PI I
sionnaires; ces chenilles vivent en nombreuse société, et se métamorphosent sous une toile commune; très-souvent une ou plusieurs larves du Calosoma sycophanta pénètrent clans ces nids, faisant un grand carnage des chenilles, et continuant d'y vivre même après que celles ayant échappé à leur voracité ont pu se changer en chrysalides, car ces larves font également leur nourriture de ces nymphes. Leur gloutonnerie est telle, qu'elles ne cessent de manger que lorsque la peau distendue de leur ventre est sur le point de crever; alors elles tombent dans un état de torpeur qui ne cesse qu'après que leur digestion est faite et qu'elles se sont entièrement vidées ; et si pendant cet état, qui ne leur permet pas de se mouvoir, elles se laissent surprendre par les jeunes larves de leur espèce, elles sont à leur tour dévorées. C'est principalement sur le chêne que l'on rencontre cette larve; mais, d'après l'observation de M. Boisgiraud , elle ne serait pas rare parfois, dans le midi de la France, sur les peupliers, où elle se nourrirait de chenilles du Bombyx dispar. Ce qui semblerait confirmer cette observation, c'est que M. E. Desmarest, secrétaire de la Société entomologique de France, et l'un de mes collaborateurs, a trouvé également un insecte parfait de la même espèce au pied d'un peuplier, à la Glacière, près Paris, et que M. Brullé en a vu sur des bouleaux. La larve s'enfonce, dit-on, en terre pour se transformer en nymphe, et l'insecte parfait met peu de temps à sortir.
Les métamorphoses du Calosoma auropiinctata ont été observées, en Algérie, par M. Lucas (Insectes de l'exp. de l'Algérie, 1. 1, p. 2, 1844). La larve, qui n'est pas très-rare aux environs d'Oran pendant les mois de janvier, février et mars, est d'un noir brillant, et d'une longueur de vingtcinq millimètres; elle est très-carnassière, et s'établit dans les coquilles des Hélix cariosula et Iujcroylypliicula, après en avoir mangé l'animal. Ces larves, une fois repues, doublent de grosseur, et, dans cet état, on aperçoit facilement, sur les côtés et en dessous, la membrane d'un jaune sale qui se trouve très-distendue et qui retient les segments : d'agiles qu'elles étaient, elles deviennent alors immobiles ; on peut les toucher impunément sans craindre d'avoir les doigts salis par cette liqueur épaisse, d'un gris clair, qu'elles lancent avec force lorsqu'elles sont dans leur état normal. La nymphe est de. couleur jaune clair, sa forme affecte celle d'un croissant, et l'on peut déjà y distinguer les diverses parties que l'on retrouvera dans l'insecte parfait.
On connaît une trentaine d'espèces de Calosoma; et elles sont répandues dans toutes les parties du monde. l'Océanie exceptée; l'Europe et l'Amérique principalement en fournissent le plus.
Nous citerons trois espèces, toutes trois propres à la Faune parisienne :
1° Le Calosoma sycophanta, Linné, un des plus beaux de nos Coléoptères européens, présentant les reflets métalliques de la plupart des espèces des régions tropicales; il est souvent assez commun, surtout sur les chênes aux environs de Paris, et M. II. Lucas l'a vu dans nos possessions du nord de l'Afrique;
2° Le C. inquisitor, Linné, qui est d'un noir bronzé, et se trouve assez abondamment par terre dans les bois sablonneux;
" Le C. auropiinctata, noirâtre, avec des points dorés; on l'a pris plusieurs fois aux environs de Saint-Ouen, dans les champs de pommes de terre, à l'époque où l'on vient d'arracher ces tubercules.
Plusieurs coupes génériques ont été formées aux dépens des Calosoma; l'une d'elles, celle des Callisthènes, étant généralement adoptée, nous en parlerons séparément; mais nous nous bornerons à citer le genre Chrysost'ujmu (xpwoç, or; n-.^u.?., stigmate; Kirby, Faunu borealis americana, 1843), qui comprend plusieurs espères de l'Amérique septentrionale, dont le Calosoma calida, Fabiicius, est h' type, et qui ne diffère pas essentiellement des vrais Calosomes.
&»• GENRE. - CAIX6THÊNES. CALLtSTHENES. Fischer de Waldheim, 1825.
Entômograptaie de la Russie.
KaXXiaOmfg, robu
Palpes fort courts, à. dernier article légèrement dilaté, tronqué; menton beaucoup plus large qui dans tes <■"!" "»'" ■■ lobes latéraux longs, dilatés; mâchoires dentées; corselel orbiculaire; Srytrea
HISTOlltE NATURELLE.
soudés, ayant un bord large et recourbé, entourant un peu les côtés de l'abdomen; pas d'ailes membraneuses.
Ce genre, que Dejean et le plus grand nombre des entomologistes français réunissait à celui des Calosoma, en diffère principalement par la forme des élytres, et parce qu'il est privé d'ailes. MM. Ménétries (Rcv. zool., 1842) et Fischer de Waldheim (Bull. Soc. Moscou, 184G) ont donné des travaux monographiques sur les Callisthènes. On en connaît aujourd'hui huit espèces propres à l'Orient, la Perse et les confins de la Chine. Le type est le C. Panderi, Fischer de Waldheim, trouvé par le docteur Pander dans les sables des déserts des Kirguises, au midi d'Orembourg. On décrit, en outre, deux autres espèces européennes: le C. orbiculatus, Motsehoulsky, et araralicus, Erich-
Fig. 135. — Callisthènes son, du Caucase.
Pander i
TROISIEME TRIBU
TRONCATIPl'NNES. TRONCATIPENNES. Lalreille, 1825.
Familles naturelles.
Truncatus, tronqué; penna, aile. .
Comprenant des Carabiques chez lesquels les élytres sont presque toujours tronqués à leur extrémité postérieure, caractère qui se retrouve constamment, excepté dans le genre Clenodactyla, chez lequel les élytres paraissent plutôt arrondis que tronqués à l'extrémité.
La tête et le corselet sont plus étroits que l'abdomen; la languette est le plus souvent ovale ou carrée, et rarement accompagnée, sur les côtés, de paraglosses saillantes.
Une soixantaine de genres entrent dans cette division; et ces genres ne comprennent généralement qu'un petit nombre d'espèces, dont quelques-unes, par leur forme et leurs habitudes, peuvent aussi établir ifn passage sériai des Cicindélètes aux Carabes proprement dits.
Les divisions que nous formons dans cette tribu sont celles des Trigonodaetylides, Odacanlhides, Mormolycides, Zuphides, Libiides, Brachinides et Graphiptérides.
Jrtenuexe iWitHOu .
TRIGONODACTYLIDFS. TMGOlsODACTYLWM. Brullc, 1835. Histoire naturelle des Insectes.
