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NEUVIÈME FAMILLE

PSELAPfflENS. PSELAPH1I. Brullé, 1835.

UUloire naturelle des Insecies.

Les caractères principaux des Coléoptères de cette famille sont les suivants : Palpes au nombre de quatre, inégaux, les maxillaires ordinairement de quatre articles; languette membraneuse assez petite, munie chez les l'sélaphides d'un appendice membraneux, et chez les Scydménides trilobée a l'extrémité; mâchoires membraneuses chez les premiers, cornées dans les seconds; mandibules cornées, aiguës; yeux nuls (Clavigcrilcs), assez petits [Psélaphites), grands, globuleux (Seyantenidesh antennes médiocrement longues chez les Psélaphes, longues et grêles dans les Scydmènes; élytres plus courts que l'abdomen dans les premiers, et recouvrant cet grgane dans les seconds; patles longues; cuisses renflées; tarses de trois articles dans les Psilaphides ou d'un nombre moindre, et constamment de cinq articles, dans les Scydménides.

Ces Insectes sont tous de très-petite taille, ne variant qu'entre deux et quatre millimètres, de coloration noirâtre jamais brillante, et ils se l'ont remarquer par la grosseur de leurs palpes maxillaires, qui sont toujours ou presque toujours saillants; celte particularité de leur structure avait fait donner à quelques-uns d'entre eux, par Latreille, le nom de Palpeurs; mais Ton y réunit les Psélaphes, que Latreille, en en faisant une section desTrimères, avait éloignés parce que ces Coléoptères n'ont que trois articles à leurs tarses, et que, suivant le plus rigoureusement qu'il lui était possible la méthode tarsienne, il ne pouvait les comprendre dans sa section des Pentamères. Mais aujourd'hui que la classification basée sur le nombre des tarses n'est plus généralement suivie, on a drt réunir les Psélaphes aux Palpeurs ou Scydménides et ne former avec les uns et les autres qu'une seule famille, qui, d'après le genre le plus connu qu'elle contient, a pris la dénomination de Psélaphiens.

I'i?. Ofi. — T'jchui mgtr.

Fig. 97 — Scydmœnus tlivijer.

Par quelques-uns de leurs caractères, et principalement par la brièveté de leurs élytres, un grand nombre de ces Insectes se rapprochent des Sinpliyïmicns. avec lesquels quelques auteurs, et

en particulier M. de Caste! nau, les oui même réunis; mais ils s'en distinguent par des caractères très-marques.

Les Psélaphiens doivent être partagés en deux tribus t,ue nous aurions même, ainsi que plusieurs entomologistes, considérées comme deux familles particulières, si nous n'avions craint t>c trop multiplier le nombre des divisions primaires. La première tribu, ou celle des Psélaphides, se reconnaît à ses tarses, qui n'ont que trois articles, et la seconde, celle des Scydménides, parce que ces organes ont cinq articles distincts : les Psélapbides n'ont que des élylres courts, atteignant le milieu ou les deux tiers au plus de l'abdomen, et les Scydménides ont les élytres assez grands pour recouvrir tout le ventre. Ou reste, chacun de ces deux groupes renferme des espèces qui ont des habitudes à peu près semblables; elles vivent cachées dans la mousse au pied des arbres, sous les feuilles tombées à terre, sous les écorces, sous les pierres, quelquefois dans les détritus végétaux et dans les fumiers, etc. On les rencontre parfois aussi dans les fourmilières, au milieu d'une peuplade de fourmis, qui ne leur font aucun mal. Vers la (in du jour, ordinairement après le coucher du soleil, les Psélaphiens sortent de leur retraite et se rendent sur les plantes herbacées, surtout dans les prairies qui avoisinent les forêts et les bois, et là on les prend quelquefois en grand nombre. Ils courent avec rapidité et volent parfois. Le printemps et le commencement de l'été sont les saisons les plus favorables à la transformation de ces Insectes, qui se montrent alors à l'état parfait; souvent même, à la lin de l'hiver, on les trouve en petites troupes, abrités sous les écorces des arbres et réunis indistinctement, Psélaphides et Scydménides; d'autres fois on les rencontre dans les nids des Fourmis.

Leurs premiers états sont encore inconnus, soit qu'ils vivent dans la terre à l'état de larve, soit qu'ils pénètrent dans la tige de quelques végétaux. On ne connaît pas encore leur anatomie interne. Les caractères à l'aide desquels on parait distinguer les sexes sont incertains chez les Psélaphides; ils consistent, chez quelques Scydménides, dans l'élargissement des tarses antérieurs, disposition propre aux maies, qui ont aussi les pattes et les antennes plus grosses, et sont, en général , plus petits que les femelles.

