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ONZIÈME FAMILLE

DERMESTIENS. DERMESTJI. Nobis, 1851.

Les Insectes de cette famille ont pour caractères principaux : corps ordinairement allongé, un peu bombé; pattes imparfaitement contractiles; jambes étroites, allongées; tarses toujours libres. ayant manifestement cinq articles; antennes terminées par une massue bien formée, plus ou moins longue.

La division des Dermestiens, qui se compose du genre Dermesles des anciens auteurs et des subdivisions qui y ont été formées, est regardée, par tous les entomologistes modernes, comme une famille particulière. Lalreille en faisait une simple tribu de sa famille des Clavicornes (1), et il a été suivi en cela par M. de Castelnati (Hist. nal. des Ins., 1840), qui, toutefois, restreignit de beaucoup le groupe primaire des Clavicornes, et par M. Brullé (Hist. nul. des Ins., 1855), qui change seulement la dénomination de tribu en celle de famille. Depuis, M. E. Blanchard (1845, Hist. des Ins de Didot) fait une tribu particulière des Dermestiens, et il la subdivise en quatre familles particulières, celles des Mycétophagidu, Dermcstides, Byrrhides et Agatliidiides. Enfin, dans les travaux plus récents des entomologistes classificateurs, surtout dans les catalogues des Allemands, ainsi que dans celui de M. Gaubil {Cat. si/h. des Coléopt. d'Eur. et d'Aly., 1849), les Dermestiens sont considérés comme devant former une famille tout à fait distincte.

Il est peu de familles d'Insectes qui soient plus nuisibles que celle des Dermestiens. Recherchant toutes les matières animales mortes, aussi avides de parties grasses et charnues que de celles qui sembleraient les moins capables de les nourrir, ces Coléoptères attaquent indifféremment les fourrures, les peaux d animaux, les plumes des Oiseaux empaillés, dont ils mangent les barbes, les viandes sèches et fumées, les vessies non recouvertes d'un vernis, et surtout les Insectes conservés en collections. Ils rongent facilement les parties membraneuses, et quelquefois très-dures, de ces derniers, et dévorent avec avidité les restes desséchés de leurs entrailles : souvent ils s'y logent pour tout le temps que doivent durer leurs métamorphoses, et sont des ennemis d'autant plus redoutables, qu'ils échappent plus facilement aux recherches. Ce n'est que par des visites réitérées, et surtout par l'exposition à une forte chaleur dans des espèces d'étuves, dans des sortes de marmites chauffées à l'eau bouillante, et que l'on nomme nécrantomes, que l'on parvient à s'en pré-

;i) Lalreille (Règne animal Je G. Cuvier, 1829) faisait un groupe particulier de sa première section des Clavicornes pour les espèces chez lesquelles le prostei num est souvent dilaté antérieurement en manière de mentonnière, et qui diffèrent des tribus des Palpeurs [Scydmœnœ), Uilséroides, Silphales, Scaphiditei, Kitidulaires et Engidiles, par leurs pieds an tout ou en partie contractiles; les tarses peuvent être libres, mais les jambes, au moins, se replient contre leurs cuisse.*: les mandibules sont courtes, généralement épaisses et dentées; le corps est ovoïde, épais, garni d'écaillés ou de poils caducs qui le colorent diversement; les antennes sont ordinairement droites, plusjcourtes que la tête et le corselet réunis; la tète est enfoncée dans le «oiselet jusqu'au! yeux, le corselet est peu ou point rebordé, trapézoïde, plus large postérieurement : le milieu de son bord postérieur est souvent un peu prolongé ou lobé. Les larves sont velues, et se nourrissent, pour la plupart, de dépouilles ou de cadavres d'animaux; plusieurs d'entre elles sont très-nuisibles aux collections entoinologiques. Uans ce groupe, les espèces dont les pieds ne sont pas complètement contractiles, les tarses restant toujours libres, avec 1rs jambes étroites et allongées, forment la tribu des Uebuestiss (Dermtstini], qui comprend les genres ou sous-genres Aipidiphorus, Uermettes, ilegatoma, timnicAu», Attagcnus, Trojoderma, Anthrenus et Globicornis; tandis que li - des lesquelles les pieds sont parfaitement contractiles, les jambes pouvant se replier sur Us cuisses, et les

tarses sur les jambes, de sorte que l'Insecte semble, lorsque ces organes sont contractée el appliques sur le dessous du corps, être ab-olument sans pattes, et inanimés, chez lesquelles encore les jambes sont ordinairement larges, comprimées, et le corps court, bombé, constituent la tribu des Brnrunr.NS [Dyrrhii), comprenant les genres ou sous-geures Kosodendron, Byrr/iu» cl IVtnadtt. — Notre famille des Demiestiens correspondra à peu près à la tribu des Dekmestiss de Lalreille, et notre f imille suivante, celle des BvMUUIM, à la tribu qui purte le même nom.

