CHAPITRE PREMIER
ETAT DE ROME ET DE L'ITALIE A L'ÉPOQUE DE COLA Dl RIENZO
De même que dans plus d'une ville d'Italie on voit les vestiges des murailles cyclopéennes, des remparts romains et des monuments du moyen âge, entasses et superposés comme les alluvions d'époques disparues, de même on trouve à Rome, au quatorzième siècle, bizarrement mêlés et enchevêtrés, les droits que les empereurs, les papes, les nobles et le peuple s'étaient successivement arrogés depuis l'écroulement définitif •le l'empire d'Occident.
Les Césars allemands, dont l'autorité, jadis toute-
iissaulf. avait décru sans interruption depuis un
.ne Tenaient plus à Rome que pour y chercher
: que le souvenir de la grandeur romaine
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r\:. : !: c-.^rv ^":-r!-o^at î - Ils n'y étaient plus repré- ^<:*.:t> •;.:- j\ r us c*.'c:>tr:î. déf-ourru de tout pouvoir *:~\:i: : !r \z\Uu c-i r: ïàit autrefois la justice au r.::n Je î\c::«fnt::r et j -uissait de quelques autres drv.is, rjiÂis a^:: c*sse. à l'époque qui nous occupe, dYvcrur u> { :vr:-.r.;:*e> •:•■ si eharje, bien qu'il eût i':iv\:v rv..^ ô..;.s *e> cé:* : Kï-:»:ïies officielles, imnié- J...un>:;: aj :v> k> >*"::. :o;;rs. Cette fonction, accordée le pî;;> >\';;\i::: à i::i ir.au! rv de Tune des grandes Kun.IIi> de lî :r.e. avi: ti".i par devenir héréditaire choi les m ^r.t-urs é.i V;cv>.
les |v,;v>» ii.::î K- :t:v.:<s, Mon plus que des actes n\:;*.î rrs* av.iî c;:nk,"\ ; les dï*>iîs sur Rome, v exerçaieu; u:v auUcl.é s.>:;u:î: vi»ùée. mais dont le principe n axait jamais é:é c*:;:esu ; ; iju«»ïqu"un exil volontaire lo> retînt ak»rs K-::i de lu»nu\ ils n'en prétendaient pa^ moins jomerner la \:!!e et défendaient leur sou- >eraineté auv un soin j,;!ou\: on conçoit d'ailleurs, >an* qu'il soit losoin d'insister, que la papauté avait un intérêt majeur à n'être pas supplantée dans la métropole du monde chrétien. Tn vicaire, le plus souvent le\èque d'Omclo. eïail le rep:v-enlant du Sainl-Sièjre. Suixant un usape qui sVtait introduit depuis un siècle environ, le peuple* à chaque nouvelle élection d'un pape* le nommait à \ie, sénateur \ capitaine du peuple
t. Hurles l\ nViuj^m même. jv*r des jkîe* et des serment* solennels à no jailli séjourner r lu« a un j*mr dam lYneetnie de Rome, lorsqu'il mut >> Un* oimwnmt. • Si Iheu me uni U <,ioe M ue je *A* nommé mi de* Romains, je n entrerai [vint à Rome avant le yw Ihê i«our mon couronnement, j en >orlir,u le même jour axev tous mes ^en> % je nie retirerai un plus tôt de> tenvs de |> \U* % où je no retiendrai qu aw U pcnmV Mon du naoe, » ^axrtl ITvltU ^
i. La charge de sénateur etail U première nuvixtratur* de b Tille- lesénateurs étaient charges de >edler a la sécurité jmMique, do commander
el défenseur de la ville, c'est-à-dire maître absolu de Rome. Mais le souverain pontife ne s'acquittait jamais par lui-même de ces fonctions, qu'il déléguait à un ou le plus souvent à deux sénateurs pris parmi la noblesse romaine.
Les familles baroniales qui composaient la noblesse étaient, pour la plupart, d'origine étrangère, car les anciennes familles avaient disparu au milieu des guerres civiles et des invasions, mais elles jouissaient, grâce à leurs richesses, grâce aussi au nombre considérable de leurs membres, d'une grande influence, et le peuple élait force de subir leur joug.
Les principales familles étaient :
Les Golonna;
Les Orsini;
Les Savelli;
Les Frangipani;
Les Corsi;
Les Gonti;
Les Ânnibaldeschi;
Les Gaetani;
Les di Vico.
