Voir Haiiey, Gerinan Influence^ p. 13 et suiv
2. Edil. Piper, 1884, t. I, p. 36 (iiv. I, chap. xi, v. 37-39).
3. Cottle's Réminiscences, p. 437, 430 (Coleridge à Wedgwood, 1800).
Avant même d'avoir terminé il écrivit à léditeur que l'œuvre n'aurait jamais aucun succès, que ce serait autant de papier perdu et que l'ennui en serait charitablement mis à son compte, à lui Coleridgc. Et c'était bien l'œuvre qu'il incriminait ', car il était très satisfait de sa traduction qu'il donna plus tard comme exemple de « sa tentative la plus heureuse, dans la première jeunesse de sa virilité intellectuelle, avant qu'il eut été maltraité par l'adversité et persécuté par la fatalité"^ ».
Cette traduction est plus étonnante par sa valeur poétique que par son exactitude. Coleridge a su se faire, pour traduire Schiller, un style dramatique supérieur à celui de ses propres pièces et il a admirablement rendu l'œuvre de Schiller, dans ce qu'elle a de lyrique et de pittoresque. Mais la pensée profonde et vraiment philosophique paraît lui avoir échappé. Nulle part il n'a fait allusion à linlluence manifeste de Kant sur la conception générale de la pièce et sur le caractère moral de l'iouvre. On peut même ajouter que, s'il l'eût comprise, il n'aurait pas ajouté tant d'ornements au texte de Schiller. Il comprit la pièce comme un drame shakespearien, alors qu'elle est tout le contraire, étant bâtie sur des idées plutôt que sur des caractères.
On ne comprend i)as non plus comment il put se dispenser de traduire le Camp de Wallenstein ^, ce