GÉNÉRALITÉS
Comme toutes les sciences, l’entomologie a un langage spécial qui présente aussi quelques obstacles quand on n’est pas familiarisé avec lui. Les deux planches pages 6 et 8 donnent l’explication de presque tous les termes d’anatomie coléoptôrique qu’il est indispensable de connaître. Nous allons tâcher de compléter dans la liste ci-après la nomenclature des mots qui se présentent le pins souvent dans les descriptions.
Aciculaire, en forme de pointe très fine comme celle d’une aiguille ; c’est ce qu’on dit parfois du dernier article des palpes.
Aciimiiié, terminé en pointe.
Angle siitiii-al, angle formé par la suture et l’extrémité de l’élytre.
.^fTaliis Inintéral. saillie plus ou moins marquée, j.formée par l’épaule des élytres.
'.àMités colyloïiles, cavités situées de chaque côté rie la poitrine et dans lesquelles s’articulent les han- .•v: ches des pattes ; leur degré d’ouverture sert à caractériser divers groupes de Céramhycides.
Claviroriiie, renflé à l’extrémité comme une massue. C'oiiiliieul, se dit des taches ou des points qui se
FAUNE ÉLÉMENTAIRE
touchent et finissent par se confondre au moins partiellement.
Cordiforiiie, en forme de cœur, mais en remarquant que la pointe de ce cœur est généralement tronquée.
Déclive, pente plus ou moins rapide qui termine les élytres et forme souvent leurs bords latéraux, ainsi que ceux du corselet.
Divat‘i<i»é, DivepgcMtj sc dit de deux pointes, comme les extrémités de deux élytres qui, contiguës à leur base, s’écartent ensuite obliquement.
Fovéolé, qui présente des fossettes.
Fiiiif|icoIe, qui habite les champignons.
Funittule, tige formée par plusieurs articles des antennes chez les Gurculionides, s’articulant sur le scapc et se terminant par une massue.
Fusiforme, en forme de fuseau, se dit des antennes qui sont un peu épaissies au milieu et amincies à la base, ainsi qu’à l’e.xtrémité.
CSéiiiiné, se dit d’une strie, d'une impression ou d’une tache double.
Glalirc, lisse, dépourvu de poils.
Méiéroinèî'cs , insectes dont les 4 tarses antérieurs sont composés de 5 articles, taudis que les 2 tarses postérieurs n'en ont que 4.
HmiircHSion, nom que l’on donne aux enfoncements ou dépressions assez larges, peu profonds, à bords adoucis.
îiterme, voir Mutiqiie.
Tiobe, nom donné à tout prolongement assez court,
DES COLÉOPTÈRES DE FRANCE assez large, généralement arrondi, mais pourtant de forme très variable.
JLitiiiule, tache en forme de croissant.
Moniliroriiie, en forme de collier, comme beaucoup d’antennes composées d’articles presque arrondis ou comme les rangées de grains que l’on voit sur les élytres de plusieurs Carabes.
ITliititlue, dépourvu de pointe ou d’épine.
Olisolète, se dit des points, des granulations, des stries presque edacées.
Pentamères», tarses composés de 5 articles.
Pliytopliage, qui se nourrit de végétaux.
Piibescence, espèce de duvet formé par des poils excessivement tins, qui cache parfois complètement la couleur du fond du corps et qui s’enlève souvent très facilement.
Pygidiiini, dernier segment supérieur de l’abdomen, souvent apparent et perpendiculaire, comme chez les hannetons.
Réniforine, en forme de rein ou do fève.
$ea|i«, 1" article des antennes des Gurculionides beaucoup plus grand que les autres.
Scrolie, sillon qui existe de chaque côté du rostre dos Gurculionides et dans lequel se loge le scape.
Séctiriforme, en forme de hache ou de triangle renversé.
Serriforme, en forme de lame do scie, comme les antennes des Bnprestides.
Sètacè, en forme de soie, se dit des antennes diminuant graduellement, mais très légèrement, de la base à l’extrémité.
FAUNE ÉLÉMENTAlllE
Sub, se place au dévaiit d’un mot qualilicatif comme diminutif ; par exemple , subcylindriquc, qui est presque cylindrique.
Siibiilé. en forme d’alène, se dit du dernier article des palpes, parfois très petit et pointu.
Teatacé, couleur roussàtre, ressemblant à celle de la terre cuite.
Tétramèi-es, tarses composés de 4 articles.
Trimères, tarses composés de 3 articles.
Xylopliage, qui dévore le bois.
Les Coléoptères sont des insectes à 4 ailes, mais dont les 2 supérieures , appelées élytres , sont cornées et comme des étuis, recouvrent les ailes inférieures membraneuses qui seules sont propres au vol et qui, au repos, sont pliées transversalement. Ils se distinguent des Orthoptères en ce qu'ils ont des métamorphoses complètes, c’est-à-dire qu’au sortir de l’œuf ils ont la forme d'une larve ou ver (voir PI. XXVIl), et qii'avant d’arriver à l’état d’insecte parfait, ils passent par l'état intermédiaire de nymphe, analogue à la chrysalide des papillons. Les Orthoptères, au contraire, naissent avec la forme qu'ils doivent toujours conserver, sauf les ailes ; en outre, les ailes inférieures sont plissées longitudinalement, tandis que les supérieures sont rarement cornées et se croisent souvent à l’extrémité ; au contraire, la suture des élytres est droite chez les Coléoptères, à de très rares exceptions près.
Le corps des Coléoptères se compose, comme celui de tous les insectes, d’uno tète, d’un thorax sur lequel sont insérées les pattes et les ailes, et d’un abdomen.
La tête, située à la partie antérieure du thorax, porte les yeux, les antennes et la bouche, organe assez compliipié et important à étudier parce qu’il offre des caractères très utiles pour la classification de ces insectes. La tète présente en dessus une plaque plus ou moins convexe, dontlapartieanlérieure, appelée chaperon {clypeiis), présente parfois des saillies ou dos cornes comme on le voit chez certains Bousiers et chez les Nasicornes ou Onjcles. Au-dessous et en avant de cette plaque se trouve la bouche composée d’abord d’une lèvre inférieure ou labre, puis de deux mandibules tantôt grandes et saillantes comme chez les Carabes, ou môme développées en sorte de cornes chez les Cerfs-volants, tantôt courtes et trapues, en forme de cuillères; au-dessous, de deux mâchoires plus minces et moins saillantes que les mandibules et accompagnées chacune d’un palpe maxillaire, plus rarement de deux, comme chez les Carahides ; enfin plus en dessous, d’une lèvre inférieure, membraneuse, qui repose sur un menton corné et est accompagnée de deux palpes, dits palpes labiaux. Les yeux existent presque toujours et ne disparaissent que chez les insectes peu nombreux qui vivent dans les cavernes, sous les grosses pierres ou même dans la terre.
Les antennes sont insérées près des yeux et servent d'organe à un sens particulier qui participe du toucher, de l'odorat et peut-être de l’ouïe ; leur extrémité, moins cornée que leur base, est percée de pores nombreux mais très fins. Lorsqu’un insecte est surpris, ce sont les antennes qu'il dirige en avant comme pour se rendre compte du danger ; et lorsque des émanations lui annoncent l’approche des substances qui doivent servir à sa nour-
FAUNE ÉLÉMENTAIRE
Longicorne : Ilammaticherus Iieros; voir l’explication page 7.