Les Golonna ou Colonnesi, qui se disputaient avec les Orsini la suprématie à Rome, possédaient la plus grande partie du quartier Golonna (ainsi appelé à cause de la colonne Trajanc, qui s'y trouve), de Santa Maria de' Crociferi à la fontaine de Trcvi, et de S. Luigi de' Francesi à S. Niccolô di Pincio; en dehors de Rome, Palestine était devenue de bonne heure leur place forte de prédilection; ils s'étaient rendus maîtres succcssi-
les milices romaines, de rendre la justice dans bien des cas, de nommer k plupart des magistrats, etc.
vemcnt de Capranica, Pagliano, Cavi, villages avoisinant Palestrine; leurs possessions s'étendaient au sud jusqu'à la voie Appienne, au nord jusque dans les montagnes de ia Sabine. Les Golonna exerçaient sur leurs territoires les droits les plus étendus: ils rendaient la justice, souvent sans appel; avaient droit de vie et de mort; battaient monnaie; légitimaient les bâtards. Le vieux Stefano Colonna, qui, au temps de Rienzo, devait avoir plus de quatre-vingts ans, fut longtemps l'adversaire acharné de la papauté, suivant en cela les traditions de sa famille. Nommé successivement par le pape Nicolas IV gouverneur de Bologne en 1289, comte de la Romagne, enfin sénateur de Rome en 1292, il se vit privé de tous ses titres et de tous ses biens par le pape Boni face VIII, à l'élection duquel son oncle et son frère, les cardinaux Jacobo et Pietro Colonna s'étaient vainement opposés; Boni face VIII prêcha même une croisade contre les Colonna 1 . Stefano, relégué à Tusculum, ne se sentant même pas en sécurité dans cette ville, alla chercher un asile à la cour de France, où le roi Philippe le Bel l'accueillit avec faveur et se laissa peut-être influencer par lui dans sa conduite envers le pape. Son air de noblesse et son calme mirent en fuite, dit-on, des assassins envoyés contre lui. Il revint à Rome à la suite de Henri VII et reçut de ses mains le titre de sénateur; le pape Benoît XI avait consenti à révoquer les mesures de rigueur prises contre lui par son prédécesseur, et Stefano rentra en possession de ses immenses richesses ; chassé de nouveau par le roi de Naples, Robert, il trouva moyen de se réconcilier
1 . Ceci se passait fréquemment en Italie ; Albornoz agit de même envers lesOrdelaffî.
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s £ ; -: r : «■ :- inj-s, le< fonctions de sénat..- > :u~r Fi -r^e devant l'empereur Louis cf :a«.îre, ni: .> > i riil fut aussi court que le triomphe J; I":z:.7t:r:-:r. Y -> *-e rv:rv»uvons, en 1545, ambassail-:: ic -i r V.rss* aurrvs de Clément Yi 1 ; il venait *:e v.-.-* k-s «-nntiiiîs héréditaires de sa famille, ïes 0:>::\:, *: \^ il: ant'antis, sans l'intervention du
CVst lui c uï. r:ji!jtv son <rrand àue, fut l'âme de la
ivm>~:uy ot>;t*V ;^r los nobles au tribun, et qui, aprés avv.r vj j* r> :.»us lt-s siens dans le combat meurtrier de !a j*xte S>i:ïî-l.aurent\ soutint presque seul la lutte jus-ju'i !a fin; c'est lui encore qui, après la victoire, >ut imjvsor un frein à la colère des barons et sauva Rome des horreurs d'une répression sanglante. Aussi grand duis la bonne que dans la mauvaise fortune, d % un courage indomptable, d'une énergie sans égale* il fut un des représentants les plus accomplis de cette noblesse batailleuse et hautaine qui tint Rome si longtemps asservie.
« Quel front! quelle voix ! dit Pétrarque en parlant de lui. quelle expression dans le visage, quelle vigueur dV^pril »\ un pareil âge, quelle force de corps! c est une chose merveilleuse et presque incroyable qu'il garde toute In fraîcheur de la jeunesse, quand Rome entière
vieillit 1 "
Son frtVe Agabito, bien qu'ayant épousé une parente de Bonifnco VIII, fut compris dans la proscription qui frappa toute sa famille.
\ . Voir page T>8.