Corselet en carré, un peu plus étroit en arrière; premier article des antennes très-court. Un genre, celui des Trigonodactyles, auquel on peut réunir plusieurs coupes génériques créées nouvellement.
1er GENRE. — TRIGONODACTYLE. TRIGONODACTYLA. Dejean, 1821.
Species général des Coléoptères : Carabiques. Tptvuvo;, à trois angles; âaxruXo;, doigt.
Tète aplatie, presque carrée; palpes grêles; antennes courtes, à premier article assez grand, le second court, les suivants égaux, serres, pubescenls, un peu comprimés; corselet cordiforme, plan;
élytres non tronqués à l'extrémité; pattes fortes, courtes; tarses à trois premiers articles larges, triangulaires; le pénultième très-fortement bilobé.
Fig. 134. — Trigonodactyla melanura.
Fig. 135. — Siiscrlui Javanus.
Trois espèces, l'une des Indes orientales, T. cephalotes, Dejean, et deux du Sénégal, entrent dans ce genre.
On y réunit les Miscelits ((uoxsXuç, qui rejette les aliments, Klug, Jahrb. d. Insect., 1854), ou Leptodactula (tarroc, mince; âaxTuXo;, doigt, Brullé, Hist. nat. Ins., 1855), qui en diffèrent par leurs mâchoires fortement arquées, et par leurs tarses composés d'articles courts, cylindriques; type : T. Javanus, Klug; et les Pachyteles (-*xu?» épais; teXoç, bout, Perty, Dclect. anim. arlic, 1850), dont les antennes vont en grossissant vers le bout; deux espèces propres au Brésil : P. lœvigatus et P. striola, Perty
C/c/euorieme Dwwwa.
ODACàNTHIDES. ODACANTHIDË. Castelnau, 1834. ■»
Études entomologiques.
O^ou;, dent; axavôa, épine.
Corselet en forme de cylindre, dont le bout postérieur est souvent plus gros que l'antérieur; premier article des antennes court.
Cette tribu renferme une dizaine de genres, dont les principaux sont ceux des Casnonia, Odacaniha, Ctenodaclyla elAgra.
i" GENRE. - CASNOME. CASNONIA Lalreille, 1825.
Familles naturelles.
Ktymologie incertaine.
Tête presque en forme de losange, prolongée et très-rétrécie en arrière; palpes i dernier article ovalaire et terminé presque en pointe; antennes beaucoup plus courtes que le corps, a articles égaux, le premier toujours plus court (pu- l.i tète; corselet en forme de col allongé, cylindrique, très-rétréci antérieurement; taises filiformes. :i pénultième article bifide.
genre, qui avail été placé primitivement parmi \esCurculionides, à côte
d IpotL nu, dont il rappelle un peu le faciès, avail reçu de deGéer le nom
( uri el comprend des espèces que Fabricius classait avec les Oda-
i milieu.
On connaît près de trente espèces de Casnonia, el elles sont propres a l'A-
Fig 130. — CamoniQ
HISTOIRE NATURELLE
mérique, à l'Afrique et aux contrées les plus orientales de l'Asie. Ces insectes, qui sont parés de couleurs métalliques, vivent dans les endroits marécageux, aux bords des ruisseaux, où ils courent avec vitesse et prennent leur vol fréquemment pour aller se reposer à peu de distance; on les trouve aussi quelquefois sous les feuilles. Le type est le C. Surinamcnsis, Linné.
Le genre Eutrachèle, Eutrachclus (Kirby, Inirod. to cniom., t. IV, 1856, ej, bien; tboxiiXac, col), correspond à ce groupe.
M. Chaudoir (Bull. Soc. Moscou, 1848) s'est occupé d'une révision générale des espèces de Casnorda, et il y forme plusieurs subdivisions génériques que nous ne citerons ici que comme sousgenres, en y joignant les Ophinea de Klug, et il en rapproche les Agra que nous plaçons dans la tribu des Subulipalpes.
1" SOUS-GENRE. — PLAGIORHYTIS. PLAGIOMYTIS. Chaudoir, 4848. Bulletins de la Société île Moscou.
IlXafio;, transversal; puri;, ride.
Palpes labiaux grêles, à second article mince, très-long, le troisième très-court, mince, subcylindrique; mâchoires très-gréles, assez allongées; élytres présentant une rugosité très-marquée au milieu.
Une espèce de Cayenne, le P. flavo-maculata, Chaudoir.
2m" SOUS-GENRE. — APIOUÈRE. APIODERA. Chaudoir, 1848. Bulletins de la Société de Moscou.
A.7ttcv, poire; ^pr., col.
Paraglosses dépassant de beaucoup l'extrémité de la languette, dont elles sont séparées par une échancrure très-profonde, le fond arrondi; mûchoires étroites; palpes très-gréles, à dernier article allongé, grêle et aminci à l'extrémité ; antennes, jambes et tarses, fortement pubescents en dessus; élytres subcarrés, assez allongés. • Ce sous-genre, dont VA. rugicollis de Cayenne est le type, comprend seize espèces, et M. Chaudoir dit qu'on pourrait former deux sous-divisions, selon que la tête est lisse ou rugueuse.
— C. Ludoviciaua.
3°" SOUS-GENRE. — OPHIO.NÉE. OPUIONEA. Klug, 1827. Entoiuologia b.isiliensis.
OepicvEOî, qui tient du serpent.
Tarses à quatrième article plus large que le précédent, un peu plus court, à angle terminé en lobe allonge très-aigu.
Celte subdivision, qui correspond au genre Casuoidca de M. Castelnau, comprend trois espèces, dont le type est PO. cijanocephala, Pabricius, de Cayenne.
4œe SOUS-GENRE. — CASNONIE. CA9N0NIA. Latreille, 1825.
Familles naturelles.
Etymologic incertaine.
Caractères indiqués précédemment.
M. Chaudoir y laisse une douzaine d'espèces, et le type est la C. Senegalensis, Lepelletier de
Saint-Fargeau et Serville
2me GENRE. — STÉNOCHEILE. STENOCHE1LA. Gastelnau, 1832.
Magasin de zoologie de Guérin-Méneville.
2tsvcç, étroit; •/„et>.o?, lèvre.
Tête assez forte, rétrécie en arrière, mais non étranglée comme dans les Casnonia; mandibules assez longues, avancées, assez fortes , droites, légèrement arquées à l'extrémité et échancrées intérieurement dans cette partie; corselet pentagonal, à côtés presque parallèles, un peu élargi en avant, convexe et rebordé latéralement; élytres allongés, convexes, fortement échancrés à l'extrémité.
Une seule espèce, S. Lacordairei, Castelnau, particulière à Cayenne, entre dans ce genre.
Fis. 158. — S. Lacordairei.