On ne sait pas d'une manière positive quel est leur genre de nourriture, et si elle est la même pour tous. Pendant longtemps on les a regardés comme ne prenant qu'une nourriture purement végétale; mais, dans ces derniers temps, on s'est assuré positivement que la plupart des Psélaphides étaient évidemment carnassiers, et l'on en a vu manger diverses espèces à'Acariis.el certains petits Insectes. Quelques-uns d'entre eux, les Clavigères, l'un des genres des Psélaphides, se nourrissent d'une toute autre substance, et nous allons dire quel est leur genre de vie, tout en développant plusieurs faits des plus importants de l'histoire de leurs mœurs.

Ces derniers Insectes vivent dans les fourmilières; malgré leurs palpes maxillaires terminés par deux crochets, ce ne sont pas des Coléoptères de proie, et il semble au contraire qu'ils se nourrissent de substances liquides élaborées parles Fourmis. Millier a consigné, dans le Magasin d'entomologie de M. Germar, des détails très-intéressants sur ce sujet et sur les mœurs en général du Clavigcr teslaceus, qu'il nomme fovcolalus, et nous croyons, malgré leur longueur, devoir les transcrire ici presque textuellement : « J'ai toujours trouvé, dit cet entomologiste, ce Clavigère dans le nid d'une petite Fourmi d'un rouge pâle, et plus rarement dans celui d'une autre Fourmi noirâtre et presque aussi petite. Sur une vingtaine de nids de Fourmis que j'ai examinés, il ne s'en trouvait qu'un seul habite par les Clavigères, mais quelquefois aussi ils y étaient au delà de trente individus. Quand on soulève les pierres sous lesquelles ces nids sont ordinairement établis, les Fourmis, troublées par ec dérangement subit, se séparent et cherchent à se réfugier dans les cavités du sol; mais ce qui est très-remarquable, c'est qu'on peut aussi voir quelquefois que les Fourmis, courant à l'enlour et ••tant alors tiès-occupées à transporter leurs jeunes larves, lorsqu'elles venaient à rencontrer un Clavigère, le saisissaient par le dos avec leurs mandibules et le portaient aussi dans l'intérieur de la terre.

t Chaque année, vers la fin de mars et au commencement d'avril, j'en trouvais quelques individus isoles dan-, chaque nid mais pins lard il- y étaient en plus grand nombre, et, pendant le mois de mai. je les voyais plus abondants encore, -e livrant à l'acte de l'accouplement et marchant, sans être aucunement inquiètes, au milieu d'un peuple de Fourmis. Ce fut là, pendant plusieurs années, l'unique résultat de mes recherches, et j'en conclus que ces Insectes, s'accouplant dans les fourmilières où on

i-24 histoire naturelle.

les trouve constamment, y pondaient aussi leurs œufs; que les larves qui en éclosaient y trouvaient leur nourriture, s'j développaient et se transformaient en nymphes à l'automne, pour se métamorphoser successivement au printemps. En 1817, ayant trouve une fourmilière qui renfermait quelques Clavigères dont plusieurs étaient accouplés, je répétai les mêmes observations; ainsi, dès que j'eus soulevé la pierre qui les recouvrait, je vis que les Fourmis qui s'enfuyaient de toutes parts emportaient avec elles plusieurs Clavigères. et je cherchai à reeonnaitre la cause de cette sollicitude des Fourmis et des rapports qu'il pouvait y avoir entre ces deux sortes d'Insectes. Je pris donc environ dix de ces Clavigères que je pus attraper, et à peu près une douzaine de Fourmis; je pris en outre une certaine quantité de petites larves de Fourmis, à différents états de développement, un peu de terre de ce même endroit et quelques brins de mousse que j'enfermai dans une bouteille assez grande et que j'emportai avec moi, en ayant soin de la bouclier de manière à ce que l'air pût y pénétrer. Quand celte bouteille, déposée sur une table, eut resté un certain temps sans être remuée, les Fourmis recommencèrent à travailler comme de plus belle, elles réunirent la terre et les brins de mousse, et se pratiquèrent pendant la nuit quelques galeries et quelques cavités dans lesquelles elles transportèrent leurs petites larves. Je les trouvai le lendemain matin aussi tranquilles que si elles eussent été dans leur fourmilière: elles ne couraient plus avec inquiétude ni ne cherchaient pas à s'échapper, et même, quand je pris la bouteille pour examiner, à l'aide d'une assez forte loupe, chacune de ses moindres parties, elles ne se troublèrent aucunement et continuèrent tranquillement leurs travaux accoutumés : lis unes arrangeaient et léchaient leurs jeunes larves, d'autres réparaient leur nid el transportaient de la terre va et là, d'autres se reposaient, ne faisant aucun mouvement 1 1 semblaient endormies, quelques-unes enfin étaient occupées à se nettoyer. Chaque Fourmi se livrait à» ce dernier soin autant qu'elle pouvait le faire seule, puis ensuite elles acceptaient l'aide d'une antre Fourmi pour nettoyer les parties de son corps auxquelles elle ne pouvait pas atteindre avec sa bouche ou ses pattes.

