TREIZIEME FAMILLE
TRICHOPTÉRYGIENS. TR1CHOPTERYG1I. Nobis, 1851.
Fig. 147. — Trichopliryx Ratisbonensis.
Les principaux caractères des Insectes de cette famille sont : antennes de onze articles, droites, capillaires ou en massue; pieds postérieurs distants; cuisses antérieures découvertes; tarses de trois articles apparents, avec une soie terminale.
Les Trichoptérygiens sont des Coléoptères de petite taille, car ils n'ont guère "que 1/4, 1/5 ou au plus une 1/2 ligne de longueur. Leurs mandibules sont dentées en dedans, avec le côté interne tranchant et le sommet allongé en forme de griffe. Les palpes maxillaires ont le premier article fortement courbé et environ de la longueur du deuxième, qui est plus gros, presque oviforme et le plus grand de tous, le troisième est petit, très-court, presque sphérique, le quatrième à peu près de la longueur du deuxième, mais il est rarement mince et aciculaire. Les palpes labiaux sont Inarticulés, le premier article est cylindrique, le deuxième globiforme, court, le troisième très-mince et le plus long de tous, filiforme et garni de quelques poils. Les antennes sont insérées devant les yeux, composées de onze articles : les deux premiers cylindriques, robusles, beaucoup plus4arges que les six suivants, qui sont tous grêles, filiformes, à peu près d'égale longueur, les trois derniers plus gros, formant une massue noueuse, allongée, le neuvième et le dixième ovales oblongs, et le dernier fusiforme; tous ces articles sont, en outre, généralement garnis de longs poils. Les ailes sont très-longues, étroites, en forme de lancettes, la tige prend un tiers de la longueur de l'aile, elle est glabre, un peu élargie aux deux extrémités, le corps est membraneux, garni sur les bords de longues soies très-serrées, d'un tiers environ de toute la longueur de l'aile, on y remarque deux lacunes placées aux points où cet organe se plie sur lui-même, quand l'Insecte veut les rentrer sous les élytres. Dans quelques espèces les ailes manquent. L'écusson est de forme variable. Les élytrcs, dans le plus grand nombre des cas, recouvrent entièrement l'abdomen, et, dans quelques autres, sont plus courts que lui. Les segments, aussi, ne sont pas toujours en nombre égal, tantôt il y en a trois, tantôt cinq et tantôt sept. Les pattes sont de grandeur moyenne; les tibias très-épineux; les tarses filiformes composés de trois articles suivant MM. Erichson, Gillmeister, GuérinMéneville, Heer, Allibert, et cependant Latreille admettait que ces tarses avaient cinq articles, et M. Ed. Perris en représente cinq dans les planches d'un travail qu'il a publié dans les Annales de la Société cntomotogique de France. Ces tarses sont excessivement petits et très-souvent couverts d'un grand nombre de poils, aussi est-il très-difficile de voir leurs articulations et peut-on aisément s'expliquer la divergence d'opinion des auteurs; mais toutefois, aujourd'hui, on les regarde bien comme triamérés. M. Allibert a vu dans quelques espèces les deux premiers articles des tarses antérieurs dilatés chez les mules, tandis que cela ne se remarque pas chez les femelles.
Malgré la petitesse des Trichoptenjx, deux savants entomologistes ont décrit avec soin les métamorphoses de ces Insectes M. Ed. Perris (Ann.de la Soc.ent.de Fr., 1846) a fait connaître la larve et la nymphe d'un Trichopterux qui se rapporte à Yintermedia, Gillmeister. mais que M. Allibert serait plus tenté de regarder comme le fascicutaris, llerbst. M. Gillmeister (Monogvapliïa Trichoptenjgiorum, 1815) a fait connaître l'œuf, la larve et la nymphe d'un Insecte qu'il regarde comme le Triclwpteryx limbata, Heer, tandis que M. Allibert semble croire que c'est plutôt une petite espèce de Staphylinien.
