Voir Appendice, n
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sept étoiles, elles avaient sans doute pour but de rap-
peler les sept dons du Saint-Esprit 1 , que le tribun se
1. La sagesse, l'outeodement, la science, la prudence, la force, la piété, a crainte de Dieu.
84 COLA I>I MEMO.
flattait d'avoir reçu*. Ce blason était gravé sur le sceau dont il marquait les pièces officielles et décorait l'étendard qu'on portait devant lui dans les cérémonies.
Il datait ses actes : de la première année de la république restaurée. Armand de Brescia en avait fait autant avant lui, car les hommes ont toujours été portés à s'imaginer que leurs efforts ont renouvelé la face du monde et que tout ce qui a été fait avant eux ne compte pas.
Une des prérogatives les plus enviées du pouvoir était le droit de faire battre monnaie; c'était à la fois une marque de puissance, une preuve d'indépendance politique et une source de profits souvent aussi grands qu'illégitimes. Les Romains, des qu'ils eurent rétabli le sénat, s'empressèrent de fabriquer des monnaies cl les sénateurs usèrent presque constamment de ce droit; ces pièces représentaient le plus souvent d'un côté saint Pierre remettant au sénateur ses insignes : la barrette, le manteau, etc. : de l'autre un lion ou les armes de la ville. Les papes firent également battre monnaie à Rome et accordèrent même parfois ce privilège aux gouverneurs des provinces. Rienzo, jaloux d'exercer, lui aussi, ce droit régalien, pria les Florentins (le 7 juin) de lui envoyer un graveur, un essayeur et un ouvrier expert; car, à ce moment, Florence passait à juste titre pour posséder les plus habiles monnayeurs de l'Italie. Les pièces que le tribun fit frapper sont composées d'un alliage où l'argent et l'élain entrent en quantités à peu près égales, alliage qui était d'un usage fréquent au moyen âge. On l'appelait en Italie « mistura », ce qui signifie mélan|^| « argento nero », à cause de la
ruait l'étain. Ces mon-
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naies, devenues excessivement rares 1 , appartiennent à deax types légèremeot différents, correspondant aux deax périodes du tribunal de Ricnzo.
Le premier type représente d'un côté, dans le champ, un objet difficile à identifier : un étendard déployé, dont le graveur aurait voulu figurer les plis perpendiculairement à la hampe, selon certains auteurs' (opinion qui nous paraît pour lemoinsavenlurée); un peigne à lisser, selon d'autres 1 , à l'imitation de ceux qui sont gravés sur les deniers de Provins, ville où se fabriquait alors une grande quanlilé de drap et qui élail en relations constantes de commerce avec Rome*. Ce qui
1. On n'en connaît que trois ou quatre exemplaires : musée Kircher, Bclli, Barlolotnco Borghèse.
2. Flora vaut i, AnUqui romanorum pontificum denarii, Ztrnrino Re, etc.
3. Zanetii, flttova raceolta délie monete délie Zecche (Malin; Gradeaigo; Papcncordi.
4. Au moyen âge, il était fréquent qu'une Tille empruntât a une autre, pour des niions diverses, son type de monnaie, en le modiliant légèro-
Denarii provitini.
rend fort plausible cette explication, c'est qu'on frappa longtemps à Rome des deniers dits provisini ou provia,nesi, sur le modèle des deniers de Provins. Au-dessus de ce peigne, un soleil, un croissant et une étoile ou un annelet; en légende circulaire les mots : ROMA CAPVT MV. (Roma capul mundi 1 ) vaine et pompeuse épithète à laquelle les Romains tenaient beaucoup et que portèrent presque toutes leurs monnaies durant le
Monnaie de Cola di Rienzo.
Variante du premier type.
Monnaie de Cola di Rienzo.
second type.
moyen âge. Au revers est une croix cantonnée des quatre lettres V. R. R. S. {Urb$), autour -h ALMVS TRI- BVNAT. (Almus tribunatus).
On connaît une variante de ce type dans laquelle les lettres V. R. B. S. manquent; mais ce ne fut là probablement qu'un essai, car il n'est signalé ni par Zefirino Rc, ni par Papencordt.
Le second type est semblable au premier. Il porte en légende -+- ROMA CAPVT MV. et le peigne de Provins dans le champ; au revers les lettres V. R. B. S. ne s'y trouvent pas; on lit en légende -h N. TRIRVN. AVGVST. (Nicolam tribunus Àugmtus). Cette qualification de « Augustus », que le tribun ne prit qu'après le 1 er août, indique que ce second type fut créé postérieurementr à celte date. Quant au premier, il est probable qu'il fut
i . Ces trois mots forment commencement du vers : Roma capul mundi régit orbis frena roiundi.
émis dans le courant de juillet; car, dès le 21 août, Clément VI se plaint que Rienzo ait osé faire frapper des monnaies.
Le tribun faisait toujours suivre son nom, dans les actes officiels, d'une série de titres qui étaient, si nous pouvons nous exprimer ainsi, comme une profession de foi et auxquels ses contemporains attachaient une grande importance, car tous les chroniqueurs ont soin de les rapporter exactement; dans la confirmation des statuts de la corporation des lainiers 1 , il s'intitule : « Nicolas, sévère et clément, tribun de la liberté, de la paix et de la justice et libérateur illustre de la sainte république romaine» et, plus tard 2 (statuts des drapiers) : « Le soldat vêtu de blanc du Saint-Esprit, sévère et clément, libérateur de la ville, défenseur de l'Italie, protecteur du genre humain et tribun auguste. »I1 prétendit dans la suite que l'épithète de sévère avait été choisie par lui en souvenir de ce même Boctius Scverinus, dont nous avons dit qu'il avait pris les armes; il alla même jusqu'à donner à son fils le nom de Boctius.
Au haut du palais qu'il habitait flottait toujours I étendard du peuple, aux armes de la ville; quand il sortait à cheval, on portait devant lui la bannière de la justice, tandis que des serviteurs, marchant à ses côtés, jetaient au peuple de l'argent à poignées. La première fois qu'il se montra dans ce pompeux appareil fut le jour de la Saint-Jean (24 juin), peu de temps après l'exécution de Martino di Porto. Rome tout entière se rendait ce jour-là à l'église dédiée au précurseur. Sous couleur d'y aller aussi faire ses dévotions, le tribun traversa la