I''' leur côté, les Clavigères couraient çâ et là an milieu des Fourmis sans aucune inquiétude ou se tenaient en repos dans les galeries, qui étaient pour la plupart construites contre les parois de la bouteille; en un mot, leur contenance donnait à penser qu'ils se retrouvaient tout à fait dans leurs habitudes. Après avoir observe ainsi pendant quelque temps les allures de mes prisonniers el les avoir suivis des yeux, je remarquai tout d'un coup, à ma grande surprise, que, toutes les fois qu'une Fourmi venait à rencontrer un Clavigère, elle promenait sur lui ses antennes et le caressait doucement: puis, tout en continuant cette manœuvre, elle s'occupait à lui lécher le dos avec une certaine avidité. File commençait, pour cela, par le bouquet de poils jaunes qui s'élève de chaque côté des élytres, a leur angle postérieur et externe. La Fourmi écartait alors ses grosses mandibules dans toute leur largeur, puis, au moyen de ses mâchoires, de sa lèvre inférieure et de ses longs palpes, ee que j'ai vu très distinctement à l'aide de ma loupe, elle suçait le bouquet de poils dont je viens de parler avec beaucoup d'avidité et à plusieurs reluises en le saisissant de nouveau et tout entier entre les diverses pièces de sa bouche. Elle léchait ensuite toute la partie supérieure du dessous de son ventre el surtout la grande i avité qu'il offre à cet endroit. Celle opération était renouvelée toutes les Imit mi dix minutes, tantôt par une fourmi, tatitùt par une autre, et souvent même plusieurs Fourmis se mettaient ensemble après le même Insecte, s'il venait à en rencontrer plusieurs l'une après l'autre. Mais, dans ce cas, chaque Fourmi ne tardait pas à l'abandonner. Je vis clairement alors pourquoi les Fourmis laissaient vivre si tranquillement parmi elles les Clavigères; c'est qu'en effet ils leur fournissaient un mets très-délicat et qu'elles recherchaient avec beaucoup d'empressement. Ce (l'était point | riant un suc doux el mielleux tel que celui qui sort des deux appendices abdominaux des Pucerons, mais vraisemblablement une autre sorte de liquide fort de leur goût et servant peut-être a la nourriture de leurs larves. Quelque inléressante que fût cette observation, je fus encore plus surpris lorsque je vis que les Fourmis nourrissaient les Clavigères, et cela dans toute l'acception il,, ce terme, Quelque invraisemblable que puisse paraître à certaines personnes celte remarque elle n'en est cependant pas moins exacte, et ce fait, qui me semble absolument unique" dans son espèce, peul fournir une ample malien' a nos réflexions. En échange du liquide qu'elles retirent de leurs hôtes, les Fourmis leur fournissent non-seulement abri et protection, mais encore la nourriture, cl une nourriture convenable, qu'elles leur donnent de leur propre bouche. C'est un fait dont j'ai pu tant de fois m'assurer par les occasions les plus favorables, qu'il est impossible que je me