194 UIST01RE NATURELLE.
D'après M. Ed. Perris, la larve du Trichopleryx intcrmedia est longue de 1 millimètre 2 3; sa tête de consistance légèrement coriacée, grande, large, presque discoïdale, complètement libre, subcornée, marquée sur le front d'une impression en 1er à cheval. Les antennes n'ont que quatre articles : le premier court, en forme de mamelon, le deuxième près de trois fois aussi long que"le premier, légèrement en cône tronqué et renversé, le troisième un peu plus court que le précédent et un peu conique, le quatrième plus court, beaucoup plus grêle et renflé à l'extrémité, qui est surmontée de deux ou trois soies longues et roides, de plus, un article supplémentaire se remarque à l'extrémité du deuxième article inséré à sa face interne et un peu en dessous. L'épistome est court, transversal; le labre semi-discoldal, légèrement velu; les mandibules longues, peu arquées, acérées, avec une dent intérieure au-dessus de l'extrémité, leur bord externe est sinueux, concave. Les mâchoires sont courtes, épaisses, à lobe interne allongé, un peu recourbé à l'extrémité, qui est arrondie. Les palpes maxillaires sont coniques, légèrement arqués en dedans, de trois articles dont le deuxième un peu plus long que le premier, et le dernier plus long que lui, grêle, comme subulé. Les palpes labiaux sont très-courts, biarticulés. M. Ed. Perris n'a pu y constater la présence d'yeux. Le corps est linéaire, cylindrique, blanchâtre, un peu aplati en dessous dans la région thoracique, composé de douze segments : le premier plus long que la tête, les deux suivants à peu près de moitié plus courts, le douzième légèrement plus long, arrondi postérieurement et muni de deux appendices tubiformes, plus longs que lui et terminés chacun par quatre longues soies. Les trois premiers segments portent trois paires de pattes longues, très-saillantes en dehors, hérissées de quelques soies et pourvues d'un crochet roussâtre, à peine crochu; l'action de ces pattes est secondée par un gros mamelon anal non rétractile, transversalement concave en dessous et par deux séries despinules ou de gros cils placés tout le long du ventre, à partir du quatrième segment. Les stigmates paraissent placés, une paire près du bord postérieur du premier segment, et huit paires sur le quatrième et les suivants, jusqu'au onzième inclusivement. Au contraire de ce qu'on devait supposer, M. Ed. 1'' i ris a constaté que celte larve était carnassière, et qu'elle se nourrissait de petites Podures qu'elle saisit â la course et qu'elle emporte dans ses mandibules. Elle est très-délicate, fuit la lumière et meurt rapidement si on la retire des lieux où elle est destinée à vivre. On la rencontre dans les détritus de végétaux qui commencent à fermenter.
La nymphe a une taille d'un peu moins de 5/4 de millimètre; elle est d'abord blanchâtre, puis légèrement roussâtre, et présente toutes les parties de l'Insecte parfait, disposées comme à l'ordinaire. On voit plusieurs soies blanches et membraneuses, disposées sur le vertex, sur le bord antérieur et sur les côtés du thorax, ainsi que sur le bord postérieur du mésothorax et du métathorax. On trouve ramassée et chiffonnée autour du derniersegment de la nymphe la peau de la larve. Cinq ou six jours après la transformation, la nymphe se fend sur le dos pour donner passage â l'Insecte parfait.
Quant aux métamorphoses du Trickopteryx Umbata, quoique nous ne les rapportions qu'avec doute à cet Insecte, voilà ce qu'en dit M. Gillmeister. L'œuf est allongé, cylindrique, arrondi aux extrémités. La larve est longue, un peu arrondie, déprimée en dessus. La tête est grosse, presque carrée, arrondir en avant. Les yeux sont grands, placés à côté des antennes, et celles-ci n'ont que deux articles : le premier long, le second de moitié plus court, avec trois soies au bout. Les mandibules sont longues, étroites. Le labre est terminé en pointe. Le thorax se divise en trois segments : le segment prothoracique, qui est plus grand que le suivant, presque carré, le segment mésothoracique, plus court, et le métathoracique, encore plus petit. L'abdomen a neuf segments, le dernier étroit, bifurqué à l'extrémité, chaque bifurcation terminée par trois poils. De chaque côté des anneaux il y a un petit stigmate, et sous chaque stigmate une petite soie dirigée en avant. Les pattes sont courtes; les cuisses épaisses, coniques; les tarses lins avec un petit crochet très-délié à l'extrémité. La nymphe est plus grosse que la larve; sa tête a deux grands yeux noirâtres, et au-dessus d'eux des antennes tout à fait semblables à celles de la larve. La larve a été trouvée sous les écorecs d'un pin. L'Insecte parfait est petit, et il se trouye dans les matières organiques végétales en décomposition, sous les amas de feuilles tombées des arbres, dans les pièces de bois plus ou moins putréliées, sous les écorces des arbres, etc.