‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 102 sur 191 · Gulck Mem. IJool,\ 22 a, 24 b · texte numérisé non relu

Gulck Mem. IJool,\ 22 a, 24 b

3. Esllin Letlers, Xill, p. 0',). — Cf. CoLlIc, Beminiscences, p. 168, et le programme d'éducation de Tiloyd.

1S2 S. T. COLERIUGE.

Coleridge la science était seulement un ensemble de recherches curieuses dont la philosophie pouvait tirer des illustrations. Il ne songeait pas à y voir un ordre de connaissances d'une nature spéciale. Il allait en Allemagne curieux de science, de philosophie et de littérature, mais distinguant mal les diverses branches de VAis Magntt qu'il voulait étudier. Comme tous les romantiques, il comprenait la science universelle comme une sorte de magie intuitive où ni l'induction ni l'expérimentation n'avaient le rôle principal.

Il n'est pas étonnant (|ue rAUoniagne l'ait attiré, dans cet état d'esprit. Kn 17î)'i, il avait lu avec un enthousiasme délirant les livigands de Scliiller. (( Je suis resté, écrivait il à Southey, jus(|u'à minuit pour lire les Brigands de Schiller.... Mon Dieu, Southey, qui est ce Schiller (|ui convulsé le cœur? A-t-il écrit sa tragédie au milieu des hurlements des démons? Je n'aimerajs pas me sentir capable de décrire de tels caractères. Je tremble comme la feuille. Sur mon âme, je vous écris parce (|ue j'ai peur '. ))

En 179(5, la ballade de Len<)rt\ de Hiirger, avait eu un tel succès en Angleterre (|u'on en avait publié jus(pi'à cin(| traductions difTérentes dans l'année', et Lamb avait signalé cette ballade à Coleridge. Vers la même épo([ue celui-ci rêvait déjà daller étudier en Allemagne (( la chimie et l'analomie, et de rapporter tous les ouvrages de Scniier cl de Michai'lis, les

\. Lclters, p. '.t0-'.i7. Cf. Sonnet Lo tlie Aulliur of lin- Hobbcrs (I7'Ji), V. W. 3i.

2. J.-T. Slanlcy,avocgravurcsdc William BlaUe; W.-H.Spciiccr. avec gravures de lady Diana lU-aiicicre; llonry James Pye; anonyme (par William Taylor de Norwieli); Waller Scott (Voir ller/fclil, W. T(t>/lai; p. 2i)--2\ : llobberds, Mcmoir of \V. T., t. 1, p. '.H, et Mraiidl, l.cnoif in lùif/ldml, dans Kricli Sclmiidl, Charukloislilien.

théologiens allemands, et de Kant, le grand métaphysicien ' ».

On pent dire que la liltérature allemande était populaire en Angleterre au moment où Coleridge songea à l'étudier de plus près. Des œuvres de Gessner, Wieland, Schiller, Lessing étaient traduites ainsi que Klopstoclc et le Werlhe)- de Gœthe. Depuis 1790, William Taylor, de Norwich, qui avait étudié à Gœttingen et à Weimar, traduisait tous les chefsd'œuvre de la littérature allemande, il était l'ami et le correspondant de Southey, de sorte que Coleridge ne pouvait rignorer'-. Les classiques étaient connus de Coleridge aussi bien que les (ouvres du Stunn und Dvanij et quand il voulut s'exercer à faire une traduction, ce fut VOheron de Wieland qu'il choisit ^

Quant à la philosophie, Coleridge aurait pu connaître outre Boehme et les Fmgmcnls de Lessing '\ la logique de Wolf et le livre de Willich sur Kant, qu'il eut dans sa bibliothèque, mais il est probable qu'il ne connaissait Kant que de nom en arrivant en Allemagne. Quant à une influence exercée sur lui, elle est toute superficielle, avant le voyage d'Allemagne. Sa poésie fantastique ne doit rien, semble-t-il, à l'Allemagne, sauf dans sa pièce d'Osorio. Sa curiosité était éveillée surtout au point de vue des idées. Il n'allait pas chercher des modèles littéraires, mais

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