sois laissé tromper. Ne voulant pas voir mourir de faim en peu de jours mes Fourmis et leurs nourrissons tout à la fois, et envieux de pouvoir les observer aussi longtemps que possible, je dus naturellement songer à leur trouver une nourriture convenable. Dans ce but, je donnai à mes prisonniers, dont j'avais le même jour augmenté le nombre, en recueillant dans une autre fourmilière de la même espèce de nouveaux individus de Clavigères, de Fourmis et de petites larves, et que j'avais renfermés dans une seconde bouteille, quelques gouttes d'eau que j'introduisis à l'aide d'un pinceau dans l'intérieur de chaque bouteille, les laissant découler sur la terre ou sur quelque brin de mousse: j'y ajoutai quelques gouttes de miel étendu d'eau, quelques crains de sucre blanc et tendre, des morceaux de cerises et d'autres choses, afin qu'ils pussent choisira leur gré parmi ces aliments celui qui serait le plus de leur goût. Je pris ensuite une des deux bouteilles, afin de pouvoir m'assurer si «elle nourriture leur plaisait. Bientôt les Fourmis arrivèrent l'une après l'autre à l'un des endroits mouillés, s'arrêtèrent et sucèrent avidement, et bientôt il s'en trouva plusieurs réunies dans le même endroit. Quelques Clavigères vinrent aussi, mais ils continuèrent à courir sans y faire la moindre attention et sans goûter à quoi que ce soit. Cependant, quelques-unes des Fourmis, après s'être bien repues, quittèrent la partie et s'en allèrent en grande hâte. Elles furent rencontrées en chemin par d'autres Fourmis qui n'avaient pas encore trouvé les provisions; alors, s'arrêlant de part et d'autre, les Fourmis à jeun reçurent leur part du repas, après quoi les premières continuèrent à courir jusqu'à leurs petites larves, placées au fond du vase, et leur donnèrent à manger. Je commençais alors a chercher quelle autre nourriture je donnerais à mes Clavigères, qui ne goûtaient pas du tout à celle que je leur avais présentée, lorsque j'aperçus un de ces Insectes rencontré par une Fourmi bien repue s'arrêter ainsi que cette dernière. J'observai de nouveau d'une manière certaine que le Clavigère recevait sa nourriture de la bouche même de la Fourmi. A peine pouvais-je me convaincre de la réalité de ce fait, lorsqu'en même temps et dans plusieurs endroits de la bouteille, le même spectacle s'offrit encore à moi. Plusieurs de ces repas singuliers ayant lieu contre les parois du vase, je vis que chaque fois qu'une Fourmi rassasiée rencontrait un Clavigère encore à jeun, ce dernier, flairant- pour ainsi dire l'odeur du repas, semblait lui en demander sa part en élevant vers elle sa tète et ses antennes. Ils s'arrêtaient alors tous les deux et restaient immobiles. Après quelques tâtonnements réciproques et quelques caresses à l'aide de leurs antennes, la tête de l'un dirigée contre la tête de l'autre, le Clavigère ouvrait la bouche, la Fourmi en faisait autant, et les parties intérieures de sa bouche, devenues saillantes, livraient au Clavigère la nourriture en question, que celui-ci suçait avidement avec sa lèvre et les lobes de ses mâchoires. Puis ensuite chacun de ces deux Insectes s'occupait à nettoyer les parties intérieures de leur bouche en les faisant sortir et rentrer alternativement, et ils continuaient ensuite à courir comme auparavant. Chacun de ces singuliers repas durait ordinairement de huit à douze secondes, après quoi la Fourmi se mettait à lécher à la manière accoutumée le bouquet de poils du Clavigère. C'est ainsi que, dans mes deux flacons, tous les Clavigères qui s'y trouvaient recevaient chaque jour plusieurs fois leur nourriture, et cela aussi souvent que je renouvelais leurs provisions, et surtout leur eau, qui paraît être pour les Fourmis un de leurs plus grands besoins. Jamais je ne vis un des Clavigères goûter lui-même aux substances que je leur donnais, soit du sucre, soit des fruits, si ce n'est qu'ils léchaient quelquefois les traces de l'eau qui découlait le long des parois du vase. » *

.M Muller a répété les mêmes observations sur un autre Clavigère qu'il regarde comme devant former une espèce distincte, mais qui n'en est réellement qu'une simple variété, et il lit les mêmes remarques. Malheureusement, depuis, les faits si singuliers étudiés par le savant entomologiste allemand n'ont pas été répétés d'une manière complète, et on n'a pu s'assurer s'ils étaient réellement vrais dans tous leurs •détails. Toutefois, quelques remarques ont élé faites sur le même Insecte par MM. Jacquelin-Duval et I.espès, et ont été indiquées delà manière suivante dans les Annales de l'i Société enlomologiquc île France pour l.sî'j (Hulleiin, p. lxxii) : «.Au commencement de juillet lavons Msité, à Toulouse, un nid de Fourmis brunes et d'une petite espèce, dans lequel quelque temps -auparavant M. Lespès avait pris une douzaine de Clavigcr teslaceiu, Preysler (C. [ovcolalus, Millier) : le nid détruit n'avait pas été redit; à sa place se trouvait un trou; cependant, ayant creusé < t défait les bords, MM. Jacquelin-Duval el Lespès ont trouvé plusieurs canaux souterrains dans lesli 1rs Fourmis s'étaient réfugiées, et c'est là que ces entomologistes ont repris des Changer au nombre de soixante-quinze. Mais, ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que ce Coléoptére se tenait

sur les petits las d'u-ufs et de larves disposés de temps en temps dans les galeries, et que, dans les i anau dépourvus d'oeufs, on n'en trouvait presque aucun, » A ce fait important sur les mœurs de ces Insectes, H. Jacquelin-DuYal ajoute que les Claviger l'ont les niorls quand on les importune; qu'ils courent assez vite, et que, quoique dépourvus d'yeux, ils savent parfaitement se diriger, évitant très-bien les obstacles que l'on place devant eux, et, lorsqu'on les fait marcher sur un papier, ils savent changer subitement de direction quand ils sont arrivés sur le bord.

