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HUITIEME TRIBU

P1EST1TES PIESTITES Ericlison, 1840 Gênera ei Species Siai>liy!inoruni.

Labre court, transverse, sinué vers le milieu de l'extrémité, corné, présentant deux lanières de forme et de structure différentes; mandibules fortes, dentées, proéminenles, souvent droites, d'autres fois mutiques, et, dans quelques cas, cornues chez les mâles; mâchoires à lobes variables; palpes maxillaires filiformes, à premier article petit; palpes labiaux courts, filiformes; menton corné, excepté dans la portion qui couvre la languette; celle-ci membraneuse, souvent bilobée; paraglosses n'existant pas dans le pjus grand nombre des espèces, et réunis à la languette chez quelques-uns; antennes insérées sous la marge latérale du front, de onze articles, droites, filiformes, quelquefois de la longueur du corps; tète comme sortant du corselet sans col distinct, légèrement rétrécie vers la base; corselet entièrement corné, souvent de la largeur des élytres, remontant au delà de ces derniers organes ou appliqué à leur base; écusson distinct; élytres de la longueur de la poitrine; abdomen composé de six segments, le septième n'étant pas visible, de forme variable, suivant les genres; pieds très-courts, très-forts, à hanches antérieures petites, globuleuses, à tibias, surtout les antérieurs, quelquefois épineux, ou bien mutiques; tarses de cinq articles simples.

Cette tribu, qu'Erichson indique sous le nom de Pïesiini, est principalement caractérisée par lui, ainsi : stigmates prothoraciques cachés; hanches postérieures transverses, les antérieures globuleuses, non avancées; trochanters postérieurs simples. Elle est très-voisine de la tribu des Oxytélites, avec laquelle Latreille la confondait; la structure du labre est semblable dans toutes les deux, mais les Piestiles se distinguent très-facilement par leurs hanches antérieures globuleuses, non découvertes, et par leur abdomen dans lequel le septième segment n'est jamais visible. En général, on remarque sur le front des mâles des cornes ou des épines. Quant aux différences sexuelles, elles sont les mêmes que celles que nous avons déjà signalées et se trouvent particulièrement dans la composition des derniers segments abdominaux.

Les l'iestites sont des Insectes qui, presque tous, vivent sous les écorces plus ou moins putréfiées des arbres, et ce n'est que rarement et peut-être même accidentellement que l'on en rencontre quelques-uns sur le sol. Ce sont, pour des Staphyliniens, des Insectes d'assez grande taille, remarquables par le grand aplatissement de leur corps et leur forme toute particulière. On sait peu de choses sur leurs mœurs, et l'élude de leurs métamorphoses n'a encore été qu'ébauchée; c'est ainsi que M. Th. Lacordaire, comme nous le dirons, a donné la description d'une larve et d'une nymphe qu'il suppose, avec quelque fondement, devoir se rapporter au genre des Piestus, plus connu, en France au moins, sous la déQomination de Zirophorus, et que M. Westwood a parlé de la larve du Pro- (inaiha tfuadnooriùt.

Les espèces rangées dans celte tribu ne sont pas très-nombreuses, car on n'en a encore décrit qu'une cinquantaine; elles se rapportent à toutes les contrées du globe, exceplé à l'Océanie; mais

c est surtout l'Amérique qui en fournit le plus; viennent ensuite l'Afrique, surtout l'île de Madagascar, l'Asie et enfin l'Europe, où on n'en a signalé que deux espèces seulement.

Erichson ne plaçait dans cette division que six genres, ceux des Lcpiochirus, Lispinus, Piestus (Ziropliorus), Prognalha, Isomalus et llypotelus; nous y joindrons ceux des Eleusis et Chasolium, qui, nous l'avouons, ne sont peut-être pas très-distincts de ceux des Piestes pour le premier, et des Isomales pour le second.

1er GENRE. - LEPTOCHEIRE. LEPTOCHIRVS. Germar, 1824.

Suecies Insecioruni novoium. , \eitto;, léger; jr.etp, main.

Fig. ^4. — lep.'ocAtVu»

Jai-.iHic.ii

Corps de médiocre grandeur, allongé, déprimé, ailé, a abdomen rétréci, cylindrique; tète découverte, droite, presque carrée; yeux petits, arrondis, proéminents; labre émarginé, à lanières membraneuses longues; mandibules fortes, droites, très-dentées; mâchoires à lobes membraneux; palpes maxillaires à premier article petit, deuxième allongé, en massue, troisième plus de moitié plus court, obeonique, quatrième un peu plus grand que le troisième, cylindrique, acuminé à sa terminaison; lèvre à menton rétréci; languette bifide, à lanières linéaires, divergentes, membraneuses; palpes labiaux presque égaux à la languette, à deux premiers articles cylindriques, troisième plus petit, acuminé; antennes légèrement plus longues que la tête et le corselet, à premier article grand, en massue, second petit, globuleux, les autres moniliformes; corselet de la largeur des élytres, carré; écusson petit, triangulaire; élytres presque carrés, à angles postérieurs arrondis; abdomen de moitié plus étroit que les élytres, presque cylindrique; piedscourts, à fémurs épais, et tibias étroits; tarses très-courts, débiles, à quatre premiers articles petits, égaux.

Ce genre, qui renferme des espèces d'assez grande taille pour des Staphyliniens, était confondu avec les Ziropliorus, dont il se distingue aisément, et avait reçu de Leach le nom de Irenœus (npnaioc, tranquille). Leur corps présente quelques poils; le corselet a une ligne canaliculée de points enfoncés, et les élytres sont lisses. On en connaît une dizaine d'espèces propres à l'Amérique méridionale, à Java et à Madagascar. Le type est le Lepioclûrus maxillosus, du Brésil, que Fabricius rangeait dans le genre Cucujus, et qui a reçu de M. Perty le nom de L. brunneoniger, et de M. de Castelnau, celui de L. Cayermemis; une espèce de Java porte la dénomination de L. unicolor, Castelnau, et une autre de Madagascar, celui de L. ebenimts, Erichson. Ces Insectes se trouvent généralement sous les écorces des arbres en voie de décomposition.

2"" GENRE. - LISPINE. LISPIAUS. Erichson, 1840.

Gênera el Species Slaphylinorom.

Aiairo;, maigre.

Corps linéaire, un peu déprimé, ailé; tête droite; yeux arrondis, peu proéminents; labre petit, avec deux lanières triangulaires, membraneuses; mandibules simples, falciformes, mutiques, peu proéminentes; palpes maxillaires courts, à premier article petit, second long, obeonique, troisième court, très-épais, quatrième long, cylindrique; lèvre à menton rétréci; languette assez ample, trilobée, à lobes latéraux larges; palpes labiaux un peu plus longs que la languette, à articles égaux en longueur; antennes à peu près de la longueur de la tête el du corselet, très-épaisses, a premier

Fiji 7ô. — lîs/imii anguslatut

et troisième articles un peu plus longs que les autres, qui sont transverses; corselet carré, appliqué contre la base des élytres; écusson petit, triangulaire; élytres tronqués; abdomen linéaire, légèrement déprimé; pieds courts, à fémurs très-épais, comprimés, à libias minces, tous mutiques; tarses petits.

Les Lispimts se distinguent particulièrement des Leptochirus par leurs mandibules et leurs tibias mutiques. Leur corps est glabre, souvent ponctué, et avec des élytres présentant des stries vers la suture. C'est à Erichson à qui l'on doit la description des sept espèces qui entrent dans ce genre, et qui proviennent, pour la plupart, du midi de l'Amérique. Comme type, nous indiquerons le Lispimts attcnuaius, Erichson, de l'Ile de Puerto-Rico, ainsi que \'L. angustatus que nous figurons.

5"" GENRE. - ELEUSIS. ELEUSIS. Castelnau, 1855.

Études eniomologiqucs. Nom mythologique.

Antennes longues, à articles allant en grossissant jusqu'à l'extrémité; palpes terminés par un article court, grêle et pointu; corps déprimé; tête très-grande, carrée; mandibules avancées, arquées; corselet très-court, moins grand que la tête, tronqué en avant, presque en demi-cercle en arrière; élytres carrés; abdomen très-déprimé.

Erichson n'a pu avoir cet Insecte en nature lorsqu'il a fait son grand travail de révision sur la famille des Staphyliniens; mais il croit qu'il ne diffère pas notablement des Pieslus, et qu'il doit probablement y être réuni.

D'après M. de Castelnau, ce genre ne renferme qu'une seule espèce propre à Madagascar, et à laquelle il a appliqué la dénomination d'Eleusis tibialis.

4" GENRE. - PIESTE. P1ESTUS Gravenhorst. 1806.

Monographia Brarlielylrorura.

IliejTo;, comprimé.

Corps d'assez grande taille, oblong, déprimé, ailé; tête plus étroite que le corselet; yeux petits, peu proéminents; labre transverse, tronqué à l'extrémité, à angles antérieurs arrondis, et avec des lanières membraneuses, étroites, linéaires; mandibules fortes, dentées; mâchoires a lobes membraneux; palpes maxillaires à premier article petit, second allongé, un peu arqué, troisième moitié plus court, quatrième un peu plus long que le second, cylindrique, obtusément acuminé vers l'extrémité; lèvre à menton arrondi en avant; languette membraneuse, coupée au milieu, tronquée à l'extrémité; palpes labiaux courts, dépassant à peine la languette, a articles de longueur égale; antennes allongées, à premier article très-long, deuxième petit, obeonique, troisième long, les suivants cylindriques, pubescents; corselet de la largeur des élytres, transverse, carré; écusson petit, triangulaire; élytres tronqués; abdomen à peine plus étroit que les élytres, moins long, à pénultième article un peu plus long que les autres, et à dernier obtus; pieds courts, à fémurs très-épais, à tibias étroits: les antérieurs avec des crénelurcs à l'extérieur, et les postérieurs mutiques; tarses à quatre premiers articles égaux, le dernier grand, et presque de la même longueur que tous les autres réunis.

Chez les Pieslus, le corps est pubescent; la tète, le corselet et les élytres, sont très-glabres; quelques stries se remarquent sur diverses parties. Une espèce de ce genre, connue par Fabiicius, était placée avec les Cucujus; Olivier en décrivit une seconde, qu'il range avec les Oxylelus; une troi

sième, que fit connaître Gravenhorst, lui servit de type pour le genre Piestus. Plus tard, Datman [Acla Holmiœ Vctensk., 1821) donna à ce groupe le nom de ZinoruoRE Zirophorus (Çeij«, mitre; capot, porteur), et cette dénomination fut adoptée par Latreille, ainsi que par la plupart des entomologistes français, et comprit en même temps que les Insectes de ce genre, ceux que Germar dési. gnait sous le nom de Leptochirus. M. Gray (Anim. kiugd., t. XIV, 1852) créa le genre Tricliorijne (»piÇ, poil; Mpwn, massue) pour un Insecte de Cuba [Trichoryne slriata), qu'Erichson rangea dans le genre Piestus (P. ertjlhropus). C'est à M. de Castelnau que l'on doit d'avoir restitué a ce groupe le nom de Gravenhorst, et son exemple a été suivi par Erichson.

