CARABE DORÉ
(Carabus auralus L.)
Anlenn
Palpes naxilld'i Palpes labiaux
Episterne prothoracique • Cuisse
Epimère metaihoracique
Fig. 8.
Dessous du corps d'un Carabe doré. Cette figure, très légèrement schématisée, a pour but de montrer les différentes pièces qui constituent la région sternale des Coléoptères. Toutes les pièces indiquées ont une très grande importance pour la détermination des espèces et il est indispensable de les bien connaître.
celles qui sont aux deux extrémités du sternum sont les épisternes. Ces deux pièces affectent des formes très variées; elles se courbent de différentes manières et servent souvent à circonscrire, soit seules, soit avec la pièce médiane du sternum, la cavité qui reçoit la hanche (cavité cotyloïde).
Il y a donc, comme on le voit, pour chaque segment du thorax, en plus des pièces médianes, une épimère et une épisterne prothoraciques; une épimère et une épisterne mésothoraciques, etc.
Malheureusement, il arrive souvent que ces pièces sont très réduites ou difficiles à observer; leur étude est néanmoins delà plus haute importance, on peut même dire qu'elle est absolument indispensable pour résoudre les énormes difficultés que présente quelquefois la classification des Coléoptères.
Pour donner aux débutants une idée de la disposition réelle de ces pièces, nous donnons ici une figure d'ensemble du Carabe doré, insecte facile à se procurer partout {flg. 8).
2° Ailes. — Les ailes des Insectes sont des replis membraneux de la peau, soutenus, à l'intérieur, par des nervures chitineuses plus ou moins solides. Elles sont portées, comme les pattes, par les pièces du thorax.
Lorsqu'il n'y a qu'une paire d'ailes, comme chez les Diptères, elles prennent naissance sur le mésothorax ou, plus exactement, sur le scutum mésoihoracique ; s'il y en a deux paires, comme chez tous les autres Insectes ailés, les premières naissent sur le mésothorax et les autres sur le métathorax. Jamais, chez les Insectes actuels, le protho^ax ne porte d'appendice en dessus (').
La présence ou l'absence des ailes, leur nombre, leur forme, leurs dimensions relatives, les différentes manières dont elles se replient, ont fourni des caractères de première importance à la classification.
On a donné le nom à: Aptères aux Insectes qui n'ont pas d'ailes du tout, comme les Poux, mais il est probable que ce groupe rentre dans un ordre plus étendu, dont il n'est, sans doute, qu'un rameau dégradé par le parasitisme.
Tous les Insectes qui ont deux ailes, comme les Mouches, les Cousins, les Tipules, iorment l'ordre des Diptères. Ceux qui ont
(1) Beaucoup d'Insectes primitifs parmi ceux qui vivaient dans les temps primaires étaient, au contraire, pourvus de trois paires d'ailes; la paire antérieure était aiors fixée sur le prothorax.
INTRODUCTION
Fig. 9.
quatre ailes, comme les Hannetons, les Abeilles, les Libellules, les Papillons, pourraient être rangés sous la dénomination générale de Tétr aptères.
Parmi les Tétraptères, les uns ont les ailes semblables, sensiblement égales, et parcourues par des nervures innombrables, comme les Libellules : on leur donne le nom de Névr opter es.
Mais si les ailes sont couvertes d'écaillés se détachant comme une fine poussière au moindre contact, on a l'ordre des Lépidoptères (Papillons).
Chez d'autres, tels que les Cynips, les Guêpes, les Abeilles, les
quatre ailes ont encore le "S ^ yS même aspect et la même
structure ; seulement, les nervures sont moins apparentes et beaucoup moins nombreuses que chez les Névroptères ; de plus, les ailes supérieures sont toujours plus grandes que les ailes inférieures : ce sont les Hyménoptères.
Lorsque les ailes sont complètement dissemblables, les supérieures peuvent s'inscruster d'une matière chitineuse et portent le nom d'élytres ; elles recouvrent alors et protègent les ailes inférieures qui restent membraneuses.
Deux cas peuvent se présenter :
1° Si les ailes inférieures se replient transversalement sous les ély très, comme chez les Hannetons (fig. 9), les Lucanes, on a l'ordre des Coléoptères, le plus connu, peut-être, et le plus riche de tous ; 2° Si les ailes inférieures se replient en Fig. n .
Fig. 10.
long sous les élytres, comme un éventail, on .a l'ordre des Orthoptères (fig. 10).
Enfin, il peut encore exister une conformation intermédiaire entre ces deux dernières ; les élytres peuvent n'être dures que dans leur région basilaire et rester membraneuses à leur extrémité libre ; cette structure se rencontre fréquemment dans Tordre des Hémiptères qui possèdent alors, comme on dit, des hémiélytres [fig. 11). (D'après J. Guérin et Péneau.)