Quelque désir qu'eût M. Millier d'observer les métamorphoses de ses Insectes, il ne put y parvenir. Tout ce qu'il put découvrir à ce sujet, ce fut l'enveloppe encore fraîche d'une nymphe; cette enveloppe, de forme ovalaire, avec l'extrémité postérieure tronquée et munie de deux petites

Saillies latérales, se distinguait surtout par la présence de deux sortes de cornes terminées en massue situées à la partie antérieure, et qui paraissent être les fourreaux des antennes. A Ja partie postérieure, qui parait divisée en plusieurs articles, on aperçoit de chaque côté deux pattes articulées et terminées par un petit crochet

Linné connut quelques Psélaphides, qu'il classa parmi les Stapliylinus, tandis que Fabricius rangea les siens avec les Autliieus, genre avec lequel ils n'ont cependant que des rapports trcs-éloignés. liepuis les travaux de ces deux auteurs, le nombre des espèces connues s'augmenta peu à peu, te qui engagea lieiclanbach (Monoyrapliia Pselapaorum) à publier une Monographie de .ces Insectes en 181G. Plus lard, en 1825, M. Denny (Monoyrapliia Pselaphidorum et Scydmwuidorum llriiiuiuiir) entreprit un semblable travail, dans lequel il se borna aux espèces propres à l'Angleterre. De son côte, Leach [in Edinburg Encyclopedia, 1810, et inthe Zooloyical Miscellany,on descriptions ofncw, rare, on bighly iutcrcstiuy animal», 1814) avait étudié les Psélaphes sous le rapport de leurs formes, et avait proposé de les diviser en plusieurs genres. On doit, en outre, la connaissance de plusieurs espèces de cette famille à Preysler ( Vcrzcicliniss Bohmischer Insekten, 1 71UI), a Miiller [in Magasin Entomologie von Gennar, 1815, 1817, 1818, 1821), à Dalmann (Om Inseckten inneslatne i copal, 1826), à MM. Gory [Magasin de zoologie de M. Guérin-Ménevilli'), Ilope (Transactions of l.undon cnluni. Soc.), Chaudoir et de Motschoulsky (Mémoires de la Soeiété des naturalistes de Moscou pour 1845), etc. Mais presque tous les travaux que nous venons de citer, et tous ceux des auteurs qui, comme Latreille, Gyllenhall, llliger, Sturm, Panzer, et, ainsi que MM. de Castelnau, Brullé, E. Blanchard, etc., ont publié des travaux généraux sur les Coléoptères, tous ces travaux, dis-jc, se trouvent résumés dans l'excellent ouvrage que M. le docteur Aube a publié, en 1854, dans le Magasin de zoologie de M. Guérin-Méneville, sous le litre de Pselaphioruni Monoyraphia, et dont il a donné, en 1814, dans les Annales de la Société entomologiqite de France (2° série, t. II), une révision complète, que nous suivrons presque complètement ici. Enfin nous citerons un travail de M. Le Conte, publié en 1848 dans le Journal of natural llislory de Boston, vol. VI, cl dans lequel l'auteur décrit ics diverses espèces américaines de Psélaphides et en fait connaître plusieurs nouvelles, ainsi que sept genres également nouveaux. Les Seydméuides ont également donné lieu a d'assez nombreux travaux; nous venons de parler de quelques-uns d'entre eux, et nous nous bornerons maintenant à citer les monographies qu'en ont publiées MM. Huiler et Kunze, dans les/Ic/cs de» (.mieux de la nature de Lcipsick pour 1823; les notices de M. de Castelnau, publiées, en 180'J, dans les Annale» de In Société entomologigue 'de France, et dans ses Etude» enlomologiques, et surtout le travail qu'en a donné M. Schaum, en 1844, dans le tome Ve du Zeitschrift fur die Entomologie mu Gertnar.

Aujourd'hui, le nombre des espèces décrites s'élève à plus de deux cent cinquante, réparties dans uni quarantaine de genres, et, comme ce n'est que depuis plusieurs années que l'on en a fait coudes espèces exotiques, surtout un grand nombre d'espèces américaines, tout en ne négligeant pas l'étude des indigènes, nul doute que ce nombre ne s'augmente considérablement bientôt. Presque toutes les espèces appartiennent à l'Europe, un nombre assez considérable cependant aux deux Amériques, et quelques-unes a l'Afrique et à l'Asie. Enfin, une espèce de Balrisus provient de la terre de Van Diemen. En outre, deux espèces se trouvent dans la gomme copal, et constituent les genres Temnodera ci Attireras.

Ainsi que nous l'avons dit, nous les divisons eu deux tribus, les Psélaphides et les Seydméuides

rui'Mii r.i TRIBU.

PSÉLAPHIDES. l'SELAPHW/E. Blanchard, 1848 Histoire naturelle tics Insectes, Didoi.