3me GENRE. — LASIOCÈRE. LASIOCERA. Dejean, 1851.
Species général des Coléoptères : Carabiques. Aaatcî, velu; «fa;, antenne.
Tête presque triangulaire ; dernier article des palpes de forme ovalaire et terminé presque en pointe; antennes hérissées de poils, beaucoup plus courtes que le corps; yeux très-saillants; corselet globuleux, un peu prolongé postérieurement; tarses presque cylindriques.
Ce genre, propre au Sénégal, ne renferme qu'une espèce, L. nitidula, Dejean.
Fig. 139. — L. nitidula.
4me GENRE. — ODACANTHE. ODACANTHA. Paykuhl, 1798.
Fauna suecica.
0<îa>;, dent; oocavôa, épine.
Tête pvale, rétrécie en arrière, mais nullement prolongée; dernier article des palpes ovalaire, terminé presque en pointe; antennes beaucoup plus courtes que le corps, à articles presque égaux, le premier plus court que la tète; corselet en ovale allongé, presque cylindrique; élytres allongés, parallèles, tronqués à l'extrémité; tarses filiformes; le pénultième article légèrement trilobé.
Les insectes de ce genre fréquentent les lieux humides, et se trouvent sur
les tiges, à la base de certaines plantes, et particulièrement des joncs. L'es-
l.i plus connue est \'(). melanura, Fabricius, que l'on trouve parfois
auprès de Paris. On en connaît deux autres espèces, l'une du Sénégal et
l'autre de l'Amérique méridionale.
— O. melanura .
HISTOIRE NATURELLE
5me GENRE. — TRICHIS. TRICHIS. Klug, 1821.
Symbol» physica?.
0pi^, poil.
Tête non rétrécic en arrière, comme chez les Odacanthes; corselet un peu en cœur; tarses courts, triangulaires et ciliés.
Les Trichis ont le corps entièrement velu; on en a décrit deux espèces : l'une d'Arabie, T. pallida, Klug, et l'autre d'Alexandrie, T. maculata, Klug, et toutes deux ne diffèrent pas trèsnotablement d;s Odacanthes.
Fig. 141. — T. maculata.
6™ GENRE. — LEPTOTRACI1ELE. LEPTOTllACUELUS. Lalreille, 1829.
G. Cuvicr, Itcgnc animal.
Aettto;, étroit; TpayrXcç, cou.
Tête ovale, rétrécie en arrière, mais non prolongée; palpes à dernier article ovalaire et presque pointu à l'extrémité; antennes à articles presque égaux entre eux, le premier plus court que la tête; corselet allongé, cylindroïde; élylres très-allongés, parallèles, à extrémité ovalaire et sans échancrure; pattes de longueur moyenne; jambes antérieures échancrées; tarses presque cylindriques, le pénultième article très-fortement bilobé.
Les Leptotrachèles sont des insectes américains que l'on rencontre sur les feuilles, où ils se tiennent immobiles", s' enfuyant rapidement quand on veut les saisir. Le type est le L. dorsalu, Fabricius, du Brésil.
Fig. Îi2.
/. >y.afj\nal\ti.
Fig. 143. — Slmidia unicolor.
MM. Vasselet et Salle ont pris une espèce de Leplolrachelns sur les fleurs d'un cactus du Mexique, et M. Sahlberg a obtenu le L. BrasUiensis en fauchant sur les prairies des environs de Rio-Janeiro. M. Chaudoir fait observer, avec juste raison, que l'organisation des tarses, dans les deux sexes de ces insectes, ainsi que dans les Agra, CdUàda et beaucoup d'autres Troncatipennes, de même que dans les Dijscolus et Onypterygia, est en rapport intime avec le genre de vie de ces insectes qui, tous, au dire des voyageurs, se tiennent sur diverses plantes : cette organisation des tarses rappelle celle des Curculionites. On en connaît une dizaine d'espèces.
Le genre Rhagocrépis, EscLscholtz (Zool. allas, 1829, pa-fcei;, crevassé; xpwnc, sandale), qui ne renferme également qu'une espèce amérjcaine, R. Riedelii, ne diffère de celui des Lcptotrachelus que par la forme du corselet, qui est très-allongé et très-rétréci en avant. On doit également y réunir les Steniclia, Brullé (Hist. nat. Ins., 1855, crevo;, étroit; i£sa, forme), chez lesquels les élytres sont plus larges, moins allongés, moins parallèles, et qui ne comprennent qu'une espèce, S. unicolor, Brullé, du Sénégal. Le genre indiqué par Say (Soc. phil. amer., 1854) sous le nom de Spheracra (o<pxi?a, sphère; «xscv, extrémité) correspond entièrement à celui des Leptotrachèles.
7me GENRE. — PIONYQUE. PIOIWCHA. Chaudoir, 1848.
IIic;, épais; cvui-, ongle.
Palpes à articles assez courts, allongés, épais; menton sans dent au milieu de son échancrure; mandibules courtes : la droite avec une dent aiguë, allongée, au lieu d'une légère saillie qu'on remarque dans les genres voisins; languette arrondie, nullement tronquée ni échancrée à l'extrémité; élytres courts, élargis postérieurement; crochets tarsiens simples, ayant le côté interne de leur base très-dilaté et tronqué à angle droit, presque aigu, mais uon prolongé en dent aiguë comme chez les Schidonyques.
Deux espèces entrent dans ce genre; elles proviennent de Cayenne, et étaient placées par M. Gory dans le genre Ctenodactyla. Ces deux espèces, que M. Gory désigne sous les noms de C. maculata ettristis, et que Dejean nommeC. Lacordairei et Lobscura, vivent sur les fleurs d'une plante aquatique de la famille des Pontédériacées, et ne se rencontrent que dans les savanes noyées de l'Affronoque, au mois d'avril, pendant la saison des pluies; leur vol est très-agile, et le moindre mouvement imprimé à la fleur suffit pour les faire envoler. Ces habitudes sont des plus remarquables, car ces insectes sont peut-être les seuls parmi les Carabiques qui fréquentent les fleurs.
Fig. 144. — P. Lacordairei.
8me GENRE. — CTÉiNODACTYLE. CTENODACTYLA. Dejean, 1825.
Species général des Coléoptères : Carabiques. Ktsiî, peigne; ^oxtuXoç, doigt.
Tête arrondie, rétrécie en arrière pour former un col; palpes terminés par un article ovalaire et un peu pointu; antennes filiformes; corselet plan; élytres allongés, élargis à l'extrémité; tarses à trois premiers articles triangulaires, le pénultième fortement bilobé; crochets tarsiens dentelés.
I 1 i.j — C. Chevrolatu.
I I V"). — C. maculata.
