ESPÈCES FRANÇAISES
i Extrémité des élytres jaunâtre 2
i Extrémité des élytres concolore i
Fond de tous les interstries brillant et poli, sauf parfois
légèrement mat au sommet , 3
i \ Intervalle juxta-sutural et intervalles latéraux à fond mat et granulé, le premier intervalle seul formant une bande polie N . substriatus.
'< Côtés du thorax sinués vers la base; sommet des élytres
i assez luisant; troisième interstrie des élytres pas plus large que ses voisins ... AT. biguttatus. Côtés du thorax rectilignes; sommet des élytres terne; troisième interstrie des élytres plus large que les deu-
v xième et quatrième N. quadripiinctatus .
[ Fond de tous les interstries brillant et poli, sauf parfois
t au sommet 5
•i J Intervalle juxta-sutural et intervalles médians à fond mat I et alutacé, le premier intervalle seul formant une bande
( polie N. geminatus (2) .
r î Tibias d'un noir bronzé. Élytres a interstries assez larges . -V. aquaticus.
i Tibias plus ou moins testaoés rougeàtres G
, Sommet des élytres brillant; interstries externes bien plus
\ larges que les stries N. palustris.
J i Sommet des élytres mat; interstries externes de la largeur \ des stries N. rufipes.
1. N. rufipes Gurtis. — D'un bronzé brillant eu dessus, avec l'extrémité des élytres mate. Les quatre premiers articles des antennes et la plus grande partie des pattes ferrugineux. Thorax rugueusement ponctué, presque lisse sur le disque; très rétréci à la base; angles postérieurs aigus. Stries des élytres marquées jusqu'au sommet; les deux premiers intervalles à peine plus larges que les autres, qui sont de la largeur des stries; deux
(1) Nous comptons les intervalles à partir du plus large de tous, qui portera le n« 1, réservant |p nom de juxta-sutural à celui qui se trouve entre la suture cl la première strie. (2; Kspèce toute méridionale, ne dépassant pas la légion méditerranéenne.
CARA.BJDES
fossettes enfoncées sur le troisième intervalle, la première an quart basai, quelquefois indistincte, la seconde près de l'extrémité. Long. 5 1/2-6 millimètres.
Parmi les mousses, les feuilles mortes, assez commun.
Ille-et- Vilaine : Rennes, rare (Griffith); d'avril à juin, forêt de Rennes, sous débris végétaux; bois de Laillé, de Gallet, etc. (L. Bleuse). — Morbihan : Vannes, rare (Griffith). — Finistère : Très rare, Morlaix (Hervé). — Loire-Inférieure : Assez commun partout en été (/. Péneau, loc. rit ). — Anjou : Martigné-Briand (de Romans) ; Saintes-Gemmes (Gallois), Lue, 27 mai (R. de la Perraudière). — Manche : Coutances(.l/<w>!o/); forêt de Gerisy (Fauvel}. — Sa.rthe : Le Mans (Monnot).
2. N. biguttatus Fab. (= semipunctatus Fab. = aquaticus Fonrc). — D'uu bronzé brillant avec l'extrémité des élytres jaunâtre. Côtés du thorax un peu siuués en arrière; celui-ci, rugueusement ponctué, mais très finement sur le disque; angles postérieurs presque droits. Stries des élytres marquées jusqu'au sommet, à points gros; le troisième intervalle pas plus large que les autres, marqué de trois fossettes, la première très petite, tout à fait à la base, la seconde au quart antérieur et la troisième près du sommet. Les quatre premiers articles des antennes et les pattes roussâtres; les cuisses plus foncées, à reflets bronzés. Long. 5 millimètres [fig 116).
Endroits humides, sous les feuilles.
C'est l'espèce la plus commune.
Larve. — La larve de cette espèce a été décrite par Schiôdte, De Metamorphosi Eleutheratovam observationes. Pars III. Carabi, p. 17b' :
Tète d'un noir bronzé; antennes et pattes, d'un jaune pâle; surface dorsale des anneaux du thorax et de l'abdomen noire ou d'un brun bronzé. Anneau anal plus court que les anneaux abdominaux ; cerques cinq fois plus longs que le neuvième anneau abdominal, assez forts, presque dressés, pointus et portant quelques poils rigides
[no- m).
