‹ ColéopteresChapitre 74 sur 83 · PL · texte numérisé non relu

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membraneux entier ou faiblement échanrré, le quatrième article, non compris les croclicts, au moins aussi long que les deux intermédiaires pris ensemble; erochets tarsiens larges, courts.

Le genre Corynetes a été créé par Paykull, dans la Fauna Succica, en 1778, pour le C. violaccus, et ce groupe a été adopté par Fabricius, en 1 80 1 , dans son Systema Eleulheralorum; mai;, précédemment, en 1796, Latreille a fondé le genre Necrobia, dans lequel on plaça pendant longtemps toutes les espèces de Corynetes, jusqu'à ce que M. Spinola, dans sa Monographie des Clérites, vint, en 1844, distinguer définitivement ces deux genres.

Quelques uns de ces Coléoptères, par la forme arrondie de leur corselet, ressemblent a certaines espèces de Datyies, tandis que d'autres ont plus de ressemblance avec les Criocères. Ce sont des Insectes de petite taille, de couleurs assez éclatantes; ils semblent vivre de matières végétales, car leurs larves ont été trouvées dans le bois, et il n'en est pas de même des Nécrobies, qui sont plus carnassiers et se rencontrent habituellement dans les charognes, mais qui, au reste, semblent être réellement omnivores. M. Curtis [Brit. Ent., t. VIII) donne quelques détails sur les métamorphoses du Corynetes violaccus. Voici les observations qui sont rapportées à ce sujet par M. Curtis, d'après M. le major général Hardwick : « Étant à Wirbeak l'automne dernier, mes regards se portèrent sur les dégâts commis, sur une planche de sapin, par la larve du Corynetes violaccus, que j'ai vue, embarrassée au milieu de débris pulvérulents qui sont l'œuvre de ses mandibules, entre la face supérieure et inférieure de la planche. J'ai trouvé aussi, au milieu de ces débris, un cocon de la même larve consistant en une pellicule flexible et transparente, assez semblable à celui qui sert à la Teigne des habits quand elle passe de l'état de chenille à celui de chrysalide. Le cocon était divisé en trois cellules, dont deux vides, et la troisième habitée. J'ai aussitôt transporté ce cocon, avec un morceau de la planche, dans une boite, pour m'assurer de l'Insecte lorsqu'il serait arrivé à l'état parfait, et j'ai obtenu le Corynetes violaccus au bout de six jours. » Cette remarque est rapportée tout au long par M. Spinola, et elle semble lui prouver que les Corynetes ne sont pas aussi carnassiers qu'on le croyait généralement, et il croit que ces Insectes se nourrissent de matière végétale, plutôt qu'ils ne dévorent les êtres qu'ils rencontrent dans leur habitation. De là, il en conclut que ces Coléoptères, et probablement aussi les Necrobia, ne sont pas carnassiers à la manière des Nitidulaires et des Silphales, ainsi qu'on le disait jusqu'ici.

L'espèce type de ce genre, le Corynetes violaceus, Paykull, qui est violet, fortement ponctué, se trouve communément dans toute l'Europe, et n'est pas rare aux enviions de Paris. On y réunit les C. semistrialus, Spinola, du cap de Bonne-Espérance; scabripennis, Dupont, et pallicornis, Spinola (C. analis, Klug), du Sénégal.

M. Klug, dans sa Monographie, place dix-neuf espèces dans ce genre, auquel il réunit presque tous les groupes génériques de notre tribu des Corynétides.

9»' GENRE. — NÉCROBIE. NECROBIA. Latreille, 1796. Histoire naturelle des Insectes.

Ncxoo;, du mort; fîio;, vie.

Antennes à massue aplatie, perfoliée, à articulations très-serrées et à articles plus larges ou aussi larges que longs : le premier article brusquement dilaté à son origine et en trapèze élargi à l'extrémité, le deuxième à peu près de la grandeur du premier, encore en trapèze élargi en avant, et tel, que ses côtés paraissent souvent une continuation des côtés de l'article précédent, le troisième plus grand que le précédent, en ovale transversal; palpes à dernier article des maxillaires comme les labiaux, ayant à l'origine la même épaisseur que l'extrémité de l'avant-dernier, qui est lui-même obeonique : à partir de ce point, il augmente en grosseur jusqu'à une certaine disianee, puis il se rétrécît sans s'aplatir jusqu'à l'extrémité, qui est tronquée en ligne droite : ces palpes peuvent varier de formes

Fig. 198. — Xtcrobia ruficollii.

ïlfi HISTOIRE NATURELLE.

