juin
3, 6 septembre.
*4 GOLÀ DI R1ENZ0.
ville escorté d'une troupe nombreuse de cavaliers, tous superbement velus; pour lui, il montait un cheval entièrement blanc et portait un manteau de soie blanche, frangé d'or et garni d'ornements en drap; un corps d'élite composé de cent citoyens du quartier de- la Reola marchait devant lui.
Une autre fois, il déploya plus de faste encore : le peuple prévenu à l'avance par des hérauts, encombrait le chemin que devait suivre le tribun, et poussait, à son approche, de longues et bruyantes clameurs ; tous voulaient contempler de près cet homme qui, par le seul effort de sa volonté, avait mis eu fuite les barons et rétabli si promptement la paix et la justice. Une troupe de cavaliers, aux armures étincelantcs, ouvrait la marche; Rienzo venait de les désigner pour aller guerroyer contre le préfet di Yico, ainsi que nous le verrons tout à Fheure ; derrière eux s'avançait la foule des magistrats : juges, notaires, camerlingues, chanceliers, scribes du sénat, syndics, officiers chargés de la sécurité publique; puis venaient quatre cavaliers du corps de la maréchaussée, montés sur leurs palefrois. A leur suite s'avançait seul Gianni di Allô, portant une coupe d'argent doré où se trouvait l'offrande destinée aux autels, comme cela se pratiquait lorsque les sénateurs se rendaient en gala à une église; il était suivi de soldats à cheval et de musiciens dont les uns portaient des trompes d'argent et les autres des tambours lamés du même métal, et qui remplissaient les airs de sons éclatants; les crieurs publics, les hérauts marchaient en silence derrière eux. Ensuite venaient Buccio, Gis de Guibileo, une épée nue, symbole de la justice, à la main, et Liello Migliaro,qui, tout le long du chemin, jetait à la foule de
droite et de gauche de la menue monnaie ; deux hommes portant des sacs pleins d'argent se tenaient à ses côtés. Immédiatement après Liello parut Cola di Rienzo monté sur un cheval de haute taille; il portait un vêtement de velours moitié vert , moitié jaune, tout garni de vair ou petit gris 1 . De la main droite il tenait, selon la coutume, un bâton de commandement en acier poli, qui se terminait par une boule en argent doré, surmontée d'une croix; cette croix contenait, disait-on, un morceau de la vraie croix ; on y avait gravé d'un côté : Deus, de l'autre : Spiritw sanctus. Cecco di Àlesso portait au-dessus de la tête du tribun un étendard blanc sur lequel étaient représentées ses armes; au haut de la hampe était une colombe blanche en argent, qui avait dans son bec une couronne d'olivier. De chaque côté de Rienzo, formant la haie, marchaient cinquante soldats venus exprès de Vitorchiano* ; ils étaient armés de haches el couverts de peaux d'ours. Une foule de gens sans armes, pour, la plupart citoyens riches et considérés, mais n'occupant pas de charges publiques, fermaient la marche et témoignaient par leur présence de la sympathie universelle qu'inspirait alors le tribun. .On avait dû abattre les murs de la ville pour per-
i , Il faut se souvenir que les Français, qui déjà en ce temps-là étaient les maîtres de la mode, donnaient l'exemple de ces accoutrements bizarres, contre lesquels ni les papes, ni les rois ne parvenaient à réagir efficacement. En ce qui concerne les fourrures, extrêmement rares alors, elles étaient le complément indispensable de tout vêtement luxueux ; les nobles et la haute bourgeoisie s'en réservaient exclusivement l'usage. Les Allemands forent les premiers a les introduire en Italie. Les religieuses s'étant mises à porter des fourrures, les papes le leur interdirent et cellesci, ne pouvant renoncer complètement à cette parure, employèrent désormais des peaux de chats et d'agneaux.