‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 101 sur 191 · I. Lcllcrs, !>. 2u:5-i. n · texte numérisé non relu

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et en 1796 encore, nous le voyons charger Thehvall de lui procurer plusieurs auteurs, Alexandrins et autres, de ceux qu'il affectionnait parce qu'ils n'étaient connus alors de personne '. Nous l'avons vu « curieux de tous les phénomènes étranges, et des écrits de tous les rêveurs ». Dans ses carnets de notes se trouvent des extraits de Jacob Boehme à côté de recettes de cuisine. Il veut « former un système régulier des rêveries swedenborgiennes - ». En même temps, il songe à faire des études de chimie, et trouve que (( toutes les expériences que Priestley a faites en chimie donnent des ailes à ses plus sublimes écrits théologiques » ^. Tout avait sa place dans cet esprit qui, curieux de correspondances et d'analogies comme tous les mystiques, aurait voulu faire une vaste synthèse du savoir. L'œuvre qu'il a rêvée toute sa vie, une apologie du christianisme fondée sur la science universelle, aurait pu prendre, à cette époque, la forme poétique, car il n'aurait pas tenté d'en faire un système, mais une suite de visions comme celles de Swedenborg ou de Blake.

Ce qui était l'àme de la pensée de Coleridge ne pouvait s'exprimer dans un systènse et cependant, sous l'influence de la pensée allemande c'est un système qu'il a cherché toute sa vie à construire, vainement. En Allemagne il ne prit pas une méthode de pensée, il se laissa aller à un courant d'idées dont il ignorait la source.

Une notion essentielle lui faisait défaut, c'était celle de la constitution de la science moderne comme fait, qui avait été le point de départ de Kant. Pour

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