Dans quelques mâles, les antennes sont plus longues que dans les femelles, et leur troisième article est distinctement pénicillé; mais ce caractère est loin d'être constant, et, dans le plus grand nombre des espèces., on ne voit pas les différences sexuelles apparentes.

Fig là — l'uslus sptnosus Fig. 77. — Piestus sconaceus.

Les Piestus, dont on connaît une dizaine d'espèces, semblent tous propres à l'Amérique, et ils se rencontrent sous les écorces des arbres à demi décomposées. C'est probablement à l'une des espèces de ce genre (P. longicornis, Lacordaire), de forme très-déprimée, à élytres rouges, antennes très-longues, que doit se rapporter une larve que M. Lacordaire a trouvée dans les forêts du Conana, près Cayenne, sous une écorce où l'espèce en question était le seul Coléoptère existant, et dont il a donné la description dans le tome IIe (1825) des Nouvelles Annales du Muséum. Cette larve était longue d'environ quatre lignes, de forme ramassée, légèrement conique à chaque extrémité, grise, veinée de blanc, avec la tête noire, écailleuse, pourvue de deux mandibules très-fortes, épaisses, bifides, avec la dent supérieure relevée comme dans l'Insecte parfait. Les autres parties delà bouche étaient à peine visibles à la loupe, et deux petits palpes, les seuls que l'auteur put distinguer, parurent se terminer par un article aciculaire extrêmement aigu. Chaque anneau du corps portait deux mamelons ou papilles, placés transversalement. Les mouvements de cette larve étaient très-lents, et sou odeur nauséabonde. Plusieurs individus, conservés pendant quelques jours, se renfermèrent bientôt dans une coque allongée, brunâtre, légèrement flexible, mais aucun Insecte parfait n'en sortit.

On connaît une douzaine d'espèces du genre Piestus; ce sont, relativement aux autres espèces de la famille que nous étudions, des Insectes d'assez grande taille; ils sont presque tous d'un noir trèsbrillant. Le type, et le seul que nous citerons, est le Piestus bicornis, placé par Olivier dans le genre Oxtjlelus, et qui a reçu successivement les noms de Zirophorus [routicornis, Dalman; Z. striatus, Guérin-Mcneville, et Z. cxijtclinus, Castelnau : il n'est pas rare en Colombie.

t"" GENRE. - PROGNATHE. PROGNATBA. Latreille, 182b.

Familles naturelles.

Ilpo, devant, "yviôcç, mtcboire,

Corps allongé, déprimé, ailé; tête assez grande, présentant, chez les mâles, de chaque coté, auprès des veux, une corne horizontale, et ayant le front, antérieurement, arrondi chez les femelles; yeux petits, arrondis, peu proéminents; labre transveree, sinué légèrement au milieu, avec des lanières membraneuses, petites, étroites, linéaires; mandibules falciformes, aiguës, peu proéminentes, dilatées en forme de cornes chez les mâles, et simples chez les femelles; mâchoire à lobe interne étroit, l'externe semi-circulaire, tous deux membraneux, ciliés à l'extrémité; palpes maxillaires â premier article petit, deuxième médiocrement allongé, troisième de beaucoup plus court, quatrième long, à extrémité acuminée; lèvre à menton transverse, rétréci légèrement sur les côtés, tronqué à l'extrémité; languette membraneuse, bilobée; palpes labiaux courts, dépassant à peine la languette, à trois premiers articles presque égaux, le dernier légèrement acuminé; antennes du mâle presque de la même longueur que le corps : celles de la femelle seulement un peu plus longues que la tête et le corselet, toutes à premier article plus épais que les autres, deuxième et troisième oblong-conique, les autres cylindriques; corselet quadrangulaire, appHqué droit sur la base des élytres; écusson petit, triangulaire; élytres tronqués; abdomen de la largeur de ceux-ci, linéaire, marginé; pieds très-courts, à fémurs, principalement les postérieurs, légèrement épais, à tibias rétrécis, cl les antérieurs épineux; tarses petits, à quatre premiers articles très-courts, soyeux en dessous.

Le corps des Prognathes est légèrement pubescent, avec la tête et le corselet glabres, et les élytres marqués de séries de points. Ce genre, créé par Latreille en 1825, correspond entièrement à celui des Siagonie Siagonium (ma-yuv, mandibule), indiqué par MM. Kirby et Spence (Introd. ent., t. I ) dès 1818, et conséquemment le nom des auteurs anglais ayant l'antériorité aurait dû être adopté, s'il n'avait pas eu l'inconvénient d'être trop semblable à la dénomination d'un genre de Carabiques. Du reste, l'usage a consacré le nom de Prognalha.

M.Wcslwood {Introd. to the modem, class. Ins., t. 1, p. 168 et fig. 16, n° 12, et Zool.journ., n" 9) indique et figure la larve d'une espèce de ce genre, le Prognalha quadricornis.

On ne connaît que deux espèces de ce groupe; toutes deux habitent l'Europe, et se trouvent sous les écorces des arbres. Ce sont le Prognalha quadricornis, Kirby et Spence, que M. ISIondel a nommé P. rujipinnis, et qui se trouve en France, en Angleterre et en Allemagne, et P. humcralis, Germar, propre aux montagnes de la Hongrie.

6"" GENRE. - 1SOMALE. ISOMALUS. Erichson, 1840.

Gênera el Spctics Slapliylinnrum.

l7Cf/.a).oç, parfaitement égal.

Corps allongé, linéaire, un peu déprimé, plan, probablement aptère; tête droite, grande, carrée, mutique dans les deux sexes, arrondie antérieurement sur le front; yeux petits, arrondis, peu proéminents; labre petit, transverse, à angle apical terminé par deux lanières étroites, membraneuses; mandibules petites dans les deux sexes; mâchoire à lobe interne étroit, l'externe semi-circulaire, membraneux, et corné à la base; palpes maxillaires très-courts, à premier article petit, deuxième de moitié plus court que le troisième, quatrième un peu plus long que le deuxième, un peu acuminé; lèvre ù menton court, rétréci en dedans, à extrémité arrondie; languette membraneuse, large, tiisinuée à l'extrémité, ciliée; palpes labiaux à peine plus longs que la languette, à articles allant en décroissant, le dernier un peu acuminé; antennes à peine plus longues que la tête et le corselet

réunis, filiformes, lâchement poilues, a premier article, un peu épais, deuxième et troisième légèrement plus minces que les autres, quatrième à dixième allant sensiblement en épaississant, dernier arrondi; corselet fortement rétréci vers la base, anguleux sur les côtés; écusson semi-circulaire; élytres tronqués; abdomen de la largeur des élytres, linéaire, un peu marginé; pieds courts, à fémurs comprimés, à tibias minces, et tous simples; tarses petits.

Le genre lsomalus, dont toutes les espèces ont le corps glabre, se distingue principalement des Prognatha par l'organisation de sa bouche et par ses mandibules mutiques dans les deux sexes. Le mâle semble avoir la tête un peu plus grande que la femelle.

On ne connaît que cinq espèces de ce genre, propres à Madagascar et à l'Amérique méridionale, et toutes décrites par Erichson. Comme type, nous citerons X Isomalus complaiiaïus, Erichson, de Madagascar.

C'est auprès, sinon avec ce genre, que doit être rangé le groupe des Lciosoma iv.c-,, lisse; swu.a, corps), créé par M. Chevrolat, et simplement indiqué dans la 5e éd. du Catalogue des Coléoptères deM.Dejean en 1857. On n'y place qu'une espèce, le Lciosoma inlerruptus, Dejean, de Carthagène. Erichson y réunit également le genre suivant, qui a avec lui une grande analogie.

;. 78. — homafai complanalus.

7me GENRE. - CHASOL1E. CHASOLIUM. Caslelnau, 1855.

Études enlomologiques.

Nom propre.

Antennes composées d'articles grenus, allant un peu en grossissant jusqu'à l'extrémité : le dernier ovalaire, pointu; palpes à dernier article petit, grêle, pointu; corps déprimé; jambes antérieures offrant, vers leur milieu, un angle assez fort, et, dans la moitié inférieure, des dentelures à peine sensibles le long du bord externe; tête très-grande, très-déprimée; yeux latéraux, très-petits; mandibules grêles, assez saillantes; corselet cordiforme, creusé au milieu, très-élevé sur les côtés; écusson petit; élytres carrés, très-courts; abdomen long, déprimé; pattes moyennes; tarses grêles.

H. de Castelnau n'y place qu'une espèce, le Cliasoltum Ernesdni, qui habite Madagascar, et est de la taille des Piestus.

8°" GENRE. - HYPOTÈLE. IIYPOTELVS Erichson, 1840

Gênera et Species Staphyliuorum.

ïitOTiXr.ç, tributaire.

Corps petit, linéaire, un peu déprimé; tête un peu plus petite que le corselet, droite, arrondie en avant sur le front, immarginée; yeux arrondis, proéminents; labre court, transverse, sinué, et offrant quelques poils vers le milieu; mandibules petites, peu prononcées, mutiques, ciliées en dedans; mâchoires à lobes oblongs; palpes maxillaires à premier article petit, deuxième très-grand, obconique, troisième beaucoup plus court, quatrième égal à ceux-ci réunis, cylindrique, obtusément acuminé a l'extrémité; lèvre à menton semi-circulaire; languette large, transverse, membraneuse, incisée légèrement au milieu; palpes labiaux courts, très-épais, à premier article grand, second et troisième petit; antennes presque de la même longueur que la tête et le corselet, très-épaisses, à premier article fusiforme, un peu denté

Fis. 79- ~" " P""1""

au milieu intérieurement, les autres obconiques, les cinquième à dixième presque égaux, le dernier arrondi; corselet quadrangulaire, applique sur la base des élytres; écusson triangulaire; élytres tronqués: abdomen de la largeur des élytres, linéaire, marginé; pieds très-courts, à fémurs légèrement épaissis, à tibias antérieurs épineux; tarses petits, à dernier article presque égal a tous les autres réunis.

Les Hijpotelus ont l'aspect général des Prognatha, et en même temps offrent quelques-uns des caractères des Oxytèlites. Leur corps est lâchement pubescent; la tète, le corselet et les élytres sont glabres.

Les deux seules espèces placées dans ce groupe ont reçu d'Erichson les noms de Ilypotelus pusitlus, du Brésil, et //. prœcox, de Colombie

NEUVIEME TRIBU

PHLOEOCIIARITES. PHLOEOCHARITES. Ericlison. 1810.

Gênera el Specles Siaphylinoruto.

Labre transverse, corné, simple ou avec un lobe membraneux à l'extrémité; mandibules trèscourtes, falciformes, un peu découvertes, avec une lanière membraneuse en dedans; mâchoires à lobe interne rhomboïdal, l'externe oblong présentant des poils à l'extrémité; palpes maxillaires à premier article petit, filiformes ou a troisième article épais, quatrième petit, subulé; menton corné, très-court, transverse, tronqué à l'extrémité; languette membraneuse, bilobée; paraglosses égalant en longueur la languette, ou bien courts et réunis à la languette; palpes labiaux filiformes; antennes insérées sur les cotés de la marge du front, de onze articles droits, filiformes; tête droite comme sortant du corselet, sans col distinct; corselet de la largeur des élytres et appliqué à leur base; écusson distinct; élytres de la longueur de la poitrine; abdomen allongé, marginé, de six segments, le septième étant rétractile et très-rarement visible; pieds très-courts, ù hanches antérieures coniques, découvertes, les intermédiaires rapprochées, et les postérieures transverses; tibias terminés par de fines spinules; tarses de cinq articles, tantôt les antérieurs dilatés, tantôt simples.