Mâchoires à divisions semi-cornées, ciliées en dedans, l'externe plus longue que l'interne; palpes maxillaires de un, deux ou quatre articles, généralement très-longs: labiaux de un ou deux articles; menton tronqué, avec une languette semi-membraneuse, très-petite, peu apparente, et se confondant souvent avec les paraglosses. qui sont très-grands, et garnis de soies en dedans; mandibules cornées, aiguës et dentées en dedans; antennes en massue, ou moniliformes, rarement coudées; élytres tronques, ne recouvrant pas l'abdomen : ce dernier de cinq segments; pattes allongées; tarses de trois articles, terminés par un ou deux crochets.

Celte tribu comprend les Psélaphiens proprement dits, et a été considérée, par la plupart des auteurs, comme une famille distincte, et, par quelques autres, comme formant avec les Scymnénides et les Staphyliniens une seule et même division; elle a porté successivement les dénominations de Pselaphii, Latreille; Psetaphidca, Leach; Pselapltidœ, Denny; Pselaphi, Reichenbacb, Aube, etc. Elle comprend de petits Insectes provenant de presque toutes les parties du monde, mais surtout de l'Europe, et est partagée en quatre divisions distinctes : celles des Psclaplihcs, Clavigériles, Adranites et Articcritcs (1).

.AïCIUtt'KC Ot

ICUMCIt .

PSÉLAPII1TES. PSELAPlllTES. Noliis, 1851.

Antennes de onze articles.

Cette division, sauf les Claviger, Adranes, et Arlicertu, comprend tous les genres de Psélaphides, et correspond a la première section de M. le docteur Aube. Elle comprend vingt-cinq groupes génériques, la plupart indiqués par M. Aube, et dont huit, ceux des Ceophyllus, Ccd'ius, Tmesiphorus, Eupsomus, Arthmius, llhcxius, Le Conte, Amaurops, L. Fairmairc, et Trichonyx, Chaudoir, ont été créés depuis la publication de la dernière édition de sa Monographie, en outre, elle renferme plusieurs groupes génériques, tels que ceux des Picichcnbacliia, Ârcopagus, Kunxea et Temnodera, Leach, qui ne sont pas adoptés par l'entomologiste français que nous prenons pour guide. Chez les uns, les tarses sont terminés par deux crochets inégaux ou égaux, tels sont les genres Metopias, Bulrisus, Tyrus, Ctenistes, etc., et, chez les autres, les tarses ne sont terminés que par un seul

(t) Latreille Rtjne animal de G. Cuvier, I. V, 1 8*29) avait reconnu la place que l'on assène aujourd'hui à ces Inseclcs tout en les en éloignant beaucoup, parce qu'il croyait devoir suivre rigoureusement la méthode tarsienne En effet, il dit

que, par leurs élytres court-, tronqués, el ne recouvrant qu'une partie de l'abdomen, il t une certaine ressemblance avec

I iphylins, et notamment avec li es; mail que celte dernière partie du corps est cependant beaucoup plus

courte, br^e, très-obtuse, et arrondi.' postérieurement II (joute, i ta caractères des Psélaphides, que leurs antennes

•ont terminées en massue ou plus g es sera le bout, n'ofn ml quelque lis que six articles; que les palpes maxillaires

•ont ordinairement fort grands; que les articles des tarses son! entiers, 1 1 que le premier, beaucoup plus court que les •ui> ■■■ -t peu apparent au premier coup d'œil ; cnlin que le dernier n'est, le plussouv.nl, terminé que

pjr un seul erocbel.

crochet, comme dans les genres Pselaphus, Bnjaxis, TijcIius, Btjthinus, Eupleclus, etc. Quant à la patrie des Coléoptères de cette division, elle varie beaucoup; la plupart sont européens, un assez grand nombre toutefois sont propres à l'Amérique, et quelques-uns sont particuliers à l'Asie et à l'Afrique

I" GENRE. - MÉTOPIE. METOP1AS. Gory, 1832.

Magasin Je zoologie de M. Cuerin-Mént-ville. Mtramac, qui a un grand Iront.

Corps assez allongé, convexe; tête triangulaire, avec un prolongement long sur lequel sont insérées les antennes, et situé en avant sur le front; labre transversal, à trois lobes, celui du milieu muni de deux appendices membraneux, petits; mandibules aiguës, à cinq ou six dents; niàcboires ciliées, à divisions presque égales en longueur; palpes maxillaires de <] atre articles, le <^\^<^-. V premier très-petit, le deuxième très-long, légèrement arqué, et

S* un peu en massue à l'extrémité, le troisième allongé, presque

cylindrique, le quatrième fusiforme, légèrement dilaté en dedans, v >o\ terminé par un très-petit appendice membraneux; menton coupé

\H | ^y presque carrément; languette très-petite; palpes labiaux de deux

~!a articles, le premier très-petit, le deuxième très-long, muni, à son

■ / extrémité, de trois soies membraneuses, l'une tout à fait en

dehors, une deuxième en dedans, bifide a son extrémité, et ac- II compagnée, a son côté externe, d'une troisième soie très-petite;

i X\-~ \ paraglosses très-longs, arrondis à leur extrémité, et garais, en

f ir* \^r~ ^ N dedans, de soies très-espacées; antennes coudées, à premier article très-long, et formant à lui seul plus du tiers de leur longueur; corselet oordiforme; élytres assez longs; tarses de trois x articles, le premier très-petit, les deux suivants presque égaux, et

* ^ le dernier terminé par deux crochets inégaux.

