Division : NEBRIIDIENS
lrc Tribu : NEBRIIM
4e Genre NEBRIA Latreille.
Les Nèbries sont des insectes agiles, ne quittant guère les lieux humides et le bord des torrents; très nombreuses dans les pays de montagne, elles ne sont représentées, dans notre Faune, que par deux espèces, Tune maritime, l'autre terrestre.
Les Nèbries se reconnaissent à leur thorax très cordiforme, leur forme élancée, leurs pattes assez grandes. Les 5 ont ^es trois premiers articles des tarses antérieurs légèrement dilatés, garnis en dessous d'un feutrage blanchâtre (').
( Taille grande. Insecte testacé à taches noires plus ou moins
1 j développées, vivant dans les terrains maritimes N. complanata.
( Taille moyenne. Insecte noir brun, marginé de roussàtre . . . N. cursor.
Sous-Genre : Eurynebria.
1. N. complanata Linné. — Entièrement d'un blanc jaunâtre. Large, peu convexe. Tète très grosse. Thorax très court. Élytres à stries peu profondes, très ponctuées; rarement immaculées, ayant d'ordinaire quelques linéoles noires qui s'élargissent et se multiplient de manière à former deux fascies en zig zag. Long. 17-19 millimètres {fig. 109).
Ne quitte g'ière le bord de la mer, mais ne dépasse pas la Bretagne.
(I) Dans cette famille, si riche, des Carabiques, un grand nombre d'espèces ne se distinguent les unes des autres que par des différences de coloration impossibles à rendre par le dessin au trait. Nous ne donnerons donc, pour chaque genre, que les formes les plus caractéristiques, soit, par leur faciès général, soit par l'ornementation des téguments.
faim: entomologique armoricaine
Fig. 109.
Nebrùi eomplanata L.
Larve. — La larve de Nebria eomplanata est allongée, molle, de douze anneaux allant progressivement en diminuant; de couleur blanche en dessous, d'un tauve brun ou mine de plomb en dessus. Tête testacée, aplatie, plus large que le corps, portant déjà les dessins de l'insecte parfait; palpes maxillaires de la longueur de la tête; yeux petits, noirs, mandibules plus longues que la tète, fortes, de couleur testacée, à extrémités noires, formées de deux crochets très courbés, dont un court à leur naissance. Pattes terminées par un seul crochet. Dernier segment de l'abdomen portant deux appendices relevés, filiformes, hérissés de poils et de la longueur des six derniers anneaux.
Elle vit sous les pierres, au bord de la mer, dans les endroits lavés par les lames, au fond des trous qu'elle se creuse; elle tient son abdomen relevé dans le repos; ses mouvements sont vifs, saccadés.
Lallement, Catalogue des Coléoptères de l'Algérie {Mém. de la Soc. Lin. de Normandie, 1869).
Morbihan : Quiberon (Griffilh) ; Lorïent {Bayer et Rémy). — Finistère : Baies de Goulven. de Santec, Roscott', Carantec : un exemplaire. Dunes de Lannévez, en îreffez, C. Espèce propre aux rivages de la mer ; sous les pierres reposant sur le sable (Hervé); Roscoff {Lucas) ; Noirmoutiers (Fauvel). — Loire-Inférieure : Le Croisic {Gust. A bot); Saint-Brévin (/. Péneau) ; Environs du Pouliguen AC. (de Lapmige). — Littoral armoricain, dans les fentes des rochers baignés par la mer, du printemps à la fin de l'été. Commune L. Bleuse).
Obs. — 1° Cité aussi au Catalogue d'ille-et Vilaine (de la Godelinais), mais cette citation est probablement erronée ;
2° Les exemplaires du littoral de l'Océan sont toujours moins maculés que ceux de la Méditerranée.
Sous-Genre : Nebria sir. s.
2. N cursor Mull. (= rufipes Goeze= brevicollis Fabr.). — Forme large et trapue ; thorax très cordiforme, à bords très relevés en gouttière fortement ponctuée. Bouche, antennes, bords latéraux du thorax, repli élytral, tibias et tarses plus ou moins roussâtres. Élytres fortement ponctuées et crénelées. Premier segment laléral de l'abdomen très ponctué, les autres presque lisses. Long. 11-12 millimètres (fig. 110).
Larve. — La larve de N. brevicollis a été décrite et figurée par Blisson [Ann. Soc. Eut., 1848, p. 73) et par Schiôdte. Voici ses principaux caractères :
Fig. 110.
Nebria vursor Mull
CARABIDES
Larve de Nebria cursor, d'après Schiôdte.