Cette larve habite de préférence les endroits humides, mais on la rencontre aussi parfois dans les terrains secs, et aussi fréquemment courant avec agilité au soleil sur les troncs d'arbres.
La nymphe est ovale et couverte de poils dressés
[fig. 118).
Répandu dans toute la région armoricaine.
Fig. 116.
Notiophilus biguttatus Fab.
Fig. 117.
Larve rie Notio- ■philus, biguttatus d'après Schiôdte.
Nymphe du même.
86 FAUNE ENTOMOLOGIQUE A.RMORICAINE
3. N. quadripunctatus Dej. — D'un bronzé brillant, avec le sommet des élytres mat et vaguement jaunâtre. Bords latéraux du thorax rectiligne; celui-ci rugueusement ponctué, moins sur le disque ; ses angles postérieurs droits. Troisième interstrie des élytres visiblement plus large que les autres, portant toujours quatre pores, dont deux gros sur le tiers antérieur. Premier article des antennes et pattes testacés à reflets bronzés. Long. 4 1/2-5 millimètres.
Surtout dans les bois, sous les mousses et les pierres, rare.
Ille-et-Vilaine : Antraiii-sur-Couësnon (Fauvel), d'avril à aoùl ; Laillé, Haut- Couesme; en ville au pied des murs (L. Blême). — Morbihan : Quiberon {de Léséleuc). — Finistère : Rare, Morlaix (Hervé). — Loire-Inférieure : La Bernerie (Marmottan) ; Grand-Lieu, commun (J. Péneau); environs du Croisic Salines Goville, R. (de Lapouge). — Anjou : Saumur (Courtillier); Lue, juillet (R. de la Perraudière) ; Montreuil-Bellay (Raffray).
Cité aussi de la Loire-Inférieure par Pradal, mais sans indication de localité (Griffith).
4. N. substriatus Waterh. (== punctulatus auct.). — Dessus bronzé clair, avec le sommet des élytres vaguement jaunâtre. Thorax rugueusement ponctué, à peine lisse sur le disque; côtés sinués vers la base; angles postérieurs aigus. Fond des interstries médians et suturai alutacé et dépoli (1), le premier intervalle seul présentant une large bande brillante; stries fines et superficielles; les intervalles deux et trois, égaux, plus larges que les autres. Pattes et quatre premiers articles des antennes testacés, souvent avec un reflet bronzé. Long. 5 millimètres.
Se trouve à peu près dans les mêmes conditions que les précédents, mais plus rare
Ille-et-Vilaine : Anlrain, Moidrey (Fauvel); Rennes (Griffith); Bain (Ôrain). — Morbihan : Réminiac (Mouillard); Vannes (Griffith). — Finistère : Assez rare, Morlaix, Huelgoat, Roscoff; sous les pierres, les détritus (Hervé). — Loire-Inférieure : La Bernerie (Marmottan); Sucé, Saint-Golombin, Saint-Aignan, Bourgneuf (J. Péneau, loc. cit.). — Anjou : (Raffray); Saumur (Courtillier); Sainte-Gemmes (Gallois). — Manche : Gatteville (Fauvel) ; Coutances (Monnot). — Orne : Argentan {Bedcl); Doml'ront (Fauvel); Jersey (Sainte Claire-Deville). — Vendée : Noirinuutier (Fauvel). — Sarthe : Le Mans (Monnot).
5. N. aquaticus Linné. — D'un bronzé brillant; antennes rougeâtres à la base; côtés du thorax à peine sinués à la base; angles postérieurs droits. Stries des élytres à points fins, effacées vers le sommet; interstries, deux et surtout trois, plus larges que les autres, le deuxième offrant avant le milieu, une fossette aussi large que lui et une autre plus faible au sommet. Pattes entièrement noires. Long. 4-6 millimètres.
Gomme les précédents, dans les endroits frais et humides ; assez commun.
(1) Ce caractère esl assez difficile à apprécier et ne se voit qu'à un certain joui et à un assez fort grossissement.
CARABIDES 87
Larve. — La larve de cette espèce a été décrite par Schiôdte, De Metamorphosi Eleutheratorum observatioiies. Pars III. Carabi, p. 176:
Tète d'un noir bronzé; mandibules jaunâtres; antennes, mâchoires et lèvre inférieure plus blanches; les deux premiers anneaux abdominaux blancs en dessus; tous les autres ainsi que ceux du thorax noirs, d'un brun bronzé ou cuivreux. Pattes blanches à l'exception des cuisses qui sont entièrement ou partiellement noirâtres Segment anal blanc, deux fois plus long que le neuvième anneau abdominal. Cerques grêles, pubescents, noirs à la base, blancs dans leur partie terminale, huit fois plus longs que le neuvième anneau abdominal.