Erichson a créé cette tribu sous le nom de Phlœocliarini, et il lui assigne pour principaux caractères : stigmates prothoraciques cachés; hanches postérieures transverses, les antérieures coniques, avancées; trochanters postérieurs en arc-boulant; ocelles nuls. Les Insectes de celte division se rapprochent beaucoup des Omalites, mais ils s'en distinguent au premier aspect par le manque d'ocelles, par la joue des mâchoires, qui est mutique, par leurs élytres non aussi longues que la poitrine, et enfin par leur abdomen, qui est largement marginé. Ils ont aussi de nombreux rapports avec les deux tribus précédentes, mais ils sont différenciés des Oxytèlites par leur septième segment abdominal rétractile, et des Piestinites par ce même segment, qui existe encore, et par leurs hanches antérieures distinctement coniques. Enfin ils ont aussi quelque analogie avec les Tachyporites, surtout les Botetobius, mais un caractère de première valeur les en distingue, c'est-à-dire que leurs stigmates antérieurs sont cachés.

Cette tribu ne comprend que trois espèces réparties en deux genres, ceux des Olislkœrus et des Plilaocharis, et toutes sont européennes; celle unique du dernier de ces genres se rencontre, mais assez rarement, presque partout, et les deux autres du premier genre sont encore plus rares et propres à la Laponie et à la Dalécarlie. Ce sont de très-petits Coléoptères qui semblent vivre exclurivement sous les écorces des pins, lorsque ces arbres commencent à se pourrir. On ne sait rien sur l'histoire de leurs métamorphoses.

1" GENRE. — OLISTHJERE. OUSTIEEREUS. Dejean, 1833.

lu Erichson, Gênera et Specics Staphjlinoram.

OXtoôaipw, je glisse

Corps allongé, linéaire, déprimé, ailé; tête découverte, rétrécie à la base, atténuée vers la boni lie: yeux petiis. arrondis, à peine proéminents; labre transverse, simple, tronqué à l'extrémité; mandibules légèrement proéminentes, mutiques, à extrémité falciforme; mâchoire à tige médiocrement allongée, à lobe externe corné, l'interne membraneux; palpes maxillaires filiformes, à premier article petit, second médiocrement long, un peu arqué, sensiblement épaissi vers l'extrémité, troisième un peu plus court, légèrement obeonique. quatrième plus petit encore, acuminé; lèvre a menton court, transverse; languette arrondie, à extrémité bifide; paraglosses beaucoup plus courts que la languette, à extrémité libre; palpes labiaux à deux premiers articles cylindriques, égaux entre eux, troisième oblong, arrondi, plus petit que chacun des autres; antennes allant en s'épaississant sensiblement vers leur extrémité, à trois premiers articles obeoniques, égaux en longueur, le premier un peu plus épais, les quatrième et cinquième presque globuleux, les suivants manifestement un peu transverses, le dernier brièvement arrondi; corselet de la largeur des élytres, rétréci vers la base et tronqué a l'extrémité; écusson assez grand, triangulaire; élytres à extrémité interne droite, l'externe obliquement tronquée; abdomen allongé, linéaire, marginé sur les côtés; pieds très-courts, les intermédiaires rapprochés de la base, à tibias un peu épineux; tarses peu allongés, à quatre premiers articles allant en décroissant également, le cinquième un peu plus court que ceux-ci réunis.

Dans ce genre, dont les espèces étaient anciennement placées avec les Omalium, la tête et le corselet sont très-lisses; les élytres un peu striés avec les points de la suture fortement marqués, et l'abdomen pubescent et présentant quelques poils épars. C'est sous les écorces des pins dans un état de décomposition assez avancée que l'on rencontre ces Stapliyliniens. Les deux seules espèces qu'on y range sont les Olisthœrus megaeephalus (Omalium), Zelterstedt; de la Laponie et de la Dabc arlie, et 0. substriatus (Omalium), Gyllenhall, qui habite les mêmes pays que l'espèce précédente.

2"" GENRE. - PHLŒOCMRE. PHLOEOCHARIS. Mannerheim, 1831.

Précis d'an arrangement des Bracbélylres. «M.gigç, écorec ; y.apieiî, qui aime.

Corps petit, allongé, subdéprimé, ailé; tête plus petite et plus étroite que le corselet, rétrécie lé gèrement vers la base, droite; yeux semi-globuleux, proéminents; labre transverse, légèrement émarginé au milieu, à extrémité membraneuse; mandibules peu apparentes, unidenlées en avant du milieu; mâchoires à lobes coriaces, l'interne poilu et obliquement tronqué à l'extrémité intérieure, l'externe beaucoup plus grand; palpes maxillaires subulés, poilus, trè's-courts, à premier article petit, second légèrement allongé, troisième épais, quatrième mince, subulé; lèvre à menton court, iransverse; languette membraneuse, courte, bilobée; paraglosses libres, dépassant à peine la languette, membraneux, ciliés en dedans; palpes labiaux à premier article cylindrique, second beaucoup plus court que lui, troisième égalant la longueur du premier, mais plus grêle et à extrémité acuminée; antennes plus courtes que la tète et le corselet réunis, à premier article cylindrique, \t deuxième plus épais, arrondi, le troisième grêle, obeonique, les quatrième a dixième presque globuleux, sensiblement plus grands et plus épaissis, le dernier ovoïde; corselet assez ample, Iransverse; élytres tronqués à l'extrémité, èmarginés vers l'angle externe; abdomen marginé, un pin rein 'i vers l'extrémité; pieds très-courts, les intermédiaires rapprocliés de la base, à tibias pubeFiu- ii..

cents; larses petits, a quatre premiers articles très-courts, les antérieurs légèrement dilatés, le cinquième égalant en longueur les quatre autres réunis.

Dans les Phloeochares, le corps est entièrement ponctué et finement pubescen*. On n'en a décrit qu'une seule espèce, le Pklœockaris subtilisHtna, Mannerheim, que l'on trouve dans presque toute l'Europe sous les écorces sèches de pin, et qui est de très-petite taille.

DIXIEME TRIBU

OMALITES. OMALITES. Eriehson, 1840.

i.i': ri.i ri Spooies Slapliyliniinini.

Labre transverse, corné-, mandibules courtes en forme de faux, dentées ou mutiques; mâchoires à lobes membraneux, l'interne court armé d'un onglet corné, l'externe avec des poils à l'extrémité, souvent tous deux linéaires; palpes maxillaires filiformes, à premier article petit; menton corné, transverse, rétréci en dedans, tronqué à sa terminaison; languette membraneuse, large, bilobée; pas de paraglosses; palpes labiaux courts, filiformes; antennes insérées sur le côté de la marge frontale, de onze articles, droits, filiformes; tète droite, fortement unie au corselet, avec deux ocelles sur le front; corselet marginè sur les côtés; éeusson distinct; élytrrs plus petits ou plus grands que la poitrine, couvrant quelquefois la plus grande partie de l'abdomen, immarginés sur les côtés, à angle apical externe fortement arrondi; abdomen déprimé, subtilement marginè, arrondi à l'extrémité, de six segments distincts, le plus habituellement; pieds à hanches antérieures coniques, avancées, les intermédiaires rapprochées ou n'étant séparées que par un faible espace, et les postérieures transverses; trochanters postérieurs forts; tibias inermes ou avec îles épines terminales trèsfines; tarses de cinq articles, les postérieurs à quatre premiers articles allant sensiblement en décroissant, le second plus ou moins allongé, ou bien les deux premiers égaux et les deux suivants plus longs, dans d'autres cas les quatre premiers articles égaux, courts, égalant en longueur, étant réunis, les quatre autres; les crochets tarsiens souvent simples, quelquefois terminés par une lanière membraneuse.

Cette tribu, à laquelle Eriehson donne le nom d'Oma/ini, est caractérisée d'une manière plus générale : par ses stigmates prothoraciques cachés, par ses hanches postérieures transverses, les antérieures découvertes, coniques, par ses trochanters postérieurs très-forts, et par ses deux ocelles Elle est composée des anciens genres Anthophagut et Qmalium de Gravenborst, à l'exception de quelques espèces, qui en ont été retirées pour entrer dans les tribus des Oxytélilcs, Caprophilinites et l'rotéinites; elle se dislingue très-facilement de toutes les autres tribus par ses deux ocelles frontales, par le lnlie interne des mâchoires terminé par un onglet corné et par ses élytres de la longueur de la poitrine, arrondis à leur extrémité extérieure. Chez les mules, le sixième segment abdolâinal est tronqué ou émarginé inférieurcment, le septième excessivement petit; les femelles présentent souvint un petit stylet pointu à l'extrémité de l'anneau anal.

Les Omalites sont des Coléoptères de très-petite taille et de couleur assez foncée; ils sont difficiles à distinguer entre eux, aussi les recherche-t-on peu et aussi n'en a-l-on pas jusqu'ici décrit pins de cent cinquante espèces. Leurs mœurs sont assez peu connues; on sait seulement qu'ils aiment les endroits humides et ombragés, et qu'on les rencontre habituellement sur les herbes, sur les fleurs, sons les écorces des arbres, sous les pierres, etc. On ignore complètement l'histoire de leurs métamorphoses. Presque tous habitent l'Europe, mais on en a aussi signalé quelques espèces en Amérique, en Afrique et même en Asie; ei nul doute que, lorsque les naturalistes voyagi mis voudront rechercher ces Insectes, on en aura un grand nombre de toutes les parties du monde.

Eriehson ne comprenait que dix genres dans cette tribu; pour nous, qui y rangerons des genres de MM. de Castelnau. Sahlberg et kirhy. indiqués OU rejetée par Eriehson, ainsi que d'antres groupes < mis par MM. Heer, Gay et Solicr, depuis la publication du Gênera ci Speclei Slaphylinorum, nous

y placerons dix-huil genres, ce sont ceux des Antbopbage, Psysognathe. Homalotrique, Lestève,Géo drome, hto, expédie, Acidote, Olephroo, Chevrièrie, Lathrimêé, Déliphre, Omalie, Xylodrome, Plilœ nome, Amliobie. Boréopbile et Coryphie.

1" GENRE. - ANTHOPIIAGE. ANTBOPHAGUS. Gméahorst, 1802.

Micnfpten BfQnswlSMoa.

Av9'.ç, fleur ; f'-y-îi nourriture.