Corps long, déprimé, légèrement élargi au niveau du septième anneau, le bord latéral des anneaux abdominaux formant une sorte de feston. Peau luisante sur les parties foncées, qui sont brunâtres, et terne sur les parties claires, qui sont jaunâtres. Tète aplatie, un peu cordiforme, de couleur sombre. Yeux noirs et brillants, composés de six ocelles, disposé» en deux rangées transversales de trois ; derrière les yeux, une tache brune en fer à cheval. Antennes de quatre, articles, portant quelques poils longs et raides. Mandibules fortement dentées intérieurement. Les trois premiers segments thoraciques sont recouverts par une sorte de grande plaque de consistance demi-cornée, de couleur brunâtre, plus claire sur les côtés ; le premier anneau est plus grand que chacun des deux autres; dessous de couleur claire uniforme. Anneaux abdominaux portant, en dessus, la même plaque que les anneaux thoraciques, mais plus petite, et de même coloration. A l'extrémité du dernier segment, deux très longs appendices blonds, cylindriques, terminés en pointe, et garnis, en dehors, de poils longs et raides.
Tube anal allongé. Pattes longues, blondes. Long. 30 millimètres {fig. 111).
Nymphe. — La nymphe est courte, arquée, luisante, d'un blanc jaunâtre. La tête est infléchie sous le thorax. Les antennes tournent au-devant des yeux puis vont se cacher en dessous, derrière les pattes. Les yeux sont très gros, ils noircissent au moment de l'éclosion de l'insecte parfait. Sur le bord antérieur du thorax, quelques poils formant faisceau au-dessus des yeux. La dernière paire de pattes dépasse l'abdomen. Sur le dos, un assez grand nombre de poils courts et raides. Long. 9 millimètres [fig. 112).
Dès le milieu de février, d'après l'auteur, la larve adulte se creuse un trou légèrement oblique de 3 à 6 centimètres de profondeur, au fond duquel elle se pratique une loge suffisamment spacieuse, après avoir bouché l'ouverture avec les matériaux qu'elle a détachés.
La larve, ordinairement très agile, tombe, au moment de la nymphose, dans une sorte de léthargie, qui peut durer de quatre à cinq jours; elle reste à Nymphe de l'état de nymphe pendant dix-huit à vingt jours, ^"d'après et ce n'est que cinq à six jours après que les schiôdte.
82 faune entomologique armoricaine
téguments ont assez de consistance pour que l'insecte pariait puisse prendre son essor.
D'après l'auteur, les retraites de ces larves se reconnaissent au dehors par de petites taupinières de 27 à 37 millimètres de large ; elles choisissent de préférence les endroits battus, où le sol est compact, frais et léger; le travail a lieu généralement pendant la nuit.
Très commune dans toutes les parties de la Faune armoricaine, dans les endroits frais et humides, sous les pierres, les fWiilles mortes, etc. C'est d'ailleurs la seule espèce que l'on trouve dans le bassin de la Seine et celui de la Luire moyenne et inférieure.
5° Genre LEISTUS Frôhl.
(Pogonophorus Latr.).
Les Leistus sont d'élégants petits insectes, de couleur bleuâtre, métallique ou ferrugineuse, ils fréquentent les endroits humides, et vivent généralement en petites sociétés.
Les Leistus se reconnaissent à la dilatation latérale que présente le bord inférieur du scrobe mandibulaire et cà la couronne de soie qu'ils portent sous la tête. Chez les 5 . les ^r°is premiers articles des tarses antérieurs sont légèrement dilatés et garnis de brosses en dessous.
! Dessus du corps de teinte métallique, généralement bleu dans les espèces armoricaines . . *. 2
Entièrement ferrugineux. Gouttière latérale du thorax presque nulle. Tête rousse (d) • L ferrugineus.
/ Goutière latérale du thorax large ; impression transversale du
a \ vertex à peine sensible L spinibarbis.
\ Gouttière latérale du thorax très étroite; impression transversale
\ du vertex très profonde L. fulvibarbis .
4. L. spinibarbis Fabr. (ftg. 115). —D'un beau bleu métallique brillant; bouche, antennes et pattes ferrugineuses; les cuisses généralement rembrunies. Côtés du thorax finement rougeâtres, très relevés, formant une gouttière large, fortement ponctuée, graduellement rétrécis et non redressés vers les angles postérieurs. Stries fortement ponctuées. Long. 8-9 millimètres.
Endroits frais, au pied des arbres, sous les feuilles, etc. Très commun.
Toute la Bretagne {Griffith). — Ftmstère : Lesquiffou, en Pleyber-Christ, R; Huelgoat, Trodibon en Plouezoc'li (Hervé). Fia' 113- — Illf.-et-Vilaine : Mai à septembre. Sous les pierres, les
Leistus ^spinibarbù tr(mcs d.arbreSf les débris de bois, dans les mousses. Bois
(1) Ici se placerait le L. rufescens F.ib. qui diffère du ferrugineus par sa tête noire. C'est une espèce septentrionale, qui semble manquer à l'ouest et au sud du bassin de la Seine. Elle ne paraît pas dépasser la ligne Lille-Paris-Troyes,
CARAniDES
Fig. 114.
