîre se rendait . i tv i v »î ■ •*% * v** ' . ^ > : ■- trè* équitable; ce
» \. i>.\ <. x» ^ î u .V ..-V, r..«:t composé des s-."H"\ vx •«! 4 v \.**. , x ro.r if-^r s:,:esse et leur x«v„'. ; . ,;•,, »... »; . \ r -iV*."„ sur .t'*juel on voyait u v w\v *i -v w * *v v%« u*\ S :. : i^-v^sus de leurs . ,ww l * w \w% v ^ i . ;• s ~ t j> s. n: ,es : elle consis- ,*,*.•.; ..v»'-\ » . , : • *»x *«..'#•; i • •*. : t " * jvîïie du talion. Ka-î ^ ■ t\i t x* *.* » : v :\ ?. r\ruvjiî> traitement Vv- - 0« k exv.\ i s >^ Yr*^x i.x* ;•.:: Msa:ent aussitôt i\\\w\»i s\ >v k a r v ,Vv~vr; s % :î était reconnu sv- >ù\ x \i \v v t*. . V -\\: Vcxlzrr le talion, y<u.\ !\a,i n \o. % vt v\ Joj o-: >c r\v* -.:;;-.cr a^ant de soruv slo l^ j°,w w v ,i> v ^s o: >o i;v.*:-:T sur la bouche K x Kum^* sic |\< k v IVv-^x ^ À va jv.rùes <e présen-
Vu iv>U\ \vMvi mu* a \\\î:,o v;ui tr.vv*:rv fort bien wuuucut lesctuwox m^ jM>v*u^t : u" h ::une avait crevé IVil ^ un »uhv daux une ri\e; le lî-.^sséalla porter I^KùuledoN^nt lotrihuud; le ivuj ville fui amené sur l'oMMlior du r^piioK\ où ou le lit mettre a genoux. i)uaud il \it «rrixer sa \icliun\ il se nvo:inut coupable et se mit à |Hms<er des cris de terreur et à implorer
avec larmes son pardon; cependant il tendait son visage, prêt à subir le châtiment de son crime si l'offensé voulait le lui infliger; mais celui-ci, touché de ses lamentations et de son repentir, lui fît grâce et tous deux s'en allèrent réconciliés.
Le talion existait depuis longtemps dans les lois que Ton observait à Rome, et Rienzo ne fit probablement qu'en généraliser l'usage; parfois il était rachetable, mais il ne semble pas que le tribun ait admis cette tolérance.
Rienzo défendit aux Romains de porter des armes dans la rue; les querelles furent sévèrement réprimées, à ce point que les maîtres n'osaient plus brutaliser leurs serviteurs comme auparavant. Non content de rétablir la tranquillité, Rienzo voulut aussi corriger les mœurs des Romains : il leur interdit de jouer aux dés, d'entretenir des concubines; il édictades lois sévères contre les adultères et les blasphémateurs; contraignit ceux qui avaient répudié leurs femmes, sans raisons suffisantes, à les reprendre 1 ; il fit aussi des règlements fort rigoureux sur les ventes de denrées et sur le commerce en généra] : les marchands, étroitement surveillés, devinrent d'une probité peu commune; les bouchers et les marchands de poisson, par exemple, qui passaient auparavant pour tromper sans scrupule leurs acheteurs, leur disaient franchement : « Ceci est du porc et ceci de la chèvre; voici de la bonne viande, en voilà de la mauvaise! » Comme les effets de la disette continuaient à se faire sentir, le tribun fit défricher une partie des
1. Dans la suite, nous verrons Rienzo rendre obligatoires certains devoirs religieux.
T4 COLV H MEMO.
câimp* incultes qui entouraient la Tille, et enTOva chercher du Me jusqu'en Sicile.
Plein de doucvur et d'affabilité poor tous ceux qui scLichaient sa protection. Cola diRienzo s'efforçait toujours de leur Tenir en aide ; chacun avait libre accès auprès de lu: et rarement on sortait mécontent de sa présence; à certains jours, il recevait plus spécialement les veuves et les orphelins. Quand les plaintes qu'on lui apoocuî: client fondées, il sévissait durement contre k< *ruj:al !<*<. Cest ainsi qu'il condamna deux citoyens de manrae. scribes du sénat, Tommaso di Fiortifiocca * e: !\}ueeLl- ::o de la Caméra, qui avaient outrepassé leurs dr^hs. à porter le bonnet d'infamie, supplice infligé ordî:iJÙreiucut aux faussaires, et à payer une amende de m: le livres chacun.
Sou esprit d'équité fut bientôt célébré partout ; de fort loin les lia! ions venaient lui soumettre leurs litiges, et il cita à son tribunal et condamna une quantité incrojatte de criminels de toute espèce. A Pérouse, par exemple on avait assassiné un Juif enrichi par l'usure, ainsi que sa femme, et ce meurtre était demeuré impuni ; Cola di Rienio évoqua l'affaire à son tribunal et juMivv fut faite.
Tue foule d'exilés et de malheureux, victimes de la txrannic de leurs seigneurs, vinrent de Toscane supplier le tribun d'user de son influence pour les faire rentrer dan* leurs biens ; il les accueillait avec bienveillance, leur prodiguait des paroles d'encouragement et ne négligeait rien pour soulager leur infortune.
Malgré tous ces soins absorbants, il trouvait le temps
de veiller attentivement à l'administration de la ville, et J on s étonnait qu'il pût suffire à tant d'occupations diverses. Un grand nombre de secrétaires travaillaient jour et nuit sous sa direction ; quelques-uns d'entre eux étaient des hommes fort instruits, qu'il avait su s'adjoindre pour rédiger les innombrables missives qu'il expédiait dans toutes les directions et dont il avait soin de garder copie.