HISTOIRE NATURELLE
On ne connaît que trois espèces de ce genre; toutes trois proviennent de l'Amérique méridionale; ce sont les C. Chcvrolalii, Dejean, Drapiczii, Gory, et Langsdorfù, Klug; d'autres espèces qu'y avait placées M. Gory forment le genre Pionycha, Chaudoir.
9me GENRE. — SCHIDONYQUE. SCHIDONYCUS. Klug, 1834.
Iahrb. dcr Insecten.
-X'-^cJe fends; cvuÇ, ongle.
Tarses à quatrième article long, bilobé; crochets tarsiens non pectines, mais armés d'une dent unique, longue, pointue; les autres caractères comme chez les Ctênodactyles.
Une seule espèce, S. Brasiliensis, Klug.
Fig. 147. — S. Brosiliensu.
10me GENRE. — AGRA. AGRA. Fabricius, 1801.
System» Eleutheratheram.
Af pa, proie.
Tête ovalaire, très-rétrécie en arrière et formant un col; dernier article des palpes labiaux trèsfortement sécuriforme ; antennes filiformes; corselet cylindrique, allongé, plus ou moins rétréci antérieurement; élytres longs, étroits; les trois premiers articles des tarses plus ou moins larges, triangulaires ou cordiformes; les crochets tarsiens dentelés en dessous.
On connaît aujourd'hui plus d'une cinquantaine d'espèces de ce joli genre, qui a quelque ressemblance, au premier aspect, avec les Brenthus, et toutes proviennent des contrées intertropicales de l'Amérique. On les rencontre toujours sur les arbres, où elles choisissent de préférence les feuilles roulées en cornets par d'autres insectes; elles s'y blottissent et restent dans une immobilité complète, portant en avant leurs antennes et les deux pattes antérieures, tandis que les autres pattes sont appliquées contre le corps : si l'on vient à toucher à leur retraite, elles s'en échappent aussitôt avec rapidité, et se laissent tomber à terre; il paraît même que la forme allongée de leur tête et de leur corselet gêne un peu leur démarche, et que ces parties se heurtent contre les corps sur lesquels elles se trouvent. En général, les Agras sont rares, et on ne les rencontre jamais réunis en grand nombre : on peut prendre pour type VA. Cayennensis, Olivier.
M. Klug a publié une monographie, et récemment M. Chaudoir {Bull. Soc. Moscou, 1847) a donné un travail sur les insectes de ce genre, qu'il propose de rapprocher des Callcida.
Fig. 148. — A. vario losa.
'C-touJumte ûwiéiùu- MORMOLYCIDES. MORMOLYCIDA. Desmarest, 1850.
Corselet très-dilaté sur les bords; antennes longues; corps plat; élytres considérablement aplatis, membraneux.
Tout en plaçant le genre Mormolyce dans la tribu des Troncatipennes, nous n'avons pas cru pouvoir le laisser dans la même division que les Galerita, et nous en avons fait une division particulière.
1er GENRE. — MORMOLYCE. MORMOLYCE. Hagenbach, 1823.
Description du genre Mormolyce : Nuremberg. McpaoXyjcï), spectre.
Tête longue, déprimée ; palpes maxillaires internes grêles et de deux articles , les externes de quatre; mandibules fortes, arquées, dentées au milieu, à l'intérieur; mâchoires lobées, pointues, ciliées; antennes filiformes, très-longues, de douze articles; yeux saillants; corselet long, dilaté sur les bords; écusson long, pointu, en partie caché; élytres presque membraneux, leurs bords latéraux très-dilatés et fortement échancrés en arrière, prolongés au delà du corps, enveloppant en dessous l'abdomen par l'extension de la dilatation latérale; abdomen déprimé, ovale, cylindrique; pattes longues, grêles; cuisses comprimées, presque linéaires; jambes également comprimées, presque droites : les antérieures fortement échancrées avant leur extrémité, ciliées et dilatées; tarses linéaires, le premier article grand, les autres égaux entre eux; crochets tarsiens, menus, recourbés.
Le genre Mormolyce, surtout remarquable par l'élargissement de ses élytres, dont le bord antérieur se dilate dans toute sa longueur, et se prolonge même au delà de l'extrémité, de manière à donner à celle-ci l'aspect d'une échancrure, ne se compose que d'une seule espèce, Mormolyce phyllodes, Hagenbach, qui provient des vastes forêts de Java. Le corps est d'un brun foncé, luisant, ainsi que les antennes et les pattes; les côtés de l'abdomen sont plus pâles et d'un jaune-roux; la membrane élargie des élytres est brune, plus claire que le corps, couverte d'inégalités qui forment comme des ondes obliques , les élytres sont striés, et le corselet est denté sur les côtés d'une manière irrégulière.
[•*ig. 14U. — M phj/llodet,
Ce n'est qu'en i*23 que le Mormolyce a été signalé à l'attention des naturalistes par M. Hagenfeaefa (Mormolyce novum Colcnpterorum gâta» description, Nuremberg), qui en devait la découverte aux recherches de MM. Kuhl et Van Hasfeldt.
Coléoptère resta pendant quelques années très-recherché des amateurs; cependant les exemplair, n multiplièrent bientôt, de sorte qu'il est aujourd'hui assez répandu dans les collections.
La place que doit oeeuper ce genre dans la série des Carabiques n'est pas déterminée d'une manii re certaine.
Latreitle (lcm. Coléop.ifEur.), u basant sur la considération delà longueur du troisième article tatennei dont on ae retrouve l'analogue que dans les Féronkns, «rut devoir le placer à coté des
64 HISTOIRE NATURELLE
Spliodrus, qui ont aussi un autre point d'analogie : le corps assez aplati. Lepelletier de Saint-Fargeau (Encyel. lnscct.), et la plupart des entomologistes modernes, ne suivirent pas l'exemple de Latreille, et ils placèrent cet insecte à côté des Galérites, avec lesquels ils ont quelques rapports dans la longueur du corselet et du premier article des antennes. Nous avons adopté dans cet ouvrage l'opinion de Lepelletier de Saint-Fargeau, tout en faisant desMormolyces une division particulière; cependant nous croyons devoir indiquer l'opinion émise assez récemment (Bull. Soc. Moscou, 1848) par M. Chaudoir sur la place que doit occuper le Mormolyce dans la tribu des Troncatipennes. D'après cet auteur, les parties de la bouche de cet insecte , la forme de ses pattes, et surtout de ses tarses, celle de sa tête, du rebord latéral du corselet, et même la dilatation extraordinaire du rebord latéral des élytres qui recouvre les bords de l'abdomen, ainsi que l'épine qui termine les élytres, le rapprochent des Eurydera. Il ajoute encore que son genre Labocephalus offre des caractères appartenant aux Mormolyces et aux Eupydera, et lie intimement ces deux genres.
Fig. 150. — Nymphe du Mormolyci. Fig. 151. — Larve du Mormolyce.