CLASSIFICATION DES INSECTES D'APRÈS LES CARACTÈRES FOURNIS PAR LES AILES
1» Pas d'ailes Aptères (Thysanoures).
1° Deux ailes membraneuses seulement Diptères.
Nervures vi- ( Ailes égales. . Névroptères. sibles ( Ailes inégales. Hyménoptères. Toutes membraneuses. ^ Nervures invisibles cachées par une sorte de poussière formée d'écaillés Lépidoptères.
i Ailes inférieures plissées en éventail. Orthoptères.
Ailes inférieures pliées transversa lement . . Coléoptères.
| Élytres dures à la base, membraneuses à l'extrémité. . . Hémiptères.
11 convient encore de dire que l'on connaît des Insectes dont les ailes, au lieu d'être formées d'une membrane réticulée, sont lacérées en un grand nombre de rayons semblables^ des plumes minuscules. Cette conformation s'observe chez certains Papillons nocturnes, très communs à l'automme dans les prairies humides et qu'on désigne sous les noms de Ptérophores et d'Oméodes. Cette division des ailes est regardée comme une dégradation.
Enfin, quand les ailes postérieures manquent, on trouve, h leur place, de petits filets mobiles, terminés en massue, tels sont les balanciers des Mouches et des Tipules.
(1) Beaucoup de Coléoptères sont privés d'ailes membraneuses sous les élytres; celles-ci suffisent à les caractériser. H existe aussi quelques Névroptères dont les ailes inférieures sont plus petites ou complètement atrophiées : Ephémere=.
INTRODUCTION
Hanche
Trochantcr
Cuisse
3° Pattes. — Chez tous les Insectes, sauf de très rares exceptions, les paltes sont au nombre de six (3 paires), d'où le nom d'Hexapodes sous lequel les avait désignés de Blainville.
Les pattes sont disposées par paires et reçues chacune dans une cavité de la subdivision correspondante du thorax. Dans la pratique, on distingue quatre régions principales, dans les pattes des Insectes coléoptères ; ces quatre renions sont: la Hanche, la Caisse, la Jambe et le Tarse (fig. 12). Ce dernier se compose de un k cinq articles et se termine par deux crochets. Quelquefois le nombre apparent des articles des tarses diffère , du nombre réel, parce que l'un d'eux, très réduit dans ses dimensions, se trouve en partie caché par ceux qui lavoisinent. Quelquefois aussi, le nombre des articles aux tarses n'est pas le même dans toutes les pattes, comme on le voit dans le groupe de Coléoptères qui porte pour cela le nom iïHétéromeres.
Hanche. — La hanche est une pièce courte, le plus souvent mobile, enchâssée dans le prothorax, pour la première paire de pattes ; dans le mésothorax, pour la paire moyenne, et dans le métathorax pour la paire postérieure. La forme de cette hanche est variable ; il en est de même pour son mode d'articulation, qui est le même pour les deux dernières paires de pattes, mais généralement différent pour la paire antérieure.
Tantôt la hanche est globuleuse (Carabes, etc.), tantôt elle est aplatie et allongée, quelquefois linéaire et tellement engagée dans la pièce correspondante du thorax qu'elle semble en faire partie. Cuisse. — La Cuisse ou fémur est le second segment de la patte ; sa forme varie beaucoup aiusi que ses proportions. Quelquefois elle porte à sa base une sorte d'appendice mobile, trochanter, dont on ignore l'usage, mais que l'on considère comme un segment détourné de ses fonctions primitives ; cette pièce est particulièrement constante chez les Insectes carnassiers (C arabique s).
La cuisse est remarquable tantôt par sa longueur, comme chez les Sauterelles et les Criquets, tantôt par sa grosseur, comme chez les Altises, les Orchestes, qui sautent avec facilité. Elle est souvent ornée de pointes, d'épines, de membranes, de rainures ou d'arêtes plus ou moins saillantes que Ton utilise dans la classification.
Jambe. — La Jambe ou tibia est la troisième partie de la patte. Elle est placée entre le tarse et la cuisse et présente autant de variations que le fémur dont elle a généralement la longueur et la solidité. Sa forme varie également suivant ses usages: son bord est dentelé et sa surface aplatie chez les Insectes fouisseurs [Copris, Ateiwhus, Geotrupes) ; il est cilié dans les Insectes nageurs (Dytiscus), garni de brosses ou de poils dans quelques Abeilles, d'épines mobiles chez les Hydrophiles.
Tarse. — Le Tarse est la partie la plus importante de la patte au point de vue de la classification. 11 est ordinairement formé de plusieurs segments ou phalanges dont le nombre variç de trois à cinq ; le dernier segment porte, en outre, deux griffes recourbées.