Le genre Nccrobia a été établi par Latreille, en 1796, dans son Histoire générale des Crustacés et des Insectes, t. IX, d'apiès des espèces bien distinctes de celles qui avaient été le type du genre Corynelet de Paykull. Fabriciusles a confondus dans son Systema Elcuthcratorum. Dos lors, il y a pu dissidence de langage entre les entomologistes. Les élèves de Fabricius n'ont connu que des Conjnctcs, et les compatriotes de Latreille n'ont admis que des Nccrobia. En effet, les espèces de ces deux genres ont à peu près le même faciès; et, en les examinant de près, il est aisé de se convaincre qu'ils sont trop voisins pour qu'on puisse intercaler un troisième groupe entre eux deux. Cependant ils semblent à M. Spinola être chacun assez distinct, parles formes différentes de la massue antennaire et des derniers articles des palpes, pour justifier une distinction qui a le double avantage de n'exclure aucun des noms proposés par un de nos deux plus illustres entomologistes, et d'être d'ailleurs conforme à ce que nous savons de l'histoire des mœurs de ces animaux. En effet, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, les larves des Corynèles, au moins celles du Corijnetcs violaccus, se trouvent dans les matières ligneuses, tandis que celles des Nécrobies qu'on a pu voir ont toujours été trouvées dans les charognes. On ne sait que très-peu de chose sur les métamorphoses de ces Coléoptères, et l'on se borne à répéter que les larves sont allongées, avec six pattes et deux crochets écailleux vers l'anus : toutefois, M. Westwood dit quelques mots de la larve de la Nccrobia rujicollis; il rapporte qu'elle est plus allongée et plus atténuée antérieurement que celles des autres Clériens, et il en donne la figure dans son Introduction to tlie modem classification of Inscctcn. Quant aux Insectes a l'état parfait, ils sont de petite taille et de couleurs vives et tranchées. On en connaît une dizaine d'espèces, dont six sont décrites par M. Spinola, et les autres indiquées par MM. Klug et Stephens. Quelques-unes sont cosmopolites; les autres sont propres à l'Europe, et enfin un petit nombre appartient aux autres parties du monde.

Comme nous l'avons dit ailleurs, quelques points de l'anatomie d'une espèce de ce genre ont été étudiés par M. Léon Ihifour.

Le type est la Nccrobia riificollis, Fabricius, que l'on trouve presque partout, en France, au Brésil, dans les Indes orientales, et où elle a pu être transportée avec les peaux d'animaux elles matières animales desséchées qui se trouvent dans nos vaisseaux. C'est un Insecte long de '2 lignes, et large de 1/2 ligne, violet, avec le corselet, la base des élytres, le dessous du thorax et les pattes, rouges ; tout le corps est pointillé, velu, et les élytres offrent, en outre, plusieurs stries formées de gros points. Ce qui rend cette espèce intéressante aux yeux des naturalistes, c'est qu'elle rappelle un épisode de la vie de Latreille, dont ce savant lui-même a voulu perpétuer la mémoire dans le nom générique qu'il a imposé à ce groupe, en effet, les deux mots grecs, ve/.oo; et picç, qui ont servi à le former, ne signifient pas, comme l'ont pensé Olivier, M. Spinola et quelques autres entomologistes, qui vit sur les morts, sur les cadavres; Latreille donnait à leur réunion la signification de vie rfu mort, (l'est qu'en effet la Nécrobie ruficolle fut la cause de son salut, comme il se plaît à le dire dans son Histoire des Insectes (i).

(1 Bory de Saint-Yinccnt, l'un des auteurs de cet événement auquel l'entomologie est redevable de si grands travmx. ■ dônnt à M Brullé, qui les a insérés dans le tome VI de son Histoire naturelle de» Imeclet, des détails cuuriiv sur celte époque de la vie de Latreille, et, quoiqu'ils sortent de notre sujet, nous croyons faire plaisir i DOS lectoura en la transcrivant presque, complètement.

