‹ Colbert et son tempsChapitre 1 sur 41 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Administration, finances, commerce, industrie, marine, lettres, beaux-arts, il n'est aucune des branckes des grands services publics où nous ne retrouvions aujourd'hui la main de Colbert. Son œuvre a été, à vrai dire, une reconstitution presque complète de la nation. Son vaste génie, qui semblait pouvoir tout embrasser, secondé par tant d'autres génies en tous genres, a vraiment renquvelé la face entière du pays. Ce qu'il devint sous Colbert, l'ensemble de cet ouvrage le montrera peut-être suffisamment- Mais que devint Paris, cette tête, ce cœur

de la France? Que dut-il à l'infatigable ministre ?

Et ici que de questions grandes et petites (si toutefois il en est de petites pour l'histoire), que de questions intéressantes se posent d'ellesmêmes! Qu'était alors ce qu'on appelle aujourd'hui (( la vie parisienne? » Car il semble que Paris soit un monde à lui seul. Comment y vivait-on, et, ce qui n'est pas non plus sans intérêt, comment y subsistait -on? Quel était le prix des choses nécessaires, c'est-à-dire quelle était au vrai la puissance réelle de l'argent? Quelles étaient les mœurs? Quelle était la société du temps : seigneurs, bourgeois, peuple?

Qui n'oserait aborder ces -questions ou les croirait indignes d'examen, risquerait fort de ne garder de Golbert qu'une idée bien incomplète, et il nous paraît qu'il doit être jugé nonseulement sur lui-même et d'après ses actes, mais aussi sur son temps, sur les hommes et les choses qu'il sut créer, modifier, transformer.

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