Leis'us fulvibarbis Dcj .
de Cicé, Laillé, Haut-Couesme, forêt de Rennes, etc. (L. Bleuse). — Loire- Inférieure : Environs de Nanles (./. Péneau). — Mayenne : Chéméré-le-Roi (7. Daniel): Voutré, Évron, sous les pierres au printemps (C. Houlbert); environs de Laval (E. Labbé). —Anjou: Sainte-Gemmes (Gallois); Lue, presque toute l'année (H. de ta Perraudière); environs de Saumur [Gust. Abot). — Vendée : Sous les pierres, assez commun [Ch. Blaud). — Manche : Coutanees (Monnot) ; Mortain, Peray, C [abbé Pasquet). — Sartiie : Le Mans {Monnot).
2. L, fulvibarbis Dej. — D'un brun noir à reflets bleus; bouche, pattes et antennes d'un roux ferrugineux. Gouttière latérale du thorax très étroite, ses côtés fortement redressés avant la base, ce qui rend les angles postérieurs droits et très pointus. Abdomen d'un brun un peu rougeâtre. Long. 8 millimètres [fig. 11 i).
Comme le précédent, mais assez rare; souvent au pied des peupliers et des saules.
Bretagne: Vannes, Rennes (Griffith); avril à mai, dans les mêmes localités que le précédent (L. Bleuse). — Finistère : Commun, sans indication de localité (Hervé). — Loire Inférieure : Etang du Grand-Blottereau (E. Gaultier); marais de Bourgneuf (Piel de Churcheville); château de Goulaine et Saint-Julien-de-Concelles [E . de V Isle) [in J. Péneau, Catal. des Col. de la Loire- Inférieure) — Anjou: Blaison (Mm<> de Buzelet)', Sainte-Gemmes (Gallois, R. delà Perraudière). — Vendée : Sous les pierres, rare (Ch. Blaud). — Manche : Coutanees [Monnot); Mortain, rare (abbé Pasquet).
3. L. ferrugineus Lin. (= spihilabris Fabr.). — Entièrement d'un brun rougeâtre assez clair, quelquefois à reflets bleuâtres en dessus. Thorax très cordiforme, à côtés se redressant brusquement en arrière pour former des angles postérieurs droits; gouttière latérale presque nulle, surtout en avant. Long. 7mml/2.
Endroits humides et marais, sous les pierres, les détritus. Peu commun.
Larve. — La larve du L. ferrugineus (fig. 113) a été décrite par ScHiôDTii (Nat. TidssTir. 1867, III, 461) :
Larve blanchâtre; tête et partie dorsale des anneaux du corps de couleur ferrugineuse Prothorax de la largeur de la tête, mais manifes • tementplus long que large. Segment anal trois fois plus long que le neuvième anneau abdominal. Gerques pâles, forts, environ sept fois plus longs que le neuvième anneau abdominal.
Finistère : Assez commun sons les mousses, les détrihjv, dans les endroits humides (Hervé). — Illk-et-Vilaim. : Sous les débris végétaux, forêt de Montfort; rare [L-, Bleuse).
— Loire-Inférieur;: : Étang du Giamt-Rlotlercau (E. Gaultier); le Bignon, Touffou, Bourgneuf (Piel de Churchcville : sous les débris végétaux à l'isle de Bois [J. Péneau, loc cit.).
— May&nne : Saulges (J. Daniel); Voutré, Toi'cé-en-Charnie (C. Houlbert) — Anjou : Très rare : Blaison (M^ de Buz iet : Saint-Cyr en Bourg (Courtillier) : Vézins (de Romans). — Manche : Coutanees (Monnot); Mortain, rare (abbé Pasquet).
Oh. — Griffith le donne comme répandu dans toute la Bretagne, mais avoue ne l'avoir trouvé nulle part.
Fig. 115.
Lai ve île Leistua
ferrugineus, l'après Schiôdte.
84 FAUNE ENTOMOLOGIQTTE ARMORICAINE
2e Tribu : NOTIOPHILINI
6e Genre NOTIOPHILUS Duméril.
Les Notiophilus sont de petits insectes très agiles, que l'on trouve communément dans les lieux humides, au bord des eaux. Us se reconnaissent à leur couleur bronzée, très brillante, leur corps déprimé, quadrangulaire, la tète enchâssée dans le thorax, cannelée entre les yeux, qui sont très' gros, et enfin la largeur inusitée du premier intervalle des élytres par rapport aux autres.
Chez les 5> les trois premiers articles des tarses antérieurs sont légèrement dilatés et spongieux en dessous.