‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 56 sur 126 · Celte lettre est du 17 septembre · texte numérisé non relu

Celte lettre est du 17 septembre

de ce qu'il y a de plus saint, de prouver par des faits ce que je soutiens dans mes discours, et je souhaite que a tous viriez de longues années pour gouverner la république délivrée par votre courage. »

Cependant le 12 octobre, Clément VI avait adressé une nouvelle lettre à son légat, lettre dont les conséquences devaient être des plus graves pour le tribun : il y recommande d'abord à Bertrand de se transporter à Rome en personne, si les circonstances le permettent, ou d'y envoyer un représentant. Si le tribun s'engage à restituer ce dont il s'est indûment emparé, s'il promet de respecter désormais les biens de l'Église, et s'il jure fidélité à Clément VI et à ses successeurs, Bertrand pourra lui conserver sa charge, en lui imposant au besoin pour collègue, soit Raimond, soit une autre personne, et en prenant toutes les garanties qu'il jugera nécessaires. Comme la cour d'Avignon n'avait plus grande confiance dans les promesses de Rienzo, il devait être prévenu que, s'il manquait à ses engagements, il encourrait ipso facto la peine d'excommunication.

Dans le cas où il se montrerait intraitable, Bertrand devait le priver des fonctions que le souverain pontife lui avait confiées, ainsi que de toutes les charges et dignités usurpées par lui ou accordées par le peuple, et de nouveaux sénateurs seraient créés sur-le-champ. Après quoi, dit encore le pape, le légat citera Rienzo à son tribunal et lui appliquera la procédure usitée contre ceux qui ont envahi les domaines du Saint-Siège; comme plusieurs des actes qu'il a commis semblent entachés d'hérésie, il faudra aussi examiner s'il n'y a pas lieu de le poursuivre comme hérétique. Bertrand ordonnera aux citoyens romains de refuser tout concours et

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Sainteté sera accepté par moi avec joie; je suis prêt à céder le pouvoir, si tel est votre bon plaisir. Il n'est pas besoin pour cela de mettre en mouvement toute la Curie et de remplir le monde du bruit des procès que vous voulez instruire contre moi, car vous êtes plus grand que les princes et les rois de la terre.

« Je désire sincèrement et ardemment, dit-il autre part, que Votre Sainteté envoie ici un homme de Dieu, qui examinera ma conduite et les sentiments du peuple romain ; je me soumets d'avance à tous les châtiments que vous jugerez juste de m'infliger ensuite. Je suis faible d'esprit, pauvre de science, d'une vertu chancelante; chargez-vous, Père vénérable, d'améliorer mon œuvre, et, si elle renferme quelque chose de contraire aux doctrines de l'Église, modifiez-la suivant les inspirations de votre sagesse et de votre prudence ; car je ne suis point opiniâtre dans mes idées. »

Comme nous l'avons dit, Clément VI avait déjà résolu d'envoyer le cardinal légat à Rome, mais avec une mission bien différente de celle pour laquelle Rienzo réclamait avec plus ou moins de sincérité sa présence. On verra dans le prochain chapitre dans quelles conditions Bertrand se rendit auprès de Rienzo et quel accueil il en reçut.

toute obéissance à Rienzo, sous peine de vc mise en interdit; il rompra tous les sernu liaient au tribun, parce qu'ils sont contraire et nuls de ce chef.

Clément VI prescrit en outre au légat de avec Guicbardo de Combarnio, neveu du paj ment nommé gouverneur du Patrimoine, qu nira l'argent et les troupes nécessaires, et qu'il faut empêcher par tous les moyens les haï la Sabine de faire cause commune avec les Ron se souvient que ceux-ci avaient fait acte de soi au tribun le 1 er seplembre).

Le légat pourra faire distribuer aux habit Rome soit directement, soit par l'inlermédu buonuomini, des dons en argent et en nature, c ment YI n'ignorait pas que les révoltes étaient p toujours causées par la grande misère qui y régi conclut enfin en disant que, vu l'état des esprits, semblait plus prudent de ne pas lancer encore les 1 relatives au Jubilé.

Ne sachant si Rienzo était ou non excommun pape envoyait à Bertrand deux lettres pour le tri le chargeant de lui faire remettre l'une ou l'autre, vaut le cas 1 .

Rienzo s'obstinait, malgré l'hostilité de plus en j manifeste du pape, à vouloir fléchir sa colère; ainsi il octobre, c'est-à-dire la veille du jour où le p» donnait à Bertrand les instructions que nous venons relater, il écrivait encore : « Tout ce que décidera Vot

1. Ces lettres ne nous sont point parvenues; elles contenaient sai doule l'espèce d'ultimatum dont il est question dans les instructions adre* secs à Bertrand.

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