‹ Colbert et le CanadaChapitre 5 sur 16 · Villenave : Article Colbert, Biographie universelle · texte numérisé non relu

Villenave : Article Colbert, Biographie universelle

sition à la cour, il sut reconnaître le dévouement de Colbert, qui devint plus que jamais son confident intime. I l’employait dans les affaires délicates et le consultait ; il se pluisait à reconnaître ses notions sûres et profondes sur le commerce et sur la situation des finances ; enfin il le choisit pour travailler avec lui, en présence du jeune monarque. Louis XIV, qui avait alors quinze ans, était d’un esprit sérieux et appliqué, et il voulait déjà se rendre compte de tous les rouages de l’administration de son royaume. Colbert soumettait à son appréciation les mémoires que le cardinal lui demandait sur différents sujets de commerce, d'industrie ou de finances. Nous en avons sous les yeux un qu'il rédigea à cette époque, qui est un chef-d'œuvre d’informations et de sagesse sur les réformes à introduire dans la répartition, la perception et l’emploi des impôts!.

Dans ces réunions, Colbert, interrogé, exposait avec une entière Liberté ses idées sur l'administration financière et sur les traitants qui ruinaient le pays par leurs exactions. Il revenait souvent à ses idées d’organisation, et il montrait au roi que l’ordre, dans les finances, est une base essentielle de la puissance et de la prospérité des empires. Ces idées rencontraient d'autant mieux l'adhésion de Louis XIV, que dans ce moment il était au plus haut degré de mécontentement contre le surintendant des finances. Le fameux Fouquet avait d’abord mérité la confiance par de brillantes qualités, mais depuis, entraîné par l’enivrement de la prospérité, il semblait conduire la France à la ruine, par le

Page 1