De même que pour les autres parties de la patte, la conformation des articles des tarses est toujours en rapport avec les mœurs de l'espèce. Ainsi les Insectes dont les pattes postérieures présentent une grande longueur, sautent plutôt qu'ils ne marchent et leur tarse est très développé (Locustaires, Acridiens) ; chez les Dytiques et les Gyrius, les tarses sont aplatis et ciliés ; ils fonctionnent comme des rames. Chez ceux qui peuvent marcher sur la surface lissée des vitres, comme les Mouches, on observe, sur le dernier article, une ventouse qui favorise l'adhérence.
En même temps qu'elles servent à la locomotion, les pattes peuvent quelquefois servir comme organes de préhension : tout le monde sait que les Mantes, par exemple, saisissent les Insectes dont elles font leur proie entre la jambe et la cuisse, fortement armées d'épines longues et acérées.
Enfin, on connaît aussi des Insectes chez lesquels les pattes antérieures, réduites à un état rudimentaire et repliées contre le thorax, ne servent plus à la marche ; elles échappent alors facilement à l'observation, de sorte qu'au premier abord, on prendrait ces espèces pour des Insectes pourvus de quatre pattes seulement. Plusieurs Papillons diurnes, qui ne marchent presque jamais, sont dans ce cas (Vanesses).
INTRODUCTION
Système tarsal. — On a étudié avec soin, depuis Geoffroy (') (1662), le nombre des articles aux tarses et Latreille en a tiré d'excellents caractères pour établir des sous-ordres parmi les Coléoptères surtout.
Ainsi, par exemple, on a désigné sous le nom de Trimères, ceux qui ont trois articles à tous les tarses (Coccinelles). Ceux qui ont quatre articles ont été nommés Tétramères (Charançons, Cérambycides) et Pkntamères ceux qui en ont cinq (Carabiques, Lamellicornes, etc.).
Il existe de même quelques groupes de Coléoptères, comme les Blaps, les Ténébrions, les Cantharides, qui n'ont que quatre articles aux tarses postérieurs, tandis qu'ils en ont cinq aux deux paires antérieures; on leur a donné le nom d'HÉTÉKOMEREs.
1° Tous les tarses composés de
cinq articles Pentamères.
CLASSIFICATION DES COLÉOPTÈRES D'APRÈS LES CARACTÈRES FOURNIS PAR LES TARSES (2)
; Cicindélides.
Carabides.
I Dytiscides.
Gy r inides .
1 Hydmphilides. \ Staphylinides.
\ Silphides.
Histérides.
Lamellicornes
Nitidulides.
Cryptopkayides.
Dermestides.
Buprestides.
Elatérides.
Téléphorides.
I Clérides.
Ptinides.
A no bi ides.
II0 Quatre articles aux tarses postérieurs seuls , cinq aux deux paires antérieures Hétéromères.
III0 Quatre articles à tous les
tarses Tétramères.
IVo Trois articles à tous le»
tarses Trimères.
Ténébrionides.
Bruchides.
Curculionides.
Scolytides.
Cérambycides.
Chrysomélides.
Lathriides.
Coccinellides.
(1) Mfidfcm parisien; employa le premier les articles des tarses pour classer les Insectes (Histoire abrégée des Insectes dts empirons de Paris, in 4°, 1762'.
(2) Nous devons faire remarquer ici que ce tableau n'est pas d'une exactitude absolue en ce sens que, dans un certain nombre de familles, notamment dans les Staphylinides, il existe de nombreuses exceptions aux règles du système tarsal.
Conformément au système tarsal, Latreille avait ensuite placé, à la fin de l'ordre des Coléoptères, deux autres sections artificielles qui ont été, depuis lors, supprimées ; c'étaient les Dimères, qui passaient pour n'avoir que deux articles aux tarses, et les Monomères qui n'en avaient qu'un. Or il a été reconnu plus tard, par Illiger, par Reichenbach et par Latreille lui-même, que les tarses des premiers possédaient en réalité trois articles, et on les a rapprochés des Staphylinides, sous le nom de Psélaphiens ; la seconde section, n'ayant été établie que sur un seul insecte, le CUonbus armadillus, dont les tarses ont quatre articles, a été reportée à sa véritable place, entre les Anisotomides et les Trichoptérygiens.
Tel était le système tarsal, dans son intégrité primitive ; les auteurs qui l'ont suivi, après Latreille, n'en ont point modifié l'économie fondamentale, ils se sont bornés à des déplacements d'espèces et au perfectionnement des grandes coupes.
On peut cependant faire de graves objections au système tarsal, mais ce n'est pas ici le lieu d'exposer les critiques dont il a été l'objet ; bornons-nous à dire que sa généralité n'est qu'apparente et que très souvent il oblige à séparer des groupes qui sont cependant et incontestablement très voisins (').