Corps allongé, un peu déprimé, ailé; tête découverte, de la largeur ou même plus large que le corselet, rhomboïdale. rétrécie à la base, attachée au corselet par un col cylindrique; yeux médiocres, arrondis, proéminents; deux ocelles placés sur la marge supérieure des yeux; lèvre transverse, uo peu sinuée à l'extrémité; mandibules bidentées en avant de l'extrémité; mâchoires à lobes membraneux, terminées par un crochet corné; palpes maxillaires médiocrement allongés, à premier article petit, les autres égaux entre eux, le troisième légèrement obconique et le quatrième un peu acuminé à l'extrémité; lèvre à menton court, transverse, à peine sinuée à l'extrémité; languette membraneuse, bilobée, à lobes sinués intérieurement; palpes labiaux à premier article très-court, second plus long, plus épais, troisième au contraire petit, acuminé; antennes filiformes, assez longues et assez grêles; corselet beaucoup plus étroit que les élytres, cordiforme ou rétréci vers la base; écusson triangulaire; élytres dépassant à peine la poitrine; abdomen largement marginé; pieds allongés, grêles; tibias mutiques; tarses à premier article légèrement allongé, quatrième présentant des poils en dessous, cinquième presque toujours avec deux lanières membraneuses et à crochet aussi long que les articles eux-mêmes.

Le corps des Anthophages est glabre et légèrement pubescent; la tête, le corselet et les élytres sont ponctués; deux ocelles obliques sont placés sur le iront. Par leur, forme générale, leur corselet cordiforme et leurs pieds allongés, grêles, les Anthophages, de même que les Lestèves, ont quelque ressemblance avec certains Carabiques, et plus particulièrement avec les Dromius. Le mâle diffère de la femelle par son septième segment abdominal visible eii dessous; dans quelques espèces, en outre, les mâles ont la tète dilatée et leurs mandibules sont très-allongées et très-épaisses. Les Anthophages sont des Insectes de petite taille qui se trouvent sur les herbes, dans les fleurs et même parfois dans les fruits.

Gravenhorst a créé ce genre, qui, pendant longtemps, a été-synonyme de celui des Lcsteva de La- Ireille; mais Erichson a trouvé que les deux groupes différaient entre eux, et il a donné la caractéristique de chacun d'eux.

On en connaît une douzaine d'espèces, toutes européennes, et M. Say en a signalé deux (Antlwphagus brunneus et verticalis) particulières à l'Amérique septentrionale. Les espèces les plus communes dans toute l'Europe sont les Antltopltagits caraboitles (Siapli.), Linné; abbreviatus (Carabus), Fabricius; testaceus, Gravenhorst, et plagiants {Staplt), Fabricius, ce dernier, qui présente de nombreuses variations et a aussi reçu plusieurs noms différents de divers auteurs.

2"' GENRE. - PHYSOGNATIIE. PHYSOGyATHUS. Gay et Solier, 1851.

HiltOfta Mm y pnliiira du Cbile : Coléoptères, riioîv, pois; Y'*"'-'» mâchoire.

Menton transverse, un peu émarginé antérieurement; mandibules courtes, dilatées â la base, bidentées â l'extrémité; palpes maxillaires à avant-dernier article dilaté, cyalhiforme, le dernier court, très-elroit, subcylindrique; palpes labiaux courts, dilates, recourbés, à dernier article court, très-

0 — /'. otacnrus

étroit, s'ubcylindrique; lèvre bilobée antérieurement; labre rectangulaire, presque en cane; antennes nioniliformes; corselet rétréci à la base; corps comprimé; tarses filiformes.

Ce genre, qui présente quelques rapports avec les Anfhophages et les Omalies, ne comprend qu'une seule espèce, découverte au Chili, et qui a reçue le nom de Physognathui obscurus, Gay et Solier, Celle espèce esl de petite taille et rappelle un peu, par sa l'orme générale, le genre des Pselaphus.

Zm' GENRE. — HOMALOTRIQUE. IIOMALOTMCIIUS. Gay et Solier, 1851.

Hisloria llsioa y politica de Chilc: Coleo|itcras. Op-aXoç, plat ; dpiÇ, rpt/os, poil.

Fi

Menton transverse, légèrement rétréci antérieurement; mandibules triangulaires, bidentées a l'extrémité, avec quelques poils comprimés, simples ou en rameau, fascicules, placés dans une fossette; labre large, émarginé en avant, presque cordiforme; palpes maxillaires à dernier article obeonique, l'avantdernier court, peu allongé; palpes labiaux courts, à dernier article arrondi, plus long que le précédent, à second et troisième articles plus courts que les autres; labre membraneux, transverse, arrondi sur les côtés, tronqué anté- / i rieurement vers son milieu, avec des poils latéraux comprimés, bifurques;

antennes allant sensiblement en épaississant vers l'extrémité, à articles quatrième à dixième nioniliformes, le dernier arrondi; tarses à quatre premiers articles courts, le dernier de la longueur de tous les autres réunis. Le genre Homalotrichus sert à MM. Gay et Solier à la création d'une tribu particulière, celle des Homalolriquittt, qu'ils placent immédiatement après celles des Staphylinites; nous ne croyons pas cette division assez bien caractérisée pour devoir être encore adoptée, et nous placerons le groupe générique unique qu'elle contient dans la tribu des Omalites auprès des Anthojiliagus, dont elle se rapproche par la forme générale, mais dont elle diffère par l'organisation de la bouche.

Un place dans le genre Homalotrichus trois espèces, toutes propres au Chili, et parmi lesquelles nous de citerons que 17/. impressicottis, Gay et Solier.

81 — Homalotrichus imprtitioollù.

4" GENRE. - LESTÈVE. LESTEVA. Latreille, 1790.

Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, l. IX. Atistom;, voleur.

Corps oblong, un peu déprimé, ailé ou aptère; tète découverte, à peine plus étroite que le corselet, rhomboïdale, rétrécie à la base; yeux médiocres, arrondis, assez proéminents; ocelles placés au-dessus de la marge supérieure des yeux; labre court, légèrement sinué vers l'extrémité; mandibules en forme de faux, aiguës, armées d'une petite dent au milieu; mâchoires à lobes cornés, allongés, linéaires, poilus antérieurement, termines intérieurement par un onglet; palpes maxillaires à premier et troisième articles courts, second et quatrième allongés, et ce dernier trois fois plus long que le troisième; lèvre a menton transverse, rétrécie vers l'extrémité; languette membraneuse, bilobée, a lobes arrondis; palpes labiaux à premier et troisième articles longs, second court; antennes filiformes, grêles, à premier article cylindrique, les suivants un peu obcoitiques, le dernier arrondi, acuminé vers l'extrémité; corselet plus étroit que les élylres, arrondi sur les côtés, rétréci vers la base; écusson triangulaire; élytres dépassant un peu la poitrine, à angle npical externe arrondi;

Fig. I. — Xalalis Ca/ilacei.

Fie. 5. — Trichoides vriiatns.

Fig. 3. — J'riuara //isyiiiosa.

Kig. i. — Notoxiu mulln.

l'ig. &, — TnchuJcs amnios.

COIJÉOPTEKES. 109

abdomen largement marginé., un peu acuminé vers l'exlrémilé; pieds allonge, grêles, à tibias pu- I iscenls, mutiques; tarses postérieurs a premier article allongé.

Les Lesteras ont tout à lait l'aspect général des Anthophages, avec lesquels ils ont élé longtemps confondus; mais ils s'en distinguent facilement par l'organisation de leur bouche, tout à fait différente, et par les caractères que présentent les palpes maxillaires. En outre, on voit une impression de chaque coté sur le front des Lestent, tandis que dans les Anthophagus on remarque deux lignes obliques au milieu de cet organe.

Le corps de ces Insectes est subtilement pubescent; la tête, le corselet et les élytres, offrent des points serrés ; on remarque aussi des impressions sur le front. Dans les mâles, le sixième segment abdominal est tronqué en dessous, et le septième segment visible seulement dans les femelles. Fig. 8-2 — Lateva

Les Lestèves sont des Insectes de petite taille que l'on trouve dans les bicoior.

herbes humides, ou bien que l'on rencontre sous les mousses que l'on voit sur les rives. On n'en connaît pas dix espèces, et toutes sont européennes; comme type, nous indiquerons uniquement \e Lesteva bicohr (Staphytinus), Fabricius, qui a reçu successivement les noms de Lesteva punctulata, Latreille; Stapkylimts, Anlhophagus et Lesteva obscura, Paykull, Gravenhorst et Mannerheim; Anlhophagus intermedius, Gravenhorst; Carabus dimidialus, Panzer; Carabus staplnjliiioides, Marsham; Staphytinus multipunctaïus, Block; Slapluilinus macroclylra. Fourcroy, et Staplnjlin noir à long étui, Geoffroy, qui diffère très-considérablement dans son système de coloration, et qui est assez commun dans presque toutes les parties de l'Europe.

5m" GENRE. - GÉODHOME. GEODROMUS. Béer, 1840. Fauna Coleopterorum Hrlvetiœ.

Fr,, terre; o'fsf.'.;, course.

Mandibules dentées à l'extrémité; mâchoires à lobes membraneux, l'externe biarticulé, mince, poilu à l'extrémité; palpes maxillaires à second et troisième articles égaux, obeoniques, dernier beaucoup plus court que le pénultième, fusiforme, très-obtus; palpes labiaux à second article plus grand que les autres; antennes filiformes; tibias mutiques; tarses postérieurs à premier article allongé.

Ce genre Géodrome avait d'abord été indiqué par M. Ileer, en 1859 {Fauna Helv. Coleopt). sous le nom de Geobius {y,, terre; gicç, vie), mais cette dénomination, ayant été employée antérieurement pour un genre de Carabiques, a dû être changée. Ces Insectes se trouvent sous les pierres, et on n'en connaît que deux espèces, toutes deux propres à l'Europe, les Gcodromus plag'ialus (Staphyl.), Fabricius, et Kunxti, Heer.

6me GENRE. — 1N0. 1NO. Castelnau, 1835. Éludes eniomologlqaes.

Nom mythologique.

Antennes longues, à premier article gros, tous les autres grenus, le dernier ovalaire; palpes maxillaires ;i dernier article long, pointu; tête très-grande, plus large que le corselet, non rétrécie en arrière; yeux petits, corselet plan, arrondi en aranl el en arrière, sinueux latéralement; écusson petit, arrondi postérieurement; élytres assez longs, plans, arrondis en arrière; abdomen court, large; pattes moyennes; cuisses larges, comprimées; jambes mutiques; tarses très-grèles, a dernier article beaucoup plus grand que les autres; corps déprimé.

110 111STOIKE KàTDRELLE.

Ce genre ressemble beaucoup à celui des Anthophages, d'après M. de Castelnau, et s'en distingue particulièrement par la forme très-déprimée du corps, par celle des articles des antennes, sa tète non rétrécie en arrière el par la conformation du corselet. Ce n'est qu'avec beaucoup de doute que nous rangeons ici le genre liio; Ericbson dit que ce n'est pas un Staphj linien, et pense qu'on doit le placer à côté des Cucujus.

On n'en connaît qu'une seule espèce, PI. pkta. Castelnau, qui habile Madagascar, el est de petite taille.

7mo GENRE. — AhPÉDIE. ARPEDILM Erichson, 1839.

Ccnera t-t Species StaphjUnonun.

kf-r.tSai, petite torde.