server. Les larves, renfermées dans le corps de quelque Insecte, sans qu'on puisse même en soupçonner l'existence, sortent alors de leur retraite pour chercher ailleurs l'air humide dont elles commencent à manquer; au bout de quelques minutes, elles finissent par succomber si elles ne peuvent sortir de l'étirve : on les trouve alors réduites, pour ainsi dire, à un état de torréfaction, qui succède bientôt à l'asphyxie qui les a fait périr. Avant l'emploi de ce procédé, qui n'a guère été mis en usage que depuis une vingtaine d'années, les moyens que l'on employait pour détruire ces larves étaient loin d'être suffisants, et étaient même inutiles dans le plus grand nombre des cas. On cherchait à les chasser de leur retraite à l'aide d'une substance fortement odorante, telle que le camphre ou l'huile de térébenthine, et, lorsqu'elles venaient a être aperçues, on les tuait. Du reste, clans nos collections entomologiques, une surveillance active peut suffire pour détruire quelques larves qui se seraient introduites dans une boite, car leur présence est souvent décelée par la présence, dans le fond de la boite, d'une poussière très-fine qui se détache de l'Insecte attaqué. Mais, si on abandonne une collection a l'action destructive de ces larves, et que l'on ne s'en occupe pas pendant deux ou trois ans, souvent la collection entière est perdue. Avant que l'art de la taxidermie fût aussi parfait qu'il l'est aujourd'hui, les cabinets de Mammifères et d'Oiseaux étaient infestés de ces cruels ennemis : les immersions dans des liquides odorants n'en préservaient pas suffisamment les peaux. [)e nos jours encore, malgré l'emploi d'un savon mélangé d'une assez grande quantité d'acide arsénieux dont on les enduit assez fortement en dedans, et qui les préserve des ravages des Insectes destructeurs par le poison qu'il leur oppose, les poils et les plumes implantés sur ces peaux ne sont pas toujours à l'abri de leurs mâchoires, et, sans des soins assidus, sans des visites très-fréquentes, on ne pourrait arrêter les dégâts qu'ils causent. Leurs ravages sont aussi très-grands dans les dépôts ou fabriques de peaux préparées pour les arts, et dans les voiries, où ils hâtent la putréfaction des matières organiques. Dans les pays chauds, ils sont surtout très-nuisibles, et, malgré toutes les recherches, on n'a pas pu encore parvenir à les détruire en grand et d'une manière complète, malgré les primes considérables proposées aux personnes qui parviendraient à donner un procède facile et peu coûteux de nous en débarrasser.

Tous les Dermestiens n'attaquent pas également les mêmes substances, et tous ne s'en nourrissent pas pendant les diverses phases de leur existence, mais c'est principalement à l'état de larves qu'ils sont le plus nuisibles. Les Dermesles s'attaquent de préférence aux substances comestibles, telles que le lard et les viandes sèches; les Atlagemts nuisent plus particulièrement aux fourrures, et pour cela à nos collections mammalogiques et ornithologiques. Les momies apportées d'Egypte, ainsi que le fait remarquer M Brullê, que les soins les plus minutieux auraient dû préserver de toute espèce d'attaque, renferment aussi des Dermesles; ces Insectes y trouvent encore abondamment de quoi se nourrir. Les Anthrenus sont principalement le fléau des collections d'histoire naturelle, et dévorent même, dans nos appartements, des cadavres de Mouches, qu'ils y rencontrent : ce sont eux qui font surtout des dégâts dans nos boites d'Insectes. Les Anthrènes peuvent détruire des matières très-dures. De Géer dit qu'il en a vlevé pendant plusieursannées dans une boite de corne, et que les parois de la boite étaient entamées de toutes parts; il ajoute même que ces Coléoptères savent passer a travers le bois, et ce fait est mentionné également par llerbst, au sujet d'une espèce de Dermeste.Tout nouvellement, M. le major Blanchard a signale a la Société entomologique de France (1851, Bulletin, page xv) un fait analogue a celui que De Géer avait observé; il a montré une boite en écaille fondue, dans laquelle avait été renfermées des larves de VAnthrentu pimpinetlœ, et qui présentait des dégâts produits par ces larves, qui avaient fait des traces très-évidentes avec leurs mandibules. Enfin, nous avons été à même d'observer un mur dépendant d'une fabrique de noir animal et de phosphore, situé, ù la Glacière, sur le bord de la rivière des Gobelins, et nous avons pu observer, dans ce mur construit en calcaire grossier, des trous assez profonds percés dans la pierre ellemême, et dans lesquels étaient logés des Dermesles vulpinus et tanlnr'uis, ainsi que des Anthremis, et nous pensons que ces trous avaient été perforés par ces Insectes, tandis qu'ils étaient sous leur étal de larves. Ces faits d'Insectes ou de larves ayant détruit en partie, ou même percé des corps assez durs, qui ne semble presque pas croyable, ont été plusieurs fois vus, et nous aurons particulièrement à citer, dans le cours de cet ouvrage, une remarque de l'un de nous insérée dans la Revue zooloijique de 1844, et qui est relative à un Insecte xylophage, VApaie capucina, qui a perforé entièrement, et ù plusieurs endroits, des clichés d'imprimerie composés d'un alliage métallique assez

Fig. I. — Chrysotlema xanthoct

Fig. 2. — Buprestit mican

Fig. ;1- — ClirYsochroa hicolor.

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