M. Ver Huell (Annales se. nat., zoologie, 3e série, t. VII et pi. 7, fig. 1 à 6, 1847) a donné la description et la figure de la larve et de la nymphe du Mormolyce, qui ont été découvertes à Java par M. C. Van Ovendyk. Cette larve, ainsi que sa nymphe et l'insecte parfait, habitent les forêts, et se rencontrent principalement sur les troncs ou les racines d'arbres de haute futaie, et plus particulièrement sur le Pohjporus fomentarius.
La larve du Mormolyce est assez aplatie; la tête et le corselet sont d'un brun foncé luisant; les deux segments suivants plus clairs, et le reste du corps avec des taches orangées; le tout séparé par un espace longitudinal de la couleur de la larve, d'un jaune vert mat. Les segments sont échancrés, garnis de quelques poils; la tête est ovale; les mandibules d'un brun foncé; les mâchoires cornées, cylindroïdes, à bord interne garni de poils fauves; les palpes ont le second article plus allongé que les autres, le troisième court, le quatrième assez grand et arrondi au bout; les palpes labiaux sont composés de deux articles seulement; la lèvre inférieure est trapézoïdale, plus large en haut; les antennes de quatre articles à peu près égaux, arrondis, allongés, garnis de poils; les yeux, à peine visibles, sont très-petits; la hanche est grosse et arrondie; le tibia présente, en dessous, la forme d'un hexagone allongé; le fémur est allongé; le trochanter grand; et les tarses terminés en crochets. Sur le côté des segments, on remarque deux mamelons; le dernier segment postérieur est armé d'une fourche dont les brandies ont deux articles et sont entourées de poils. Dans le jeune âge delà larve, la tète est assez grande proportionnellement au corps, et cette proportion disparaît avec l'âge. Les pattes, d'abord très-fortes, semblent devenir plus tard un peu plus grêles.
La nymphe est également jaunâtre, d'une coloration plus foncée dans les femelles que dans les mâles; la tête est pliée en avant entre les premières paires de pattes; les antennes, courbées au bout en forme d'S, passent en arrière et reviennent entre les plis des étuis des élytres et des ailes pour se réunir avec les étuis des dernières pattes ; les segments de l'abdomen sont plus légèreinini èebancrés que ceux de la larve. A chaque côté, on voit un petit mamelon garni de poils; sur
Fig. 1
— R.ibdoiis picla.
Fig. '2. — Chiloioba flavugutlata
Ki'r. 4. — Imii ulalkratus
, ii,,, il, \,„,
|. ,,, ;, in, muni r/i/tatua H ullickii
ri -2
le milieu, s'élève un tubercule parsemé d'un groupe de poils brunâtres; les derniers segments postérieurs ont deux mamelons garnis de poils.
Après avoir donné cette description, que son importance nous a forcé de reproduire presque en entier, M. Ver Huell donne longuement les caractères distinctifs du mâle et de la femelle à l'état d'insecte parfait.
Il est aujourd'hui démontré que la larve provenant de Java, et décrite par Herbst et Perty (Insectes de l'Inde), et que M. de Castelnau rapportait avec doute au Mormohjce phyllodes, est une larve de Lampyrides.
o^uattit'ine Diouuoit-
ZUPH1DES. ZUPHIDJS. Brullé, 1834 Histoire naturelle des Insectes.
Corselet le plus souvent cordiforme, quelquefois étroit; antennes à premier article long et toujours plus long que les deux suivants.
Une dizaine de genres forment cette tribu; les plus importants sont ceux des Galerila, DrypLa, Zuphium et Pohjslichus.
1er GENRE. — GALÉR1TE. GALERITA. Fabricius,
Systema Eleuiheratorum.
Gakrita, nom d'un oiseau dans Pline.
Tête ovalaire, assez allongée, très-rétrécie en arrière; palpes très-avancés, à dernier article fortement sécuriforme; antennes aussi longues que le corps, à premier article presque de la longueur de la tête; maudibules courtes, fortes; corselet en forme de cœur tronqué; élytres ovales, allongés, plans; pattes fortes, très-longues; tarses antérieurs des mâles à trois premiers articles dilatés.
15S. — G. cyanipennit.
Fig. 153. — Galerita Africnna.
Pig. 154. — Nymphe de la G. I.econUi.
l Galérites sont, en général, d'assez grande taille; leur corps esl bleuâtre h leur tête rouge; I pie toutes les espèces connues proviennent de l'Amérique méridionale ; deux, toutefois, Bont africaines Le type esl fa G imericana, Linné. Ces insectes se rencontrent dans les vieux troncs déi omposés •<. au pied di i arbres, ou ils sont rassemblés avec d'autres Carabiques; leur démarche
IllSTUillE NATURELLE.
est agile, mais ils ne paraissent pas se servir de leurs ailes pour voler. On en connaît une dizaine d'espèces.
Tout récemment [Annales de la Société entomologique de France, 2e série, t. VU, 1849), M. Salle a donné la description et la figure de la larve et de la nymphe d'une espèce de ce genre, Galer'ita Lecontei, Dejean, propre à l'Amérique du Nord. Cette larve a le corps allongé, d'un brun noirâtre, couvert de poils espacés et roides; la tète est courte, de la largeur du corselet, creusée dans son milieu, brune, armée d'une corne fourchue sur le front, et de fortes mandibules; les veux, au nombre de cinq, sont groupés en arrière des antennes; les antennes sont une fois aussi longues que la tèle, de quatre articles : le premier long, le deuxième court, plus gros à l'extrémité qu'à la base; le troisième long et grêle; le quatrième très-petit, en losange et pointu; les palpes
maxillaires sont formés d'un gros et d'un petit article, munis d'une épine et de quelques poils, et sur ce premier article sont deux palpes : l'un de deux articles, l'autre de quatre; les labiaux n'ont que trois articles; le prothorax est rouge, écailleux, long, cylindrique, élargi postérieurement; le mésothorax noir, moins long et plus élargi que le prothorax, bombé et arrondi en arrière; l'abdomen est noir en dessus, composé de neuf segments, recouverts chacun par une pièce transverse ovale, écailleuse : le dernier terminé par un tube servant d'anus, et ayant, de chaque côté, deux longs filets. En général, cette larve rappelle un peu celles des Staphylins. La nymphe est testacée, brillante, avec deux séries de houppes de poils, placées vers le milieu de l'abdomen, en dessus; cinq appendices sur les côtés; la tête est repliée en dessous; les tarses postérieurs dépassent le dernier segment de l'abdomen. Les insectes parfaits, les larves et les nymphes ont été trouvés sur des bûches fortement enfoncées dans des terres sablonneuses, au bord du Mississipi, près de la Nouvelle-Orléans; on les rencontre depuis juillet jusqu'en octobre. Les larves marchent à reculons, lorsqu'on leur présente un obstacle en avant; elles se construisent une faible coque avec des fds et de la terre pour se métamorphoser. M. Salle en a conservé dans des boîtes, mais les métamorphoses se sont toujours mal effectuées; toutefois quelques
nymphes lui ont donné des insectes parfaits. Fig. 155. — L rve de
la G. Lecuntei.