Corps oblong, un peu déprimé, tantôt ailé, tantôt, aptère; tête découverte, plus étroite que le corselet, subtriangulaire, rétrécie distinctement vers la base du col, à front inimarginé; yeux petits, arrondis, peu proéminents; ocelles placés au-dessus de la marge supérieure des yeux; labre transverse, un peu sinué au milieu; mandibules très-courtes, très-fortes, aiguës, muliques; mâchoires à lobe interne membraneux, corné en dehors, à lobe externe également membraneux, dilaté semicirculairemeut à l'extrémité; palpes maxillaires à premier article petit, second, troisième et quatrième, égaux entre eux, ce dernier un peu acuminé; lèvre a menton sensiblement rétréci vers l'extrémité ; languette membraneuse, sinuée, à lobes extérieurs assez proéminents, ciliés; palpes labiaux de trois articles à peu près égaux; antennes filiformes, grêles, articles deuxième a dixième allongés, obeoniques, le dernier arrondi, acuminé: corselet un peu plus étroit que les èlytres, presque carré transversalement; écusson triangulaire; èlytres dépassant un peu la poitrine, à angle extérieur fortement arrondi; abdomen déprimé, légèrement marginé; pieds médiocrement allongés, à tibias pubescents, ■ muliques; tarses antérieurs légèrement dilatés, villeux en dessous, ù quatre premiers articles transverses, cordifoimcs, le cinquième égalant en longueur ceux-ci réunis : les postérieurs minces, à quatre premiers articles simples, pubescents en dessous, à cinquième article plus court que les autres réunis, et à premier article des postérieurs allongé.

Ce genre, entièrement européen, a été formé par Erichson aux dépens des Omalium et des Antliobium; il renferme des espèces de petite taille chez lesquelles la tète et le corselet sont lâchement ponctués, et les èlytres, au contraire, très-fortement marqués. Ces Insectes ont presque les caractères de certains Omalies, et en même temps, par la forme de leur corselet, se rapprochent davantage des Acidotcs. La disposition dilatée du lobe externe de leurs mâchoires les rapproche des Lathrimaeés, mais ils en sont différenciés par l'organisation de leurs tarses, ainsi que par les deux premiers articles de leurs palpes maxillaires égaux en longueur. Chez le mâle, le sixième segment de l'abdomen est supérieurement et inférieurement tronqué, et le septième est distinctement proéminent. On rencontre les Arpédies sous les pierres et sous les écorces des arbres.

On n'en a décrit qu'un petit nombre d'espèces, dont la plus connue est VArpedium braclnjptcrum (Omalium), Gravenborst, qui est propre à I Allemagne, et a revu successivement les noms de Omalium impression, Zetterstedt, et Omalium GyUenhaUii, Sahlberg.

8me GENRE. - AC1D0TE. AC1DOTA. Kirby, 1830.

In Manni irheim, Précis d'un arrangement des Braclulytrcs.

Axt&oTt:, (aillé en (jointe.

Corps allongé, un peu déprimé, ailé; tête découverte, plus étroite et beaucoup plus petite que le corselet, oblongue, à peine rétrécie vers la base, à front marginé à l'extrémité; yeux petits, proéminents; ocelles placés sur la marge supérieure des yeux; labre court, transverse, entier; mandibules

très-fortes, mais courtes, mutiques; mâchoire» à lobes membraneux; palpes maxillaires médiocrement allongés, à premier article petit, second plus long, troisième un peu plus court, légèrement obconique, et dernier à peine plus long, subacuminé; lèvre à menton transverse, ù extrémité tronquée; languette membraneuse, profondément bilobée, à lobes internes sinués: palpes labiaux à premier article long, second moitié plus court que lui, troisième égal au premier, subacuminé; antennes filiformes, à premier article ovalaire, second un peu plus court que le troisième, qui est obconique. les suivants allant sensiblement en décroissant, le dernier oblong, ovalaire, acuminé; corselet assez Fig. 83. — Acidota ample, rétréci vers l'extrémité, marginé largement sur les côtés; écusson trian- crtnata.

gulaire; élytres atteignant le premier segment de l'abdomen, à angle extérieur arrondi; abdomen largement marginé, parallèle, arrondi, acuminé vers l'extrémité; pieds très-courts, à tibias subtilement épineux; tous les tarses simples : les antérieurs à quatre premiers articles égaux entre eux, courts, le cinquième égalant en longueur tous les autres réunis : les intermédiaires à premier article allongé, les trois suivants égaux entre eux, très-courts, le cinquième un peu plus court que les quatre autres réunis : les postérieurs à premier article allongé, second un peu long, troisième et quatrième égaux entre eux, courts, le cinquième ayant la moitié de la longueur des autres réunis.

Les Acidotes ont le corps glabre, avec des points épars sur la tête et le corselet, et des séries de points sur les élytres. Ils se distinguent de tous les autres Omalites par leurs pieds très-forts, à tibias distinctement épineux; des Délichres, par le premier article de leurs tarses un peu plus allongé que le second, par leur languette profondément bilobée, etc., et des Anthophages etdesAnthobies, par l'organisation particulière de leur languette. Chez le mâle, le sixième segment abdominal est tronqué de deux côtés, et le septième segment est très-distinctement visible.

On ne connaît que quatre espèces de ce genre, et on les a trouvées, en général, dans les bois sous les mousses; ils sont très-petits, noirâtres. Trois espèces habitent l'Europe, ce sont les Acidota crenata, Fabricius, placés successivement dans le genre Stapkylinus et Omnlium, qui se trouve presque partout; A.eruentata, Mannerheim (Omallunt rufum, Gyllenhall), d'Allemagne et de Suisse, et A. ferruginea, Lacordaire (Omalium quadrum et quadratvm, Zetterstedt), de Paris, de Suisse et de Laponie. Une espèce à été prise dans l'Amérique septentrionale, auprès de Boston, c'est VA. subcarinala , Say, Erichson.

9me GENRE. — OLOPIIRE. OLOPUBUM. Erichson, 1840. Gênera ei Species Slaphjlinorum.

O).o;, complet; c<p?u'> sourcil.

Corps très-épais, un peu convexe, ovalaire ou allongé, ailé ou aptère; tête beaucoup plus petite et plus étroite que le corselet, infléchie, un peu rétrécie vers la base, à front immarginé; yeux petits, peu proéminents; ocelles situés au-dessus de la marge supérieure des yeux; labre transverse, entier, avec une membrane bilobée vers l'extrémité; mandibules très-fortes, presque droites, mutiques; mâchoires à lobes allongés, cornés; palpes maxillaires à premier article petit, second assez long, troisième court, un peu obconique, quatrième de nouveau long, presque du double plus long que le précédent, acuminé; lèvre à menton court; palpes labiaux à premier article allongé, second et troisième petits; antennes filiformes, à premier article un peu épais, second à peine plus court que le troisième, les suivants subcylindriques, allant en décroissant sensiblement de longueur, le pénultième à peine plus long que les autres, le dernier ovalaire, acuminé; corselet assez ample, presque de la largeur de élytres : celles-ci très-amples; abdomen linement marginé, un peu acuminé vers l'extrémité; pieds peu longs, à tibias inermes, pubescents; tarses: les antérieurs à quatre premiers articles un peu dilatés, transversalement cordiformes, le cinquième un peu plus court que les autres réunis : les intermédiaires à premier article peu allongé, les trois suivants courts, égaux entre

eux, le cinquième égalant en longueur les trois précédente réunis : postérieurs à deux premiers articles assez allongés, le troisième et le quatrième plus courts, le cinquième atteignant presque eu longueur les trois précédents réunis : les quatre premiers articles de tous les tarses sont tous fortement poilus en dessous.

Les Oloplires ont le corps glabre; la tête, le corselet et les élytres, ponctués; l'abdomen glabre. Par la structure de leurs mâchoires, ils se rapprochent un peu des testera. Dans les mâles, le sixième segment abdominal est un peu tronqué, le septième distinctement proéminent. Ces Insectes, dont on connaît une dizaine d'espèces, sont tous assez petits; on les rencontre dans les bois sous les mousses, les feuilles tombées sur le sol et sous les pierres Presque tous sont européens; mais, toutefois, on en a signale deux (0. obtectum, Erichson, 0. emarginatum, Erichson : ce dernier indique par Say sous la dénomination iVOmalivm rolundicollit) comme provenant de l'Amérique septentrionale. L'espèce type est VOlophrwipiceum (Omalium), Gyllenhall, que Ahrens désignait sous le nom de Silpha blattouks, et qui habite l'Angleterre, la Suisse, l'Allemagne et la Hongrie.

10mt GENRE. — CHEVRIËR1E. CHEVB1EBIA. Heer, 1859. Fanna Coleopterorum Hclvettœ.

Clievricr, nom d'un enlomologisle.

Mandibules très-aiguës, unidentées en dedans; palpes maxillaires à troisième article très-court, obeonique, dernier épais, subobeonique, tronque à l'extrémité; antennes moniliformes, à premier et second articles très-grands, troisième a neuvième globuleux, lès deux avant-derniers transversaux, formant avec le dernier une massue oblonguc; tète arrondie, grande; élytres plus larges que la tète, couvrant à peu près la moitié de l'abdomen: celui-ci plan, très-élargi; pieds minces, cylindriques, inermes, poilus; tibias inermes; tarses à premiers articles courts, le dernier le plus long

de tous.

Quoique ce genre ait le faciès des Sunius, M. Heer le place, d'après ses caractères, entre les Laihnmœwm et les Olophrum d'Erichson. On n'y range qu'une seule espèce, le C. vclox, Heer, propre à la Suisse, et qui est de petite taille.

Hme GENRE. — LATlirtlM.EK. LATlIIiLM/EUM. Kriclison, 1859.

Kajfn (1er Hardi lliMiuli^urg.

A.a8p;|Axio;, invisible.

Corps large, un peu déprimé, ailé ou aptère; tète beaucoup plus petite et plus étroite que le eorselcl; yeux niédinercs, arrondis, proéminents; "celles placés au-dessus de la marge supérieure des yeux ; labre transverse, tronqué, avec une lanière linéaire de chaque coté; mandibules assez courtes, inuliques, mâchoires à lobe interne membraneux, l'externe corné, terminé par une denticule cornée, tronqué obliquement à sa terminaison, cilié; palpes maxillaires à premier article petit, second assez long, troisième pi lit. quatrième presque <^t double plus grand que celui-ci, acuminé à l'extrémité; lèvre à menton transverse; languette membraneuse, transverse, tronquée à sa terminaison, légèrement incisée au milieu; palpes labiaux tri s-courte, ■> premier ci troisième articles presque égaux, deuxième plus court que ceux-ci ; antennes filiformes, :' second article un peu plus court que le troisième, les suivants allant en décroissant sensiblement de longueur, le pénultième plus épais, le dernier nvalairc : i oiselet ample, presque égal en largeur aux élytres, margiué largement sur les

celés; écussoo triangulaire; élytres assez amples, couvrant la plus grande partie de l'abdomen, à angle externe de l'extrémité arrondi; abdomen trè&ourl, un peu acuminé vers la fin; pieds peu allongés, a tibias simples, pubescents; tarses : les antérieurs simples, à quatre premiers articles courts.

