Voir chapitre xvi
Stefano eut sept fils légitimes, plusieurs filles et un grand nombre de bâtards : l'aîné, Stefano le Jeune, appelé aussi Stefanuccio, qui avait le courage et l'énergie de son père, prit une part active aux révoltes des nobles contre l'autorité de Rienzo. Un autre de ses fils, Giovanni, d'abord juge suprême des causes civiles à Rome, passa ensuite à Avignon, où Jean XXII le créa cardinal; il fut tour à tour l'ennemi et le protecteur de Rienzo. Esprit éclairé, Giovanni devint l'ami de Pétrarque, qui l'appelait, avec raison, « son Mécène ». Les autres (ils de Stefano jouèrent un rôle moins important dans les événements que nous nous proposons de rapporter.
Les Orsini, filii Ursi, possédaient une foule de palais dans Rome, dont la plupart étaient situés sur la rive droite du fleuve et sur le mont Giordano. Le théâtre de Harcellus, près du Ghetto, transformé en château fort, leur appartient encore; le château Saint-Ange leur servit aussi longtemps de forteresse. Dans les environs de la ville, ils avaient conquis Monte-Rolondo, Yicovaro, le village et le château Saint-Ange, près de Tivoli; Licenza, l'ancienne Digentia chantée par Horace, Ci vite! la et, plus au sud, Marino. « Cette famille, assez nombreuse, dit un historien, pour peupler le ciel et l'enfer, mais surtout l'enfer », s'était divisée en plusieurs branches, dont quelques-unes avaient émigré à Naples et d'autres en France. Partagés entre leur haine pour les Colonna et leur crainte de voir s'élever un pouvoir populaire, les Orsini hésitèrent longtemps à prendre ouvertement parti pour ou contre le tribun ; les uns finirent par se joindre aux Colonna, les autres devinrent les lieutenants de Rienzo, et lui offrirent même un asile quand il fut chassé du Capitole.
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