‹ Colbert et le Canada [microforme]Chapitre 4 sur 16 · P. Clément : Histoire de Colbert, chap. ver · texte numérisé non relu

P. Clément : Histoire de Colbert, chap. ver

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cardinal se connaissait en hommes comme personne au monde : il apprécia bientôt le mérite du jeune commis; il lui confia plusieurs missions importantes, ensuite il le fit nommer conseiller d'État, et enfin il l’attacha à son cabinet particulier. Colbert avait alors vingt-sept ans et se montra digne, plus que jamais, de l'estime des hommes éminents qui l’employaient.

Quatre ans après, c'est-à-dire en 1651, de graves circonstances signalèrent en Colbert des qualités encore plus précieuses que tous les dons du talent et de l'intelligence. Mazarin avait à lutter contre de redoutables oppositions : les grands n’aimaient pas un gouvernement qui diminuait leurs anciennes prérogatives, le peuple souffrait impatiemment le joug d'un étranger. Mazarin, voyant l’irritation au comble, malgré la sagesse de ses mesures et le succès de sa politique à l'extérieur, crut devoir céder à l'orage, et il se déroba par la fuite aux attentats de ses ennemis.

Pendant sa disgrâce, son secrétaire lui demeura entièrement fidèle, et par sentiment de reconnaissance, et par l'intelligence qu'il avait de la futilité des reproches que l’on faisait à son protecteur. Il resta en correspondance avec Mazarin, qui s'était réfugié à Cologne; il l’aida de ses informations et de ses avis; enfin, il se chargea des communications que le cardinal lui envoyait pour les personnages les plus importants de la cour‘.

Mazarin, vifetsensible commeill’était, fut très-touché de ces marques de fidélité ; aussi dès qu’il eut reconquis, l’année suivante, c’est-à-dire en 1652, sa première po-

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