COLÉOPTÈRES. m

égaux entre eux, à cinquième article égalant en longueur les autres réunis : les intermédiaires allant

en décroissant de longueur, le premier un peu allongé, le cinquième plus court que les quatre autres : les postérieurs à deux premiers articles allongés, égaux entre eux, le troisième très-court, ainsi que le quatrième, le cinquième plus court que les autres réunis.

Les Lathrimuntm, formés aux dépens des Omalium, sont de petits Coléoptères dont la tête, le corselet et les élylres, sont ponctués, souvent glabres, la tête présentant distinctement une fossette large en dessus; le corselet est plus ou moins canaliculé. Ce genre se rapproche beaucoup de celui des Olophrum, mais les lobes des mâchoires ne sent pas aussi allongés; il présente aussi quelque analogie avec [esArpedius. Les différences sexuelles sont semblables à celles des genres précédents. On trouve ces Insectes dans les bois, sous les mousses et sous les feuilles à moitié putréfiées. On connaît une dizaine d'espèces de Lathrimœum, presque toutes propres à l'Europe; nous citerons en particulier les L. tnelanocephalum , qui avait été placé par llliger dans le genre Silpha, et qui se trouve en Allemagne, et atrocephalum, qui rentrait, pour Gyllenliall, dans le genre Qmalium, et qui habite la Suisse et l'Allemagne. L'ne espèce de l'Amérique septentrionale est le L. sorditlns, Erichson.

12mt GENRE. — DÉL1PHRE. DELIPHRUM. Erichson, 1839.

Gênera el Spccies Slaphylinoruni.

Corps large, un peu déprimé, ailé; tète plus petite et plus étroite que le corselet, très-obtuse, rétrécie médiocrement à la base, à front immarginé; jeux médiocres, arrondis, assez peu proéminents; ocelles placés au-dessus de la marge supérieure des yeux; labre court, tronqué; mandibules très-courtes, très-fortes, aiguës, simples, mutiques; mâchoires à lobe interne membraneux, l'externe corné, dilaté; palpes maxillaires à premier article petit, second assez long, troisième court, quatrième beaucoup plus long que le troisième; lèvre à menton transverse; languette membraneuse, transverse, un pen émarginée vers le milieu; palpes labiaux très-courts, à premier et troisième articles assez longs, second très-court; antennes filiformes, à troisième article un peu plus long que le deuxième, les suivants allant en décroissant sensiblement de longueur, l'avant-dernier un peu court, le dernier presque rond; corselet quadrangulaire, à angles arrondis; écusson triangulaire; élytres très-longs, à angle externe arrondi; aldomen marginé, parallèle en avant, arrondi en arrière, aciminé à l'extrémité; pieds peu allongés, à tibias distinctement épineux; tarses : les antérieurs à quatre premiers articles courts, cordiformes, un peu dilatés, égaux entre eux, le cinquième un peu plus court que les autres réunis : les intermédiaires à deux premiers articles un peu allongés, le troisième et le quatrième courts, tous deux égaux entre eux, le cinquième légèrement plus court que ceux-ci réunis : les postérieurs à deux premiers articles un peu allongés, égaux entre eux, le troisième encore plus long, le quatrième court, le cinquième beaucoup plus court que les autres réunis.

Le genre DeUphrum a beaucoup d'afiinité avec celui de.s Lathrinueum, mais il s'en distingue par ses tibias épineux; il se rapproche également des Omalium, dont il se distingue surtout par les premiers articles de ses tarses légèrement allongés, par ses antennes plus grêles, et le lobe externe des mâchoires non dilaté. Les différences des sexes b'ont semblables à celles que présentent les groupes génériques précédents. Leur genre de vie est le même. On n'en a décrit qu'un petit nombre d'espèces, qui semblent appartenir principalement au centre et au nord de l'Europe; comme type, nous citerons le Deliphrvm teetum, que Paykull rangeait dans le genre Staphiitinus, et Gravenhorst dans celui des Omalium \ elle habile là Suisse et l'Allemagne.

iu histoire naïtrei.i.k

13°" GENH.E. - OMALIE. OMALIUM. Gravenhorst, 1802.

Moni'graphia Micro|Ucrorom. t

Ofi.a>.i^cii , j'aplatis

Corps oblong ou allongé, an peu déprimé, ailé; tête plus petite et plus étroite que le corselet, profondément et distinctement rétréci vers la base, • marginèe sur les côtés du front; yeux médiocres, arrondis, proéminents; ocelles situés sur la marge supérieure au-dessus des yeux; labre transverse, sinué à l'extrémité, avec une petite pointe proéminente, ciliée; mandibules courtes, mutiques; mâchoires à lobes membraneux; palpes maxillaires à premier article petit, deuxième médiocrement allongé, troisième court, quatrième i -,i si. omalium long, ut) peu actimitié à sa terminaison; lèvre à menton transverse, rétréci vers rkuiare. la base, tronqué vers l'extrémité; languette membraneuse, bilobée, à lobes

arrondis; palpes labiaux très-courts, à premier et troisième article assez longs, deuxième court; antennes légèrement épaissies vers l'extrémité, à premier article très-grand, très-épais, deuxième et troisième presque égaux, avant-dernier Iransverse, dernier arrondi; corselet souvent un peu plus étroit que les élylres, marginé sur les côtés; écusson triangulaire; élylres couvrant la base de l'abdomen, à angle apical externe arrondi; pieds trèscourts, à tibias subtilement épineux; tarses courts, à quatre premiers articles très-courts, égaux entre eux. non dilatés, le cinquième égalant la longueur, ou même plus long que les autres réunis. Chez les Omalies, le corps est tantôt très-glabre, tantôt, au contraire, pubescent; leur forme est en général oblongue. mais, dans quelques espèces, elle est linéaire, un peu déprimée; chez presque tous le pénultième article des antennes est transverse. C'est principalement par l'organisation des articles des tarses que ce genre se distingue de ceux que nous avons décrits précédemment. Les différences sexuelles sont les mêmes que dans les autres genres de la même tribu, c'est-à-dire qu'on les trouve surtout dans la disposition des derniers segments de l'abdomen. On les rencontre dans les bois, dans les lieux humides et ombragés, particulièrement sur les herbes et sous les écorces des arbres. Ils répandent une odeur excessivement forte et désagréable. Ils sont tous de petite taille; et, pour le système de coloration, le noir brillant domine toujours. C'est aux dépens des anciens Staphijlinus de Fabricius que ce genre a été formé. Mannerheim les réunissait au genre Anllwbium de Leach, mais Erichson les en a définitivement séparés.

On en connaît près d'une cinquantaine d'espèces; cependant Erichson, dans son grand travail, n'en décrit que trente-cinq, parmi lesquelles trente et une appartiennent à l'Europe, trois a l'Amérique septentrionale, et une à l'Afrique australe. Comme types, nous citerons les Omalium rivulare, Gravenliorst (Staphylinus rivularit, Payknll; StaphyUmu cursor, Mùller), elfloraïu(Staphylinus), Paykull [Omalium viburni, Gravenborst; Staphyliniu rufipes, Foureroy; Staphylin twir à corselet lisse et borde, Geoffroy), que l'on trouve communément dans toute l'Europe, et qui ne sont pas rares auprès de Paris; et, parmi les espèces exoliqnes, VOmalium repandum, Erichson, de l'Amérique septentrionale, et VOmalium philonihus [Staphylinus), Fabricius.

14m* GENRE. — XYLODROME. XYLODIiOMUS. Béer, 1839.

Fauna Colcopurorum Helveliaé.

Sj>'.v, bois; afOfUii, demeure.

Mâchoires membraneuses, à lobes égaux: l'externe'nu, l'interne large, avec un onglet aigu à l'extrémité; palpes maxillaires à troisième article court, obeonique, dernier long, conique; palpes labiaux à articles égaux; languette profondément bilobée; antennes à trois premiers articles près-

COLÉOPTÈRES. nr.

que égaux, obconiques, quatrième et cinquième subglobuleux, les suivants transversaux, presque cai lés, sensiblement plus épais que les autres; tibias très-légèrement épineux; tarses à trois premiers articles égaux, quatrième très-court, dernier presque égal aux précédents réunis.

Ce genre, créé par M. Ileer aux dépens des Omalium, en diffère par la forme des antennes et des palpes, et surtout par ses mâchoires onguiculées. Krichson n'a pas eu connaissance de la création du genre Xylodronuts. M. Ileer y range deux espèces propres à la Suisse et à une grande partie de l'Europe, les X. dcplamilus (Omalium), Gyllenhall, et ptamu LStapliijlinus) , l'aykull.

15"" GENRE. — PIILŒONOME. PHLOE01SOMUS. Ileer, 1859.

Fauna Cole opte rorum Helveiiœ.

♦Xoio;, écorce; vcu.o;, pâturage.

Mâchoires a lobes membraneux: l'externe allongé; palpes maxillaires à second et troisième articles presque égaux, obconiques, le dernier conique, atténué, V avant-dernier' beaucoup plus long: labiaux à second article un peu plus court; antennes épaissies, à premier article cylindrique, deuxième globuleux, beaucoup plus court, troisième obeonique, plus long, quatrième et cinquième globuleux, les suivants plus larges, transversaux, le dernier presque conique, tronqué à la base; tarses à quatre premiers articles très-courts, égaux, le dernier beaucoup plus long.

Ce genre a été créé par M. Heer aux dépens des Omalium de tous les auteurs, et renferme une dizaine d'espèces européennes, vivant sous les écorces des arbres. Comme type, nous citerons le P monilkornis (Omalium), Gyllenhall, qui se trouve, mais rarement, en Suisse.

16™ GENRE. — ANTH0B1E. ANTHOB1UM. Leach, 1819.

In Samouelle Compcndium.

AvOo;, fleur; piof, -vie.

Corps très-large, très-court, un peu déprimé, ailé; tèle beaucoup plus petite et plus étroite que le corselet, très-courte, distinctement rétrécie à la base, à front plan, immarginée; yeux assez grands, arrondis, proéminents; ocelles placés entre les yeux; labre transverse, un peu sinué à l'extrémité; mandibules courtes, mutiques; mâchoires à lobes membraneux; palpes maxillaires à premier article petit, second médiocrement long, troisième court, quatrième une fois et "demie aussi long que lui, un peu acuminé a l'extrémité; lèvre à menton rétréci en dedans; palpes labiaux très-courts, à premier et troisième articles très-longs, second de moitié plus court; antennes filiformes ou légèrement épaissies vers leur terminaison, à troisième article un peu plus long que le deuxième; corselet un peu plus étroit que les élytres, légèrement margiué sur les côtés; écusson triangulaire; élytres assez amples, couvrant la plus grande partie de l'abdomen, à angle apical externe arrondi; abdomen arrondi sur les côtés, largement marginé, un peu acuminé à l'extrémité; pieds courts, à fémurs assez forts, à tibias recourbés, pnbescents, mutiques; tarses courts, les quatre premiers articles trèscourts, égaux entre eux, plus ou moins dilatés, un peu pubescents en dessous, le quatrième cordiforme, le cinquième égalant la longueur des autres réunis.

