‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 35 sur 126 · Le 22 août · texte numérisé non relu

Le 22 août

5. Grâce aux bons offices de Giordano Orsino, capitaine du Patrimoine, et de Guido.

4. Le comte de Fondi avait refusé de reconnaître Rienzo. Voir chapitre un.

*4 COU W RIENZn.

le gouverneur du Patrimoine, oublieux des maux que Giovanni a causés à l'Église, s'est ligué avec lui contre nous et lui fournit des secours sansdroitet sans raison ; le gouverneur de la Campanie, Alniengo, agit de même. 11 ne faut pasque vous ignoriez plus longtemps la conduite de deux de vos serviteurs, qui trahissent ainsi leurs devoirs. Nous aurions gardé volontiers le silence, mais leurs crimes sont connus de tous; Dieu nous est témoin qu'ils ont une passion insatiable pour l'argent et ne montrent aucun zèle pour les intérêts de Votre Sainteté, de l'Église et de la justice. Loin de là, ils prennent toujours le parti des tyrans contre les malheureux qui réclament leur appui et les forcent souvent à s'exiler. Le gouverneur de la Campanie a acquitté, pour un peu d argent, deux assassins qui, après avoir violé une de leurs parentes, Pavaient lâchement massacrée avec ses enfants; il a de même absous le comte de Fondi, qui cependant a fait mettre à mort Ceccano et Rainaldo de Murolo et a laissé égorger sur ses terres plus de cent croisés qui se dirigeaient vers Smyrne; enfin il n'impose d'autre châtiment a un parricide qu'une amende de cent florins. Le frère de ce serviteur infidèle, ÀngelodeMonteleone n'a pas craint de s'engager au service de Louis de Hongrie, votre ennemi. Nous vous supplions donc avec respect et humilité, mais avec instance, de donner des ordres à ceux qui commandent en votre nom, afin que ces scandales prennent fin.

« Nous ne pouvons, dit-il en terminant, vous cacher une coutume abominable qui s'est introduite parla faute de ceux qui représentent votre autorité : les magistrats subalternes, délégués dans les petites villes et dans les places fortes, ont l'habitude d'oÔr^nx coupables de les

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acquitter moyennant un peu d'argent et se hâtent de terminer les procès de cette façon, afin de prévenir l'arrivée des juges et de s'approprier indûment le montant des amendes; ainsi pour dix florins ils rendent la liberté à un meurtrier; les juges, quand ils arrivent, ne peuvent plus poursuivre les criminels et cette impunité augmente leur audace. »

Rieuzo ne fut pas pris au dépourvu par la résistance du préfet. 11 avait eu soin d'organiser militairement la ville et d'exercer les citoyens au maniement des armes, car il comprenait bien que la résignation des nobles n'était qu'une feinte destinée à cacher leurs agissements secrets et à endormir la défiance du peuple, que tôt ou tard ils tenteraient un suprême effort pour reconquérir ce pouvoir, dont ils avaient tant abusé et qui leur était, par conséquent, si cher, et qu'il n'y aurait de sécurité pour le bon état que du jour où une victoire remportée sur les ennemis de la liberté démontrerait à tous la force du peuple et son ardeur à défendre ses droits.

Chaque quartier devait fournir un contingent de cavaliers et de fantassins : les cavaliers, au nombre de trois cent vingt-cinq, formaient un corps d'élite; le tribun leur donna des chevaux de combat richement harnachés et caparaçonnés, des roussins, pour porter leur équipement, des armures neuves d'un travail remarquable et une solde ; les fantassins, choisis parmi les jeunes gens les plus robustes et les plus vaillants de la ville, reçurent des armes et une paye relativement élevée, ils durent prêter serment et se tenir toujours prêts à partir au premier signal donné par la cloche d'alarme duCapitole; Rienzo les répartit en treize compagnies,

c>?cr*5fcclir.: awx tr*:ie quartier* et ayant chacune

la as^n {z*** n:«i:-re de haros* 1 s'enrôlèrent dans lancée c« :«<i:4t« soi: par crainte, soit par ambition, ce. o:a=3e ils êtaieat les seu's qui eussent quelque cc££i:n£jld>;? de Fart militaire, Rienzo fut contraint p«^^ ::..; ursce Wur o>r.5or le commandement de ses tr:cr*s^ Jjrmîs es effet ii ne trouva dans le peuple d'iociz» carvjl !>e de eve luire une année et lorsque, ; * jt> tari, !;:rs !cs a; :!^> eurent abandonné sa cause, il <e *i; c:L\s* d'avoir recours à des chefs mercenaires çui. :- N moquent venu* ou bien restèrent inactifs, ou bien