Cette larve habite les lieux humides, les rivages sablonneux des étangs et des rivières. Par sa couleur et par ses habitudes, elle rappelle quelque peu les Staphylins du genre Psederus.
Bretagne : Vannes, rare (Griffith). — Finistère : Assez rare; sans indication de localité {Hervé). — Anjou : Sainte-Gemmes (Gallois); Lue (R. de la Perraudière). — Manche : Coutances, Gouville (Monnot); Mortain? (abbé Pasquet). — Sarthe : Le Mans (Monnot).
6. N. palustris Duft. — Forme et couleur du précédent, dont il diffère par les quatre premiers articles des antennes et les tibias testacés; les côtés du thorax étranglés vers la base puis redressés pour former des angles aigus; et enfin les interstries, deux et trois, subégaux aux suivants et plus larges que les stries. Cette espèce se distinguera toujours du N. mftpes par l'extrémité brillante des élytres, les cuisses bronzées, la ponctuation fine des stries et les proportions des interstries. Long. 5-5,nm 1/2.
Mêmes mœurs que le précédent ; assez commun.
Bretagne: Vannes (Griffith); Rennes (Griffith); Lirient (Remy). — Ii,le-et- Vilaini: (de la Godelinais); un peu partout, même dans les jardins; plus commun sous les débris végétaux au début du printemps (L. Bleuse). — Finistère : Commun, sans indication de localité (Hervé). — Loire-Inférieure : Oudon, la Cliapelle-sur- Erdre, Petil Port (J. Péneau,loe. cit.); Mauves, Touffou, Saint-Aiynan (Piel de <'lnncheville, in J. Péneau). — Maine-et-Loire : Lue [R. de la Perraudière) — Manche (Monnot); Mortain, rare (abbé Pasquet). — Sarthe (Monnot).
3e Division : OMOPHRONIDIENS
7e Genre OMOPHRON Latr.
(Epactius Schneid.)
Ce genre, aussi aberrant que le précédent, est remarquable par sa forme ovalaire, qui rappelle celle des Haliplidœ, et par le
FAUNE ENTOIMOLOGIQUE ARMORICAINE
Fig. 119.
Omophron limbatum
Fab.
prolongement de la saillie prosternale qui recouvre le mésosternum.
Il ne renferme qu'une seule espèce française. 1. 0. limbatum Fabr. {(ïg. 119).— Corps suborbiculaire, glabre, jaune pâle; tête, thorax et élytres parsemés de taches d'un vert métallique, couvrant la partie postérieure de la tête, formant une grande tache au milieu du thorax et trois bandes transversales sur les élytres. Élytres à quinze stries ponctuées; intervalles lisses. Ecusson invisible. Long. 5-7 millimètres.
5 Premier article des tarses antérieurs
aussi long que les trois suivants réunis, les
trois premiers garnis de brosses en dessous.
Au bord des eaux courantes, enterré dans
le sable, en petites familles, souvent dans
les racines du Polygonum
persicaria. Il court rapidement, quand on
le fait sortir en piétinant sur le sable ou en
y jetant de l'eau.
Larve. — La larve est conique, dilatée vers la tête, déprimée, d'un blanc sale. Sa tête est large, échancrée en avant et armée de longues et robustes mandibules, arquées et dentelées. Antennes sétacées de cinq articles. Dernier segment abdominal muni de deux courts appendices, filiformes, tri-articulés {fig. 120). Cette larve, très agile et très carnassière, se trouve dans les mêmes lieux que l'insecte parfait. Quand on l'inquiète, elle relève l'extrémité de son abdomen, à la façon des Staphylins.
Les affinités plus qu'étroites qui unissent les Omophron aux Dytiscides ont attiré depuis longtemps l'attention des naturalistes (Voir C. Houlbert : Rapports naturels et Phylogénie des principales familles de Coléoptères, p. 114, ; il ne nous appartient pas de trancher cette question qui est du domaine de la phylogénie : mais nous croirions être incomplets si nous n'avions pas signalé cette incertitude qui plane encore sur la véritable place des Omophron. que certains auteurs rangent eu tête des Carabiques et que d'autres Fig 121. ont mis, au contraire, à la fin de ces mêmes Cara- Nymphe du biques, immédiatement avant les Dytiscides.
mcme. 1 ' ^
Fig. 120.
