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se compose d'un grand nombre d'espèces dont les couleurs, habituellement sombres, sont quelquefois métalliques et variées de taches et de lignes plus claires. Malgré la petitesse de leur corps, elles présentent des formes très-appréciables, et les dispositions des taches, dont la plupart sont ornées, aident encore à les distinguer ; aussi peut-on dire que cette division est une des plus jolies et des plus agréables de tout le groupe des Carabiques. Presque toutes les espèces se trouvent dans le continent européen; les autres parties du monde n'en présentent qu'un nombre fort restreint. Partout leur manière de vivre semble la même, et, malgré les nombreuses espèces que l'on connaît, leurs larves, à une exception près, sont encore à découvrir.
Une particularité remarquable, et que nous devons signaler ici, a été étudiée à l'égard de quelques Subulipalpes; c'est que plusieurs espèces de cette tribu vivent submergées pendant plus ou moins longtemps et principalement sous l'eau de la mer.
En général, les insectes qui vivent dans l'eau sont peu nombreux , si on les compare à l'immense quantité de ceux qui respirent librement l'air atmosphérique, et c'est à peine si parmi les premiers on compte quelques espèces maritimes. Cette rareté les a fait remarquer des observateurs, et cependant on ne trouve mentionnés comme vivant sous la mer, pendant un temps variable du jour, que la Cicinclela maritima, les Stapliilinus marinas et tricornis, quelques Bledius et Pogomis, des Bembiditan, des JEpus et Cillenum, le Micralymma Johnstoni, et enfin V Achorytes maritimus, Guérin- Méneville. Un fait qui attire tout d'abord l'attention quand on examine ces insectes sous-marins, c'est qu'au lieu des pattes natatoires postérieures fortes, ciliées, aplaties en forme de rame desDystiques et des Hydrophiles, ils ne présentent que des pieds ambulatoires simples, remarquables seufement par le développement de leurs ongles terminaux. Il est facile, par conséquent, de dire à priori que ces insectes ne nagent pas, mais il ne l'est pas autant de savoir comment ils vivent quand la mer les recouvre. Ce qui embarrasse le plus, c'est de connaître leur mode de respiration, lorsqu'on se rappelle que des espèces voisines vivent constamment à l'air libre et que ces insectes marins, eux-mêmes, respirent l'air atmosphérique en courant sur le sable du rivage ou dans les fentes des rochers laissés à découvert par la marée basse. Audouin (Nouvelles Annales du Muséum, 1834) a publié un mémoire sur les mœurs de YJEpus fulvescens. Il avait gardé inédites pendant dix ans, tant il les trouvait extraordinaires, les observations qu'il avait faites sur cet jEpus dans l'île de Noirmoutiers. Ce naturaliste avait remarqué le séjour de ce petit insecte très-loin du rivage (200 toises environ), au milieu des fucus et sous les pierres; il avait de plus constaté l'absence des ailes sous les elytres, vu l'accouplement et la fuite rapide, sous un abri quelconque, devant la marée montante: enfin, et c'est principalement ce que nous voulons indiquer, il signale la couche d'air briiiaut qui entoure l'animal submergé en s'attachant à ses poils, et il explique par l'endosmose et l' exosmose le mode respiratoire de cet insecte pendant qu'il est sous la mer. M. Alexandre Laboulbène a donné, clans [totales de la Société entomologique de France (2e série, t. VII, 1849), à l'occasion de la description d'une nouvelle espèce <V/Epus [JE. Robinii), une autre explication qui semble assez naturelle, et qui est basée sur ce que la plupart des insectes que l'on a trouvés, lorsque la mer venait de se retirer, étaient engourdis, et que ce n'était qu'après un certain laps de temps qu'ils reprenaient leurs mouvements réguliers.
I • \[)li< atîon parait simple à .M. Alexandre Laboulbène et découle de ce fait observé, l'engourdissement et la perte du mouvement des insectes qui ont été submergés. D'après lui, ces /Epus vivent sous l'eau pendant une grande partie du jour, entourés d'une bulle d'air, et placés sous quelque abri. Si leur immersion se prolonge pendant longtemps, il admet (pie, respirant un air moins riche en oxygène, leurs mouvements respiratoires vont s' amoindrissant, qu'ils restent engourdis dans une atmosphère d'azote et qu'ils sont alors immobiles, ce qui a été observe; mais il ajoute à l'appoi 'le son hypothèse, et il est prouvé aujourd'hui par de nombreuses expériences, que les animaux supérieur-,, les mammifères el les Discaux, rivent très-longtemps dans un air qui ne renferme
qu une très-petite quantité d'oxygène, quand on a le soin d'enlever l'acide carbonique produit continuellement par la respiration. Or, telle est la condition dans laquelle les insectes sous-marins se
trouvent placés car l'eau dissout l'acide carbonique de l'air qui les environne aussitôt que le pre nrier gai s'est forme. Il probable aussi que la température de la mer, ordinairement diffé-
rente de celle de l'air ambiant, doit ralentir la fonction respiratoire. Enfin, en terminant cette di lion, que l on me pardonnera en raii on du sujel physiologique important qui en est l'objet, bjou-
184 • HISTOIRE NATURELLE
tons que M. Enchson, en parlant de la respiration des Parmi* et Eliras, qui vivent aussi sous l'eau, est d'un avis analogue à celui de M. Al. Laboulbène.