Fig. 150. — C. acuminalus.
2Be GENRE. - CORDISTES. CORDISTES. Latreille, 1822.
Iconographie des Coléoptères d'Europe Cor, cordh, cœur.
Corps généralement aplati; tête assez grande, très-rétrécie en arrière; antennes très-longues, à premier article presque aussi long que la tête, le suivant très-court; corselet presque en cœur; élytres plans, allongés; pattes assez longues; tarses ayant leurs quatre premiers articles élargis, en forme de triangle renversé et muni en dessous d'un duvet assez long.
Ce genre, peu nombreux en espèces, est exclusivement propre à l'Amérique méridionale, et le C. bifasciatus, Fabricius, est très-commun à Cayenne. Ces insectes ne vivent que sous les feuilles; leur vol est tellement prompt et rapide, qu'il est difficile de les saisir autrement qu'avec un filet. Les Cordisjes correspondent aux Calopheena, Klug (xoXoc, beau; çouvw, je brille, Nov. («la. liai. CUT., l!S2l), et se rapprochent un peu des Cumunia et des Odacanlliu.
COLEOPTÈRKS.
5me GENRE. — TRICHOGNATHE. TRICIIOGNATA. Latreille, 1820
G. Cuvicr, Règne animal.
®?'-l, poil; ")fa6i;, mâchoire
Tête presque carrée, plus large que longue; mâchoire présentant un tubercule oblong, revêtu de poils et inséré à la base et au côté interne; antennes à premier article long, très-gros vers le bout et arqué.
Ce genre, qui diffère très-peu des Galerita, ne renferme que deux espèces de l'Amérique méridionale; type : T.marginipennis, Latreille; M. Chaudoir en décrit une troisième, T. cincta, du même pays.
Fig. 157. — T. marginipenius.
4me GENRE. — EUNOSTUS. EUNOSTUS. Castelnau, 1835.
Éludes enlomologiques.
Eu, vite; vootoç, voyage.
Les insectes de ce genre, très-voisins des Trichognates, s'en distinguent à première vue par leur tête plus large en arrière, leur corselet plus étranglé et leurs antennes plus courtes. Type et espèce unique : E. Latreillei, de Madagascar.
Fig. 158
5me GENRE. — DRYPTE. DRYPTA. Fabricius, 1801.
Systema Eleulheratorum.
Apuir8û>, je déchire.
Tête triangulaire; palpes à dernier article fortement sécuriforme; antennes filiformes, à premier article long et à second très-court; corselet allongé, cylindrique; élytres ovalaires; pattes longues; les trois premiers articles des 1 intérieurs des mâles dilatés : l'avant-dernier de tous bilobé.
Ce genre, peu nombreux en espèces, et qu'Olivier réunissait aux Cicindcla, est remarquable par la forme allongée et gracieuse des insectes qui le composent; on en trouve des représentants dans presque toutes Jes parties du monde Deux habitent la France, et l'une d'elles, I). emarginata, Fabricius, mcontre même assez fréquemment aux environs de Versailles.
Les Deeères, Detera, Leacfa (deseco, je coupe), correspondent aux Dry p ta. Le type de cette division est le I). eyÛndricotlis, Fabricius, du midi de la France, auquel Dejean réunit \e Drypta longicoliu, Megerle, des Indes orientales.
Fig. 15'J. — l>. emaryinata.
HISTOIRE NATURELLE
6œ' GENRE. — ZUP1IIE. ZUPIUUM. Latreille, 1806.
Gênera Cruslaceorum et lnseciorum.
Z&j'jîpiov, animalcule.
FiR. 160. — Z. A'umidicum.
Tète triangulaire, rétrécie postérieurement en forme de col; palpes a dernier article assez allongé et sécuriforme; antennes fdiformes, longues, à second article court; corselet aplati, cordiforme; élytres allongés, plans; pattes moyennes; tarses à articles cylindriques très-faiblement dilatés dans les maies.
Insectes de petite taille, se rencontrant sous les pierres et répandant une odeur assez forte. On en connaît un petit nombre d'espèces propres à l'Amérique, à l'Afrique et à l'Europe. Le type est le Z. olem, Fabricius, du midi de la France. Une autre espèce, que l'on a découverte récemment auprès de Rordeaux et en Sicile, est le Z Clievrolatii, que M. H. Lucas a également pris en Algérie, et qu'il a désigné sous la dénomination de Z. Maur'Uamcum. Ce genre rentrait dans les Galerita, d'après Fabricius.
Fi". 161. — P. unicolor.
GENRE. — POLYSTIQUE. POLYSTICHUS Ronelli, 1813.
Mémoires de l'Académie de Turin.
IIoXu;, beaucoup; w//-><;, rang.
Tète triangulaire; palpes à dernier article fortement sécuriforme; antennes longues, presque moniliformes, à premier article moins long que la tête; corselet en cœur et aplati; élytres allongés, parallèles; tarses à articles courts et bifides, ceux de devant légèrement dilatés chez les mules.
Les Polystiques sont peu nombreux en espèces, et de petite taille. On en trouve une espèce, P. Fasciolatu.s, Rossi, aux environs de Paris : cette espèce vit en société sous les pierres dans les endroits humides. Fabricius classait les Polystiques avec les Galérites, Latreille avec les Zuphies, et Olivier avec les Carabes.
ï\". 164. — D. dortahx
8™ GENRE. — DIAPIIORE. OIAPHOIWS. Dejean, 1831.
Species général des Coléoptères : Carabiques. Aia<popo;, différent.
Palpes labiaux à dernier article à peu près cylindrique; antennes grossissant légèrement vers le bout, leurs articles étant très-courts et trèslarges.
Les Diapbores ont le port des Polystiques; mais ils sont un peu plus longs et plus étroits, et leur corselet est plus rétréci et plus étranglé en arrière. On n'en connaît qu'un très-petit nombre d'espèces, presque toutes de l'Amérique méridionale, et dont le type est le D. Leeontei, Dejean.
KLsiuauieiue Diowlou.
LÉBIIDES. LEBIW.E. Castelnau, 1834.
Études entomologiques. -
Corselet plus long que large et rétréci en arrière, ou moins long que large, étant, dans ce dernier cas. tronqué brusquement en arrière, ou quelquefois prolongé à son milieu; corps aplati; élytres en carré long, leur extrémité se prolongeant parfois en forme d'épines.