Larve de VOmophron limbatum, d'après
ÏCHIÔDTE.
CARABIDES
La nymphe est courte, ovale, et porte à l'extrémité de l'abdomen deux cerques divergents et denticulés (fîg. 121).
D'après l'Encyclopédie de Chenu, YO. limbatum se trouverait presque constamment en compagnie du Chlsenius velidinns. Nous n'avons jamais été à même de vérifier ce fait, dont les auteurs n'ont, du moins à notre connaissance, jamais fait mention.
Morbihan : Lorient (Rémy) ; Pénestin, à l'embouchure de la Vilaine (Griffith). Rare partout; Grèves de la Loire, été (R. de la Perraudière). — Loire-Inférieure (Pradal) ; Oudon, Le Cellier, Basse-Goulaine, Le Pouliguen {de la Roche-Macé, J . de Fabry, E. de Vlsle, Dominique, in Péneau, loc. cit.). — Anjou : Saumur (Mm° de Buzelet) ; Ponts-de-Cé (Raffray) ; Sainte-Gemmes (Gallois); Juigné-sur- Loire {Gallois). — Vendée : Sous les pierres, assez commun (Ch. Blaud).— Sarthe : En nombre, au fond d'un étang desséché, à Parigné-l'Évêque (M. Fauneau).
4« Division : BEMBIDIIDIENS
lrc Tribu : ELAPIIRINI
8° Genre BLETHISA Bonelli.
Genre peu nombreux, propre à l'hémisphère boréal et fréquentant surtout les endroits marécageux et humides II ne compte qu'une seule espèce française.
1. B. multipunctata Linné {fîg. 122).— D'un bronzé noirâtre en dessus, de teinte métallique en dessous. Sillons frontaux étranglés au milieu et limités, en arrière, par un sillon transversal allant d'un œil à l'autre. Yeux non entamés par les antennes. Thorax déprimé, lisse sur le disque, rebordé dans la gouttière latérale ; une lossette aux angles postérieurs ; le pore pilifère situé un peu avant le milieu. Élytres lisses ou imperceptiblement réticulées, avec huit ou neuf stries ponctuées distinctes et une double rangée de fossettes situées entre les deuxième et troisième, quatrième et cinquième stries. Segments ventraux quatre à six marginés à leur base, le sixième
Fin. 122.
Blethisa multipunctata L,
90 FAUNE ENTOMOLOGJQUE ARMORICAINE
portant, de chaque côté, trois pores sétigères. Long'. 11-12 milmètres (').
5 Les quatre premiers articles des tarses antérieurs légèrement dilatés, tous garnis de brosses en dessous; le premier, au sommet seulement.
Marécages et prairies submergées en hiver, en arrachant les herbes et en piétinant le sol (Bédel).
Illk-kt-Vilaine (de la Godelinais) : Antrain-sur-Couësnon (Fauvel), de mars à août. Bords de l'étang de Hédé, sous les pierres; près de l'étang de Beauvais dans la terre humide du rivage (L. Blême). — Finistère : Morlaix (Hervé); Brest (de Lèséleuc). — Cotes-du-Nord : En abondance dans un petit marécage près l'étang de Bon-Voyage, commune de Plounérin (Hervé). — Loire-Inférieure : Nantes, très commun (Pradier, Pradal); La Haie-Fouassière (E. de Vlsle); Bouaye (Soc. fr. d'entom., J. Péneau, loc. cit.). — Anjou (Mm- de Buzelel); Angers, bords de la Maine, rare (Gallois); étang de Biionneau (Raffray); La Breille (Millet); Saumur (Lambert); Grandlieu (Fauvel). — Manche : Mortain, un seul exemplaire (abbé Pasquet).
9° Genre ELAPHRUS Fabr.
Les Elaphrus sont de beaux insectes ornés de teintes métalliques, remarquables par leurs élytres couvertes de fossettes et leurs yeux très gros, analogues à ceux des Cicindèles. Ils vivent exclusivement au bord des eaux; ils courent avec une grande agilité.