Depuis que ees observations ont été faites. M. Ch. Coquerel a été à même de trouver un très-grand nombre û\Epus Robinii aux environs de Brest, et il a recueilli de nouvelles remarques sur les habitudes de ce Coléoptère. Quand la mer vient de se retirer et que le sable est encore détrempé, on ne voit pas un seul insecte de cette espèce, car ils sont alors cachés dans de petits trous et à une assez grande profondeur, et ils n'en sortent que lorsque le sol commence à être moins humide : on les aperçoit alors courant avec la plus grande vitesse dès qu'on enlève la pierre sous laquelle ils se tiennent constamment. Placés dans un vase rempli d'eau de mer, les^Epus Robinii, après avoir été se cacher sous un abri qu'on leur avait préparé, sont restés pendant plus de dix-huit heures sans donner aucun signe de vie, et cependant, placés ensuite au soleil., ils ont bientôt après repris la vie et se sont mis à courir avec la plus grande vitesse. D'après cela, l'existence de ces curieux insectes est entièrement dépendante du phénomène de la marée, et on ne les rencontre que dans les lieux qui, à la haute mer, sont entièrement submergés. Quant à l'acte de la respiration, M. Ch. Coquerel pense que ces/Epus respirent de la même manière que les autres insectes, et qu'ils peuvent emporter avec eus une assez grande quantité d'air : 1° au moyen des poils assez longs dont leur corps est revêtu, et 2° au-dessous de leurs ailes. Si cette provision d'air ne suffisait pas, l'insecte demeurerait dans un état de torpeur et d'engourdissement qui ne cesserait qu'au moment où la mer se retirerait.
Ce qui a lieu sur les bords de la mer pour les JEpm et pour le Cillenum latérale, que l'un des membres de la Société entomologique de France, M. Ch. Javet, a été à même d'étudier en Ecosse, a lieu également dans les rivières, où les Perijphus et autres sous-genres de Brmbidimn se tiennent blottis sous les pierres. M. Rrullé dit qu'il lui est souvent arrivé de les surprendre accrochés à la face inférieure d'une pierre qu'il retirait du courant de l'eau.
Ces insectes courent-ils sous l'eau et y prennent-ils leur nourriture? Cela parait peu probable; il faut plutôt croire que leur submersion répond chez eux au repos nocturne ou diurne de leurs congénères terrestres; et, de plus, l'activité des Subulipapes, leur situation a proximité d'une proie succulente et inhabile à fuir, expliquent pourquoi ils ont à peine besoin de quelques heures par jour pour butiner et s'accoupler. On connaît d'ailleurs le jeune prolongé que supportent certaines espèces, et l'animal placé dans des conditions aussi spéciales a peu besoin de réparer ses forces.
La plupart des entomologistes placent les Subulipalpes, ainsi que nous l'avons fait, à la fin de la famille des Carabiques; mais quelques auteurs, se basant sur l'analogie qu'un grand nombre d'espèces présentent avec les Elaphrus, les mettent après notre tribu des Acanthognathcs.
Peu de genres sont admis dans la tribu des Subulipalpes, que nous partageons en deux divisions, les Tréchidcs et les Rembidionides.
Jyxenuccc <WifM
on-.
THÉCHIDES. TRECHIDM. Castelnau, 1SV*.
Études eniomologiqoes.
Palpes labiaux à dernier article au moins (h; la longueui du précédent.
Un petit nombre de genres entrent dans cette di\ision, et les principaux sont ceux des Trechus, partagés eux-mêmes en plusieurs sous-genres : Ooptenu, Calybe, Ega, Lachnophoms, etc
1" GENRE. - TRECHUS. TRECHUS. Clairville, 1806.
Entomologie helvétique.
Tft/tû, je cours.
Tête presque triangulaire; palpes labiaux à dernier article allongé, terminé en pointe: maxillaires
à pénultième article aussi long que le dernier, aussi gros que lui à son extrémité, mince à la base; lèvre supérieure courte, transversale, plus ou moins échancrée; mandibules peu avances, arquées, aiguës; menton avec une dent simple ou bifide au milieu de son échancrure; corselet carré ou cordiforme, quelquefois arrondi ; corps oblong, plus ou moins allongé ; élytres en ovale allongé ; pattes grandes; jambes antérieures fortement échancrées; tarses antérieurs des mâles à deux premiers articles fortement dilatés, le premier presque trapézoïde, le second triangulaire ou cordiforme, les deux derniers plus saillants en dedans qu'en debors.
Les Trcchus sont de petits Carabiques ordinairement d'une couleur roussàtre, ayant entre eux beaucoup de ressemblance; ils se tiennent ordinairement sous les pierres dans les endroits humides, et quelquefois peuvent même rester pendant plusieurs heures sous l'eau de la mer et des rivières. Les espèces que l'on trouve dans les montagnes sont presque toujours aptères, et leurs élytres sont proportionnellement plus courts et plus ovales.
Le genre Trcchus comprend plus de cinquante espèces, presque exclusivement propres à l'Europe; car, si l'on doit également en trouver dans les pays étrangers, et cela est trè^-probable, elles n'ont pas encore été étudiées avec assez de soin par les naturalistes voyageurs. Plusieurs genres ont été formés aux dépens des Trcchus, ou peuverrt rentrer dans ce groupe; tels sont ceux que nous allons indiquer, et que nous ne considérerons que comme des sous-genres.