Chez les Anlhobies, le corps est généralement très-large, très-court; les élytres cachent presque tout l'abdomen; leur corps est glabre ou très-finement pubescent. Par la structure de leurs tarses, ils se rapprochent des Omalies, toutefois leur premier article est plus dilaté, ceux des antennes sont plus grêles, leurs yeux sont plus grands et plus proéminents, et les ocelles ne sont pas plaies audessus des yeux, mais entre ces organes. La forme de la languette les rapproche un peu des Anthophages et des Acidotes. Le sixième segmeut de l'abdomen des mâles est plus finement sinué en dessous que dans les autres Omalies; dans quelques femelles, l'angle apical interne des élytres est

Il fi HISTOIRE NATURELLE.

plus avancé. Ces Insectes son! assez, petits, et se trouvent habituellement sur les fleurs, ainsi que dans les herbes un peu humides. D'abord placés avec les Staphjlins, 1rs Antliobies furent ensuite rangés avec les Oinalies.

Un a décrit une vingtaine d'espèces de ce genre, qui toutes se trouvent en Europe; il n'y a qu'une seule exception pour YAnthobtum ftmetarium [(hnalium), Mannerheim, qui provient de l'Amérique boréale. Parmi les espèces que l'on rencontre souvent partout, et qui ne sont pas rares aux environs de Paris, nous indiquerons les Anthobium florale, Gravenhoret; ophthabnicum, Paykull; rntnutvffl (Silplia), Fabricius, etc.

17°" GENRE. — B0REAPII1LE. BOREAPHILUS. Sahlberg, 1817.

I ir i ■ ■ ■ i ■. i Fennica.

Bcps««, nont; tpiXeea, j'aime.

Palpes antérieurs de quatre articles, à troisième article en massue, dernier petit, subulé : les postérieurs petits, filiformes; mandibules allongées, minces, falciformes, entières; antennes presque filiformes, un peu épaissies a l'extrémité; corps dilaté postérieurement; tête orbiculaire, un peu découverte; corselet oblong.

Ce genre, créé par M. Sahlberg, n'est placé qu'avec doute dans cette, tribu par Erichson. Il ne comprend qu'une seule espèce, le Boreaphilus Hmningianus, Sahlberg, qui habite la Laponie boréale, oiril est très-rare.

18mt GENRE. - CORYPHIE. CORYPH1UM. Kirby, 1834.

Id Sicpucns Illustrations of brilisch Entomolof ] . Kopucpaio;, vertic:il

Corps déprimé, un peu pubescent; tête triangulaire, un peu inégale; yeux proéminents; antennes filiformes, sensiblement épaissies vers leur extrémité, à article basilaire fort, rétréci à la base, les deux suivants en massue, les autres turbines, le dernier ovalaire, acuminé; palpes courts, les maxillaires à pénultième article arrondi, le dernier fortement épaissi, tronqué; corselet plus étroit que la tête, un peu marginé sur les côtés; élytres oblongs, de la longueur de la moitié de l'abdomen seulement; abdomen dilaté, marginé, acuminé à l'extrémité; pieds grêles, simples; tarses de cinq articles, le dernier de la longueur des deux précédents réunis.

Ce genre, qu'Ericlison croit devoir appartenir à la tribu des Omalites, est très-voisin de celui des Roréapliiles. 11 ne comprend qu'une seule espèce propre à l'Angleterre, cl que Kirby indique sous la dénomination de Corijpliium anrfusliculle

OXZIÈME TRIBU.

* PROTEINITLS. PROTE1NITES, Erichson, i8'.a

Genan h SpeeiM Buphjtlnornm.

Labre transverse, corné, augmente à l'extrémité d'uni' membrane dilatée; mandibules courtes, non proéminentes, pratiques; mâcliijiirs .< lobe extérieur corné, à extrémité rou\crtedr poils, à lobe interne également corné et terminé par un onglet simple ou double; palpes maxillaires à premier

article petit, court, deuxième plus épais, troisième plus court que lui, quatrième rétréci, acuminé; menton corné; languette membraneuse, bilobée ou entière; paraglosses distincts, égaux à la languette ou la dépassant de beaucoup; palpes labiaux très-petits; antennes insérées sous la marge, latérale de la tète, de onze articles, souvent en massue ou légèrement épaissis vers l'extrémité, presque tous libres, quelquefois neuf articles seulement, et disposés en capitule; tête attachée directement avec le corselet; pas d'ocelles dans le plus grand nombre des cas, ou bien un seul; corselet marginé, corné en dessous dans un certain espace; écusson distinct; élytres aussi longs que la poitrine, couvrant entièrement la totalité de l'abdomen, ou n'atteignant que le sommet de sa base; abdomen de six segments distincts dans le plus grand nombre des cas, le septième étant très-rarement visible, marginé ou non marginé; pieds courts à hanches antérieures cylindriques, placées obliquement, peu découvertes, les pieds intermédiaires rapprochés, peu distants, ou au contraire très-rapprochés, les postérieurs transverses; troehanters postérieurs très-forts; tibias inermes; tarses de cinq ou de trois articles.

Cette tribu, à laquelle Erichson applique le nom de Prolcinini, a pour caractères essentiels: stigmates prothoraciques cachés; hanches antérieures cylindriques, non proéminentes, postérieures transverses; troehanters postérieurs très-forts. Les Protéinites sont très-voisins des Omalites, mais ils s'en distinguent de suite par leurs hanches antérieures non découvertes et par leurs paraglosses distincts dans le plus grand nombre des cas. Par la forme générale de leurs hanches antérieures, ils se rapprochent un peu des Nitidulaires. Les caractères sexuels sont les mêmes que dans les tribus précédentes, c'est-à-dire qu'ils se trouvent dans la disposition du sixième segment de l'abdomen. On ne sait presque rien sur les mœurs de ces Insectes, qui, en général, se rencontrent sur les fleurs ou dans l'intérieur des champignons sains ou plus ou moins putréfiés, sous les écorces des arbres, etc. On n'en connaît guère qu'une trentaine d'espèces provenant presque toutes d'Europe, mais dont quelques-unes, toutefois, sont particulières à l'Amérique méridionale. Toutes sont de très-petite taille. Leurs métamorphoses n'ont pas été décrites.

La tribu des Protéinites a été formée avec des Insectes qui anciennement étaient placés dans le genre Omalie, et avec quelques autres, qui, comme celles du groupe des Micropeplus, n'étaient pas anciennement rangées avec les Staphyliniens. Erichson n'y distingue que cinq genres, ceux des Protéine, Mégarthre, Phlaeobie, Glyptonie et Micropèple; nous y joindrons, mais avec quelque doute, le groupe générique des Pseudopsis.

1" GENRE. — PROTÉINE. PBOTEIIWS. Latreille, 1796

Précis des caractères génériques des Insectes» ITpoTstvw, j'allonge.

Corps petit, arrondi, légèrement convexe; tète beaucoup plus petite que le corselet, subtriangulaire; yeux assez grands, proéminents; pas d'ocelles; labre, transverse, un peu sinué au milieu, avec une membrane courte, bilobée à l'extrémité; mandibules très-petites, mutiques; mâchoires à lobe interne corné, bidentè fortement à l'extrémité, l'interne avec une membrane mince, coriace extérieurement, offrant quelques poils à l'extrémité; palpes maxillaires 1rescourts, à premier article petit, mince, deuxième grand, épais, obeonique, troisième court, transverse, quatrième mince, très-long; lèvre à menton transverse, rétréci en dedans, tronqué à L'extrémité| languette membraneuse, bilo- Fig.*85, — Protai'nui bée, à lobes tronqués; paraglosses unis à la languette et ne la dépassant pas; brachypierus

palpes labiaux courts, n'étant pas aussi longs que la languette, à premier article très-long, deuxième très-court, troisième petit, mais plus grand que le deuxième; antennes de onze articles, les deux premiers grands et épais, les trois derniers sensiblement plus grands, le dernier un peu globuleux; corselet transverse; écusson triangulaire; élytres assez amples, ne couvrant que les deux segments antérieurs de l'abdomen, tronqués à l'extrémité, à

118 BISTOffiE NATURELLE.

nutrle extérieur arrondi; abdomen très-large, marginé sur les bords, acuminé à sa terminaison; pieds très-eourls, à cuisses intermédiaires ayant une carène mince longitudinalement et à tibias tous simples; tarses de cinq articles, les quatre premiers à peu pus égaux, le cinquième de beaucoup plus court que ceux-ci réunis.

Le corps des Protéines est subtilement pubescent, couvert d'un grand nojnbre de points. Leur forme générale rappelle celles de certaines espèces de Nitidulaircs, et surtout les Gatérètes, avec lesquels ils ont été réunis par un grand nombre d'auteurs. Chez le mâle, le sixième segment de l'abdomen est inférieurement émarginé. On les rencontre sur les Heurs ou dans l'intérieur des champignons. C'est à Latreille que l'on doit la création de ce genre, dont les espèces avaient été successivement placées dans les genres Démettes, Catarelet et Omalium. On n'en connaît qu'un très-petit nombre d'espèces, qui toutes habitent l'Europe, tant dans les régions méridionales que dans les régions septentrionales. Nous citerons comme type le Proteinus braehyterus, Latreille, qui n'est pas très-rare dans presque toutes les provinces européennes

2mc GENRE. - MÉCARTHRE. MEGARTHRUS Kirby, 1854

in SlephenG Illustrations ol brUisck lîimimoiogy.

Ms-ja:, grand; «pHpov, articulation.

Corps petit, très-large, très-déprimé, ailé; tête beaucoup plus petite et plus étroite que le corselet, sublriangulaire, rétrécit' à la base, attachée au corselet par un col très épais, droite, à front marginé; yeux un peu globuleux, assez proéminents; pas d'ocelles; labre recourbé vers la marge du front, transviise, court, terminé par une membrane entière, fine; mandibules petites, mutiques; mâchoires à lobe interne corné, allongé, acuminé à l'extrémité, le Fig. 86. - Uigarthrtu lobe externe coriace, à extrémité membraneuse et couverte de poils, dépassant , rufiteau. un peu l'interne; palpes maxillaires très-courts, à premier article très-petit,

deuxième assez grand, obeonique, troisième court, quatrième un peu plus court que le deuxième, très-mince, acuminé; lèvre à menton un peu plus court que large, sensiblement rétréci en dedans, à extrémité tronquée; languette membraneuse, courte, un peu sinuée au milieu; paraglosses dépassant de beaucoup la languette, libres, acuminés; palpes labiaux très-courts, à deux premiers articles presque égaux, le troisième un peu plus petit; antennes de onze articles, très-courts, sensiblement un peu épaissis vers l'extrémité, à dernier article Irèsépais, subglobuleux, les deux articles basilaires beaucoup plus grands et plus épais que les autres; corselet transverse, presque de la largeur des élytres, largement marginé sur les côtés; élytres couvrant presque uniquement la base de l'abdomen, tronques à l'extrémité, à angle externe obtus; abdomen très-court, rétréci vers L'extrémité, largement marginé; pieds très-courts, à hanches intermédiaires un peu rapprochées, avec une carène; tous les tibias mutiques; tarses de (inq articles, les quatre premiers courts, égaux, le cinquième plus court que ceux-ci réunis.