Fig. 98 — Mtiopiat eureutimmdu. Ce genre a été crée par H. Gory, et adopté par M. le docteur

Aube dans son ouvrage intitulé Psetaphiorwn Monographia; M. de Castelnau (1835, Etudes cntomoloyiques, et 1840, llist. des Ins.) en a changé la dénomination en celle de Marnax (|*ap /mai, je combats), parce que, dit-il, ce nom était trop voisin de celui de Metopitu, employé pour désigner un groupe de l'ordre des Hyménoptères; mais ce changement n'a pas -dû être adopté par les entomologistes moderne . car, si on l'avait admis, il aurait fallu changer en même temps les noms d'un très-grand nombre de genres qui sont dans le même cas.

On ne range dans ce genre qu'une seule espèce, trouvée aux environs de Cayenne par M. Th. Lacordaire, et que M. Gory a nommée Metopias curcul'wno'ides; elle est d'un roux châtaigne, fortement veloutée; c'est la plus grande espèce connue de tous les Psélaphides

2« GENRE. — BATRISE. BATRISUS. Aube, 1853.

Pselapnorom monograpbia, iu Annales delà Société entomolojiqaede France, t. Il, «Magasin de zoologie. Nom sans aucune signification.

Fig. 99. — Balrisua Brullex.

Corps allongé, convexe; tête globuleuse, présentant de chaque côté une fossette pour l'insertion des antennes; labre transversal, largement échancré au milieu, où il est muni de trois petits appendices membraneux; mandibules aiguës, à cinq ou six dents; mâchoires à lobes inégaux, ciliés en dedans, l'externe beaucoup plus long que l'interne; palpes maxillaires de quatre articles, le premier très-petit, le plus généralement à peine visible, le deuxième très-long, un peu renflé à son extrémité, le troisième petit, un peu triangulaire, le dernier fusiforme, terminé par un petit appendice membraneux; menton coupé presque carrément; languette très-petite; palpes labiaux de deux articles, le premier très-petit, le deuxième très-long, muni, à son extrémité, de deux soies membraneuses, l'une externe, l'autre interne, qui offre un très-fort grossissement, et paraît vaguement biarliculée; paraglosses très-longs, arrondis à l'extrémité, et garnis, en dedans, de soies très-espacées; antennes moniliformes, un peu renflées à l'extrémité; corselet trapézoïdal, souvent marqué de sillons longitudinaux; élytres très-convexes; abdomen nullement rebordé; pattes longues; cuisses renflées; tarses de trois articles, le premier

très-petit, les deux suivants allongés, presque égaux, le dernier terminé par deux crochets inégaux; antennes présentant, dans les mâles, une petite dent épineuse, placée à la base et en dedans du dernier article.

Ce genre a été créé par M. Aube pour de petites espèces placées précédemment avec les Pselaplius et les Bnjaxis. Le même entomologiste y réunit un Insecte très-remarquable, découvert dans le succin, et que M. Hope a fait connaître sous la dénomination de Tcmnoclcra testacea : tout en reconnaissant avec M. Aube que, d'après les caractères et la ligure du savant naturaliste anglais on peut probablement avec raison le rapporter au groupe des Balrisus, nous avons cru toutefois, d'après l'importance de son habitat, devoir en traiter séparément.

On ne connaissait qu'une douzaine d'espèces de ce genre, et elles sont indiquées comme principalement répandues dans l'Europe tempérée et l'Amérique; mais M. Le Conte vient d'en décrire dix nouvelles propres à diverses provinces de l'Amérique, telles sont les Balrisus Jonœ, de Géorgie, ferox, frontalis, bistriatus, de Pennsylvanie, etc. : une autre espèce ( Balrisus Dregei, Aube) est particulière au cap de Bonne-Espérance; une autre (B. Auslralis, Erichson) habite la terre de Van- Diemcn, et, enfin, une dernière a été signalée par M. de Motschoulsky {B. thoracicus) comme ayant été prise en Géorgie dans un nid de la Formica capitula. Latreille.