« Latreille n'élail connu, avant 1792, que par des communications d'Insectes nouveaux faites aux entomologistes de l'époque, et par des mentions de Fabricius et d'Olivier. Prêtre à Brivcs-la-iiaillarde, il fut arrêté avec les curés du Limousin uni n'avaient pu prêté lermenl et quoique, ne desserrant pas de paroisse, il ne dût pas être compris dans la Les malheureux ecclésiastiques, avec ceux qu'on recruta en chemin, furent conduits à Bordeaux, sur des charrettes, pour être embarqués et déportés à la Guyane. Ils arrivèrent vers le mois de juin, et lurent déposés à la prison du grand séminaire, en attendant qu'un navire lot préparé pour les transporter. En ce temps, quoique fort jeune (c'est Bory de Sainl-Yinceni qui parle), je m'occupais déjà beaucoup <\ca sciences. naturelles, et je recueillais surtout des Inv Le 9 thermidor, qni arriva, Gtsospendrela déportation des prêtres, cependant les prisons ne se vidèrent qui- lentement, et les condamnés I la déportation n'en devaient pas moin- être expédiés; mais leur départ fut retardé jusqu'au printemps, 1 1 Latreille demeui a ainsi détenu i la prison do grand séminaire. Dans la chambre qu'occupait Latreille, étai| un vieil évêque malade dont un chirurgien allait chaque matin panser les plaies Quelques jours avant la mort de ce prélat, comme le chirurgien achevait son pansement, un Insecte sortit de je ne sais quelle fente du plancher: Latreille i il. l'examine, le pique ave< une épingle sur un bouchon, et parait tout content de sa trouvaille. — C'est donc rare? dit l'éli ve cbirurgii n — Oui, répond l'ecclésiastique. — lin ce cas, vous devriez mêle donner. — Pourquoi? — C'est que je connais une personne qui a une belle collection, et à laquelle il ferait plaisir. — lih bien I portez-lui cet In-

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Parmi les autres espèces, nous citerons les Necrobia rufipcs et vlolacea, Latreille, qui, comme le précédent, sont cosmopolites; bicolor, Castelnau, et defunctorum, Waltl, d'Espagne, et tibialis, Spinola, du cap de Bonne-Espérance. MM. Kluget Spinola en indiquent six autres espèces.

10"e GENRE. - PHILYRE. PH1LYRA. Castelnau, 1836.

• Revue entomologique de Silbermann, t. IV.

*i).uoa, écorce très-mince.

Corps allongé; tète moyenne: yeux échanerés en avant par une avance du bord de la tête, antennes assez longues, de onze articles : le premier gros, les sept suivants très-petits, granuleux, les trois derniers plus longs que tous les autres réunis, larges, ayant chacun une dent au côté interne, le dernier ovale, arrondi à l'extrémiié; palpes labiaux sécuriformes, à dernier article triangulaire, tronqué à l'extrémité : le même des maxillaires à peu près semblable, un peu moins élargi; labre presque carré, très-fortement échancré au milieu; mandibules fortes, arquées; menton tronqué au milieu; corselet presque carré, un peu allongé; écusson très-petit, transversal, tronqué en arrière; élytres longs, à cotés parallèles; pattes moyennes; tarses assez épais, n'ayant que quatre articles visibles, les deuxième et troisième bilobés, le dernier allongé; crochets tarsiens moyens.

La forme des tarses et des antennes ne permet de confondre ce genre qu'avec les Enoplium et les Corynetes; mais l'ensemble de ses caractères le distingue facilement de tous les deux. Une seule espèce, propre au Brésil, le Philyra lielopioidcs, Castelnau, entre dans ce groupe. Cet Insecte a entièrement le faciès des Ilélopiens du genre Stenoch'ia; la forme des yeax, èchancrés par le bord de la tête, est aussi un caractère remarquable dans ce groupe, quoiqu'il se rencontre à un degré moins prononcé chez les Corynetes: La modification des tarses semble aussi lier ces Insectes avec les Ilélopiens. Du reste, comme le fait observer M. de Castelnau, la famille des Clériens paraît former l'embranchement de plusieurs autres familles de Coléoptères; par les Philyres, il se lie à certains Héléromères; les genres Plaiipioptcra et Ictmea les rapprochent des Lijcus, dont ils ont entièrement le faciès. Une espèce de Cymatodcra est très-voisine des Ptinus. Quelques Tenerus ont l'aspect des Hylurgns, etc.

Quoi qu'il en soit. MM. Klug et Spinola ne parlent pas du genre Philyra de M. Castelnau, et il est probable qu'ils le considèrent comme n'étant pas un Clérien : aussi n'est-ce que provisoirement, et jusqu'à ce qu'il soit tout à fait connu, que nous le plaçons dans cette famille.

secle; dites-lui comment vous l'avez eu, et priez-le de m'en dire le nom. Le jeune homme accourut chez moi, me remit le Coléoptère, et, malgré toutes mes recherches, je ne pus le déterminer. Le lendemain, quand l'élève vint savoir ma ré- . je lui dis que je croyais son Coléoptère non décrit. Ayant ouï cette décision, Latreille vit que j'étais on adepte, et, comme on ne donnait pas aux détenus de plumes ni dr papier, il dit ;i notre intermédiaire : — le vois bien que 51. Bory doit connaître mon nom Vous lui direz que je suis l'abbé Latreille, qui va aller mourir à la Guyane avant d'avoir publié son Examtn dts gtnns de FaortCHU. Quand ceci me fui rpporté, j'obtins, après de nombreuses démarches, que Latreille sortirait de prison, sous caution de mon oncle de D.irgelas et de mon père, comme convalescent, et qu'on le représen-. .crail quand l'autorité le réclamerait. Latreille appareillait déjà lorsque nos démarches parvinrent i obtenir sa sortie providentielle, car le bâtiment sur lequel il était embarqué sombra en vue de Cordouan, et les marins seuls purent se sauver. C'est ainsi que le Ntorobia ruficollis fut le sauveur de Latreille, car, peu de temps après sa sortie de prison, on obtint sa radiation de la liste des déportés, »

