‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 121 sur 191 · Lamb's Lellers, t. 1, p. 114, à Manning, mars · texte numérisé non relu

Lamb's Lellers, t. 1, p. 114, à Manning, mars

Stowey, et Wordsworth à Grasmere, à l'autre bout de l'Angleterre. Il fallut se décider et Coleridge choisit le Nord, ou plutôt Wordsworth, et Poole jaloux l'accusa de (( se mettre à genoux ». C'est du cottage de Wordsworth à Grasmere qu'il envoya la dernière feuille de ce travail qui lui « exténuait l'âme », la traduction de Schiller. Il trouva une maison à Keswick, sur les bords du lac de Derwent, dans une position telle, que si, écrivait-il à Godwin, « les impressions constituent notre être, comme vous le soutenez avec Hume, j'aurai une tendance à devenir un Dieu, tellement la série de mes impressions visuelles sera sublime et belle ». Cette maison était Grcta Hall, où il alla s'établir en juillet, et où devait s'accomplir la crise décisive de sa vie.

La vue de la maison était vraiment splendide, embrassant le lac de Derwent et celui de Bassenthwaite, le Skiddaw et les montagnes fantastiques de Borrowdale. Mais le climat ne convenait nullement à Coleridge, qui n'était pas, comme Wordsworth, homme du Nord par tout son tempérament. Ce rhumatisant allait s'établir avec enthousiasme « dans une péninsule », la maison étant presque entourée par la rivière Greta, qui bordait le jardin et dont le « rugissement » s'entendait de la maison, rappelant au poète étymologiste le Cocyte des Grecs '.

Mais si la résolution n'avait pas été dénuée de toute prudence elle n'aurait pas été digne de Coleridge, qui détestait les villes -. Il fut séduit par un beau paysage et par le voisinage de AV ordsworth qu'il allait souvent voir à pied, à près de vingt kilomètres de là, à Grasmere.

1. Descriptions dans Lellers, p. 335; CoUle's Heminiscencess p. 436-440; Kegan Paul, W. Godwin, t. II, p. 6-S. Photographie de la maison dans Lellers, p. 336.

Page 1