Les espèces européennes, et il en est très-probablement de même pour tout le genre, vivent en société avec différentes Fourmis qui ne sont pas toujours les mêmes pour chaque espèce. Celles que nous indiquerons sont le Balrisus formicarius, Aube, que Ton trouve dans toute l'Europe tempérée, mais qui est rare aux environs de Paris, où on le rencontre, sous les mousses au pied des vieux chênes, en société avec la Formica emarginata; Delaporti, Aube, que l'on prend, mais rarement, dans toute l'Europe tempérée, avec la Formica emarginata et la Mijrmica rubrovenusta , Reich (Bnjaxis nigriventris, Denny; Balrisus Brullcii et Buqucti, Aube), qui se trouve assez communément dans presque toute l'Europe, où il vit, comme ses congénères, en société avec de petites Fourmis, sous les écorces ou dans les vieux bois; le B. oculatus, Aube, qui habite la l> mee, l'Autriche, la Styrie, etc., et que l'on a également trouvé dans les environs du Mans, dans une vieille souche de charme, aussi occupée par une petite société de la Mi/rmica rubra, et outre quelques-unes de M. Le Conte, que nous avons déjà indiquées.

S" GENRE. - TEMNODÈRE. TEMXODERA. Hope, 1857.

Transactions Enioaiological Society of l.onJon. Teiivu, je coupe ; #E?r„ col.

Tête recourbée, atténuée antérieurement, dilatée, noduleuse postérieurement; palpes probablement de trois articles, les deux premiers égaux, le troisième plus du double plus long, allongé-ovalaire, atténué à I extrémité; antennes de onze articles, le premier épais, le deuxième un peu plus petit, les six suivants presque égaux, subtrigones, les neuvième et dixième annelés, allant en décroissant sensiblement de longueur, le dernier allongé-ovalaire, conique à l'extrémité; corselet arrondi, semi-circulaire postérieurement, avec de fortes impressions; élytres ovalaircs, brusquement tronqués en arrière; abdomen presque ovalaire, bossu, .n'égalant pas les élytres en longueur; pieds très-longs, à fémurs droits, épaissis, à tibias et à tarses grêles.

Ce genre curieux ne comprend qu'une seule espèce, qui a été trouvée dans le Succin, c'est le Tcmnodera (estacca, Hope, que M. le docteur Aube regarde comme une simple espèce du genre Rulrisus; son corps est aussi bien supérieurement qu'inférieurement d'un rouge testacé pftle; 1e corselet est globuleux, incisé en dessus; les élytres sont ovalaircs, brusquement tronqués; les pieds sont très-longs.

Il est difficile, ainsi que le fait observer M. Hope, de décrire avec une très-grande exactitude les dessins et la couleur du dessus du corps de cet Insecte à cause des reflets de la résine dans laquelle il est contenu. La forme singulière du corselet a valu au genre le nom qu'il porte.

4"' GENRE. - FARONE. FARONUS Aube, 1844.

Annales de la Société entonmlogique de Franco. Nom sans aucune signification.

Corps allongé, déprimé; tète ayant un double tubercule frontal pour l'insertion des antennes: celles-ci moniliformes, presque insensiblement renflées delà base à l'extrémité; palpes maxillaires de quatre articles : le premier très-petit, le second allongé, en massue, le troisième assez petit, triangulaire, le quatrième de médiocre volume, ovoïde et terminé par un petit appendice membraneux; élytres déprimés; abdomen déprimé, largement rebordé; pattes assez longues; tarses de trois articles : les deux premiers très-petits, le troisième beaucoup plus long que les deux précédents réunis, et terminé par deux croebets égaux.

Par la disposition des crochets de ses tarses, le genre Faronus doit être placé auprès de celui des Batrisus, mais toutefois il a la plus grande analogie déforme avec les Euplcctus, dont il diffère par l'insertion des antennes et par les tarses, dont les deux premiers articles sont très-petits et le dernier terminé, ainsi que nous l'avons déjà dit, par deux crochets égaux. Les palpes maxillaires, à en juger par l'inspection à l'aide d'une simple loupe, sont en tout

semblables à ceux des Euplectcs.

On ne connaît qu'une seule espèce de Faronus, F. Lafcrtci, Aube, dont jusqu'ici on n'a encore

trouvé qu'un seul individu; c'est auprès de Chinon, et en battant de vieux fagots, que M. delà Ferté-

Séneclère a découvert celle espèce. M. Le Conte en décrit une seconde espèce, le Faronus Tobulœ,

de la Géorgie; mais ce n'est qu'avec douie qu'il la range dans ce genre.

Fig. 101.1. — A'aroniu Lafiriei

Fie. I. — Plolocopus discolor

Fig, 2. — Elniriphora callosa.

Fie. 3. — Olesterus mtstratis.

pi», 4 -, nodcrei amœmu.

Fig. ■'>. iluiica ùitœniala.

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