U- GENRE. -- OPETIOPALPE. OPETIOPALPUS. Spinola, 1844

Essai monographique sur les Clcriles.

Oiwiticv, pelite alêne; palpui, palpe.

Fig '199. — Opetiopalpus collaris.

Palpes maxillaires à dernier article subulé, terminé en alêne, et non tronqué comme clans les Necrobia : labiaux plus petits que les maxillaires, à dernier article conique, terminé en pointe, mais plus épais et plus court que le dernier des maxillaires; antennes à massue peu. aplatie, perfoliée, ne dépassant pas le tiers de la longueur de l'antenne, à articulations assez distinctes; pattes moyennes; fémurs postérieurs n'atteignant pas l'extrémiié de l'abdomen; tarses moitié plus courts que les tibias, à trois premiers articles larges, déprimes, à peu prés égaux entre eux, munis en dessous d'un appendice membraneux large, un peu éebancré.

Le genre Opetiopalpus, formé aux dépens du groupe des Corijnctcs, en est très-voisin, mais s'en distingue très-facilement par la structure du dernier article des palpes maxillaires.

M. Spinola ne place dans ce genre que quatre espèces, une propre a l'Europe, deux au cap de Ronne-Espérance et une dernière de l'Amérique septentrionale. Le type est \' Opetiopalpus scuteltaris (Corijnetcs), Panzer, que l'on a rencontré en l'odalie, en Autriche, en Crimée, en Sicile, en Espagne, en Algérie et a Sierra-Lcone C'est un Insecte de petite taille, dont les antennes, les pattes, lavant-corps et l'écusson sont rouges; les élytres verts; la poitrine et le ventre noirs; les mandibules et les crochets tarsiens d'un brun noirûtre, et qui est revêtu, en outre, de poils blanchâtres.

C'est auprès de ce groupe que vient se ranger le genre Laricobius de M. Rosenhauer, dont on n'a encore indiqué qu'une seule espèce, le L Ericlisonii, Rosenhauer, du Tyrol, et qui est encore excessivement rare dans les collections.

i2»° GENRE. - PARATÊNÈTE. PAP.ATENETUS. Spinola, 1844.

Essai mouogra|iliique sur les Clérites.

n>.p*Ttivc;, (li;;nc d'être observé.

Antennes distantes, insérées en avant des yeux, de onze articles : le premier court, épais, obeonique, les deuxième et troisième plus minces, plus fortement obeoniques, les quatrième à huitième subcylindriques, les trois derniers réunis formant une massue perfoliée, un peu aplatie, à articles trèsdistincts; yeux distants, latéraux, saillants en dehors, en ovales longitudinaux, tronqués et non échancrés en avant; tête large, ovalaire; vertex trèscourt; front plan; palpes très-courts: les maxillaires deux fois plus grands que les labiaux, de quatre articles : le premier très-court, le deuxième mince, le troisième un peu aplati en triangle renversé plus long que large, le. dernier très-grand, très-aplati, en triangle rectiligne : labiaux de trois articles, larges, aplatis, les deux premiers en trapèzes très-courts, le dernier plus grand, en triangle renversé; corselet, élytres, écusson comme dans les Opetiopalpus; pattes assez fortes, de moyenne longueur; fémurs épais; tarses de quatre articles, sans restes apparents d'un autre article avorté, les trois premiers à peu près égaux entre eux, un peu déprimés, profondément échancrés en dessus, munis en dessous d'un appendice membraneux, entier, le dernier de la grandeur de chacun des pré-

Fig. 200. - Paraltnelus punclalui

cédents, sans appendice en dessous, terminé à son extrémité par deux petits crochets laminiformes, larges, courts, simples, faiblement arqués.

Ce genre, qui présente quelques rapports avec les Crijplophagus, a pour type une espèce que Dejean rangeait dans le genre Corijnctes (C. punclalus), et M. Klug dans celui des Lagria (L. serricollis), et qui habite l'Amérique septentrionale; M. Spinola y joint une seconde espèce, particulière à la Colombie, et qu'il nomme Paratenetut Lcbasii.

Fig. 201. — Bracltycerus riguus.

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