‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 75 sur 126 · COLA DI R1ENZO FUGITIF · texte numérisé non relu

COLA DI R1ENZO FUGITIF

exclus de celte confrérie, qui avait d'ailleurs été créée en raison de la méfiance qu'inspirait l'absolution donnée, peut-être trop facilement, par l'Église à ceux qui venaient lui demander le pardon de leurs fautes. 11 était défendu aux flagellants de recevoir des aumônes, de passer plus d'un jour dans un même lieu, de prendre aucun repos ; ils portaient une croix rouge à leur chapeau et un fouet à leur ceinture, et allaient de ville en ville, se livrant aux pratiques les plus étranges 1 ; une de ces bandes traversa toute l'Allemagne, recrutant partout des prosélytes '. Mais bientôt les flagellants, profitant de leur force, mirent au pillage les pays où ils passaient; le Saint-Siège, qui les avait toujours vus d'un mauvais œil, ordonna à tous les évêques de sévir contre eux 3 et ils ne tardèrent pas à disparaître presque complèlement. Pourtant cette secte ne s'éteignit tout à fait qu'à la Réforme *.

La peste eut aussi pour conséquence un grand relâchement dans les mœurs, ainsi qu'un renchérissement extraordinaire de tout ce qui est nécessaire^ la vie, car les survivants, devenus subitement riches par suite des héritages qu'ils avaient faits, ne voulaient plus s'adonner à aucun travail et ne songeaient qu'à se livrer au plaisir.

i. Arrivés à Spire, par exemple, ils se rangèrent en cercle, quittèrent leurs chaussures, se dépouillèrent de leurs vêtements, ne gardant qu'une espèce de jupon qui leur descendait de la ceinture aux pieds; ils se mirent ensuite à tourner autour de l'un d'entre eux, s'arrélant parfois pour se prosterner et se frappant les uns les autres avec de longs fouets, garnis de pointes de fer; puis ils chantèrent des prières et des litanies et recommencèrent leur ronde et leurs flagellations.

2. lis étaient plusieurs milliers quand ils passèrent a Strasbourg.

Page 1