De nombreux genres entrent dans cette division; les plus importants sont ceux des Dromius, Dcmctrias, Calleicla, Cynùndïs, Lebia, Coptodera, Plocliiomis, Thyreopterus, Calascopus, etc., etc.
1er GENRE. — DROMIE. DROMIUS. Bonelli, 1853.
Mémoires de l'Académie des sciences de Turin. Apcjxeu;, coureur.
Tête ovale, peu rétrécie en arrière; dernier article des palpes labiaux cylindrique; corselet en cœur; élytres assez plans, allongés; antennes assez courtes, filiformes; articles des tarses presque cylindriques; crochets tarsiens dentelés en dessous.
Les Rromies, dont Latreille faisait des Lébies, sont des insectes, pour la plupart européens, dont on connaît une cinquantaine d'espèces, et qui vivent sous les écorces ou sous les pierres au commencement du printemps : on les rencontre surtout dans les endroits humides; ils sont très-agiles; leur couleur générale est brunâtre ou d'un noir légèrement métallique. Le D. agïïis, Fabricins, de Paris peut être indiqué comme type. Plusieurs groupes subgénériques ont été créés aux dépens des Dromius; nous indiquerons les' principaux :
Fig. 103. — D. albomaculalus.
1" SOUS-GENT.E. — LYONIQUE. LYONICHUS. Wismann. 1846.
Sietlin Zeil.
Aeicç. lisse; gvuS, ongle.
Menton avec une dent entière au milieu de son échancrure, cette dent presque aussi longue que les lobes latéraux et non séparée par une suture; palpes à dernier article presque pointu; tarses à quatrième article entier; crochets tarsiens simples.
dette division , dont le D. quadrilluê, Ruftmidt, de presque toute l'Europe peut être pris pour type, est elle-même partagée par M. Chaùdoir [Bull. Soc. Moscou, 1848) en deux groupes : les Apristus [% privatif; wpwroî, coupé), et les Crossonychns (xpomroç, frange; ovuÇ, ongle), qui renferment le l). cordicollis, Chaùdoir, du Chili, et quelques espèces du même pays.
On doit probablement aussi en rapprocher les Axïnopalpiu (aÇw,, hache; iraXnocj palpe), Leconte, térisés par leurs palpes labiaux sécuriformes et leur menton avec une dent étroite, et qui comprennent des espèces américaines.
2»» 501 9-GElfRE — MÉTABLÊTE. MÊTABLBTUS. Schmid-Gœbel, 1848.
siniiii Zelt.
M -■/., avec; fî/riTtiç, action dr: l.im .-i .
Menton avec une dent unique, tres-petite, au milieu de V échancrure, <>u avec «les vestiges de deux
70 HISTOIRE NATURELLE
petites dents de chaque côté; palpes à dernier article presque pointu; tarses à quatrième article entier; crochets tarsiens, dentés. Quelques espèces européennes, dont les plus connues sont les D. foveola, Gyllenhal, D. truncatellus, Fabrichis, et D. pallipes, Fabricius. *
3me SOUS-GENRE. — BLECHRE. BLECIIRUS. Motschoulsky, 1847 Bulletins de la Société de Moscou.
BXnxpoç, faible.
Menton présentant, dans son échancrure, deux dents très-petites ou une simple émargination; languette élargie, arrondie, émarginée à la base; palpes à dernier article presque ovale, tronqué; tarses à quatrième article entier; crochets tarsiens simples.
Trois espèces, dont le type est le D. glabratus, Dejean, qui se trouve en France, principalement dans le Midi.
Un autre sous-genre, que nous pouvons encore citer, est celui des Syntomes, Syntomus (tovtouoc, raccourci), qui a pour type le D. truncatellus, Fabricius, de la Suède, et que M. Hope a créé dans son Coleopt. mannal, 1858.
Enfin nous indiquerons aussi le genre Phiforizus, Hope (Colcoptcrisl's manual, 1 848 ; «patw, j'aime; piÇa, racine), qui diffère du genre Dromius par des élytres non brusquement tronqués à l'extrémité, et dont le type est le Dromius fascintus, Fabricius, du midi de la France.
2"»' GEN11E. - RHYTIDÈRE. RHYTIDERUS. Chaudoir, 1844
Bulletins de la Soriélé de Moscou.
Puti;, r'ulc; £e?*i, col.
Palpes labiaux courts, membraneux, à premier article épais; maxillaires plus courts, a premier article petit; menton profondément émarginé; mâchoires grêles, aiguës, recourbées, ciliées en dedans, droites; labre transverse; antennes grêles, plus longues que la tête et le corselet réunis; (Oiselet subtransverse, plan; élytres amples, subparallèles; pattes grêles, médiocres; tarses triangulaires.
Ce genre est formé sur le Dromius decempunctatus, Buquet, de Colombie, qui se distingue, des Dromics par la forme de son corps et par les crochets non dentés de ses tarses. Ce genre correspond à celui des Sericoda (Kirby, Richardson, Fauna borealis amer., 1837; «mpixco^;, soyeux). Cette dénomination doit être préférée à celle de liliytiderus ; et le genre Sericoda, que M. Guérin- Méncville propose de placer à côté des Agonum, ne renferme qu'une espèce, le S. bembidionidt s du Canada.
5me GENRE. - COPTOTlRE. COPTOTERA Chaudoir, 1837.
Bulletins de la Société de Moscou.
Kc7ttoç, coupé; irrepov, aile.
Palpes avancés, à dernier article ovalaire. légèrement tronqué ; tète en ovale allongé, unie au corselet par un col peu marque; menton avec une dent pointue, forte, au milieu de l' échancrure ; antennes filiformes, minces, à deux premiers articles courts; corselet carré; élytres allongés, tronques et échancrés à l'extrémité; pattes fortes; tarses cylindriques; crochets tarsiens dentelés eu dessous.
Une espèce, C. brunnea, Chaudoir, du cap de Ronne-Espérance.
4me GENRE. — DEMETRIAS. DEMETRIAS. Bonelli, 1815.
Mémoires de l'Académie des sciences de Turin. Ar,u.r,Tpioî, qui concerne Cérès.
Tête ovale, peu rétrécie en arrière; dernier article des palpes labiaux cylindrique; corselet presque cordiforme; élytres allongés; dernier article des tarses cylindriques, le pénultième bilobé; crochets tarsiens dentelés en dessous.
Les Demetrias volent parfois à la chute du jour, et sont de couleur jaunâtre, de petite taille; leur forme est allongée; on les trouve sur les broussailles; on en connaît peu d'espèces, la plupart européennes, et dont la plus commune partout est le D. elongalulas, Zeuker. Le nom de Ptilie, Plilitis (Trraov, duvet), leur a été également appliqué par Bonelli (Mém. Acad, se. Turin, 1817), ainsi que celui de Bisophile, Risophilus (p^a racine; çp'.Xsu, j'aime).