A c*-:;e arir.êe essentiellement romaine et relativeu>>ui frru\ eu êcarvï à la faille population de la ville, sej^i^nirent des tnxi[vs auxiliaires. Les habitants de Cornet >, dont tiiovanni di Yico «renaît singulièrement le oaimecw» envièrent au tribun tous les soldats *:,>£• ils pouvaient disposer, m)q$ la conduite de leur se:.::KHi!\ Manfredo: Fervmse fournit soixante cavaliers; Todu Nanti* mirent également des troupes à la disposition de Rienco, qui se tn>uva avoir ainsi sous ses ordres mille cavaliers et six mille tantassins; il n'y avait pas un seul nicrvvnaire dans leurs rangs et tous étaient animés d'une èjale haine contre la tyrannie des barons et dune rçale conviction qu'ils travaillaient à l'affranchissement commun: un tel spectacle était rare alors en Italie.

Pour êuter toute tentative de revolte de la part des nobles pendant l'absence des milices, le tribun en fit

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mettre en prison un grand nombre : Gionlano et Rinaldo Orsini, Gîordano di Marino, Stefano Colonna, Buccio, enfin tous ceux dont il redoutait l'audace. Suivant un usage fréquent alors, il offrit mille florins de Pérouse à celui qui lui apporterait la tête de son adversaire.

Le commandement suprême de l'armée fut confié à Cola Orsino, seigneur du château Saint-Ange; Rienzo lui adjoignît Giordano Orsino comme conseiller et peut-être aussi comme surveillant. Les Romains étaient pleins de confiance et d'ardeur, et le tribun résolut d'envahir sur-le-champ le territoire de Giovanni. Pour lui, il attendit à Rome que les événements rendissent sa pré* sence nécessaire sur le théâtre des hostilités.

Le mois de juin lirait à sa fin quand l'armée se mil en marche; la première ville qu'elle rencontra sur son chemin, après Sutri, fut Vetralla, qui appartenait, comme nous l'avons dit, au préfet. A peine arrivés sous ses murs, les Romains se mirent en devoir de ravager sans merci les champs et les fermes d'alentour; les habitants, saisis de terreur, ouvrirent le lendemain leurs portes aux assiégeants, mais la garnison se réfugia dans la citadelle qui dominait la ville. Pour s'en rendre maître, il fallut entreprendre un siège en règle.

Or, l'usage de lapoudre était encore inconnu en Italie à celte époque, car, bien que Villani en parle dans sa description de la bataille de Crécy, il semble démontré que l'on n'en fit point usage dans ce pays avant l'année 1380. Les Romains attaquèrent donc la forteresse suivant les anciens principes, qui n'avaient guère varié depuis Jules César, et, à grand renfort de catapultes et de balistes, ils couvrirent les remparts de pierres, de morceaux de fer et de plomb, de matières incendiaires

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<k ..u:. sorte; pcis, quizd les soldats do Giovanni, a-xai L^s soiîsceue ^rrle de prv>jectiles, semblèrent hors d\:it de d-ifen-ire i\*"»nxlie des mors, ils roulèrent devant une de> fortes nn immense bélier en bois, qu'ils avaient coct&nit sur place. La nuit étant survenue pendant Fop*raû ?n. ils eurent l'imprudence d'abandonner leur macLine. que les assiégés se hâtèrent d'inonder d*hui*\ de poix, de soufre, de térébenthine enflammés. Le lendemain matin, les Romains ne trouvèrent plus qu'un monceau de cenire- Quelque peu découragés par celle mésaventure» ils renoncèrent à s'emparer de vive force de la citadelle et se bornèrent à ravager svstématiquement le pays, jusque sous les murs de Yilcrbe, brûlant les maisons, sciant les arbres, coupant les pieds de vigne et saccageant les champs couverts de blé et de lin prvts à èlre récoltés; les dégâts s'élevèrent à quarante mille florins. In détachement de l'armée alla assiéger Bieda, petite forteresse au nord de Vetralla, tandis qu'un autre se dirigea sur Rispampano.

Les habitants de Viterbe tremblaient pour leurs vies ; ils priaient et suppliaient Giovanni de céder, mais le hautain seigneur s'obstinait dans sa résistance. Il alla chercher des mercenaires jusqu'en Lombardie. Rienzo, instruit de ce fait, écrivit aux Florentins : « Giovanni di Vico, ce traître infâme, ennemi de Dieu et des hommes, a recruté des soldats en Lombardie pour attaquer Rome et attenter ainsi à la sécurité de toute l'Italie ; mais* nous l'espérons bien, le peuple et le Saint-Esprit sauront repousser ses attaques. Nous vous demandons, au nom de votre amitié, d'interdire aux troupes de Giovanni l'accès de votre territoire, car il est notre ennemi et, par conséquent, le vôtre. Si vous y

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