Chez les Mégarthres, |e corps est fortement ponctué, souvent couvert d'une courte pubescence; le corselet est profondément canaliculé, à angles postérieurs fortement incisés Les mâles se distinguent non-seulement par le caractère ordinaire du sixième segment abdominal, mais aussi par la structure différente des pieds postérieurs. On les trouve généralement sous les écorces des arbres. On n'en a encore décrit que quatre espèces, qui, toutes quatre européennes, se trouvent aux environs de Taris; ce sont les Megarthrtu depremis [Staphylinus), l'aykull, que M, Lacordaire range dans sa Faune des environ» de Paru, ainsi que les deux autres, dans le genre Phtœobium; nnuatocollis, Lacordaire; deniicollis [Omalium), Beck, que l'on a successivement désigné sous 1rs dénominations de Megarthrtu el Phlœobium marginieolle, Erichson et Lacordaire, et Silpha hemiplera, variété A. llliger, et hemiplerui [Silpha . Illiger, qui a porté les noms de Omalium depressum, variété C. llliger, Staphylinus melanocephalus, Olivier, Phlœobium nitiduloides, Lacordaire, Megarthrtu rufescens, Stephene, etc.

:. GENRE. — PBLŒOBIE. PULŒOBWM. Dejean, 1840.

lu Bricbson, Gênera cl Species BUphylinoram.

'!>;■: • i .'■> jg vis

Corps petit, très-large, déprimé, ailé; tête un peu pins étroite que le corselet; yeux globuleux, proéminents; un seul ocelle au milieu du front; labre déOéchi; mandibules très-petites, muliques; mâchoires à lobe interne corné, acuminé à l'extrémité, l'externe coriace, un peu membraneux, couvert de poils à sa terminaison, et ne dépassant pas l'interne; palpes maxillaires à premier article très-petit, deuxième assez grand, épaissi, troisième un peu plus mince et plus court que lui, quatrième encore plus mince, mais égal en longueur au deuxième, aeuminé; lèvre a menton un peu plus court que large, sensiblement rétréci eu dedans, légèrement tronqué à l'extrémité; languette membraneuse, bilobée; paraglosses larges, ne dépassant pas la languette; palpes labiaux très-courts, à premier article petit, deuxième oblong, cylindrique, troisième un peu plus court que lui, mince, acuminé; antennes de onze articles, insérées sous la marge dilatée du front, minces, à premier article en massue, et le second oblong-conique, les trois avant-derniers allant en épaississant sensiblement, le dernier oblong-ovalaire. très-épais; corselet transverse, de la largeur des élytres, marginé largement sur les côtés; élytres atteignant à peine le sommet de la face de l'abdomen, tronqués à l'extrémité, à angle externe un peu arrondi; abdomen très-court, très-large, un peu atténué vers l'extrémité, largement marginé; pieds très-courts, à hanches intermédiaires rapprochées, à tibias muliques; tarses de cinq articles, les quatre premiers courts, égaux, le cinquième égalant à peu près la longueur de ceux-ci réunis.

Ce genre se distingue de tous ceux de la même tribu par son ocelle unique au milieu du front; il présente quelques caractères semblables à ceux des Mégarlhres, mais il en est différencié par son corps moins déprimé, par son corselet moins distinctement canaliculé et à angles postérieurs moins manifestement incisés, par ses antennes plus longues et par sa languette moins courte. Ce genre, créé par Dejeao, a été caractérisé par Erichson, qui, antérieurement, plaçait la seule espèce qui y entre avec les Megarthrus. Cette espèce, qoi est très-petite et se trouve en France et en Allemagne, est le Phlœobium çlypeaiwm [Silpha), Millier, que M. Th. Lacordaire nomme Phlœobium corticale.

imt GENRE. — GLYPTOME. GLYPTOMA Erichson, 1840.

Gênera el S|icfie< Siaphylinornm.

rXoicTGf, sculpté ; UU.0Î, épaule.

Corps petit, oblong' linéaire, ailé; tête droite, de la largeur du corselet, Buborbiculaire, médiocrement rétrécis vers la base; yeux petite, légèrement ronds, non proéminents ; mandibules non proéminentes; palpes filiformes menton trapézoïdal, rétréci en dedans; antennes de onze articles, libres, tous épais ou épaissis vers l'extrémité; corselet de la largeur des ély 1res, marginé, rétréci à la basi a triangulaire; élytres tronqués; abdomen non marginé; pieds courts, les intermédiaires minces, séparés par un court espace; tous les tibias simples; tarses de truis articles, a deux premiers articles très-courts.

Dans les Glyptomes, le corps es) opaque; glabre dans le plus grand nombre des cas; le corselet est irrégulièrement marqué d'impressions et d'élévations, ces élévations étant très-souveni disposées longitudinalement;les élytres sont sculptes de eûtes longitudinales; l'abdomen est cylindrique, déprimi . Par leurs tarses de trois articles et la sculpture de leur corps, ces Insectes

Fis m

ertusicorne.

se rapprochent beaucoup des Micropèples, dont ils se distinguent cependant par leur corps linéaire, leurs elytres dépassant a peine le métathorax, leur abdomen non marginé, et leurs antennes ayant distinctement onze articles libres. Par leurs hanches antérieures non découvertes, ils se rapprochent des Oxytélites et des Piestiniles, ainsi que par plusieurs autres caractères, mais ils en sont différencies par leurs taises seulement de trois articles. Us oui aussi quelque ressemblance avec les Colydium et les Bitotnu.

Ce genre a été fondé par Krichson pour des espèces nouvellement découvertes et qui n'avaient pas été encore rangées dans d'autres coupes génériques; depuis M. Motsehoulsky {Bull. Soc imp. natur. Moscou, 1857) a proposé d'en changer la dénomination en celle de Tboraxophore, Thoraxophorus l&cjxE, corselet; çcpc;, porteur); mais ce changement inutile n'a pas été adopté.

On ne connaît pas d'une manière positive les différences sexuelles de ces Insectes, et on ne sait rien sur leurs mœurs, si ce n'est qu'on les rencontre le plus habituellement sous les écorces des arbres. Ce sont de petits Insectes, dont Erichson ne décrit que six espèces, qui habitent l'Europe et les deux Amériques. Comme type nous citerons le Glypioma cortscinum (Tkoraxophorm), Motsehoulsky, découvert en Italie, et que M. le docteur Aube a retrouvé à Paris; nous indiquerons aussi une espèce américaine, le G. crassicorne, Erichson, de Colombie, que nous avons représenté.

b"< GENRE. — M1CROPÈPLE. MICBOPEPLUS. Lalreille, 1807.

Gênera Crusuceorum el lnsecloruui, t. IV M:/.;'.;, petit; «tiri.o;, voile.

Corps petit, un peu ovalaire, très-épais, ailé; tête reçue directement dans le corselet, plus petite et plus étroite que lui, subtriangulaire; yeux médiocres, semi-globuleux, médiocrement proéminents, labre transverse, entier, corné; mandibules petites, mutiques, non proéminentes; mâchoires à lobe interne étroit, corné, l'externe trapézoïdal, dilaté à l'extrémité, arrondi, garni de poils; palpes maxillaires à premier article mince, petit, deuxième assez grand, fortement épaissi, troisième plus court, transverse, quatrième conique; lèvre à menton assez grand, rétréci en avant de l'extrémité; languette courte, très-mince, arrondie, membraneuse; palpes labiaux à articles très-courts, allant en décroissant de longueur, le dernier presque obsolète; antennes de neuf articles: les deux premiers assez épais, le premier le plus grand, ovalaire. le deuxième un peu plus petit que lui, atténue à l'extrémité, les trois suivants minces, allongés, les trois avant-derniers non épaissis et courts, le dernier grand, globuleux: ces antennes formant comme une capitule globuleuse; corselet trinsverse, de la largeur de la base des élytres, appliqué immédiatement sur eux, rétréci en dedans, à côtés margines: écusson assez grand, triangulaire; élytres amples, atteignant à peine le sommet de la base de l'abdomen; ce dernier acuminé; pieds courts, minces, simples, les intermédiaires distants de la base; tarses de trois articles courts

Le genre Micropèple est très-remarquable par la sculpture singulière de son corps, par ses antennes en capitule, et par ses pieds largement distants. Erichson n'a constaté dans ce genre l'existence que de trois articles aux tarses, mais Curtis en indique quatre au moins dans une espèce, le Micropeplus tewerula (Omabum ttaphylinoidet, Gystl), qui habite la Suisse et la Carinthie.Ces Insectes ont de grands rapports avec les Nitidulaires avec lesquels ils ont été longtemps rangés; ils ont fait successivement partie des genres Nitidula, Slaphylinu» et Omalinm. On les trouve généralement dans l'intérieur des champignons; ils sont de très-petite taille. On n'en connaît jusqu'ici qu'un nombre assez restreint d'espèces, et toutes, à l'exception d'une seule [Micropeplus ubtusus, New man), qui a été trouvée aux environs d'Halifax, habitent l'Europe. Les espèces les plus connues, et qui vivent en France, aux environs de Paris même, sont les Mwropephu porcalus [Staphutmtu), Fabricius [Nitidula tulcata, Herbdt); fulvus, Erichson, découvert par M. Chevrolat, et siapliijtinus [Nitidula), Harsham, que M. Guérin-aféneyille a nommé Micropephu Mailla,

6"" GENRE. - PSEUROPSE. PSEl'DOPSIS. Ncwman. 183i. iiir Botomologisfs, t. il.

l'E'j'îr.;, faux; uty, œil.

Télé allongée, rétrècie, arrondie en avant, déprimée légèrement sur l'épicrftne, avec des stries latérales au-dessus des yeux et vers le milieu; antennes de onze articles, épaissies en dehors, à article apical conique; palpes maxillaires a article apical allongé, aigu, trés-mince, près de quatre fois plus grand que les autres; corselet déprimé, presque circulaire, un peu tronqué en avant et en arriére, avec des lignes latérales élevées sur les côtés; élytres un peu déprimés, marginés, avec deux lignes élevées vers la suture; abdomen de sept segments, ne couvrant pas les élytres, élevés sur les côtés, allant en décroissant de grandeur vers l' extrémité, qui est allongée, rétrècie.

Ce n'est qu'avec doute qu'à l'exemple d'Erichson nous rangerons dans celte tribu le genre Pseudopse de M. Newman. qui ne comprend qu'une seule espèce, le Pseudopsis sulcalus, Newman, provenant de l'île Vectis

Fig. 88 — j4nomojnjl/iuj Fis 89. — BUpharymtrui filiformu. tvicicolhs

Fig 90. — Staphylnuu pirostoma.

Fig. 91. — Aleochara scutellaris.

Fi(t 92. "

ptlhi"

Fig. 93 — Palaminut vanabilii

Fig 84. — Staphylinu»

UerculeanuB.

Fig. 9ô. — Rhisonlhui JSneus.

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