Fig. 164. — D. elongatulus.
Fig. 165. — D. unipunctatus (grossi).
On peut admettre comme simple subdivision des Demetrias les sous-genres suivants :
1er SOUS-GENRE. — /ETOPHORE. £TOPUORUS. Schmid-Gcebler, 1847.
Stettin Zeit. ent.
Aeroc, aigle; «pepw, je porte.
Palpes à dernier article arrondi, légèrement tronqué; menton sans dent au milieu de son échani rure; tarses à quatrième article bilobé; crochets tarsiens simples.
Les Aetophorus se font principalement distinguer des Demetrias parleurs palpes labiaux simples, courts, [dus forts et plus pointus extérieurement. On n'y place qu'une espèce, D. imperialis, Megerle, que l'on trouve, mais rarement, auprès de Paris.
2me SOIS-GENRE. — DEM TRIDE. DEMBTBIDA. Whitc, 1847. Voyage de l'Erebus.
Ar,u.y,Tft'.;, qm concerne Cérès; ei^cç, forme.
Tête aussi large que le thorax; palpes à dernier article ovale, pointu; corselet pins long que , plus étroit que les élytres, ceux-ci étroits à la hase, s'élargissant graduellement vers l'extrémité, aplatis; tarses à trois premiers articles triangulaires, le quatrième bilobé; crochets tarsiens petits, dent- .
HISTOIRE NATURELLE
L'espèce type, D. Lincella, White, est du port Nicholson, a la Nouvelle-Zélande; une autre est signalée par M. White, et M. Chaudoir en décrit une troisième, D. piccn.
Les Peliocypas, Schmid-Gœbler (iceXux, noir; xuwaç, manteau, StctlinZeit. ent., 1847), qui comprennent des espèces provenant exclusivement de l'Inde, rentrent encore dans ce genre, et ne différent des Dromius, avec lesquels ils étaient anciennement réunis, que par la forme de leurs tarses.
5me GENRE. — CALLEIDA. CALLE1DA. Dejean, 1825.
^pecies général des Coléoptères : Carabiques. KaXXoç, beau; eiîoç, forme.
Tête ovale, peu rétrécie en arrière; palpes labiaux à dernier article fortement sécuriforme; antennes filiformes; corselet allongé, cordiforme; élytres longs, parallèles, tronqués à l'extrémité; tarses à trois premiers articles triangulaires, le pénultième bilobé, les crochets tarsiens dentelés en dessous.
Les Calleida sont de gracieux insectes, ornés le plus souvent de couleurs métalliques; leurs mouvements sont peu agiles, et ils vivent sous les pierres ou sous les écorces des arbres. On en a décrit une trentaine d'espèces, qui, pour la plupart, se rencontrent dans 1* Amérique méridionale; le type est la C. décora, Fabricius.
Fig. 166. — C. nirjrofasciata (grossie)
— C. décora (grossie).
Les espèces de ce genre étaient confondues avec les Cymindis, les Dromies et les Lcbics; mais elles se distinguent facilement des premiers par leurs tarses, dont le pénultième article est fortement dilaté, et des deux autres par leurs palpes labiaux, dont le dernier article est fortement sécuriforme.
G™ GENRE. — XANTROI'IIŒA. XANTROPI10EA Chaudoir, 1848.
Bulletins de la Société de Moscou.
Étymologie inconnue.
Palpes maxillaires à dernier article ovalaire, un peu renflé, tronqué et comprimé à l'extrémité; labiaux à dernier article renflé fortement; languette arrondie au sommet, munie de quatre poils; corselet cordiforme, peu raccourci, à angles postérieurs plus ou moins saillants; corps très-comprimé, étroit, allongé, avec la tète plate; élytres longs, parallèles, tronqués carrément à l'extrémité; tarses couverts en dessus de poils assez serrés, non sillonnés, à articles courts.
Ce genre, qui se rapproche beaucoup de celui des Cullcida, renferme trois espèces de la Nouvelle-Hollande, donl le X. grandis, Chau* Fig. lbb. —A. viltata. doir, est le lype.
7œe GENRE. — ACTENONYX. ACTENONYX. White, 4847.
Voyage de l'Erebus etterror. L. Fairmaire, Rev. zool. A/.tevyiî, qui n'est pas peigné ; ovuÇ, ongle.
Tête presque aussi large que le corselet; antennes longues, à articles oblongs; yeux grands, peu proéminents; corselet presque aussi large que long; élytres très-larges, déprimés, tronqués obliquement à l'extrémité; crochets tarsiens grêles, non crénelés.
Les caractères génériques de ce genre le rapprochent de celui des Calleida; l'espèce unique qui y entre est VA. bembidiodes, White, de la Nouvelle-Zélande.
C'est avec doute que nous rapprocherons de ce genre : 1° les Silphomorphes, Silplwmorplia, Westwood (silpha, silphe; aoptpri, forme, Trans. Soc. linn. Londres, 1841), dont le type est le S. fallax de la Nouvelle-Hollande.
2° Les Sphallomorphes, Spliallomorpha, Westwood (dcpaXX<o, je doute; |xopq>n, forme, Trans. Soc. linn. Londres, t. XY11I, 1840), dont le type est le S. decipiens de la Nouvelle-Hollande.
8me GENRE. — GLYCIE. GLYCIA. Chaudoir, 1842.
Bulletins de la Société de Moscou, t. XV. rXux'j;, doux.
Tête allongée, jointe au corselet par un col égal en largeur à la tête; palpes labiaux à dernier article très-fortement sécuriforme; maxillaires courts; menton fortement échancré, avec une dent forte dans l'échancrure; mandibules grandes, courtes, arquées, aiguës; lèvre supérieure très-plane; antennes minces, filiformes, longues; corselet cordiforme; écusson allongé; pattes minces, longues; tarses à articles coniques et longs.
Une espèce, Cymindis ornata, Klug, habitant la Russie, constituait seule ce genre; mais depuis, M. Chaudoir en a décrit une seconde, la G. unicolor de la Haute-Egypte.
M. Motschoulsky (Bull. Soc. Moscou, 1845) désigne, sous la dénomination d'Agatlius (a-^*8oç, courageux), un genre qui se rapproche beaucoup de celui des Glycia par la disposition des parties de la bouche et par la denticulation des tarses, mais qui s'en éloigne par la sculpture des élytres, du corselet et de la tête. Le type est la Glycia fasciata, Motschoulsky, de Sibérie.
Enfin la Glycia virgata, Motschoulsky, de Sibérie, ne doit pas rentrer dans ce genre; car il faut la mettre dans celui des Onialomorplia (Omalus, Omalus; |up?n, forme), dans lequel quelques espèces ont l'avant-dernier article des tarses de forme triangulaire, avec une excavation très-sensible en avant.