Le 20 octobre
A. 11 y avait déjà eu des flagellants au neuvième siècle et au treizième, en Italie; l'Église les combattit toujours avec énergie.
i < >i\ Dl RIENZO.
Rien*» échappa à la mort. Abandonné par son prolectewr. il était retenu dans les environs de Rome et y entretenait Je< relations fort actives avec ses amis, qui reprenaient chaque jour plus d'influence, car la misère iiu pmple ne faisait qu'augmenter : les barons se montraient plu* Uranniques que jamais, et les sénateurs, Bert«»Mo Or<ino et Luca Savello, n'employaient leur autorité qu'à cou\rir les méfaits de leurs partisans.
Le pape* informé du mécontentement des Romains et d*-* menées de Rienzo* éeri\it à son nouveau lé*rat, Annihaklo Oceano 1 . de la famille des Ànnibaldcsclti, .il no\euibre 15-lSl, que, puisque le tribun eberebait par dos machinations ténébreuses et des promesses mensongères a entraîner dans sa chute ceux qui Pécout*ient % il devait faire publier partout les condamnations prononcées contre lui, et lancer Tanatlièine sur quiconque lui donnerait asile ou même, connaissant sa retraite, ne la révélerait pas; il lui enjoignait, en outre, île conclure des traités d'alliance avec les républiques de Pérou*?, de Sienne, de Florence, afin de pouvoir, le cas échéant, re|»ou<ser par les armes les tentatives du proscrit. « Nous vous recommandons, disait en terminant Clément VI, de veiller avec soin à l'application impartiale des lois, à la juste répartition des impôts et au maintien de Tordre et de la sécurité .> ; c'eût été assurément le meilleur moyen de prévenir le retour du tribun, si seulement le légat avait pu mettre en pratique ce <a«e conseil.
!. Ceccano, renouimê pour son savoir, fut d abord arch évoque de Y»|iles (1520-1337), puis évèque de Tusrulum ( 1527-1 550) ; Clément VI a> ait en lui la plu» grande confiance et le chargea même de ménager une hè\e entre les nus de France et d'Angleterre.
Le tribun venait précisément de trouver un auxiliaire précieux clans Werner d'UrsIingen, que les Italiens appelaient le duc Guarnieri. Cet aventurier, qui s'intitulait lui-même « l'ennemi de Dieu, de la justice et de la miséricorde », et qui méritait bien ce titre, était venu en Italie quelques années auparavant, appelé par la république de Pise, contre laquelle il n'avait pas tardé à tourner ses armes; après lui avoir fait payer une contribution, il parcourut la Toscane, la Romagne, ravageant impitoyablement les campagnes et rançonnant les villes jusqu'à ce qu'enfin Taddeo Pepoli, avec l'aide des seigneurs voisins, lui fit repasser les Alpes, non par la force, il est vrai , mais en achetant fort cher sa retraite. Werner revint en Italie avec Louis de Hongrie el combattit tantôt pour lui, tantôt pour la reine Jeanne, pillant indistinctement les villes amies et ennemies, emmenant les hommes et les femmes (Rienzo dit luimême que l'armée de Werner traînait à sa suite plus de cinq cents femmes arrachées à leurs couvents et déshonorées par ses soldats), et ne laissant que ruine cl désolation sur son passage. Après le départ de Louis, il s'était dirigé du côté de Rome, dans l'espoir de piller les riches cités de la Toscane; mais Florence, Pérousc, Arezzo, se liguèrent contre lui et lui opposèrent une petite armée. Werner n'osa pas l'attaquer et se rejeta sur les. terres de l'Église; Clément VI prit alors à sa solde les troupes réunies par les républiques toscanes, cl, avec l'aide des barons romains, le condottiere fut repoussé jusqu'en Campanie. C'est là que Cola di Rienzo alla le trouver; ses promesses le décidèrent facilement à lui prêter main-forte pour rentrer à Rome, mais Werner n'était pas homme à s'engager dans une expédi-
r>4 ijjU 14 RLENZO.
tkm île iv ceore >ans être certain qu'il recevrait la recom|*»ose de ses services; il exigea donc que le tribun lui pavât d'avance une partie de la somme promise. Cette demande ne fut pas san> embarrasser grandement Rienxo; néanmoins il jiarvint à se procurer à Rome l'argent nécessaire, et un de ses frères fut charge de le lui porter: mais la fortune lui était décidément contraire* car son frère s'enfuit avec l'argent. (Juin ou juillet I5fa.i
Rienzo renonça alors momentanément à ses rêves ambitieux et alla chercher un asile auprès des spirituels, dont il partageait les illusions, les doctrines et la haine contre le Saint-Siège.